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Tout observateur sportif national à
qui on demandait de choisir le meilleur arbitre togolais de ces 16 derniers
mois, aurait du mal à se décider. C’est d’ailleurs ce qui explique le murmure et
les insultes à peine voilées adressées à l’endroit de M. Djaoupé Claude samedi
dernier lors de la distribution des prix aux meilleurs acteurs de la saison
dernière, au niveau du football. Elu comme le meilleur arbitre de la saison
dernière, il a été conspué par une partie de la salle qui voyait à travers sa
personne, l’image du grand corrompu que reflète actuellement l’arbitrage
togolais dans son ensemble…
Loin
d’être le meilleur sifflet togolais, il est tout simplement le moins mauvais.
C’est du moins une partie de la phrase que nous avons pu saisir de l’assistance,
unanime du fait que les incidents qui émaillent ces derniers temps les matches
du championnat, sont provoqués par les … arbitres eux-mêmes, à cause de leur
cupidité et surtout de la nouvelle ligne de conduite qu’ils se sont fixés et qui
consiste « à prendre contact la veille avec les
présidents des clubs dont ils auront à officier le match ».
Certains responsables de clubs que nous avons pu
approcher, ont eu le courage de nous dévoiler ces tentatives de corruption dont
ils sont permanemment objet. Ils n’ont pas caché non plus qu’ils se laissent des
fois embarquer dans ce navire de trafiqueux et que la plupart du temps, « les
arbitres tiennent parole, en faisant gagner l’équipe dont le président a fait le
meilleur geste… ». Ces propos sont du président d’un des clubs les plus
célèbres du pays, qui confesse avoir cessé ces genres de pratiques à l’ouverture
de la saison 2005-2006. Les résultats de son club, évidemment ne sont plus ce
qu’ils étaient. Et c’est d’ailleurs ce qui nous conforte dans nos analyses et
dans notre conviction : le championnat de D1 du Togo est l’un des plus corrompus
du contient.
C’est ce soupçon renforcé des attitudes de nos arbitres, qui fait que, même si
leur décision au cours d’un match est légitime, elle engendre clameur et
insultes. L’on imagine aisément la bordée, les propos tempétueux, les
déchaînements qui surviennent lorsque leur décision est injuste. Mais de toute
façon, juste ou injuste, une décision de quelqu’un sur qui l’on a des préjugés,
laisse toujours comme un sentiment de frustration. Une espérance tronquée qui
sort certains supporters de leurs coins. Maintes fois l’on a assisté aux
débordements des supporters à Agoé, à Womé, à Anié, à Sokodé, à Mango etc. et si
la Fédération Togolaise de Football n’a pu faire jusque-là appel à l’Article 23
des règlements des compétions pour la saison, et qui stipule que « Tout club
dont les joueurs, les supporters, les dirigeants sont reconnus coupables de
désordre ou d’incidents particulièrement graves est suspendu de toutes les
compétitions officielles de la F.T.F et relégué en division inférieure sans
préjudice d’autres sanctions disciplinaires et/ou financières. Les auteurs des
désordres perpétrés avant, pendant ou après un match sont également poursuivis
conformément aux lois en vigueur. Des sanctions allant jusqu’à la radiation à
vie, sont infligées aux dirigeants, joueurs ou supporters dont la conduite a été
à l’origine d’incidents avant, pendant ou après le match », c’est qu’elle
n’ignore pas que, quelque part, les arbitres sont les précurseurs de ces
débordements.
C’est le lieu donc d’encourager la F.T.F, qui par moments, tape fort sur la
table et sanctionne certains arbitres reconnus d’avoir faussé les données d’une
rencontre et entraîné par là, quelques dérapages. Le seul mal c’est qu’on ne
rende pas officielles ces décisions pour faire connaître ces mauvais élèves à
l’opinion. L’on aurait pourtant aimé qu’on les expose pour les faire réfléchir,
par sept fois avant qu’ils n’entrent sur un terrain, sur l’article 38 qui
stipule que « … Toute personne, qui, en raison de sa qualité ou de son
titre, sollicite, accepte ou reçoit à son propre profit ou au profit d’un tiers
un avantage indu pour influencer le résultat d’un match au bénéfice d’une équipe
est passible d’une suspension de 24 mois… ». Toutes ces mesures pourront
apporter moins d’agitations, moins de conneries, moins d’actes antisportifs et
moins de débordements dans les tribunes. Les supporters véreux qui remplissent
nos terrains de football, ne trouveront plus de motifs pour expliquer certaines
attitudes d’une autre époque dont ils font preuve le plus souvent.
Personne n’ignore que les tribunes regorgent toujours de beaucoup de catégories
de supporters dont les inconditionnels, non du football, mais de leur équipe. On
en rencontre à Agoè, à Womé, à Anié, à Sokodé, à Mango, principaux endroits où
l’on ne vient pas assister à un match, mais voir son équipe gagner, ou à défaut,
profiter pour réveiller l’animal qui dort en tout homme. C’est comme écrivait
Georges Haldas dans « la Légende du football », et à l’adresse de ceux
qui se moquent du football, « que ce n’est pas le
football qui déclenche les passions partisanes. Et leur potentiel de violence.
Il ne fait que révéler, au niveau du spectacle et du jeu, ce manichéisme qui
sommeille dans le cœur de tout homme. Et, au match, a de brusques et surprenants
réveils. Son ressort, ici, étant sous le besoin de puissance, l’impuissance. Et
qui, en attendant, se traduit par une sorte de totalitarisme mental et
psychique. Si bien que prenant parti pour les Rouges, on ne peut être que contre
les Blancs ».
Tout ceci est malheureusement illustré sur la plupart
de nos stades où les bagarres deviennent le seul langage entre fils du même pays
par la faute du cuir rond. L’on devra désormais admettre qu’un match de football
ne dure réglementairement que 90 mn et qu’obligatoirement la vie reprendra son
cours. Alors, quel que soit l’effet que peuvent produire une défaite imméritée,
une victoire usurpée, un nul tronqué, tous ces espoirs déçus ne doivent pas être
des raisons de déchirements, de bagarres et de chasse à l’arbitre car même si ce
dernier en est le premier responsable, il n’en demeure pas moins un homme. Un
homme, ça peut se tromper, et se laisser tromper évidemment…
Don Quichotte AKUE |