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C’est un constat désolant. L’enthousiasme
traditionnel qui entourait les rencontres des
Eperviers au cours des éliminatoires CAN/Mondial
2006 n’était pas au rendez-vous autour de la
rencontre éliminatoire de la CAN 2008, deuxième
journée jouée hier contre les Aigles du Mali. Et
pour causes.
Côté joueurs
C’est « menottes aux poings » que les
joueurs- les cadres qui avaient boudé la première
journée- ont livré ce match. Il s’agit nommément de
Shéyi Adébayor, Agassa Kossi, Kader Coubadja,
Nibombé Daré et Tchangaï Masamasso. On se rappelle
qu’ils avaient fait défection pour le match contre
les Ecureuils du Bénin parce que les différends qui
opposaient l’équipe à la Fédération togolaise de
football (FTF), pour être plus réaliste, à Rock
Gnassingbé n’étaient pas réglés. Mais par le jeu des
relations, ils ont subi beaucoup de pressions dans
le cadre de cette seconde journée, l’instance
dirigeante du football, la FIFA les menaçant de
sanctions s’ils boudent encore la sélection. Rock
Gnassingbé est donc allé loin, très loin.
En plus, ces joueurs affirment que depuis leur
retour à Lomé, ils n’ont pas reçu la visite du
président de la Fédération comme cela se devait pour
détendre l’atmosphère délétère qui s’était établie
entre eux joueurs et lui. Sa seule apparition avec
les joueurs, c’était au cours d’un dîner qu’il a
organisé jeudi en l’honneur de la sélection. Seul le
Ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Richard
Attipoé leur avait rendu visite lors d’une séance
d’entraînement.
La question de la présence de Tchangaï Masamasso a
créé davantage de frictions. Pour n’avoir pas joué
la rencontre du 03 septembre dernier bien qu’étant à
Lomé, Tchangaï avait beaucoup courroucé Rock qui lui
a gardé des récriminations. Comme pour le punir, il
n’aurait pas été convoqué pour cette rencontre
d’hier, auparavant. Par solidarité, le groupe des 5
a fait de sa venue une condition sine qua non de sa
participation à cette rencontre. Ce qui explique le
fait qu’ils n’étaient pas du voyage de la première
vague vendredi plus du gros contingent des joueurs.
Ils n’ont rejoint le groupe que samedi après
l’arrivée de Tchangaï. Et d’ailleurs leurs
prestations sur la pelouse du stade du 26 mars
manquaient d’allant.
Côté supporters
On ne dirait pas une veille de rencontre des
Eperviers. De par le passé, il est aisé de remarquer
une ambiance particulière. Drapeaux géants hissés
aux carrefours chauds de la capitale comme Déckon,
drapelets fixés sur les véhicules et les taxi motos
qui roulent à allures vertigineuses, exécutions des
morceaux fétiches « Eperviers Ogbragada » du
groupe Toofan dans les bars et à tous les coins….
rien de cela n’était au rendez-vous. Les maillots
Eperviers ont été oubliés au fond des valises. Bref
les supporters ont perdu le goût à la rencontre.
Comme illustration, généralement le Fan Club Sénaya
Junior anime les veillées de chaque rencontre des
Eperviers à un carrefour dit de Sénaya Junior dans
le quartier de Nyékonakpoè, jusqu’au petit matin.
Mais samedi dernier, pas un seul de ces supporters
n’était sur les lieux. C’était du silence comme si
de rien n’était.
Le doute de la participation ou non de Kader, Agassa,
Daré, Tchangaï et Shéyi à la rencontre a assez
émoussé les ardeurs des supporters. C’est dans cette
ambiance désintéressée que les joueurs ont évolué
sur le terrain, et les supporteurs ont suivi le
match. Ainsi l’a voulu Rock Gnassingbé.
N.K.A. |
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Eliminatoires CAN 2008/2e journée
Mali - Togo (1- 0)
Le prix de la pagaille
Les enjeux : Laver l’affront togolais
Pour cette rencontre, comptant pour la 2e journée
des éliminatoires CAN 2008, les Aigles du Mali ont
un double défi à relever, à savoir prendre la
revanche du 27 mars 2005 et occuper la tête du
groupe 9 en battant les Eperviers du Togo. Les
Aigles maliens n’ont jamais digéré les deux défaites
que les Togolais leur ont infligées l’année dernière
dans les éliminatoires combinées CAN et Mondial
2006. Par deux fois les Eperviers du Togo leur ont
barré la voie pour d’abord une qualification à la
Coupe du monde, puis pour la qualification à la CAN
Egypte 2006. La situation est d’autant plus
compliquée pour les Maliens qui, lors de leur
premier match à Freetown, n’ont ramené que le point
du match nul, ont cruellement besoin de points alors
que les Togolais qui recevaient les Ecureuils du
Bénin à Kégué s’en sont bien tirés d’affaire avec
une victoire pourtant acquise de haute lutte. Et
pour laver l’affront du 27 mars 2006 dont la ville
de Bamako porte encore les séquelles, l’entraîneur
des Aigles du Mali, Jean François Jodar a demandé à
ses joueurs d’être « ambitieux avec plus
d’engagement et d’efficacité en attaque ».
Les Eperviers voulaient confirmer
Côté togolais, le déplacement à Bamako revêt
également un double objectif : prouver aux Maliens
que la dernière victoire de Bamako n’était pas
volée, puis conserver la tête du classement du
groupe 9. « ça
va être serré, soulignait il y a quelques jours le
défenseur de Mons Nibombé Daré. Parce que nous
retournons au Mali pour leur prouver que la victoire
d’il y a un an et demi n’était pas usurpée ».
