|
Faure et sa volonté d’ouverture
« Faure Gnassingbé, l’homme d’ouverture !»
Pour une fois dans l’histoire politique du Togo, un
slogan peut être jugé crédible. Car, il faut reconnaître
que bon an mal an, Faure Gnassingbé a amorcé un certain
nombre de réformes qui ont forcé l’admiration et la
confiance des Togolais des plus sceptiques, de la
communauté internationale et même des opposants des plus
radicaux à l’instar du Professeur Léopold Messan Gnininvi
et du Dr Gilchrist Olympio. Les Togolais ont cette
illusion d’entendre comme les bruits des eaux d’un fleuve
solitaire, couler dans leurs conduits auditifs, cette
célèbre phrase de « ils ont fait un pas et moi aussi
j’ai fait un pas » du leader de la Convention
démocratique des peuples africains (Cdpa), l’un des rares
partis les plus crédibles du Togo, mais aussi, de cette
célèbre boutade du « Maréchal Fo Gil », « Mes
respects Monsieur le Président » qui venait confirmer
la reconnaissance de facto de Sant’ Egidio en 2005.
Le passage de Me Agboyibo à la Primature sous
Faure Gnassingbé est aussi un autre signal fort pour
saisir « la main tendue » de ce dernier, quand on
sait que le leader du CAR, même s’il négligeait l’usage
d’un discours très tranché, ne demeure pas moins
quelqu’un qui ne transige pas sur certains principes
cardinaux des fondements de la démocratie.
Et si tout ce beau monde peut se mettre
d’accord sur l’esprit et la volonté d’ouverture de Faure
Gnassingbé, alors il faut reconnaître qu’elle est
vraiment palpable et éprouvée par le temps. Mais pourquoi
alors, a-t-elle échoué face à la nomination du Premier
Ministre ? Pourquoi la volonté exprimée s’est brusquement
émoussée ?
L’attente a trop duré !
Ce qui arrive actuellement dans le
« chronogramme » d’ouverture de Faure Gnassingbé
s’applique parfaitement à l’adage populaire qui dit que
« l’eau qui dure trop dans la bouche devient une
bave ». l’indifférence que la plupart des Togolais
ont témoigné à l’annonce du nom du nouveau Premier
Ministre, loin d’être le signe d’une animosité envers la
personne de Komlan Mally, est plutôt le fruit d’une
déception. Car le système RPT a durant tout ce temps,
tourné les regards des Togolais vers l’opposition et tout
le monde s’attendait à ce que le PM soit désigné dans ce
rang. Mais, c’est sans compter sur les difficultés
volontairement ou pas, dressées sur ce chemin par ceux
qui, réellement, n’ont pas envie, à tort ou à raison, de
faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale.
L’UFC a retardé les débats !
A part les témoignages des multiples
rencontres UFC-RPT même au plus haut sommet, de l’avis
général de tous ce qui a le plus retardé la nomination du
Premier Ministre est la position de l’Union des Forces de
Changement (UFC) par rapport à la formation du Cabinet.
L’UFC exigerait non seulement « l’indépendance »
de ses ministres mais aussi l’obtention de certains
portefeuilles dits de souveraineté. Au-delà de ce décor,
le parti de Gilchrist Olympio exigerait la primature.
Faure Gnassingbé leva la barre très haute en acceptant
cette position à condition que ce soit Gilchrist Olympio
lui-même. Condition jugée inacceptable à l’UFC qui posa
ensuite une condition des plus insolites !
Premier Ministre : C’est nous ou le RPT !
Dans les milieux du pouvoir et même au sein
de l’opposition, on affirme que la dernière et principale
condition posées par l’UFC pour son entrée au
gouvernement serait que la Primature, à défaut de revenir
à l’UFC soit dirigée par le RPT et « non par un
quelconque opposant ». Là-dessus, Gilchrist Olympio
aurait été formel. Faure Gnassingbé aurait, pour
contourner cette situation, lâché prise quant aux
exigences de souveraineté. Mais rien n’y fit. « Si un
opposant dirige ce gouvernement, vous ne nous verrez pas
dedans ». Telle est, en somme, la position de l’UFC
exprimée à Faure Gnassingbé, selon un proche
collaborateur de ce dernier.
Des tractations se poursuivaient sans que la
position de l’UFC ne changeât. Entre-temps, Faure
Gnassingbé recevait Me Agboyibo et lui signifie la
nécessité d’élargir le gouvernement sans évoquer le point
du « Premier Ministrable ». Le leader du CAR
pourrait toujours se croire en lice malgré les
crocs-en-jambe des faucons du RPT qui ne lui pardonnent
pas ce qu’ils appellent « le faux pas » de
l’élection du bureau de l’Assemblée nationale.
