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C’est le pauvre Me Yawovi Agboyibo qui doit se
mordre les doigts en voyant sa volonté de ramener l’UFC
dans le Gun s’évanouir comme peau de chagrin. En
face de lui, la machine RPT se satisfait de la
situation actuelle qui met en orbite l’UFC et ses
envies de trop voir méticuleusement dans les
affaires. Pour le reste, ce ne sont que des
déclarations de bonnes intentions.
On
se souvient qu’après la signature de l’Accord
Politique Global (APG), l’UFC avait clairement
affiché ses intentions de prendre la Primature. Elle
échut plutôt au leader du CAR qui n’était arrivé
qu’à avoir l’assentiment du 2ème
vice-Président de l’UFC, Docteur Amah Gnassingbé et
encore, comme l’intéressé le dira lui-même plus tard
« à titre individuel ». Entre-temps,
Gilchrist Olympio et Patrick Lawson s’étaient
transportés à Ouaga chez le facilitateur Blaise
Compaoré et on s’attendait à ce que l’UFC entre au
GUN. Mais depuis, rien.
Les indiscrétions font état de ce que le statu quo
actuel ne proviendrait pas de l’UFC mais bien du
pouvoir qui ne voit pas d’un bon œil l’éventualité
d’une entrée du parti de Gilchrist Olympio au Gun.
Des hauts cadres du RPT reconnaissent volontiers que
tout ce qui se dit sur cette volonté d’ouverture
sans limite claironnée par Faure Gnassingbé n’est
que « parole de politicien ». En plus, ils
affirment que le Gun dans sa forme actuelle
représente un large éventail des formations
politiques et associations de la Société civile. Ce
qui satisfait pleinement selon eux à la situation
actuelle.
On
se souvient aussi qu’au départ, c’était l’UFC qui
avait mis la pression pour acculer le pouvoir en se
démarquant du Gun. Aujourd’hui, le RPT joue à fond a
contrario sur les mêmes cordes pour obliger l’UFC à
rester dans sa logique. Comme cela, on peut toujours
se cacher derrière l’argument d’un certain
radicalisme de l’UFC.
Pour la fin du soutien de
la France
aux dictatures en Afrique
:
Faut-il un siècle et un autre « Indigène »… ?
La
France acculée sur son territoire par l’Armée Nazie
dans les années 1943 en pleine seconde guerre
mondiale en avait jusqu’au cou. Il fallait
reconstituer l’armée française pour venir à bout de
cette armée nazie qui fonçait dans la France comme
dans du « Margarine ». Mettre à contribution
l’armée coloniale serait l’ultime option. Plus de
130.000 combattants « indigènes » appelés
« Tirailleurs sénégalais » vont ainsi être
enrôlés dans l’armée française et « embarqués »
dans une guerre qui était loin d’être la leur. Mais
que cette intervention était salvatrice ! Ces
« indigènes » vaincront en Provence, dans les
Vosges, en Italie, se retrouveront seuls à défendre
un village alsacien contre un « Panzerdivision ».
C’est cette réalité qu’a peinte Rachid BOUCHAREB
dans le film « Indigène » avec pour acteurs
Samy NACERI, Roschdy ZEM, Sami BOUAJILA et Jamel
DEBBOUZE.
Mais malgré ces services rendus, les anciens
combattants des colonies sont traités avec mépris.
Leurs pensions sont nettement inférieures à celles
de leurs homologues français. Et malgré les
revendications de plusieurs de leurs associations,
ils étaient payés au quart des pensions de leurs
homologues français. Ce film qui a pour objectif
« Appel pour l’égalité des droits entre les anciens
combattants Français et Coloniaux » aurait créé la
chair de pouls et, de l’aveu du Président de la
République française Jacques Chirac, a contribué à
« accélérer les choses ». Il aura donc fallu
plus de 50 ans après la guerre et un film- une mise
en scène !- pour que la France, par le biais de
Chirac retrouve la voie de la raison ! Pauvres
« Tirailleurs sénégalais » et pauvre Afrique !
Ce
n’est pas moins qu’être de mauvaise foi. Cela sonne
de l’hypocrisie à entendre Jacques Chirac lors du
Conseil des ministres du mercredi 27 septembre
2006 : « La
France accomplit aujourd’hui un acte de justice et
de reconnaissance pour tous ceux qui sont venus de
l’ex-Empire français combattre sous notre drapeau.
