|
Coup d’état contre Faure : A quand le jugement des 6
inculpés écroués à la prison civile de Lomé ?
Ils
sont six à être interpellées dans cette rocambolesque
affaire de coup d’Etat contre Faure Gnassingbé. MM.
Hermès Waomédé da Silveira, Président du Mouvement «Alliance
des Patriotes pour l’Unité et l’Action» en voie
d’implantation au Togo, Tudzi Kossi, représentant de l’UFC
à Koussountou (Kpalimé), Akakpo Koami, Sergent à la
retraite, Kpakpo Kodjo, Adjudant, Folly Kodjo, Sergent,
Amétépé Yaovi, Caporal-chef. Tous, croupissent depuis
près de 29 mois à la Prison Civile de Lomé sous le chef
d’accusation de «tentative d’atteinte à la sûreté de
l’Etat ». Une accusation qui ne leur aurait été
signifiée que lors des enquêtes préliminaires et qui ne
serait point confirmée ou infirmée par le juge
d’instruction. Et ce, depuis plus de deux ans.
M.
Hermès Woamédé da Silveira, le présumé cerveau du complot
fut arrêté depuis le 8 juillet 2005 par les éléments de
l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) qui l’ont
gardé au sein de leur service jusqu’au 25 juillet 2005
puis à la Gendarmerie Nationale du 25 au 27 Juillet 2005,
pour être enfin déféré à la Prison civile de Lomé. Ils
auraient passé des moments durs dans des conditions
inhumaines et dégradantes, à en croire les témoignages.
Pour
mémoire, ce fut « Forum de
la
Semaine»
qui a étalé cette affaire au grand jour à l’époque.
Depuis, les tentations de voir clair dans cette
sombre histoire sont demeurées vaines. Au contraire,
chaque jour qui passe voit les six inculpés noyés dans un
curieux oubli du parquet. Qu’est-ce qu’est donc cette
affaire de coup d’Etat, ou plutôt d’atteinte à la sûreté
de l’Etat dans laquelle la justice observe ce silence
sépulcral? Depuis 29 mois que ces malheureux sont écroués
au tristement célèbre bagne de la Prison civile de Lomé,
ils n’ont jamais été appelés par un quelconque juge pour
les situer sur leur sort. Plus curieux, le pouvoir RPT,
très friand de ces genres de propagandes où des « brebis
galeuses » (sic) sont exhibées comme des trophées de
guerre, fait aussi le muet. Ce qui fait dire à
beaucoup que cette histoire est une très vraie fausse
affaire.
Ce qui
est encore plus surprenant est qu’il y a dans le lot de
ces malheureux, des militaires. Sur leur cas aussi, le
Commandement observe le même mutisme. C’est à ne rien
comprendre. Mais en attendant, l’usure de l’incarcération
commence par faire son œuvre destructeur sur ces hommes.
Toutes les sources les disent très mal en point. Leur
santé se dégrade, affirment les proches. Mais au-delà, ne
peut-on pas se demander pourquoi le parquet gère cette
affaire avec cette indifférence qui appelle à la
dénonciation? A quand donc leur procès pour évacuer ce
dossier somme toute un os dans le « paradis » Togo
de Faure Gnassingbé ?
F.S
Tabaski :
Moutons et chèvres valent de l’or
Encore quelques jours, et ce
sera la Tabaski (Aïd-el-kebir, nom original arabe), la
fête des moutons, la plus grande fête des musulmans.
Ceux-ci s’y apprêtent. L’idéal, c’est d’immoler une
chèvre, un mouton, un bélier…le jour-J. Déjà, depuis le 1er décembre,
s’anime le marché traditionnel de circonstance de vente
des « moutons » de Lomé.
Le site du marché habituel de vente des moutons « Gbossimé »
devenant exigu pour contenir le beau monde qui s’y
déplace, vendeurs et acheteurs se transportent chaque
année sur le site improvisé situé de part et d’autre de
l’avenue de la Libération, juste entre l’ex Cinéma
« Le Togo » et le Camp Général Gnassingbé Eyadéma.
Nous y étions samedi dernier après-midi. C’est en fait
tout un village qui se crée annuellement là. Car, il y a
certes des moutons et les vendeurs, mais plus au bord de
la route ce sont d’autres vendeurs qui s’y installent.
Pas de surprise cette année.
Nous avons alors dû dépasser des vendeurs de brochettes,
d’eau, de cigarettes, de beignets, de maïs frais ; de
mendiants, de bouchers… pour nous intéresser aux moutons
et propriétaires.
Quelques mètres en face de nous sont assises une
demi-douzaine de personnes sous un hangar de fortune,
visiblement pas trop gaies, mais d’un air accueillant que
d’autres, au milieu de milliers de têtes de moutons et de
chèvres. Nous les abordons et sans trop de protocoles,
ils acceptent de nous parler.
El Hadj Bassirou, la trentaine, se met à notre
disposition quoique quelques sollicitations de ses autres
frères interrompent de temps en temps notre discussion.
Il nous informe, nous montrant un ticket de la Commune,
qu’il faut payer à celle-ci une taxe de 2.500 FCFA pour
avoir une place au marché et vendre des bêtes, une
activité de circonstance pour plusieurs vendeurs dont
notre interlocuteur. Aladji Bassirou et ses autres frères
de hangar sont pour le reste de l’année commerçants
d’appareils téléphoniques portables à Dékon. A chaque
veille de la grande fête des musulmans, ils se mutent en
commerçants des bœufs, qu’ils vont acheter au Niger ou au
Burkina Faso.
