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10 Oct 2006

 

[ 194: du 9 Oct 2006]  
Mali - Togo (1-0)  Chez joueurs comme supporters, le cœur n’y était pas

C’est un constat désolant. L’enthousiasme traditionnel qui entourait les rencontres des Eperviers au cours des éliminatoires CAN/Mondial 2006 n’était pas au rendez-vous autour de la rencontre éliminatoire de la CAN 2008, deuxième journée jouée hier contre les Aigles du Mali. Et pour causes.

Côté joueurs
C’est « menottes aux poings » que les joueurs- les cadres qui avaient boudé la première journée- ont livré ce match. Il s’agit nommément de Shéyi Adébayor, Agassa Kossi, Kader Coubadja, Nibombé Daré et Tchangaï Masamasso. On se rappelle qu’ils avaient fait défection pour le match contre les Ecureuils du Bénin parce que les différends qui opposaient l’équipe à la Fédération togolaise de football (FTF), pour être plus réaliste, à Rock Gnassingbé n’étaient pas réglés. Mais par le jeu des relations, ils ont subi beaucoup de pressions dans le cadre de cette seconde journée, l’instance dirigeante du football, la FIFA les menaçant de sanctions s’ils boudent encore la sélection. Rock Gnassingbé est donc allé loin, très loin.

En plus, ces joueurs affirment que depuis leur retour à Lomé, ils n’ont pas reçu la visite du président de la Fédération comme cela se devait pour détendre l’atmosphère délétère qui s’était établie entre eux joueurs et lui. Sa seule apparition avec les joueurs, c’était au cours d’un dîner qu’il a organisé jeudi en l’honneur de la sélection. Seul le Ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Richard Attipoé leur avait rendu visite lors d’une séance d’entraînement.

La question de la présence de Tchangaï Masamasso a créé davantage de frictions. Pour n’avoir pas joué la rencontre du 03 septembre dernier bien qu’étant à Lomé, Tchangaï avait beaucoup courroucé Rock qui lui a gardé des récriminations. Comme pour le punir, il n’aurait pas été convoqué pour cette rencontre d’hier, auparavant. Par solidarité, le groupe des 5 a fait de sa venue une condition sine qua non de sa participation à cette rencontre. Ce qui explique le fait qu’ils n’étaient pas du voyage de la première vague vendredi plus du gros contingent des joueurs. Ils n’ont rejoint le groupe que samedi après l’arrivée de Tchangaï. Et d’ailleurs leurs prestations sur la pelouse du stade du 26 mars manquaient d’allant.

Côté supporters
On ne dirait pas une veille de rencontre des Eperviers. De par le passé, il est aisé de remarquer une ambiance particulière. Drapeaux géants hissés aux carrefours chauds de la capitale comme Déckon, drapelets fixés sur les véhicules et les taxi motos qui roulent à allures vertigineuses, exécutions des morceaux fétiches « Eperviers Ogbragada » du groupe Toofan dans les bars et à tous les coins…. rien de cela n’était au rendez-vous. Les maillots Eperviers ont été oubliés au fond des valises. Bref les supporters ont perdu le goût à la rencontre. Comme illustration, généralement le Fan Club Sénaya Junior anime les veillées de chaque rencontre des Eperviers à un carrefour dit de Sénaya Junior dans le quartier de Nyékonakpoè, jusqu’au petit matin. Mais samedi dernier, pas un seul de ces supporters n’était sur les lieux. C’était du silence comme si de rien n’était.

Le doute de la participation ou non de Kader, Agassa, Daré, Tchangaï et Shéyi à la rencontre a assez émoussé les ardeurs des supporters. C’est dans cette ambiance désintéressée que les joueurs ont évolué sur le terrain, et les supporteurs ont suivi le match. Ainsi l’a voulu Rock Gnassingbé.

N.K.A. 

 

Eliminatoires CAN 2008/2e journée Mali - Togo (1- 0)  Le prix de la pagaille
Les enjeux : Laver l’affront togolais
Pour cette rencontre, comptant pour la 2e journée des éliminatoires CAN 2008, les Aigles du Mali ont un double défi à relever, à savoir prendre la revanche du 27 mars 2005 et occuper la tête du groupe 9 en battant les Eperviers du Togo. Les Aigles maliens n’ont jamais digéré les deux défaites que les Togolais leur ont infligées l’année dernière dans les éliminatoires combinées CAN et Mondial 2006. Par deux fois les Eperviers du Togo leur ont barré la voie pour d’abord une qualification à la Coupe du monde, puis pour la qualification à la CAN Egypte 2006. La situation est d’autant plus compliquée pour les Maliens qui, lors de leur premier match à Freetown, n’ont ramené que le point du match nul, ont cruellement besoin de points alors que les Togolais qui recevaient les Ecureuils du Bénin à Kégué s’en sont bien tirés d’affaire avec une victoire pourtant acquise de haute lutte. Et pour laver l’affront du 27 mars 2006 dont la ville de Bamako porte encore les séquelles, l’entraîneur des Aigles du Mali, Jean François Jodar a demandé à ses joueurs d’être « ambitieux avec plus d’engagement et d’efficacité en attaque ».

