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11 Déc 2006

 

[ 212: 8 Déc 2006]  
Confidentiel : Des rencontres de travail répétées entre l’UFC et le RPT : les ministères exigés par l’UFC

De sources bien informées, plusieurs séances de travail ont réunis à Lomé, une délégation de l’Union des Forces de Changement et celle du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) ces derniers jours. Le principal ordre du jour de ces rencontres serait l’entrée du parti de Gilchrist Olympio au gouvernement.

Selon les mêmes sources, l’UFC exigerait un Ministère d’Etat (à part celui d’Amah Gnassingbé, bien sûr), un Ministère d’Etat chargé de la mise en œuvre de l’Accord  Politique Global (APG) et la coordination des institutions ad hoc, un Ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, le Ministère de l’Intérieur (considéré comme l’exigence N°1), un Ministère des Finances et des Privatisations, le Ministère de la Justice et un Ministère des Transports et des Infrastructures routières, soit 7 portefeuilles dont plus de 3 de souveraineté.

Seulement, voilà ! Certains des postes proposés créeraient des conflits de compétences avec, non seulement le chef du gouvernement mais aussi avec d’autres ministères. Faure Gnassingbé quant à lui proposait un Ministère d’Etat (à part celui d’Amah Gnassingbé) un Ministère de l’Intégration Africaine et du NEPAD, un Ministère de l’Economie et du Développement, un Ministère de la modernisation de l’Etat, un Ministère des Arts et de la Culture soit cinq portefeuilles avec la possibilité de transformer un de ces postes en un ministère d’Etat. Ces aménagements successifs proposés par le pouvoir n’ayant pas reçus l’assentiment de l’UFC, il  est fort à craindre que le parti de Gilchrist Olympio n’entrera pas dans le gouvernement. Et surtout avec les nouvelles exigences (que d’aucuns trouvent trop exagérées, cas de la mise à l’écart de certains ministres par exemple) du Boss Gil, dans son interview à nos confrères de TV5, les espoirs de ceux qui croyaient à une participation de l’UFC au gouvernement de Me Agboyibo s’évanouissent. Certains pensent que le leader national de l’UFC devrait aussi mettre un peu d’eau dans son vin afin de sauver la République en danger. Car, à part cette ouverture du RPT, où se trouve la solution ?

 
Police nationale : Les non-dits sur une succession : Le Lt-Col. Mompion nommé pour « service rendu »

Nous vous l’annoncions dans notre avant-dernière parution (FS n°210 du 30 novembre 2006) : « Le Commandant Agadazi viré pour incompétence et insoumission » et remplacé par le Lieutenant-Colonel Mateindou Mompion précédemment au commandement du 3e Régiment inter-arme de Témédja.

Une polémique stérile est suscitée actuellement dans la presse tendant à remettre en cause nos écrits en attribuant au Capitaine de Frégate Agadazi Ouro-Koura « des idées novatrices (???) pour moderniser l’appareil policier du Togo » qui ne recevraient pas l’assentiment du Ministre de la Sécurité; ce qui serait la cause de son éviction. On pourrait se demander si ce sont les mises aux arrêts de rigueur intempestives des cadres de la Police nationale ( les cas des Commissaires divisionnaires Dodji Atayi et tout récemment de Tchédré Essozolam ou du Commissaire Dédji sont très illustratifs) qui sont les matérialisations des fameuses « idées novatrices » ? Et ce n’est non plus la discourtoise lettre de sommation que Agadazi a adressée à son supérieur hiérarchique politico-militaire qui se trouve être le Col. Atcha Titikpina, Ministre de la Sécurité,  qui démontre moins son « insoumission » dont on avait fait cas. Quand on a des besoins au sein d’un service, on s’adresse de façon administrative et courtoise à son supérieure hiérarchique. On ne lui donne pas des injonctions à peine voilées. Mais passons ! Car tel n’est pas l’objet de notre analyse ici.