A la question de savoir si l’activité est porteuse,
Bassirou répond que cela dépend de la densité du marché
ou non… « L’année passée par exemple, il y avait
beaucoup de moutons et nul n’a fait de bonnes affaires »,
dit-il, espérant que ce sera meilleur cette fois-ci,
puisqu’il y en a moins cette année. Dans tous les cas, il
a déjà vendu sept (7) moutons et chèvres, depuis le début
du marché (il y avait huit (8) jours). Il attend
impatiemment les deux ou trois jours précédant la fête,
prévue pour le 19 décembre ; les jours où les affaires
sont plus importantes. En fait, les acheteurs attendent
les veilles de fêtes, n’ayant pas suffisamment de places
pour garder les bêtes chez eux.
De temps à autre au cours de notre discussion, nous nous
régalons de quelques scènes de batailles des moutons que
les propriétaires interrompent rapidement. Ils n’y ont
vraiment pas intérêt, les bêtes pouvant se blesser
gravement et ne plus être chèrement prisées.
En
effet, la bonne forme du mouton ou de la chèvre compte
beaucoup. Les vendeurs en sont conscients et y prêtent
attention. Ceci constitue un créneau pour d’autres, les
vétérinaires. Ceux-ci passent de temps en temps sur le
site pour vacciner ou soigner les animaux. El Hadj
Bassirou nous explique l’importance de vacciner ses
bêtes : « Lorsque nous avons débuté cette activité, il
y a dix ans, en hommes moins avertis, nous n’avons pas
fait vacciner les moutons. Et deux sont morts
successivement. C’est après qu’on nous a informés qu’il
fallait les faire vacciner et leur faire administrer des
vitamines. Depuis, nous ne badinons plus avec, et aucune
bête n’est plus morte ».
Puisque les bêtes parcourent de longues distances du
Niger ou du Burkina au Togo dans des conditions les moins
confortables, elles arrivent affaiblies et vulnérables ;
vulnérabilité aggravée par le changement de climat.
Quant aux prix, « les moutons coûtent entre 35 000 et
250 000 et les chèvres entre 30 000 et 60 000 »,
indique Bassirou. Ces prix sont forcément fonction de ce
que représente le mouton ou la chèvre dans la grande fête
des musulmans du début de leur année.
Mais pour ceux qui, malgré eux n’auront pas l’occasion
d’immoler une chèvre, un mouton, un bélier, un bœuf… le
jour de Aïd-el-Kebir, ils n’auront en rien péché contre
Allah ; le prophète Mohamed aurait en son temps immolé un
bélier pour tous ceux-là, une fois pour toute, selon une
croyance musulmane.
Maxime Domegni
Règlement de la Crise à la Ftf : Hayatou et Blatter
se concertent
Dans le
cadre de l’exécution des recommandations de la réunion de
la Commission des Association de la Fifa du 28 octobre
dernier à Zurich, une délégation de la Confédération
africaine de football, conduite par son président Issa
Hayatou va s’entretenir avec le président de la Fifa,
Sepp Blatter à Tokyo cette semaine en marge de la Coupe
du monde des clubs qui se dispute actuellement au Japon.
Selon les informations, il va être question des
dispositions à prendre pour que la légalité revienne à la
Fédération togolaise de football aux prises depuis
juillet avec une double crise interne et externe. Pour
parer à cette crise, le gouvernement togolais et le
Comité national olympique togolais(Cnot) ont mis en place
un Comité provisoire de gestion, une structure purement
provisoire comme l’a expliqué Issa Hayatou tout récemment
au Nigéria et dont la légitimité pour organiser des
élections crédibles pose problème.
Les tractations en cours à la Caf, qui n’a pas inscrit la
situation togolaise à l’ordre du jour de la dernière
réunion de son Comité exécutif tenue au Caire le 04
décembre dernier, et la Fifa devront aboutir à la mise en
place d’une nouvelle structure qui sera chargée avec
l’appui des acteurs du football togolais de
l’élaboration, de l’adoption de nouveaux statuts et de
l’organisation de nouvelles élections.
« C’est
le schéma qui est actuellement exploré pour sortir le
football togolais de sa crise »,
indiquent les sources proches du dossier.
Cela repose la lancinante et polémique question de la
reconnaissance du Comité provisoire de gestion que dirige
Bernard Walla qui s’est assigné comme tâches
l’élaboration des nouveaux textes, leur adoption et
l’organisation de nouvelles élections à la Ftf. Même si
les membres du Comité affirment urbi et orbi
qu’ils ont été reconnus par la Caf et la Fifa, la preuve
en la matière fait toujours défaut car les deux
institutions n’ont jamais procédé au remplacement du
bureau élu le 09 janvier 2007, bureau à qui elles
continuent par adresser des courriers officiels.
Par ailleurs, on indique que si le Comité provisoire de
gestion s’obstine à organiser des congrès sans l’accord
de la Caf et de la Fifa, ces congrès seront invalidés. De
plus, il est dit que depuis que le Comité a été mis en
place, aucune démarche n’a été entreprise de sa part pour
présenter officiellement ses objectifs et les moyens de
les atteindre ni à la Caf ni à la Fifa.
TGA |