La rencontre d’Aného et l’attente a trop duré !
Le dimanche 02 décembre, veille de la
nomination du nouveau PM, le Secrétaire Général du RPT,
Solitoki Esso aurait rencontré à Aného, l’honorable
Patrick Lawson en vue d’harmoniser les points de vue sur
la formation du gouvernement. Le vice-Président de l’UFC
aurait été intransigeant et a défendu la position du
Président national de son parti : « Pas question que
nous rentrions dans un gouvernement dirigé par un autre
opposant. Ou c’est de l’UFC ou c’est du RPT que sortira
le nouveau Premier Ministre ».
Le RPT aurait, selon des sources proches du
pouvoir, proposé d’autres noms à l’instar de celui du
Professeur Gnininvi depuis le jour où cette condition est
posée. Mais que nenni !
Me Agboyibo prié de consentir un sacrifice
De retour d’Aného et après avoir rendu compte
à Faure Gnassingbé, ce dernier décide de passer à l’étape
suivante. Il convoque Me Agboyibo et lui aurait
signifié : « l’UFC pose comme dernière condition que
la Primature soit dirigée par soit un militant de l’UFC,
soit un autre issu de ses rangs. Donc je vous demanderais
de consentir ce sacrifice pour sauver une situation de
blocage ou d’isolement qui se profile à l’horizon ! ».
Le leader du CAR n’en revenait pas mais
aurait déclaré : « Si tel est le prix à payer, je ne
trouve aucun inconvénient ». Le départ du « Bélier »
vient d’être ainsi consommé. Le plus dur revient
désormais à Faure Gnassingbé de choisir dans son
« troupeau » la « brebis la moins galeuse ».
Le casse-tête chinois, et Mally surgit du lot !
Choisir au sein du RPT paraît plus difficile
à Faure plus que tout autre chose. Si l’unique principale
condition du choix du Premier Ministre demeurait au temps
de Gnassingbé père, la dimension géographique en vue de
faire taire toute supputation sur un clivage ethnique,
Gnassingbé fils devrait ajouter à cet arc, d’autres
flèches à l’instar de la prise en compte du clivage
interne au RPT. « Pas question de trier du lot, un
proche de Kpatcha » pour faire plaisir ou renforcer
les positions d’un frère rival. Mais en même temps, il
faut compter avec « la bande » à ce dernier pour
ne pas prendre un thuriféraire « Fauriste » de
peur de mettre « la bande » en courroux et
l’opposition en désarroi. Que faire ? Il ne faut pas non
plus sauter sur un « neutre » dans ce duel
« fratricide » qui traîne derrière lui un passé
nauséabond et qui sera vomi par le peuple et les leaders
de l’opposition. Et le choix est finalement tombé sur un
moindre mal !
Mally ou le moindre mal !
A voir de près, Komlan Mally, est un moindre
mal. Discret et effacé, d’aucuns pensent qu’il serait
positionné par son « neveu bras long » Mey
Gnassingbé. Mais là n’est pas tellement la question.
Est-ce que Komlan Mally fera autour de lui l’unanimité ?
Là-dessus, on est tenté de dire oui, car il ne fait pas
parti du lot des thuriféraires volubiles qui agacent à
longueur de journée les Togolais.
On lui reproche aussi son « inactivité »
face à l’inondation de certains quartiers de la ville de
Lomé. Mais entre-nous soit dit : a-t-il réellement les
moyens ? N’ont-ils pas eux-mêmes bouché avec des sacs de
sable le passage qui mène à leurs chics résidences après
avoir pataugé des jours durant dans l’eau et fait des
détours au moment où le passage était devenu complètement
impraticable ? Quel était le budget du Ministère de la
Ville ? Komlan Mally aurait détourné ces fonds qu’il
gémirait actuellement sous les feux croisés de
l’artillerie des critiques acerbes.
Mais pour le moment, il a le bénéfice du
doute et il lui revient de démontrer que lui aussi est un
homme de vision et de changement en donnant une impulsion
positive pour l’accomplissement des dernières
recommandations de l’Union Européenne, quand bien même le
titre de Premier Ministre est réduit à sa plus simple
expression au Togo.
Malgré tout, Faure reste toujours déçu !
