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28 Oct 2006

 

[ 200: du 26 Oct 2006]  
L’inhumaine politique française sur l’immigration : 22 policiers français rapatrient manu militari 11 togolais dont un ex-gendarme

Onze ressortissants togolais (9 hommes et 2 femmes) ont été rapatriés manu militari de Paris ce mardi 24 octobre à bord d’un vol de la Compagnie Air France. Le Boeing 848 de la Compagnie française a, pour ce faire, enregistré le voyage de vingt-deux policiers et autres agents des forces de sécurité françaises pour l’accompagnement de ces Togolais. Parmi ces déportés, figurent un gendarme parti après les périodes de troubles que le Togo a connues. Et son cas inquiète sérieusement ses proches. Au moment où nous mettons sous presse, ces rapatriés sont toujours détenus à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) à Tokoin Lycée où, ils doivent répondre à « une enquête de routine » selon une source proche des services de la Police togolaise.

Ils sont considérés comme des pestiférés sur le sol français. Car, seraient-ils de grands intellectuels ou des artistes pétris de talent que la France leur aurait fait les yeux doux dans le cadre de cette maudite « politique d’immigration choisie » qui voit l’Afrique se dépouiller de ses bras valides et têtes bien faites ou tout simplement, de ses fils capables de la relever et de la hisser aux rangs des continents ou pays les plus respectés du monde.

            Le Président de l’Assemblée nationale, El Hadj Abass Bonfoh était à bord de l’avion qui rapatriait, menottes aux poings, ses compatriotes qui ont fait de lui ce qu’il est, mais était impuissant face à cette situation dont une grande responsabilité est imputable à eux les politiciens africains qui ont plongé ce continent dans un désastre qui contraint ses fils à aller chercher le bonheur, qui n’existe nulle part d’ailleurs, sous d’autres cieux où ils sont traités moins que des chiens; pendant que ces «colons» viennent en Afrique ici sans papiers ou tout au plus, voient leur situation régularisée par les services d’immigration de l’Aéroport. Ils viennent piller nos biens et les rapatrier dans leur pays qu’ils interdisent aux victimes de leur politique de pillage et de mafia. Et ceci, en complicité avec nos gouvernants, incapables de mettre leurs pays au travail mais toujours prêts à défiler sans vergogne devant de simples fonctionnaires de la Commission européenne, quémandant l’aide. Alors que ce qu’ils quémandent n’est qu’une infime partie de ce qu’ils ont aidé les Etrangers à piller, sans se rendre compte qu’une bonne gestion de nos ressources suffit pour nous propulser au devant de la scène mondiale.

            Il faut espérer qu’ils ne seront pas considérés comme des « opposants qui ternissent l’image du Togo à l’extérieur » et « traités » comme tels. Affaire à suivre donc.                 

     Dimas

 

Désignation du Président de la CENI : Le RPT manœuvre, manipule et bloque

De jour en jour, le clan au pouvoir ne fait que professer l’obscurantisme érigé en méthode de gouvernance.

Tout Togolais est conscient du gros défi qui attend le pays tout entier, celui de l’organisation des élections législatives qui sont censées être l’aboutissement d’un long processus d’apaisement ébauché depuis avril 2004 lorsque l’Union Européenne fit prendre au gouvernement Sama 22  engagements qui, respectés, corrigeraient le « déficit démocratique ». C’est dans cette perspective qu’ont été ouverts en mars dernier des pourparlers entre pouvoir, opposition et société civile et qui ont, au forceps , accouché d’un accord dit politique global. La suite logique devrait être l’organisation de législatives que doit conduire le GUN dirigé par Me Yawovi Agboyibo. Sa tâche est tellement immense qu’une seule minute de perdue serait dommageable. C’est justement la situation que cherche à créer le clan au pouvoir en induisant sciemment du blocage dans le fonctionnement de la CENI.