Le cas le plus préoccupant est la personne du successeur du Capitaine de Frégate Agadazi, le Lieutenant-colonel Mateindou Mompion. Le rôle de la presse étant de présenter aux citoyens ceux qui gèrent la chose publique en leur nom, Forum de la Semaine a fouiné un peu sur la vie du nouveau D.G. de la Police nationale. Il ressort de ses investigations que l’homme qui est appelé à diriger les destinées de la Police nationale est devenu un « zélé » du système et « un fidèle du clan » par la force des choses.

Appartenant d’abord au Groupement Commando de la Garde Présidentielle (RCGP, les fameux bérets verts dirigés à l’époque d’une main de fer par le frère cadet du Général Eyadéma, le Lt-Col. Toyi Gnassingbé mort dans l’assaut porté contre la Primature de Me Koffigoh le 03 décembre 1991), il fut l’objet de soupçons inimaginables qui le prenaient pour un « traître qui roulait pour les opposants » (chef d’accusation qui pouvait facilement lui valoir une fatwa). Il fut ainsi éjecté de ce corps.  Là commença pour lui une traversée du désert jusqu’à la date fatidique du 05 février 2005 où le Général Eyadema quitta ce monde des vivants avec son cortège de problèmes que sa succession a posé avec l’épisode du détournement du ciel de Lomé sur le Bénin, de l’avion à bord duquel se trouvait le Président de l’Assemblée nationale de l’époque, le Prof Fambaré Ouattara Natchaba, le dauphin constitutionnel d’Eyadéma et la prise du pouvoir par la force par Faure Gnassingbé. Le Lieutenant-Colonel en disgrâce, Kouma Biténiwé, sachant le lien de famille par mariage qui lie le Prof Natchaba au Lt-Col. Mompion, aurait téléphoné à ce dernier pour lui dire que ce qui se passe est inacceptable car le pouvoir devrait revenir à qui de droit, c’est à dire au Prof Natchaba.

Personne ne saura dire comment cette confidence était parvenue au sommet. Mais cela eut comme conséquence dans un premier temps la (re) fuite du Col. Biténéwé qui était revenu à l’époque fraîchement de son exil et qui était (re) accusé de vouloir «mobiliser des officiers pour renverser le système»; et, secondo, un retour en grâce du Lt Col Mompion.

Première récompense : Promotion. Il fut nommé au commandement du 3e Régiment Inter-arme de Témédja. Là, les zèles sont plus multipliés et la confiance plus acquise au jour le jour. Vint alors la deuxième récompense : Directeur général de la Police nationale en lieu et place des Commissaire et cadres qui peuplent ce corps très respecté sous d’autres cieux et qui joue un rôle inestimable dans le maintien de la paix civile.

Tout est clair que le Lt-Col. Mompion Mateindou n’est pas nommé à ce poste sur mérite (autrement dit, on aurait pu mettre l’un des cadres de la Police à ce poste). Il y est arrivé pour « service rendu ». En témoignent les nombreux signes distinctifs qui bardent sa poitrine.

F.S

Législatives 2007 : L’annonce des primaires au sein du RPT crée un climat d’adversité entre les Barons et les jeunes

Le Rassemblement du Peuple togolais (RPT) dont Faure Gnassingbé assure la présidence depuis février 2005, se trouve confronté à une équation interne liée aux élections législatives de juin 2007 au Togo. Il lui faut en effet arriver à départager les multiples prétendants à la candidature à cette législature dans les 81 circonscriptions électorales où le parti est plus ou moins bien implanté. On note déjà dans certaines circonscriptions deux, trois, voire plusieurs prétendants à la candidature du parti au pouvoir. Un état de chose qui crée un climat d’adversité entre des cadres de cette formation politique.

La présidence du RPT serait consciente de ce risque. Et de source digne de foi, on fait savoir que Faure Gnassingbé détiendrait une solution aux difficultés de désignation des candidats: passer par des élections primaires au sein du parti pour choisir les postulants les plus représentatifs.