Les sorties de voix des plus autorisées au
sein de l’UFC dénotent des réticences à participer au
gouvernement, ce qui constituerait une des plus grandes
déceptions de Faure Gnassingbé. « Tellement, il
voulait de ce parti pour se baliser le chemin de 2010. En
fait, c’est pour ne plus avoir d’opposants devant lui »,
déclarait un militant du parti de Gilchrist Olympio. Mais
pour l’entourage de Faure qui se refuse à tout
commentaire, pour le moment en pensant que « la raison
l’emportera », « l’UFC aura dribblé le Chef de
l’Etat si elle ne participe pas à ce gouvernement. Ce
serait intolérable car, cela démontre qu’ils ne sont pas
des hommes de parole et le Chef de l’Etat ne peut plus
composer avec eux », a renchéri notre interlocuteur
visiblement déçu de la déclaration du Secrétaire Général
de l’UFC qui disait qu’à son avis, l’UFC ne doit pas
participer à ce gouvernement. Même son de cloche chez le
Président national du parti lui-même.
Qu’à cela ne tienne ! Pour le CAR, pas
question à lui aussi de rentrer dans un gouvernement si
l’UFC qui l’a pratiquement poussé à la sortie de la
Primature n’y participait pas. « L’UFC ne peut pas
nous pousser méchamment à la sortie puis refuser de
participer au gouvernement pour enfin diaboliser ceux qui
y participent », a déclaré un militant du parti de Me
Agboyibo qui attend la position officielle de son parti.
La CDPA quant à elle, attend le moment
opportun pour prendre une position officielle. A cette
allure, la formation du nouveau gouvernement annoncé
officieusement pour demain vendredi risque d’être à
l’image de la nomination du Premier Ministre.
F.S
Dernière minute : Participation au Gouvernement :
Gilchrist Olympio pose une nouvelle exigence
Quelques jours après la nomination de Komlan Mally au
poste de Premier ministre, l’Union des Forces du
changement (UFC) a déclaré qu’elle n’a pas été invitée à
diriger le gouvernement togolais. « On ne nous a
jamais invités… à nommer un candidat à la primature »,
a déclaré mercredi son Président national, Gilchrist
Olympio à nos confrères de la Voix
d’Amérique,
avant d’ajouter que de « toute façon l’UFC n’est pas
intéressée à participer au gouvernement sans que soient
satisfaites ses revendications concernant le processus
électoral, notamment sur le découpage des
circonscriptions» et ceci pour apporter de l’eau au
moulin de son Secrétaire général qui déclarait quelques
heures plus tôt qu’à son avis, « il ne trouve aucun
intérêt que son parti rentre dans ce gouvernement ».
Selon M. Olympio, le Rassemblement du peuple togolais au
pouvoir et son propre parti ont remporté chacun 900 000
voix, mais ne sont pas également représentés au parlement
(50 sièges pour le RPT contre 27 pour l’UFC).
La modification du découpage électoral fait
partie des recommandations que renferme le rapport final
de la mission d’observation de l’Union européenne aux
législatives d’octobre dernier au Togo. Ce document a été
remis mardi à Faure Gnassingbé.
Contacté à ce sujet, une source proche de la
Présidence a parlé d’«une nouvelle exigence » car
selon elle, lors des multiples rencontres qu’a eues le
RPT avec son parti, « jamais l’UFC n’a sorti cette
exigence » qui de toutes les façons figure déjà sur
la feuille de route remise au Chef de l’Etat par l’Union
européenne par le truchement de sa Mission d’observation.
Ce qui lui fait qualifier cette position de « fuite en
avant de ceux qui savent qu’ils n’ont aucune envie de
participer à une équipe gouvernementale mais qui essaient
toujours de tirer les draps de leur coté.»
FS
Confidentiel : Kpatcha Gnassingbé « exclut » du prochain
gouvernement
A peine l’ancien ministre de la Ville et de l’Urbanisme
est nommé au poste de Premier ministre que les nouvelles
sur la composition de sa future équipe gouvernementale
fusent des milieux autorisés. On annonce que des têtes et
non des moindres vont tomber. Déjà les petits malins qui
sentent le feu brûler sous leurs fesses ont anticipé sur
les événements et se sont adjugé de postes sous d’autres
cieux plus cléments. On cite volontiers le cas de Sélom
Komi Klassou qui s’est offert la 1ère Vice-présidence
de l’Assemblée nationale.
Mais le cas qui suscite beaucoup de commentaires est le
départ annoncé de Kpatcha Gnassingbé du ministère de la
Défense et des Anciens combattants. Ce sera la grande
« révolution » qu’aurait opérée le duo Faure-Mally
s’il advenait que cela se confirmait.
