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[ 188: du 14 Sept 2006]

15 Sept 2006

Primature : L’éviction de Kodjo est maintenant assurée : Un Premier ministre en dehors des partis politiques traditionnels ?

Faure Gnassingbé a entamé ces derniers jours des consultations avec la classe politique en vue de la nomination d’un nouveau Premier ministre, a-t-on appris mercredi auprès de la présidence.

            «Le chef de l’Etat a commencé les consultations avec les partis politiques et la société civile. Il s’agit de consultations secrètes et bilatérales», a précisé cette source.

            «Ce n’est pas un exercice facile, surtout dans le contexte politique actuel. Pour l’instant, les discussions se poursuivent», a ajouté la même source.

Selon d’autres sources, ces consultations auraient même  débuté avant le retour de Faure Gnassingbé de son périple européenno-libyen par ses proches collaborateurs.

Plein de noms avaient circulé dans la rue et dans la presse sur l’identité du futur occupant de la primature faisant pencher le choix qui au sein de l’opposition traditionnelle, qui au sein de la société civile ou dans l’opposition dite modérée.

 De sources  dignes de foi avaient rapporté un penchant  du système RPT à la reconduction de Edem Kodjo. Ce désir aurait reculé face à l’opinion et à l’intransigeance des partis politiques dits traditionnels de ne pas participer à un gouvernement Kodjo bis

Mais à présent, les Togolais peuvent être rassurés de se débarrasser du Premier ministre encombrant car le principe de son éviction serait acquis. Et de sources bien informées son départ  ne serait qu’une question d’heures. La balance pencherait beaucoup plus sur une personnalité en dehors des trois partis traditionnels de l‘opposition ; le RPT craignant que le Premier ministre ne se prévale de sa position pour influencer l’électorat lors des futures échéances. Wait and see

F.S.

 
L’interview tant attendue Faure : beaucoup de belles paroles, mais…

Nombreux ont été les Togolais à suivre sur les antennes de RFI la très attendue interview de Faure Gnassingbé après ses premiers pas à l’Elysée, seize (16) mois après son installation sur le trône de son défunt père, celui-là même que le tribun français Jacques Chirac qualifiait d’ « ami personnel ». Vaut mieux tard que jamais, dit-on souvent. C’était une parenthèse. Retour à l’essentiel.

            L’interview a été, à plusieurs égards, on ne peut plus séduisante, mêlant de grandes proclamations et des tentatives plus ou moins voilées de couvrir les grosses bavures qui ont servi de ferment à la perpétuation du règne des Gnassingbé sur la République Togolaise. Un gros « gaga » en déduirait sans rechigner un mea culpa sincère et de jolies perspectives d’avenir. Mais hélas, ce n’était qu’un chant de sirènes. Nous ne nous connaissons que trop bien au Togo. Cette interview contenait des propos qui en disent long sur le revers du paradisiaque futur Togo que vantait Faure Gnassingbé.

Un péché originel
Faure Gnassingbé a beau s’ingénier à banaliser les péripéties de son arrivée au pouvoir, jamais il n’arriverait à démontrer aux Togolais qu’il n’est pas, comme l’aurait dit son défunt père, « un assoiffé du pouvoir » qui n’entend pas le céder de quelque manière que ce soit. Deux arguments militent d’ailleurs en ce sens :

-d’abord sa première prise du pouvoir quelques heures après le décès de son père dans la nuit du 05 février 2005. Sa tentative de biaiser sur cette question en affirmant que : « … nous avons pris certaines dispositions à la disparition du président Eyadema. Ces dispositions ne respectaient pas toute la règle constitutionnelle. Nous y sommes conformés plus tard et nous sommes allés aux élections » n’explique pas tout. Ouvrons encore ici une parenthèse  pour dire que c’était un coup d’Etat en bonne et due forme, ce qui d’ailleurs n’est pas une « disposition » particulière qui répond à une quelconque règle constitutionnelle.