Il y a quelques années, au temps du feu président Eyadema, c’est ce dernier qui devait agréer la candidature de tel ou tel dans une circonscription électorale pour le compte du RPT, révèle- t-on au sein de la jeunesse de ce parti qui revendique de plus en plus son droit à se représenter aux élections afin de participer à la vie politique sous le drapeau dudit parti.

Le président du parti, Faure Gnassingbé aurait été confronté à des questions liées aux conflits d’intérêts qui opposent les jeunes et les vieux du parti d’une part et certains barons entre eux d’autre part. Les jeunes dénoncent certains de leurs aînés politiques élus précédemment députés sous le drapeau du RPT. Il les accusent notamment de ne rien faire pour le développement des communautés qui les ont élus et pensent que c’est à leur tour de solliciter les suffrages des élections pour changer les choses.

A en croire les indiscrétions dans les rang de la jeunesse, le président du RPT serait conscient de cette réalité et aurait rassuré les militants inquiets que le parti n’imposera plus de candidats pour les prochaines élections législatives et qu’il appartiendra à la base de choisir les candidats qu’elle-même juge capables de défendre ses intérêts: des primaires seront donc nécessaires.

Cette option répond donc à une exigence démocratique interne au parti; mais le risque d’un déchirement entre militants d’un même parti n’est pas écarté.

On peut aussi redouter une tension entre le courant conservatiste du parti qu’incarnent majoritairement de vieux dignitaires et le courant réformiste incarné certainement par le jeune président et le Comité d’Appui au RPT (CAP-RPT) dont la naissance n’a pas laissé sans inquiétude ceux qui ne sont pas prêts à perdre les privilèges dont ils jouissaient avant l’avènement de la dynamique de changement dans laquelle s’est engagé Faure Gnassingbé.

            Mais, comme le dit un vieux militant, au RPT, on sait s’entendre dans l’intérêt supérieur du parti. Cette sagesse triomphera-t-elle des considérations personnelles? L’avenir répondra.

FS

Question du « recensement électoral » et de la « carte d’électeur » : La CENI dans l’impasse

Les travaux au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) connaissent, comme on en doutait, un coup d’arrêt. Les difficultés sont relatives à la question du mode de décision au sein de la CENI, du recensement électoral et de la nature des cartes d’électeurs.

Deux courants s’opposent fondamentalement sur les deux derniers sujets. D’un côté, le RPT et les formations politiques qu’il charrie (la CPP, le PDR), le REFAMPT et de l’autre les trois (3) formations de l’opposition (UFC, CAR, CDPA) et le GF2D. Au premier qui soutient une position un peu biaisée des recommandations et de l’esprit de l’APG : préparation et déploiement du matériel de recensement, recensement dans les bureaux de vote, saisie des listes provisoires à la CENI, personnalisation des cartes d’électeur à la CENI, distribution des cartes dans les bureaux de vote, élaboration du fichier électoral et édition des listes d’émargement, s’oppose le second qui soutient la préparation et le déploiement du matériel de recensement, l’enregistrement des électeurs, la saisie des noms et la délivrance immédiate des cartes numérisées avec photo dans les centres de vote, l’élaboration du fichier électoral et l’édition des listes d’enregistrement.

Ce second courant semble plus préoccupé par le souci de transparence des prochaines législatives et plus respectueux des recommandations de l’APG concernant les points qui suscitent de la polémique. L’APG recommandait justement un « recensement électoral » en vue de l’obtention d’un « fichier électoral fiable » et la confection de « carte d’électeur infalsifiable et sécurisée ». Cela va de soi que la meilleure façon de sécuriser la carte est d’y apposer une photo. La position soutenue par l’autre courant incarné par le RPT n’est que du dilatoire et exprime toute sa phobie des élections claires et transparentes.

Les difficultés étaient à tel point que la CENI en a appelé lundi dernier au Premier ministre afin qu’il saisisse  le facilitateur Blaise Compaoré pour son arbitrage comme le recommande l’accord.

F.S.

 

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