La question qui se pose est si au regard des supputations
sur les relations « inamicales » entre Faure et
Kpatcha, ce dernier sera plus « rangé » et
« sage » du dedans que du dehors d’un gouvernement,
c’est-à-dire en fait de la gestion de l’héritage
politique commun légué par leur feu père, surtout qu’on
lui prête trop d’ «intentions belliqueuses» «la
survenue d’une telle perspective démontrera une certaine
démarcation de Faure Gnassingbé par rapport au clan à qui
les Togolais assimilent volontiers son pouvoir»,
affirme-t-on dans son cercle rapproché.
Les mêmes sources affirment que ce n’est pas la première
fois que Faure Gnassingbé a émis l’intention de démettre
Kpatcha Gnassingbé du gouvernement. A la formation du GUN
dirigé par Me Yawovi Agboyibo, il aurait émis le voeux de
ne plus voir son demi-frère aux affaires. Mais à
l’époque, dit-on, leurs parrains burkinabé et gabonais
l’en auraient dissuadé. Aujourd’hui, affirment toujours
les mêmes sources, cette décision serait irrévocable.
F.S.
Du bluff à la FTF Le Comité de Bernard Walla toujours en
quête de légitimité
La
polémique continue toujours d’enfler à propos de la
reconnaissance du Comité provisoire de gestion (Cpg) de
la Fédération togolaise de football (Ftf), comité mis en
place en juillet dernier par le gouvernement et le Comité
national olympique togolais (Cnot) pour «dénouer» la
crise qui secoue la Ftf. Et Bernard Walla, président de
ce comité, a cru bon devoir publier par les soins du
Secrétaire général, Espoir Sronvie, un communiqué, en
réaction à notre article paru dans le N°311 de lundi
dernier – sans nommément nous citer –, faisant état de ce
que le Cpg est disqualifié pour organiser des congrès à
la Ftf.
La
non reconnaissance, question de logique
« Ni
la Caf ni la Fifa n’ont envoyé une quelconque
correspondance disqualifiant le Cpg d’organiser les
prochains congrès de la Ftf. La Caf et la Fifa ont plutôt
pris acte de notre chronogramme et projeté d’envoyer des
observateurs pour suivre le bon déroulement des nouveaux
textes que nous aurons nous-mêmes adoptés »,
pouvait-on lire dans le communiqué.
Cela
dit, les membres du Comité de gestion provisoire de la
Ftf ne sont pas en mesure d’apporter la preuve de leur
reconnaissance par la Caf et la Fifa. « Le fait que
jusqu’ici ils n’ont réussi à brandir aucune
correspondance de reconnaissance qui démontre avec
suffisance que le comité est reconnu est patent. S’ils
avaient un quelconque document en ce sens, ils l’auraient
remis depuis aux médias pour faire taire les critiques »,
affirme-t-on dans les milieux contestataires.
Lors de
la réunion de la Commission des Associations de la Fifa,
le 28 octobre dernier à Zurich, le Togo n’a pas été
représenté à cette rencontre où la Commission a réaffirmé
« son engagement en faveur du maintien des principes
établis par les Statuts de
la Fifa
et de la protection de ses associations membres des
forces tant internes qu’externes ».
Le président du Cpg, M. Bernard Walla avait lui-même eu
la maladresse de reconnaître sur une station radio de
Lomé que c’est sur l’Internet qu’il a lu les
recommandations faites par la Commission. Au regard de ce
fait, il convient de dire qu’il y a manque de
communication entre le Cpg et la Fifa. Car en de pareils
cas, et si vraiment le problème de la reconnaissance du
Cpg ne se posait pas, le secrétariat de la Fifa lui
aurait notifié par courrier officiel les recommandations
concernant le Togo et indiqué par la suite dans le même
courrier ou dans un autre courrier explicatif comment il
compte mettre en exécution ces recommandations et quel
devrait être le travail qui incombe au Cpg. Cela n’étant
pas fait, les membres du Cpg devraient normalement se
poser des questions.
Et
d’ailleurs, si le comité est reconnu, pourquoi la Fifa
parle-t-elle de «l’ingérence du gouvernement dans les
affaires d’une fédération affiliée à elle». Où est
donc l’ingérence si ce n’est la mise sur pied de ce
comité dirigé par un membre du gouvernement qui est
Bernard Walla?
Au-delà
de ce constat, l’on peut pousser un peu plus loin
l’analyse à partir de l’objet même de la réunion de la
Commission des Associations de la Fifa – à laquelle
Bernard Walla aurait pu participer s’il était reconnu- de
garantir l’application des textes de ses associations
membres.
« Nous devons garantir l’application de nos Statuts afin
de protéger le football dans les pays qui connaissent des
difficultés dues soit à des conflits intérieurs, soit à
une ingérence gouvernementale extérieure,
déclarait le président de la Commission, G. Thompson.