Ses membres étaient en séance vendredi dernier pour se doter d’un bureau définitif, la désignation du Président étant la tâche principale. Ils y étaient encore mardi, n’ayant pas pu dégager de consensus autour du candidat à choisir. Mais les travaux n’ont pas bougé d’un iota car le RPT est passé par là.

Ses manœuvres à la CENI

Il y avait au départ quatre candidatures au poste de Président : Abalo Pétchélébia du RPT, Henri Lardja Kolani du PDR, James Amaglo du CAR et Jean-Claude Codjo Délava de l’UFC. Pour se donner des airs d’un parti qui recherche l’apaisement, le RPT a retiré son candidat. Mais en réalité, beaucoup d’observateurs s’accordent à reconnaître que c’est la pression énorme, l’indignation qu’a suscitée au sein de la presse privée responsable la candidature d’Abalo Pétchélébia qui a contraint le clan à la retirer. Mais le RPT ne semble pas pour autant abandonner les manœuvres. Pour flouer encore les âmes sensibles, créer l’impression de professer la cohabitation avec l’opposition- laquelle encore !-, le RPT milite manifestement pour le choix de Henri Kolani du PDR. En réalité, le clan est à la recherche d’un Président de CENI manipulable à merci. Ce sont ses manœuvres qui ont encore fait échouer la séance de mardi. Voyant toute sa peine à requérir l’adhésion des autres partis autour de Kolani, il avancerait l’idée assez moche qu’on confie cette présidence à l’un des membres du gouvernement à la CENI alors que les candidatures étaient réduites à celles du PDR, du CAR et de l’UFC. Le RPT cherche donc à faire revenir la machine en arrière et mettre le pas. Il veut créer un blocage artificiel qui ferait perdre au maximum le temps. Voilà que la séance de mardi, censée voir choisir le Président a encore été un fiasco. Il faudra une autre ou d’autres séances pour lever l’équivoque. Voyez-vous ?

Ses interprétations

Non content d’avoir créé du blocage, le pouvoir cherche maintenant à se ressourcer dans des interprétations de textes. Et c’est là que le blocage risque d’être patent et de prendre assez de temps. Voyant toute sa peine à dégager du consensus autour de Kolani, comme le recommandent les termes de l’APG, le RPT cherche à faire procéder au vote. Et on évoque un passage de l’APG relatif à la désignation du Président de la CENI. En annexe I de l’accord relative aux attributions, à la composition et aux démembrements de la CENI, il est écrit : « La CENI « élit » en son sein son président et, les autres membres du bureau. Le Président « élu » est nommé par décret pris en conseil des ministres ». Cette portion renferme tout un tas de problèmes en perspective. On risque d’assister à un bourbier d’interprétation. D’où les parties risquent de saisir le facilitateur Blaise Compaoré comme le recommande le point 5.8 de l’APG : « En cas de différend sur l’interprétation de tout ou partie du présent Accord, y compris les modalités de l’organisation et du déroulement des opérations électorales, les parties signataires conviennent de s’en rendre à l’arbitrage du facilitateur ». Il était prévu « la mise en place d’un mécanisme de suivi (Comité de Suivi) de la bonne application des engagements souscrits » qui a pour mission de « veiller à l’application du présent Accord ». C’est justement sa mise en place que réclamait l’UFC depuis près d’un  mois mais en vain. Il n’existe donc pour le moment aucun garde-fou contre les abus. Le temps de saisir le facilitateur et mettre tout cet arsenal en place, on aura consumé plusieurs jours, semaines et peut-être mois de blocage alors que la tâche qui attend le GUN et la CENI est encore immense, et surtout le temps qui lui reste est assez court, les élections étant fixées au 24 juin 2007. Pourquoi le RPT veut-il alors faire procéder par vote au lieu de rechercher le « consensus » qui est le mode indiqué de décision au sein de la CENI ?

