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Forum de la semaine

8 Dec 2007]

[307: du 6 Dec 2007]  
Primature : Komlan Mally : Mais Faure Gnassingbé reste déçu !

Faure Gnassingbé a nommé le lundi 03 décembre dernier, par décret présidentiel l’ancien Ministre de la Ville et de l’Urbanisme, Komlan Mally, Premier Ministre. Ce choix auquel les rumeurs n’ont même pas fait allusion d’avance a surpris plus d’un jusqu’au sein même du parti au pouvoir. Comment en est-on arrivé là ?  Et pourtant, Faure Gnassingbé avec sa suite a toujours fait croire à tous ceux qui veulent l’écouter que quel que soit le résultat du scrutin législatif, c’est-à-dire quand bien même le RPT gagne, il ne nommera pas un Premier Ministre dans les rangs de son parti, et ceci au nom de sa politique d’ouverture. Mais, beaucoup d’eau a coulé, et le pont s’est effondré. Et Faure Gnassingbé toujours déçu. Retour sur les mille et une nuits d’une nomination.

Faure et sa volonté d’ouverture

            « Faure Gnassingbé, l’homme d’ouverture !» Pour une fois dans l’histoire politique du Togo, un slogan peut être jugé crédible. Car, il faut reconnaître que bon an mal an, Faure Gnassingbé a amorcé un certain nombre de réformes qui ont forcé l’admiration et la confiance des Togolais des plus sceptiques, de la communauté internationale et même des opposants des plus radicaux à l’instar du Professeur Léopold Messan Gnininvi et du Dr Gilchrist Olympio. Les Togolais ont cette illusion d’entendre comme les bruits des eaux d’un fleuve solitaire, couler dans leurs conduits auditifs, cette célèbre phrase de « ils ont fait un pas et moi aussi j’ai fait un pas » du leader de la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa), l’un des rares partis les plus crédibles du Togo, mais aussi, de cette célèbre boutade du « Maréchal Fo Gil », « Mes respects Monsieur le Président » qui venait confirmer la reconnaissance de facto de Sant’ Egidio en 2005.

            Le passage de Me Agboyibo à la Primature sous Faure Gnassingbé est aussi un autre signal fort pour saisir « la main tendue » de ce dernier, quand on sait que le leader du CAR, même s’il négligeait l’usage d’un discours très tranché, ne demeure pas moins quelqu’un qui ne transige pas sur certains principes cardinaux des fondements de la démocratie.

            Et si tout ce beau monde peut se mettre d’accord sur l’esprit et la volonté d’ouverture de Faure Gnassingbé, alors il faut reconnaître qu’elle est vraiment palpable et éprouvée par le temps. Mais pourquoi alors, a-t-elle  échoué face à la nomination du Premier Ministre ? Pourquoi la volonté exprimée s’est brusquement émoussée ?

L’attente a trop duré !

            Ce qui arrive actuellement dans le « chronogramme » d’ouverture de Faure Gnassingbé s’applique parfaitement à l’adage populaire qui dit que « l’eau qui dure trop dans la bouche devient une bave ». l’indifférence que la plupart des Togolais ont témoigné à l’annonce du nom du nouveau Premier Ministre, loin d’être le signe d’une animosité envers la personne de Komlan Mally, est plutôt le fruit d’une déception. Car le système RPT a durant tout ce temps, tourné les regards des Togolais vers l’opposition et tout le monde s’attendait à ce que le PM soit désigné dans ce rang. Mais, c’est sans compter sur les difficultés volontairement ou pas, dressées sur ce chemin par ceux qui, réellement, n’ont pas envie, à tort ou à raison, de faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale.

L’UFC a retardé les débats !

            A part les témoignages des multiples rencontres UFC-RPT même au plus haut sommet, de l’avis général de tous ce qui a le plus retardé la nomination du Premier Ministre est la position de l’Union des Forces de Changement (UFC) par rapport à la formation du Cabinet. L’UFC exigerait non seulement « l’indépendance » de ses ministres mais aussi l’obtention de certains portefeuilles dits de souveraineté. Au-delà de ce décor, le parti de Gilchrist Olympio exigerait la primature. Faure Gnassingbé leva la barre très haute en acceptant cette position à condition que ce soit Gilchrist Olympio lui-même. Condition jugée inacceptable à l’UFC qui posa ensuite une condition des plus insolites !

Premier Ministre : C’est nous ou le RPT !