-ensuite, même quand il s’est agi pour Faure Gnassingbé de faire sa deuxième prise de pouvoir par la voie électorale comme il l’a exhibé, cela avait été une hécatombe. Le mois d’avril 2005 reste un repère macabre dans l’histoire événementielle du Togo. Même les Colons blancs n’avaient autant tué à Binaparba où les valeureux paysans Konkomba leur ont opposé une farouche résistance. Même les sinistres « Ablodé Sodja » n’avaient autant décrété l’horreur. Il y avait eu des centaines de morts et des milliers d’exilés. Jusqu’aujourd’hui, beaucoup sont encore au Ghana et au Bénin.

Le Togo, une « res publica » monarchisée
C’est une vérité et Faure Gnassingbé l’a dit : « Non, ce n’est pas une tare d’être le fils d’Eyadema ». C’est aussi vrai que ce n’est pas une tare qu’un Kodjo soit le fils d’un Koffi. Alors c’est tout de même curieux que c’est lui qui succéda à Eyadema et non le Kodjo du sieur Koffi, si nous partons du postulat posé plus haut.

Ne nous trompons donc pas, Faure Gnassingbé est le digne fils de Eyadema Gnassingbé de qui, il a hérité un trône acquis depuis plus de quarante (40) ans. Ce ne sera que digne réflexe s’il ambitionne de le garder pendant … (40) ans.

Le dialogue, le credo
Les chantiers sont ouverts ici et là mais la réalité démontre que malgré la volonté proclamée au dialogue, tout se fait unilatéralement. Même le fameux Accord Politique Global du 20 août 2006 apparaît plus comme une abdication de l’opposition togolaise plutôt qu’un compromis. Les atermoiements actuels démontrent d’ailleurs que c’est un feu de paille. Et encore, la nomination du futur Premier Ministre annonce des rixes impitoyables puisque déjà, il y a de grandes manœuvres qui s’observent
.

La famille ou le clan !
L’exemple du Ghana voisin où le frère du Président Kuffor est ministre de la défense ne justifie en rien des similitudes au Togo. D’abord, le père du Président ghanéen n’a jamais été à la tête de ce pays et y avoir passé 40 ans pour les voir aujourd’hui aux affaires. C’était de la diversion que de parler de cette façon. Quand on succède à son père et qu’on s’entoure d’un frère ministre, un cousin chef de la sécurité, un beau-frère patron d’une garnison, idem pour un autre frère, un autre frère conseiller… Cela s’appelle la famille ou le clan.

L’impunité
Faure Gnassingbé disait en substance : « …Une commission sera mise en place pour réfléchir aux phénomènes de violences qui ne datent pas d’aujourd’hui et qui datent des années avant l’indépendance du Togo ». Ce n’est que de la pure diversion sur fond d’amalgames outrageants. Quels rapports les évènements survenus au Togo en 1958 ont-ils par exemple sur l’assassinat de Sylvanus Olympio en 1963 ? Quelles incidences cet assassinat a-t-il eues sur la prise du pouvoir de feu Eyadema en avril 1967 ? Quels liens lient-ils cet évènement au drame de Soudou en 1992…, jusqu’aux tristes tueries d’avril 2005 ? Voilà comment on mélange savamment torchons et serviettes
.

L’avenir
Avec ce triste tableau, il ne reste qu’à implorer les cieux pour qu’ils ne tombent un jour sur la tête des Togolais. A contrario, il ne faut espérer que, de l’ivraie, sorte le vrai. Quelqu’un disait qu’on peut venir au pouvoir de manière très contestable mais réussir à gagner le cœur des populations à coup de reformes conséquentes. Pas du replâtrage ni du réchauffé. Croisons les doigts.

B. Sek

 
Constat La passivité coupable des Togolais

Le peuple togolais a toujours été qualifié de docile et c’est peut-être à raison, vu que malgré qu’il soit l’objet d’une maltraitance permanente de la part du bataclan qui l’a pris en otage depuis quatre décennies, il n’a jamais opté pour l’extrême solution, celle de la violence pour se défaire de ces ronces humaines qui l’assujettissent. C’est peut-être une qualité car il n’a pas fallu autant pour voir s’embraser certains pays voisins. Ils ne sont pas nombreux, les peuples à pouvoir supporter sans broncher 40 ans de dictature. Mais les Togolais, individuellement et collectivement doivent savoir que ceux qui les régentent usent et abusent à loisir de la longanimité du peuple et ne se retiendront pas de les maltraiter, s’ils n’apprennent pas à réagir.