C’est simplement parce que le clan est rassuré de l’emporter eu égard à la majorité mécanique qui est en sa faveur et qui avait permis d’ « élire » Me Yawovi Agboyibo en début de dialogue en mars dernier Président du Présidium. Il est certain de faire rallier à sa cause au moins 9 voix sur les 17 délibératives de la CENI (les deux autres membres du gouvernement n’ayant pas de voix délibérative) : 5 du RPT, 2 de la CPP et 2 du PDR. Le pouvoir porterait ainsi sur le piédestal le candidat de son choix. Alors, bonjour les traficotages électoraux !

N.K.A.

 

Entre béate euphorie et réalités des conditions : Selon l’UE: « la reprise totale et entière de la coopération serait envisageable si… »

Le Togo a réalisé des « progrès considérables » ces derniers mois dans la mise en oeuvre des « engagements démocratiques » souscrits envers l’Union européenne (UE) : ces encouragements des membres de la mission de l’UE qui a séjourne à Lomé la semaine dernière pour une évaluation des engagements pris par le Togo en avril 2004 pour la reprise de la coopération entre les deux parties, rompue depuis 1993 pour « déficit démocratique »  sont pris par les affidés de pouvoir pour argent comptant. « Nous avons constaté des progrès considérables dans la mise en œuvre » de ces engagements, a déclaré  un membre de la mission, Manuel Lopez Blanco. « Depuis la dernière mission (mars 2006), le gouvernement et les forces politiques ont fait des progrès (...) Nous espérons aller de l’avant très rapidement », a encore indiqué M. Blanco. Et depuis la tête tourne aux « griots » du pouvoir. Des chiffres sont annoncés à la clé. Tout se dit comme si les fonds sont déjà là, palpables. Ce ne sont en fait que d’infâmes tromperies. La vérité viendra du chargé d`Affaires par intérim de la Délégation de la Commission européenne au Togo, Gilles Desesquelles, qui affirme que la reprise « totale et entière » de la coopération entre l`Union européenne (UE) et le Togo serait envisageable si les prochaines élections législatives togolaises sont « libres et transparentes ». Il a été on ne peut plus clair. Et c’est ici qu’il faut craindre que le pari ne soit pas gagné à l’avance. Les pires craintes d’une volte face du pouvoir qui observe pour l’heure une certaine accalmie fait froid dans le dos. Le PRT joué « franc jeu », c’est véritablement une gageure.

Il a en outre indiqué que « de nombreux projets de coopération vont être initiés en faveur du Togo », rappelant que, malgré la suspension de sa coopération avec l`Etat togolais, l`UE a maintenu ses aides en faveur de la population, notamment dans les secteurs de l`éducation, de la santé, de l`agriculture et du renforcement des capacités des organisations de la société civile.

Il a salué l’Accord Politique Global, signé le 20 août, estimant qu‘il ouvre « le chemin à un renouveau de la classe politique dirigeante, à l‘abandon des luttes fratricides pour qu‘enfin le Togo se préoccupe avec une énergie renouvelée du défi de la lutte contre la pauvreté ».

M. Desesquelles a appelé la classe politique togolaise à oeuvrer pour une « nouvelle culture démocratique » et une meilleure gestion des ressources du pays. 

Rappel, les membres de cette mission ont eu des discussions avec le Premier ministre, Yawovi Agboyibo, et certains ministres, notamment ceux des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Sécurité.

B. Sek

 

Humeur : La CENI au moins à l’UFC !

La bataille ouverte autour du poste de Président de la CENI risque d’être des plus âpres eu égard à l’importance du poste. Elle vient de commencer déjà avec des manœuvres des plus malhonnêtes de la part du RPT qui cherche à imposer ses pions. D’Abalo Pétchélébia au départ, elle se rabat sur Henri Kolani, le candidat du PDR à la présidence de la CENI et envisage évoquer le choix d’un membre du gouvernement comme ultime concession. Pas question donc de brader la présidence à l’opposition en lice à travers Dr James Amaglo du CAR et Jean-Claude Délava de l’UFC.