            Dans les milieux du pouvoir et même au sein de l’opposition, on affirme que la dernière et principale condition posées par l’UFC pour son entrée au gouvernement serait que la Primature, à défaut de revenir à l’UFC soit dirigée par le RPT et « non par un quelconque opposant ». Là-dessus, Gilchrist Olympio aurait été formel. Faure Gnassingbé aurait, pour contourner cette situation, lâché prise quant aux exigences de souveraineté. Mais rien n’y fit. « Si un opposant dirige ce gouvernement, vous ne nous verrez pas dedans ». Telle est, en somme, la position de l’UFC exprimée à Faure Gnassingbé, selon un proche collaborateur de ce dernier.

            Des tractations se poursuivaient sans que la position de l’UFC ne changeât. Entre-temps, Faure Gnassingbé recevait Me Agboyibo et lui signifie la nécessité d’élargir le gouvernement sans évoquer le point du « Premier Ministrable ». Le leader du CAR pourrait toujours se croire en lice malgré les crocs-en-jambe des faucons du RPT qui ne lui pardonnent pas ce qu’ils appellent « le faux pas » de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale.

La rencontre d’Aného et l’attente a trop duré !

            Le dimanche 02 décembre, veille de la nomination du nouveau PM, le Secrétaire Général du RPT,  Solitoki Esso aurait rencontré à Aného, l’honorable Patrick Lawson en vue d’harmoniser les points de vue sur la formation du gouvernement. Le vice-Président de l’UFC aurait été intransigeant et a défendu la position du Président national de son parti : « Pas question que nous rentrions dans un gouvernement dirigé par un autre opposant. Ou c’est de l’UFC ou c’est du RPT que sortira le nouveau Premier Ministre ».

            Le RPT aurait, selon des sources proches du pouvoir, proposé d’autres noms à l’instar de celui du Professeur Gnininvi depuis le jour où cette condition est posée. Mais que nenni !

Me Agboyibo prié de consentir un sacrifice

            De retour d’Aného et après avoir rendu compte à Faure Gnassingbé, ce dernier décide de passer à l’étape suivante. Il convoque Me Agboyibo et lui aurait signifié : « l’UFC pose comme dernière condition que la Primature soit dirigée par soit un militant de l’UFC, soit un autre issu de ses rangs. Donc je vous demanderais de consentir ce sacrifice pour sauver une situation de blocage ou d’isolement qui se profile à l’horizon ! ».

            Le leader du CAR n’en revenait pas mais aurait déclaré : « Si tel est le prix à payer, je ne trouve aucun inconvénient ». Le départ du « Bélier » vient d’être ainsi consommé. Le plus dur revient désormais à Faure Gnassingbé de choisir dans son « troupeau » la « brebis  la moins galeuse ».

Le casse-tête chinois, et Mally surgit du lot !

            Choisir au sein du RPT paraît plus difficile à Faure plus que tout autre chose. Si l’unique principale condition du choix du Premier Ministre demeurait au temps de Gnassingbé père, la dimension géographique en vue de faire taire toute supputation sur un  clivage ethnique, Gnassingbé fils devrait ajouter à cet arc, d’autres flèches à l’instar de la prise en compte du clivage interne au RPT. « Pas question de trier du lot, un proche de Kpatcha » pour faire plaisir ou renforcer les positions d’un frère rival. Mais en même temps, il faut compter avec « la bande » à ce dernier pour ne pas prendre un thuriféraire « Fauriste » de peur de mettre « la bande » en courroux et l’opposition en désarroi. Que faire ? Il ne faut pas non plus sauter sur un « neutre » dans ce duel « fratricide » qui traîne derrière lui un passé nauséabond et qui sera vomi par le peuple et les leaders de l’opposition. Et le choix est finalement tombé sur un moindre mal !

Mally ou le moindre mal !

            A voir de près, Komlan Mally, est un moindre mal. Discret et effacé, d’aucuns pensent qu’il serait positionné par son « neveu bras long » Mey Gnassingbé. Mais là n’est pas tellement la question. Est-ce que Komlan Mally fera autour de lui l’unanimité ? Là-dessus, on est tenté de dire oui, car il ne fait pas parti du lot des thuriféraires volubiles qui agacent à longueur de journée les Togolais.

            On lui reproche aussi son « inactivité » face à l’inondation de certains quartiers de la ville de Lomé. Mais entre-nous soit dit : a-t-il réellement les moyens ? N’ont-ils pas eux-mêmes bouché avec des sacs de sable le passage qui mène à leurs chics résidences après avoir pataugé des jours durant dans l’eau et fait des détours au moment où le passage était devenu complètement impraticable ? Quel était le budget du Ministère de la Ville ? Komlan Mally aurait détourné ces fonds qu’il gémirait actuellement sous les feux croisés de l’artillerie des critiques acerbes.

