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10 Oct 2006

 

[ 194: du 9 Oct 2006]  
Confidentiel Gun : La fausse promesse d’ouverture du RPT : Tout est fait pour bloquer l’entrée de l’UFC au gouvernement

C’est le pauvre Me Yawovi Agboyibo qui doit se mordre les doigts en voyant sa volonté de ramener l’UFC dans le Gun s’évanouir comme peau de chagrin. En face de lui, la machine RPT se satisfait de la situation actuelle qui met en orbite l’UFC et ses envies de trop voir méticuleusement dans les affaires. Pour le reste, ce ne sont que des déclarations de bonnes intentions.

On se souvient qu’après la signature de l’Accord Politique Global (APG), l’UFC avait clairement affiché ses intentions de prendre la Primature. Elle échut plutôt au leader du CAR qui n’était arrivé qu’à avoir l’assentiment du 2ème vice-Président de l’UFC, Docteur Amah Gnassingbé et encore, comme l’intéressé le dira lui-même plus tard « à titre individuel ». Entre-temps, Gilchrist Olympio et Patrick Lawson s’étaient transportés à Ouaga chez le facilitateur Blaise Compaoré et on s’attendait à ce que l’UFC entre au GUN. Mais depuis, rien.

Les indiscrétions font état de ce que le statu quo actuel ne proviendrait pas de l’UFC mais bien du pouvoir qui ne voit pas d’un bon œil l’éventualité d’une entrée du parti de Gilchrist Olympio au Gun. Des hauts cadres du RPT reconnaissent volontiers que tout ce qui se dit sur cette volonté d’ouverture sans limite claironnée par Faure Gnassingbé n’est que « parole de politicien ». En plus, ils affirment que le Gun dans sa forme actuelle représente un large éventail des formations politiques et associations de la Société civile. Ce qui satisfait pleinement selon eux à la situation actuelle.

On se souvient aussi qu’au départ, c’était l’UFC qui avait mis la pression pour acculer le pouvoir en se démarquant du Gun. Aujourd’hui, le RPT joue à fond a contrario sur les mêmes cordes pour obliger l’UFC à rester dans sa logique. Comme cela, on peut toujours se cacher derrière l’argument d’un certain radicalisme de l’UFC.

 

 

 

Pour la fin du soutien de la France aux dictatures en Afrique : Faut-il un siècle et un autre « Indigène »… ?

La France acculée sur son territoire par l’Armée Nazie dans les années 1943 en pleine seconde guerre mondiale en avait jusqu’au cou. Il fallait reconstituer l’armée française pour venir à bout de cette armée nazie qui fonçait dans la France comme dans du « Margarine ». Mettre à contribution l’armée coloniale serait l’ultime option. Plus de 130.000 combattants « indigènes » appelés « Tirailleurs sénégalais » vont ainsi être enrôlés dans l’armée française et « embarqués » dans une guerre qui était loin d’être la leur. Mais que cette intervention était salvatrice ! Ces « indigènes » vaincront en Provence, dans les Vosges, en Italie, se retrouveront seuls à défendre un village alsacien contre un « Panzerdivision ». C’est cette réalité qu’a peinte Rachid BOUCHAREB dans le film « Indigène » avec pour acteurs Samy NACERI, Roschdy ZEM, Sami BOUAJILA et Jamel DEBBOUZE.

Mais malgré ces services rendus, les anciens combattants des colonies sont traités avec mépris. Leurs pensions sont nettement inférieures à celles de leurs homologues français. Et malgré les revendications de plusieurs de leurs associations, ils étaient payés au quart des pensions de leurs homologues français. Ce film qui a pour objectif « Appel pour l’égalité des droits entre les anciens combattants Français et Coloniaux » aurait créé la chair de pouls et, de l’aveu du Président de la République française Jacques Chirac, a contribué à « accélérer les choses ». Il aura donc fallu plus de 50 ans après la guerre et un film- une mise en scène !- pour que la France, par le biais de Chirac retrouve la voie de la raison ! Pauvres « Tirailleurs sénégalais » et pauvre Afrique !