            C’est ici que les Togolais en appellent à la responsabilité du clan au pouvoir, nommément de son personnage principal Faure Gnassingbé. Dans le cas présent, c’est la logique de partage du pouvoir, d’apaisement donc qui doit prévaloir. L’UFC s’est toujours plaint d’être la cible d’une exclusion de la part du régime et « spolié » depuis un certain temps. Ce parti qui est de loin le plus populaire au Togo, a toujours estimé avoir remporté toutes les élections présidentielles auxquelles il a participé : 1998 avec Gilchrist Olympio, 2003 et 2005 avec Bob Akitani.

            Mais jamais le pouvoir ne lui a été remis. Il estime en être éternellement déshérité. Selon les négociations tacites du Dialogue intertogolais, la primature devrait lui revenir. Mais au dernier moment, ce parti a encore été dribblé. Et rien n’est fait pour lui octroyer des postes au gouvernement malgré ses nombreuses démarches auprès du facilitateur Blaise Compaoré et du Président de la République Faure Gnassingbé. Les rencontres ouvertes entre ce parti et lui sont restées sans suite : des initiatives sous l’égide de Sant’Egidio jusqu’à la récente rencontre du 15 octobre dernier. Toute âme serait de ce parti qu’elle se sentirait frustrée. C’est assez évident.

            Faure Gnassingbé ferait œuvre utile en usant de son pouvoir pour que cette présidence de la CENI-ça au moins !- revienne à l’UFC. Cela l’ennoblirait assez. Il ferait ainsi preuve de réparation, de justice. Et le climat politique ne s’apaiserait que davantage. Le RPT, lui, a déjà le contrôle du pouvoir. Le PDR est en bonne place au gouvernement avec son leader Zarifou Ayéva qui est Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères. Quant au CAR, son patron a le contrôle de la primature. Et c’est un grand acquis. L’autre « particule », la CPP qui n’a pas de candidat en lice pour la présidence de la CENI a déjà une place au soleil avec son patron qui serait le N°1, N°1 et demie ou carrément « vice-président » du Togo. La CDPA y est aussi avec le Professeur qui occupe le portefeuille des Mines et Energie. Même le GF2D s’est taillé une place avec Célestine Aïdam au Ministère  des Droits de l’Homme et de la Démocratie.

            Tout ce tableau synoptique pour montrer que l’UFC parait la victime malheureuse de ce partage du pouvoir. Cela ne coûterait rien à Faure Gnassingbé et son RPT de concéder cet ultime poste de Président de la CENI au candidat de l’UFC, Jean-Claude Délava. Si le CAR aussi s’inscrit dans la logique d’apaisement, de réconciliation nationale, il a un devoir moral de retirer sa candidature au profit de l’UFC.

            Tout le monde y gagnera en crédibilité : Faure Gnassingbé, Yawovi Agboyibo…

N.K.A

 

Rock Gnassingbé exclu du groupe des commissaires au match de la FIFA

L’information a été presque occultée par la visite de la mission conjointe FIFA/CAF qui a séjourné à Lomé du 12 au 15 octobre 2006, mais elle est aussi révélatrice de la déconfiture que vit le football togolais. Rock Gnassingbé a bien été exclu du groupe des commissaires au match de la FIFA pour incompétence.

            Selon plusieurs sources, la FIFA reprocherait au président de la Fédération togolaise de football sa paresse dans l’accomplissement des tâches dévolues à un commissaire au match. « Votre président ne rédige pas lui-même les rapports de match. Et selon nos enquêtes, c’est plutôt le secrétaire général ou son adjoint qui se charge de lui fournir le rapport d’un match auquel ils n’ont pas assisté », nous a déclaré une source proche de la FIFA.

            Pour plusieurs sportifs, l’exclusion de Rock Gnassingbé ne doit étonner personne car, il y a bien des années que les rumeurs circulent à propos des rapports de match qu’envoie le Lt-colonel à la FIFA et à la CAF.

F.S

 

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