            Mais pour le moment, il a le bénéfice du doute et il lui revient de démontrer que lui aussi est un homme de vision et de changement en donnant une impulsion positive pour l’accomplissement des dernières recommandations de l’Union Européenne, quand bien même le titre de Premier Ministre est réduit à sa plus simple expression au Togo.

Malgré tout, Faure reste toujours déçu !

            Les sorties de voix des plus autorisées au sein de l’UFC dénotent des réticences à participer au gouvernement, ce qui constituerait une des plus grandes déceptions de Faure Gnassingbé. « Tellement, il voulait de ce parti pour se baliser le chemin de 2010. En fait, c’est pour ne plus avoir d’opposants devant lui », déclarait un militant du parti de Gilchrist Olympio. Mais pour l’entourage de Faure qui se refuse à tout commentaire, pour le moment en pensant que « la raison l’emportera », « l’UFC aura dribblé le Chef de l’Etat si elle ne participe pas à ce gouvernement. Ce serait intolérable car, cela démontre qu’ils ne sont pas des hommes de parole et le Chef de l’Etat ne peut plus composer avec eux », a renchéri notre interlocuteur visiblement déçu de la déclaration du Secrétaire Général de l’UFC qui disait qu’à son avis, l’UFC ne doit pas participer à ce gouvernement. Même son de cloche chez le Président national du parti lui-même.

            Qu’à cela ne tienne ! Pour le CAR, pas question à lui aussi de rentrer dans un gouvernement si l’UFC qui l’a pratiquement poussé à la sortie de la Primature n’y participait pas. « L’UFC ne peut pas nous pousser méchamment à la sortie puis refuser de participer au gouvernement pour enfin diaboliser ceux qui y participent », a déclaré un militant du parti de Me Agboyibo qui attend la position officielle de son parti.

            La CDPA quant à elle, attend le moment opportun pour prendre une position officielle. A cette allure, la formation du nouveau gouvernement annoncé officieusement pour demain vendredi risque d’être à l’image de la nomination du Premier Ministre.

F.S

Dernière minute : Participation au Gouvernement : Gilchrist Olympio pose une nouvelle exigence
Quelques jours après la nomination de Komlan Mally au poste de Premier ministre, l’Union des Forces du changement (UFC) a déclaré qu’elle n’a pas été invitée à diriger le gouvernement togolais.  « On ne nous a jamais invités… à nommer un candidat à la primature », a déclaré mercredi son Président national, Gilchrist Olympio à nos confrères de la Voix d’Amérique, avant d’ajouter que de « toute façon l’UFC n’est pas intéressée à participer au gouvernement sans que soient satisfaites ses revendications concernant le processus électoral, notamment sur le découpage des circonscriptions» et ceci pour apporter de l’eau au moulin de son Secrétaire général qui déclarait quelques heures plus tôt qu’à son avis, « il ne trouve aucun intérêt que son parti rentre dans ce gouvernement ».

 Selon M. Olympio, le Rassemblement du peuple togolais au pouvoir et son propre parti ont remporté chacun 900 000 voix, mais ne sont pas également représentés au parlement (50 sièges pour le RPT contre 27 pour l’UFC).

            La modification du découpage électoral fait partie des recommandations que renferme le rapport final de la mission d’observation de l’Union européenne aux législatives d’octobre dernier au Togo. Ce document a été remis mardi à Faure Gnassingbé.

            Contacté à ce sujet, une source proche de la Présidence a parlé d’«une nouvelle exigence » car selon elle, lors des multiples rencontres qu’a eues le RPT avec son parti, « jamais l’UFC n’a sorti cette exigence » qui de toutes les façons figure déjà sur la feuille de route remise au Chef de l’Etat par l’Union européenne par le truchement de sa Mission d’observation. Ce qui lui fait qualifier cette position de « fuite en avant de ceux qui savent qu’ils n’ont aucune envie de participer à une équipe gouvernementale mais qui essaient toujours de tirer les draps de leur coté.»

FS 

Confidentiel : Kpatcha Gnassingbé « exclut » du prochain gouvernement
A peine l’ancien ministre de la Ville et de l’Urbanisme est nommé au poste de Premier ministre que les nouvelles sur la composition de sa future équipe gouvernementale fusent des milieux autorisés. On annonce que des têtes et non des moindres vont tomber. Déjà les petits malins qui sentent le feu brûler sous leurs fesses ont anticipé sur les événements et se sont adjugé de postes sous d’autres cieux plus cléments. On cite volontiers le cas de Sélom Komi Klassou qui s’est offert la 1ère Vice-présidence de l’Assemblée nationale.