Les Eperviers voulaient confirmer
Côté togolais, le déplacement à Bamako revêt également un double objectif : prouver aux Maliens que la dernière victoire de Bamako n’était pas volée, puis conserver la tête du classement du groupe 9. « ça va être serré, soulignait il y a quelques jours le défenseur de Mons Nibombé Daré. Parce que nous retournons au Mali pour leur prouver que la victoire d’il y a un an et demi n’était pas usurpée ». Les Togolais auréolés de leur statut de mondialistes sont très attendus à Bamako. « Le Togo est l’un des favoris du groupe si on tient compte qu’il a participé à la dernière Coupe du monde. A ce titre, il mérite une attention toute particulière », faisait observer en début de la semaine dernière Jean François Jodar.

« La différence réside dans le fait qu’ils auront la pression due à un match à domicile et surtout à une obligation de résultat. Nous, nous allons jouer libérés tout en ayant à l’esprit de confirmer notre statut », a déclaré de son côté Kodjovi Mawuéna qui dirige la sélection togolaise.

Les joueurs Le Mali un peu handicapé
Il n’y a de jeu que lorsqu’il y a des joueurs. Jean François Jodar le sait bien. C’est d’ailleurs pourquoi il s’inquiétait avant le match. Il a remarqué que les milieux de terrain maliens, bien qu’ils soient en nombre considérable ne marquent pas de but. Contre la Sierra Léone, « on a eu l’impression que les joueurs pouvaient faire mieux, mais on ne sait pas ce qui les bloque », expliquait le français. Dans le jeu, Jodar doit parer à l’absence de Mahamadou Diarra, la star de l’équipe, de Soumaïla Coulibaly et de Djimmy Traoré. En revanche, les hommes de Jean François Jodar pourront compter sur leurs milieux de terrain Momo Sissoko, de retour de blessure et de l’attaquant Frédéric Omar Kanouté qui, lui, a repris mais souffrait toujours.

Des Eperviers en grand format
Côté togolais, Kodjovi Mawuéna jubile. Lui qui a dû éprouver beaucoup de soucis pour mettre en place l’équipe qui a affronté le Bénin le 03 septembre dernier, n’avait que l’embarras de choix. Shéyi Adébayor et certains de ses coéquipiers qui boudaient la sélection nationale ont accepté de renouer avec les  sensations fortes « menottes aux poings ». « Nous avons des joueurs expérimentés qui ont l’habitude de ces genres de confrontations. Je me réjouis d’ailleurs de disposer des joueurs qui ont déjà joué à deux reprises le Mali. Je suis certain qu’avec l’apport de tous ces joueurs, la tâche sera moins difficile », se réjouissait l’entraîneur Kodjovi Mawuéna. Seul point d’ombre à ce tableau, Shéyi et ses coéquipiers peuvent jouer sans véritables ambitions malgré leurs différentes déclarations. Car sur les différends qui les opposent à Rock Gnassingbé il n’y a pas eu de compromis.

Une 1ère mi-temps légèrement malienne
Pour les premières 45 min, l’arbitre central algérien, Benouza Mohamed n’a pas été tendre avec les Togolais, obligés pour un début de contenir la foudre des Maliens enclins à l’attaque mais bien brouillons devant le goal Agassa. Les Maliens pouvaient ouvrir le score à la 10e si la tête de Mamadi était bien cadrée. Mais c’est bien plus l’occasion de la 39e qui était la plus nette si Agassa n’était pas sorti de sa surface pour enrayer un ballon convoité par Mamadou Diallo. Un dernier coup des Maliens botté par Bassala Touré dans le temps additionnel n’inquiète pas outre mesure Agassa.

Capitaine Abalo et ses coéquipiers n’ont pas brillé en attaque. Shéyi et Kader, bien que permutant parfois, n’ont pas réussi à vraiment inquiéter le goal malien Mahamadou Sidibé.

Au total, c’est une première mi-temps bien à l’actif des Maliens qui se dégage. Les Maliens qui ont eu plus de six occasions peuvent se mordre les doigts de n’avoir pas ouvert le score, faisant presque le jeu des Togolais.

Dramane le Sauveur
Les Maliens ont failli vivre un drame mais un ballon vicieux de Dramane allait leur redonner vie et le stade de 26 mars a pu chavirer de bonheur. Il le fallait pourtant pour des Aigles qui avaient expérimenté toutes les possibilités. Et pourtant, les Togolais avaient bien entamé la 2e partie avec une meilleure distribution. Mais les meilleures occasions seront à l’actif des Aigles qui avaient bien envie de prendre leur revanche sur les Eperviers. L’entrée de Dramane Traoré allait causer le désordre dans la défense togolaise. Seul Shéyi Adébayor avait réussi à s’extirper des griffes de Adama Coulibaly et Souleymane Diamouténé mais Mahamadou Sidibé réussit un coup de sang qui sauve le peuple malien d’une situation périlleuse.

A 1-0 à la fin du coup de sifflet de l’Algérien Benouza Mohamed, les Maliens peuvent se frotter les mains d’avoir réussi à un moment où l’espoir fuyait leur camp. Le Mali prend du coup la tête du classement dans le groupe 9 avec 4 points + 1 suivi du Bénin 3 pts +1. Viennent après le Togo 3 pts +0 et la Sierra Léone qui ferme la marche avec 1 pt-2. L’enseignement pour les Togolais c’est la pagaille qui est à l’origine de cette déculottée.

La prochaine journée, c’est en mars 2007 avec la réception de la Sierra Léone alors que le Mali reçoit à domicile le Bénin.                          

T.G.A

 
 

 

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