Dès 2002, j’ai voulu rompre avec la politique suivie
depuis 40 ans et entamer la revalorisation des
pensions des agents civils et militaires de la
France ressortissants de ces pays ; c’était le sens
des mesures d’équité prises par le gouvernement de
Jean-Pierre RAFFARIN. Pour tous ceux qui ont
participé à des actions de feu au service de la
France, il fallait aller plus loin ; c’était une
question de solidarité, de justice, de
reconnaissance. C’est ce que nous faisons
aujourd’hui en alignant, dès 2007, la retraite du
combattant attribuée à ceux qui ont participé à des
actions de feu et leurs pensions militaires
d’invalidité sur les montants versés aux combattants
français. Nous le devions à ces hommes qui ont payé
le prix du sang, et à leurs enfants et
petits-enfants, dont beaucoup sont Français. Cette
juste mesure, c’est aussi une façon, pour la France,
de réintégrer pleinement cette mémoire dans
l’histoire nationale ».
1943-2006. Il a donc fallu 63 ans pour que la
France, qualifiée à tort ou à raison de pays des
Droits de l’Homme revienne à la raison et ce, après
un film. Cette mesure prise est-elle
« innocente », surtout à cette veille des
présidentielles en France ? Elle aurait donc
entretenu cette injustice pendant plus d’un
demi-siècle.
Et
que dit Chirac du soutien qu’apporte la France aux
régimes dictatoriaux africains ? Est-ce un acte de
« justice » de maintenir de millions d’âmes
dans la misère pour des intérêts? A quand la fin du
rôle cynique que joue la Françafrique ? Que des pays
s’embrasent en Afrique, ce n’est pas ça la
préoccupation de la France. Que des Africains
s’entre-tuent, que des militaires massacrent les
civils, que des génocides à la rwandaise se
multiplient, que des enfants meurent de faim, c’est
le cadet des soucis de la France ; pourvu que ses
intérêts soient sauvegardés. Avec tout cynisme,
c’est elle qui a installé le régime Gnassingbé et
soutenu la succession familiale qui a été opérée le
05 février 2005. Omar Bongo du Gabon, Idris Déby du
Tchad, Robert Mugabé de Zimbabwé, Eyadema à l’époque
et aujourd’hui Faure Gnassingbé ont été et
continuent à être accueillis en grande pompe à
l’Elysée, ces hommes qui pourtant n’ont aucune leçon
à donner en matière de Démocratie.
Faut-il un siècle, un millénaire et un autre film, à
l’image de « Indigène », pour que la France de
Chirac arrête d’apporter sa caution aux dictatures
en Afrique ? That is the question.
N.
K. A.
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Projet de clôture des marchés de Lomé :
Vaste chantier de gabegie et de corruption à l’EPAM
Les dirigeants de l’Etablissement public autonome
pour l’exploitation des marchés de Lomé (EPAM) ont
décidé de construire des clôtures tout autour des
marchés de Lomé. Et pour ce faire, des montants
colossaux sont débloqués et mis à disposition de
certaines sociétés dont les dirigeants ne seraient
que les mêmes groupes de personnes gravitant autour
du trio dirigeant de l’EPAM.
En
effet, les Etablissements fournisseurs de prestation
à l’EPAM, SECAF-TOGO, Le Printemps et Etaba entre
autres, qui ont « décroché » les marchés sans
appel d’offre, donc de gré à gré ne seraient que des
prestataires suscités de toutes pièces afin que le
montant déboursé ne retourne qu’à la source d’une
manière ou d’une autre. Car ce ne sont que les mêmes
têtes qui tournent en rond et sur place, se faisant
des profits colossaux sur le dos du pauvre
contribuable.
C’est ainsi que pour ce projet de « construction
des clôtures pour le compte des marchés », des
montants qui donnent du tournis sont mis à
disposition de ces sociétés : Trente-sept millions
(37.000.000 ) de FCFA pour SECAF-TOGO, trente-neuf
million six cent dix sept mille huit cent
(39.617.800) FCFA pour le Printemps et Trente-sept
millions (37.000.000) de FCFA pour Etaba, au total
environ cent quatorze millions (114.000.000) de FCFA
pour mener un projet dont l’utilité reste à
déterminer et qui a priori, ne s’avère pas utile et
sécuritaire pour les acteurs des marchés togolais.
En
effet, clôturer un espace qui draine une foule
nombreuse ne procure pas de garantie de sécurité
pour les populations en cas de remue-ménage,
incendie et alerte de toute sorte. Cela génère pour
la plupart des bousculades avec son cortège de
drames et de victimes que personne n’ignore. C’est
pour cela d’ailleurs qu’on ne doit prendre cette
mesure si elle s’avère indispensable comme c’est les
cas des terrains sportifs. « Clôturer un marché,
c’est pour empêcher qui de rentrer ou empêcher qui
de sortir ? » ironise un commerçant désabusé qui
se plaint déjà du fait qu’il n’y ait pas assez
d’espace pour que son stand soit perçu de loin afin
d’attirer les clients.
Les dirigeants de l’EPAM doivent être interpellés
sur ce dossier qui est considéré par de nombreux
observateurs comme un vaste chantier de gabegie et
de corruption. Nous y reviendrons.
F.S. |