Mais le cas qui suscite beaucoup de commentaires est le départ annoncé de Kpatcha Gnassingbé du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Ce sera la grande « révolution » qu’aurait opérée le duo Faure-Mally s’il advenait que cela se confirmait.

La question qui se pose est si au regard des supputations sur les relations « inamicales » entre Faure et Kpatcha, ce dernier sera plus « rangé » et « sage » du dedans que du dehors d’un gouvernement,  c’est-à-dire en fait de la gestion de l’héritage politique commun légué par leur feu père, surtout qu’on lui prête trop d’ «intentions belliqueuses» «la survenue d’une telle perspective démontrera une certaine démarcation de Faure Gnassingbé par rapport au clan à qui les Togolais assimilent volontiers son pouvoir», affirme-t-on dans son cercle rapproché.

Les mêmes sources affirment que ce n’est pas la première fois que Faure Gnassingbé a émis l’intention de démettre Kpatcha Gnassingbé du gouvernement. A la formation du GUN dirigé par Me Yawovi Agboyibo, il aurait émis le voeux de ne plus voir son demi-frère  aux affaires. Mais à l’époque, dit-on, leurs parrains burkinabé et gabonais l’en auraient dissuadé. Aujourd’hui, affirment toujours les mêmes sources, cette décision serait irrévocable.                  

F.S.

Du bluff à la FTF  Le Comité de Bernard Walla toujours en quête de légitimité
La polémique continue toujours d’enfler à propos de la reconnaissance du Comité provisoire de gestion (Cpg) de la Fédération togolaise de football (Ftf), comité  mis en place en juillet dernier par le gouvernement et le Comité national olympique togolais (Cnot) pour «dénouer» la crise qui secoue la Ftf. Et Bernard Walla, président de ce comité, a cru bon devoir publier par les soins du Secrétaire général, Espoir Sronvie,  un communiqué, en réaction à notre article paru dans le N°311 de lundi dernier – sans nommément nous citer –, faisant état de ce que le Cpg est disqualifié pour organiser des congrès à la Ftf.

La non reconnaissance, question de logique

« Ni la Caf ni la Fifa n’ont envoyé une quelconque  correspondance disqualifiant le Cpg d’organiser les prochains congrès de la Ftf. La Caf et la Fifa ont plutôt pris acte de notre chronogramme et projeté d’envoyer des observateurs pour suivre le bon déroulement des nouveaux textes que nous aurons nous-mêmes adoptés », pouvait-on lire dans le communiqué.

Cela dit, les membres du Comité de gestion provisoire de la Ftf ne sont pas en mesure d’apporter la preuve de leur reconnaissance par la Caf et la Fifa. « Le fait que jusqu’ici ils n’ont réussi à brandir aucune correspondance de reconnaissance  qui démontre avec suffisance que le comité est reconnu est patent. S’ils avaient un quelconque document en ce sens, ils l’auraient remis depuis aux médias pour faire taire les critiques », affirme-t-on dans les milieux contestataires.

Lors de la réunion de la Commission des Associations de la Fifa, le 28 octobre dernier à Zurich, le Togo n’a pas été représenté à cette rencontre où la Commission a réaffirmé « son engagement en faveur du maintien des principes établis par les Statuts de la Fifa et de la protection de ses associations membres des forces tant internes qu’externes ». Le président du Cpg, M. Bernard Walla avait lui-même eu la maladresse de reconnaître sur une station radio de Lomé  que c’est sur l’Internet qu’il a lu les recommandations faites par la Commission. Au regard de ce fait, il convient de dire qu’il y a manque de communication entre le Cpg et la Fifa. Car en de pareils cas, et si vraiment le problème de la reconnaissance du Cpg ne se posait pas, le secrétariat de la Fifa lui aurait notifié par courrier officiel les recommandations concernant le Togo et indiqué par la suite dans le même courrier ou dans un autre courrier explicatif comment il compte mettre en exécution ces recommandations et quel devrait être le travail qui incombe au Cpg. Cela n’étant pas fait, les membres du Cpg devraient normalement se poser des questions.

Et d’ailleurs, si le comité est reconnu, pourquoi la Fifa parle-t-elle de «l’ingérence du gouvernement dans les affaires d’une fédération affiliée à elle». Où est donc l’ingérence si ce n’est la mise sur pied de ce comité dirigé par un membre du gouvernement qui est Bernard Walla?

Au-delà de ce constat, l’on peut pousser un peu plus loin l’analyse à partir de l’objet même de la réunion de la Commission des Associations de la Fifa – à laquelle Bernard Walla aurait pu participer s’il était reconnu- de garantir l’application des textes de ses associations membres.