Ce n’est pas moins qu’être de mauvaise foi. Cela sonne de l’hypocrisie à entendre Jacques Chirac lors du Conseil des ministres du mercredi 27 septembre 2006 : « La France accomplit aujourd’hui un acte de justice et de reconnaissance pour tous ceux qui sont venus de l’ex-Empire français combattre sous notre drapeau. Dès 2002, j’ai voulu rompre avec la politique suivie depuis 40 ans et entamer la revalorisation des pensions des agents civils et militaires de la France ressortissants de ces pays ; c’était le sens des mesures d’équité prises par le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN. Pour tous ceux qui ont participé à des actions de feu au service de la France, il fallait aller plus loin ; c’était une question de solidarité, de justice, de reconnaissance. C’est ce que nous faisons aujourd’hui en alignant, dès 2007, la retraite du combattant attribuée à ceux qui ont participé à des actions de feu et leurs pensions militaires d’invalidité sur les montants versés aux combattants français. Nous le devions à ces hommes qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants, dont beaucoup sont Français. Cette juste mesure, c’est aussi une façon, pour la France, de réintégrer pleinement cette mémoire dans l’histoire nationale ». 1943-2006. Il a donc fallu 63 ans pour que la France, qualifiée à tort ou à raison de pays des Droits de l’Homme revienne à la raison et ce, après un film. Cette mesure prise est-elle « innocente », surtout à cette veille des présidentielles en France ? Elle aurait donc entretenu cette injustice pendant plus d’un demi-siècle.

Et que dit Chirac du soutien qu’apporte la France aux régimes dictatoriaux africains ? Est-ce un acte de « justice » de maintenir de millions d’âmes dans la misère pour des intérêts? A quand la fin du rôle cynique que joue la Françafrique ? Que des pays s’embrasent en Afrique, ce n’est pas ça la préoccupation de la France. Que des Africains s’entre-tuent, que des militaires massacrent les civils, que des génocides à la rwandaise se multiplient, que des enfants meurent de faim, c’est le cadet des soucis de la France ; pourvu que ses intérêts soient sauvegardés. Avec tout cynisme, c’est elle qui a installé le régime Gnassingbé et soutenu la succession familiale qui a été opérée le 05 février 2005. Omar Bongo du Gabon, Idris Déby du Tchad, Robert Mugabé de Zimbabwé, Eyadema à l’époque et aujourd’hui Faure Gnassingbé ont été et continuent à être accueillis en grande pompe à l’Elysée, ces hommes qui pourtant n’ont aucune leçon à donner en matière de Démocratie.

Faut-il un siècle, un millénaire et un autre film, à l’image de « Indigène », pour que la France de Chirac arrête d’apporter sa caution aux dictatures en Afrique ? That is the question.

N. K. A.  

 

Projet de clôture des marchés de Lomé : Vaste chantier de gabegie et de corruption à l’EPAM

Les dirigeants de l’Etablissement public autonome pour l’exploitation des marchés de Lomé (EPAM) ont décidé de construire des clôtures tout autour des marchés de Lomé. Et pour ce faire, des montants colossaux sont débloqués et mis à disposition de certaines sociétés dont les dirigeants ne seraient que les mêmes groupes de personnes gravitant autour du trio dirigeant de l’EPAM.

En effet, les Etablissements fournisseurs de prestation à l’EPAM, SECAF-TOGO, Le Printemps et Etaba entre autres, qui ont « décroché » les marchés sans appel d’offre, donc de gré à gré ne seraient que des prestataires suscités de toutes pièces afin que le montant déboursé  ne retourne qu’à la source d’une manière ou d’une autre. Car ce ne sont que les mêmes têtes qui tournent en rond et sur place, se faisant des profits colossaux sur le dos du pauvre contribuable.

C’est ainsi que pour ce projet de « construction des clôtures pour le compte des marchés », des montants qui donnent du tournis sont mis à disposition de ces sociétés : Trente-sept millions (37.000.000 ) de FCFA pour SECAF-TOGO, trente-neuf million six cent dix sept mille huit cent (39.617.800) FCFA pour le Printemps et Trente-sept millions (37.000.000) de FCFA pour Etaba, au total environ cent quatorze millions (114.000.000) de FCFA pour mener un projet dont l’utilité reste à déterminer et qui a priori, ne s’avère pas utile et sécuritaire pour les acteurs des marchés togolais.

En effet, clôturer un espace qui draine une foule nombreuse ne procure pas de garantie de sécurité pour les populations en cas de remue-ménage, incendie et alerte de toute sorte. Cela génère pour la plupart des bousculades avec son cortège de drames et de victimes que personne n’ignore. C’est pour cela d’ailleurs qu’on ne doit prendre cette mesure si elle s’avère indispensable comme c’est les cas des terrains sportifs. « Clôturer un marché, c’est pour empêcher qui de rentrer ou empêcher qui de sortir ? » ironise un commerçant désabusé qui se plaint déjà du fait qu’il n’y ait pas assez d’espace pour que son stand soit perçu de loin afin d’attirer les clients.

Les dirigeants de l’EPAM doivent être  interpellés sur ce dossier qui est considéré par de nombreux observateurs comme un vaste chantier de gabegie et de corruption. Nous y reviendrons.

 F.S.

 
 

 

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