Nous devons être fermes et justes, et je compte sur le
soutien de mes collègues pour faire la différence. »
Au
regard de ces déclarations, l’on comprend aisément que
les membres de la Fifa tiennent au respect des statuts
qui régissent leur fédération respective. Et le Togo ne
saurait échapper à la règle. En clair, il est donc
inconcevable que les membres de la Fifa, en même temps
qu’ils dénoncent l’ingérence du gouvernement togolais
dans les affaires de la Ftf, s’accommodent d’une
structure mise en place par ce même gouvernement.
Question de bon sens, on ne peut pas vouloir une chose et
son contraire à la fois !
La
disqualification, la conséquence
C’est
vrai que le principe de nouvelles élections est acquis
compte tenu de la situation délétère créée par Gnofame
et Cie au sein de la Ftf mais les membres ne se sont pas
prononcés sur l’organe habilité à les organiser. Pour les
analystes, si ce principe a été accepté, c’est uniquement
parce que ce sont les membres de la Caf qui l’ont évoqué.
Mais jamais la Fifa n’a entendu conférer une
reconnaissance au Comité provisoire de gestion qu’elle
s’interdit de nommer.
Le cas
burkinabé est là pour éclairer les lanternes. La Fifa et
la Caf ont bien reconnu - noir sur blanc - l’existence de
la Commission transitoire mise en place par les acteurs
et dont elles apportent tout leur soutien sous réserve de
l’exécution de la feuille de route. Et cette
reconnaissance ne souffre d’aucune ambigüité : « La
commission transitoire, finalement reconnue par
la Fifa
et la Caf sous réserve de la mise en œuvre d’une feuille
de route prédéfinie, a démontré la sérieuse volonté de la
fédération de maintenir l’élan insufflé pour résoudre de
manière satisfaisante les problèmes. De nouveaux statuts
ont été élaborés conformément aux Statuts standard de la
Fifa. L’association prévoit d’organiser un congrès en
novembre 2007 pour approuver les statuts. Suivra en
janvier 2008 une assemblée élective ».
Voilà
une recommandation dont les termes sont clairs et dont
les membres de cette commission peuvent s’en prévaloir.
La
Fifa et la Caf travaillent sur le cas
Ce que
l’on sait aujourd’hui du cas togolais, c’est que la Fifa
et la Caf sont toujours en concertation pour le résoudre
une fois pour de bon. Et la mise en place d’une
Commission électorale indépendante qui sera probablement
dirigée par le Sénégalais Badara Sène fait son chemin.
Mais pour l’instant, les deux instances s’occupent des
cas burkinabé et centrafricain. On indique d’ailleurs
qu’il y a quelques jours une délégation des deux
instances s’est rendue au Burkina Faso où elle a
travaillé avec la Commission transitoire sur les textes,
après quoi, les élections suivront probablement ce mois
de décembre ou au plus tard en janvier avant la Coupe
d’Afrique des Nations Ghana 2008.
Après
le Burkina Faso, la Fifa et la Caf s’attaqueront au cas
togolais avec la révision des statuts afin de s’assurer
que ses principes sont observés lors du congrès électif.
Et si cela doit se faire en collaboration avec le Cpg, on
l’aurait remarqué déjà avec la mise en place des
commissions chargées d’élaborer les textes. Du moins, une
délégation de la Fifa et de la Caf devrait participer à
l’installation de ces commissions et donner en même temps
des directives à suivre. Cette caution manquant, l’on
doit se poser des questions. « Rien ne sera laissé à
la charge du Comité qui est une structure non reconnue
ni par
la Caf,
ni par la Fifa et qui ne peut légitimement avoir la
latitude d’organiser des élections. Mais s’il se hasarde
à faire ces élections, elles ne seront pas reconnues
comme c’est le cas en Centrafrique et le Togo risque une
exclusion de la Fifa pour l’inobservation des règles qui
régissent la fédération»,
précise-t-on.
Pour
tout dire, tant que Bernard Walla et ses collaborateurs
n’auront pas apporté la preuve tangible de leur
reconnaissance par la Caf et la Fifa, qu’ils ne
s’indignent pas des critiques qui leur sont adressées.
Car à ce que l’on sache, ni la Caf, ni la Fifa n’ont
envoyé de correspondance de reconnaissance au Comité.
Cela vaut également pour le chronogramme publié début
octobre dernier et qui accuse un retard significatif.
Selon ce chronogramme, l’on devrait être à la période de
distribution des textes aux membres de la Ftf pour
amendements.
FS |