« Nous devons garantir l’application de nos Statuts afin de protéger le football dans les pays qui connaissent des difficultés dues soit à des conflits intérieurs, soit à une ingérence gouvernementale extérieure,  déclarait le président de la Commission, G. Thompson. Nous devons être fermes et justes, et je compte sur le soutien de mes collègues pour faire la différence. »

Au regard de ces déclarations, l’on comprend aisément que les membres de la Fifa tiennent au respect des statuts qui régissent leur fédération respective. Et le Togo ne saurait échapper à la règle. En clair, il est donc inconcevable que les membres de la Fifa, en même temps qu’ils dénoncent l’ingérence du gouvernement togolais dans les affaires de la Ftf, s’accommodent d’une structure mise en place par ce même gouvernement. Question de bon sens, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire à la fois !

La disqualification, la conséquence

C’est vrai que le principe de nouvelles élections est acquis compte tenu de la situation délétère créée par Gnofame et  Cie au sein de la Ftf mais les membres ne se sont pas prononcés sur l’organe habilité à les organiser. Pour les analystes, si ce principe a été accepté, c’est uniquement parce que ce sont les membres de la Caf qui l’ont évoqué. Mais jamais la Fifa n’a entendu conférer une reconnaissance au Comité provisoire de gestion qu’elle s’interdit de nommer.

Le cas burkinabé est  là pour éclairer les lanternes. La Fifa et la Caf ont bien reconnu - noir sur blanc - l’existence de la Commission transitoire mise en place par les acteurs et dont elles apportent tout leur soutien sous réserve de l’exécution de la feuille de route. Et cette reconnaissance ne souffre d’aucune ambigüité : « La commission transitoire, finalement reconnue par la Fifa et la Caf sous réserve de la mise en œuvre d’une feuille de route prédéfinie, a démontré la sérieuse volonté de la fédération de maintenir l’élan insufflé pour résoudre de manière satisfaisante les problèmes. De nouveaux statuts ont été élaborés conformément aux Statuts standard de la Fifa. L’association prévoit d’organiser un congrès en novembre 2007 pour approuver les statuts. Suivra en janvier 2008 une assemblée élective ». Voilà une recommandation dont les termes sont clairs et dont les membres de cette commission peuvent s’en prévaloir.

La Fifa et la Caf travaillent  sur le cas

 Ce que l’on sait aujourd’hui du cas togolais, c’est que la Fifa et la Caf sont toujours en concertation pour le résoudre une fois pour de bon. Et la mise en place d’une Commission électorale indépendante qui sera probablement dirigée par le Sénégalais Badara Sène fait son chemin. Mais pour l’instant, les deux instances s’occupent des cas burkinabé et centrafricain. On indique d’ailleurs qu’il y a quelques jours une délégation des deux instances s’est rendue au Burkina Faso où elle a travaillé avec la Commission transitoire sur les textes, après quoi, les élections suivront probablement ce mois de décembre ou au plus tard en janvier avant la Coupe d’Afrique des Nations Ghana 2008.

Après le Burkina Faso, la Fifa et la Caf s’attaqueront au cas togolais avec la révision des statuts  afin de s’assurer que ses principes sont observés lors du congrès électif. Et si cela doit se faire en collaboration avec le Cpg, on l’aurait remarqué déjà avec la mise en place des commissions chargées d’élaborer les textes. Du moins, une délégation de la Fifa et de la Caf devrait participer à l’installation de ces commissions et donner en même temps des directives à suivre. Cette caution manquant, l’on doit se poser des questions. « Rien ne sera laissé à la charge du Comité  qui est une structure non reconnue ni par la Caf, ni par la Fifa et qui ne peut légitimement avoir la latitude d’organiser des élections. Mais s’il se hasarde à faire ces élections, elles ne seront pas reconnues comme c’est le cas en Centrafrique et le Togo risque une exclusion de la Fifa pour l’inobservation des règles qui régissent la fédération», précise-t-on.

Pour tout dire, tant que Bernard Walla et ses collaborateurs n’auront pas apporté la preuve tangible de leur reconnaissance par la Caf et la Fifa, qu’ils ne s’indignent pas des critiques qui leur sont adressées. Car à ce que l’on sache, ni la Caf, ni la Fifa n’ont envoyé de correspondance de reconnaissance au Comité. Cela vaut également pour le chronogramme publié début octobre dernier et qui accuse un retard significatif. Selon ce chronogramme, l’on devrait être à la période de distribution des textes  aux membres de la Ftf pour amendements.

FS

 

 

 

 

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