Les Togolais auréolés de leur statut de mondialistes
sont très attendus à Bamako. « Le Togo est l’un
des favoris du groupe si on tient compte qu’il a
participé à la dernière Coupe du monde. A ce titre,
il mérite une attention toute particulière »,
faisait observer en début de la semaine dernière
Jean François Jodar.
« La différence réside dans le fait qu’ils auront la
pression due à un match à domicile et surtout à une
obligation de résultat. Nous, nous allons jouer
libérés tout en ayant à l’esprit de confirmer notre
statut »,
a déclaré de son côté Kodjovi Mawuéna qui dirige la
sélection togolaise.
Les joueurs Le Mali un peu handicapé
Il n’y a de jeu que lorsqu’il y a des joueurs. Jean
François Jodar le sait bien. C’est d’ailleurs
pourquoi il s’inquiétait avant le match. Il a
remarqué que les milieux de terrain maliens, bien
qu’ils soient en nombre considérable ne marquent pas
de but. Contre la Sierra Léone, « on a eu
l’impression que les joueurs pouvaient faire mieux,
mais on ne sait pas ce qui les bloque »,
expliquait le français. Dans le jeu, Jodar doit
parer à l’absence de Mahamadou Diarra, la star de
l’équipe, de Soumaïla Coulibaly et de Djimmy Traoré.
En revanche, les hommes de Jean François Jodar
pourront compter sur leurs milieux de terrain Momo
Sissoko, de retour de blessure et de l’attaquant
Frédéric Omar Kanouté qui, lui, a repris mais
souffrait toujours.
Des Eperviers en grand format
Côté togolais, Kodjovi Mawuéna jubile. Lui qui a dû
éprouver beaucoup de soucis pour mettre en place
l’équipe qui a affronté le Bénin le 03 septembre
dernier, n’avait que l’embarras de choix. Shéyi
Adébayor et certains de ses coéquipiers qui
boudaient la sélection nationale ont accepté de
renouer avec les sensations fortes
« menottes aux poings ». « Nous avons des
joueurs expérimentés qui ont l’habitude de ces
genres de confrontations. Je me réjouis d’ailleurs
de disposer des joueurs qui ont déjà joué à deux
reprises le Mali. Je suis certain qu’avec l’apport
de tous ces joueurs, la tâche sera moins
difficile », se réjouissait l’entraîneur Kodjovi
Mawuéna. Seul point d’ombre à ce tableau, Shéyi et
ses coéquipiers peuvent jouer sans véritables
ambitions malgré leurs différentes déclarations. Car
sur les différends qui les opposent à Rock
Gnassingbé il n’y a pas eu de compromis.
Une 1ère mi-temps
légèrement malienne
Pour les premières 45 min, l’arbitre central
algérien, Benouza Mohamed n’a pas été tendre avec
les Togolais, obligés pour un début de contenir la
foudre des Maliens enclins à l’attaque mais bien
brouillons devant le goal Agassa. Les Maliens
pouvaient ouvrir le score à la 10e si
la tête de Mamadi était bien cadrée. Mais c’est bien
plus l’occasion de la 39e qui
était la plus nette si Agassa n’était pas sorti de
sa surface pour enrayer un ballon convoité par
Mamadou Diallo. Un dernier coup des Maliens botté
par Bassala Touré dans le temps additionnel
n’inquiète pas outre mesure Agassa.
Capitaine Abalo et ses coéquipiers n’ont pas brillé
en attaque. Shéyi et Kader, bien que permutant
parfois, n’ont pas réussi à vraiment inquiéter le
goal malien Mahamadou Sidibé.
Au total, c’est une première mi-temps bien à l’actif
des Maliens qui se dégage. Les Maliens qui ont eu
plus de six occasions peuvent se mordre les doigts
de n’avoir pas ouvert le score, faisant presque le
jeu des Togolais.
Dramane le Sauveur
Les Maliens ont failli vivre un drame mais un ballon
vicieux de Dramane allait leur redonner vie et le
stade de 26 mars a pu chavirer de bonheur. Il le
fallait pourtant pour des Aigles qui avaient
expérimenté toutes les possibilités. Et pourtant,
les Togolais avaient bien entamé la 2e partie
avec une meilleure distribution. Mais les meilleures
occasions seront à l’actif des Aigles qui avaient
bien envie de prendre leur revanche sur les
Eperviers. L’entrée de Dramane Traoré allait causer
le désordre dans la défense togolaise. Seul Shéyi
Adébayor avait réussi à s’extirper des griffes de
Adama Coulibaly et Souleymane Diamouténé mais
Mahamadou Sidibé réussit un coup de sang qui sauve
le peuple malien d’une situation périlleuse.
A 1-0 à la fin du coup de sifflet de l’Algérien
Benouza Mohamed, les Maliens peuvent se frotter les
mains d’avoir réussi à un moment où l’espoir fuyait
leur camp. Le Mali prend du coup la tête du
classement dans le groupe 9 avec 4 points + 1 suivi
du Bénin 3 pts +1. Viennent après le Togo 3 pts +0
et la Sierra Léone qui ferme la marche avec 1 pt-2.
L’enseignement pour les Togolais c’est la pagaille
qui est à l’origine de cette déculottée.
La prochaine journée, c’est en mars 2007 avec la
réception de la Sierra Léone alors que le Mali
reçoit à domicile le
Bénin.
T.G.A |