            Aujourd’hui les Togolais, du moins le bas peuple, crient haro sur la société nationale de téléphonie fixe, Togo Télécom qui vient d’augmenter le coût de la communication mais sans émouvoir les décideurs du pays. Ce n’est que la conséquence de l’apathie séculaire des Togolais qui acceptent comme des béni-oui-oui tout sans broncher, de la part de leurs dirigeants.

            Même dans les Etats producteurs de pétrole, comme au Nigeria, les populations ne sauraient supporter, ne serait-ce qu’une augmentation de dix (10) francs du prix du carburant à la pompe. Et combien de fois les Nigérians n’ont-ils pas fait reculer l’Etat fédéral dans ses tentatives d’augmentation du prix du carburant ? Mais au Togo, comme les dirigeants connaissent les Togolais indolents, passifs, mieux dociles, ils les mettent devant le fait accompli. Ils ne réagissent pas ou tout au plus, le font comme un feu de paille. En fin d’année dernière, les prix du carburant ont été augmentés à près de 50 %. Les tout premiers instants, les citoyens ont réagi, du moins verbalement. Mais rien n’y fit. Le gouvernement n’est point revenu sur sa décision. Et les Togolais semblent avoir consommé cette hausse. A preuve, ce sont ces prix qui sont appliqués jusqu’à ce jour. Entre-temps, c’est le prix du ciment que le gouvernement a augmenté. Et le peuple l’a consommé. En août dernier, le gouvernement institue des frais de péages aux  véhicules. Mais au fait c’est le peuple qui devra mettre la main à la poche. Aujourd’hui, c’est le coût de la communication qu’augmente Togo Télécom tacitement, mais à grand renfort de publicité mensongère. La semaine dernière, toute une série d’émissions avaient été entreprises par des stations radios de la place pour recueillir les réactions des Togolais. Mais cette semaine, plus personne n’en parle. L’augmentation semble consommée. Et l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) semble se murer elle aussi dans une inaction.

            A cette allure, il arrivera un jour où il sera décidé que chacun porte « Gn… » comme nom de famille et tout le monde va obtempérer. Il faut être Togolais pour le faire car combien de peuples au monde peuvent-ils accepter, après avoir subi durant 38 ans la mal gouvernance du Père, sa continuité par le Fils ? Quand on refuse, on dit non et on le manifeste.

N.K. Agbenyo

 
Guéguerre entre Dogbatsè et la FTF:  Rock balance Gomido au gré de ses humeurs

A la Fédération togolaise de football, l’inconstance est le maître mot. Alors que l’on s’apprête à démarrer la nouvelle saison sportive 2006-2007, Gomido, lui, souffre toujours le martyr, ne sachant pas véritablement dans quelle division il va évoluer. Après les remous  suscités par la relégation in extremis du club de Kpalimé en D2 mi-juillet, des tractations avaient été engagées par plusieurs personnalités tant du gouvernement que des chefferies pour faire revenir le Lt-Col Rock Gnassingbé à la raison à ne pas s’acharner sur Gomido et son président Winny Dogbatsè démissionnaire du Bureau Exécutif de la FTF. Les choses semblaient rentrer en ordre mi-août  dernier quand des informations reçues des sources dignes de foi nous confirmaient que Gomido restera bien en première division et que le nombre de clubs devant disputer la D1 cette saison est porté à 18.

            Mais à la conférence de presse organisée par Rock Gnassingbé le vendredi 8 septembre dernier, les choses ont encore tourné au vinaigre pour le club de Kpalimé.

            Dans ses déclarations, Rock Gnassingbé n’a nullement fait allusion au compromis, se contentant de déclarer que les 16 clubs recevront une subvention dont le montant sera bientôt communiqué aux responsables de clubs.

            Contacté, le président de Gomido, Winny Dogbatsè y perd son latin alors qu’il avait bien reçu la confirmation que son club ne descendra pas en Deuxième division : « Nous avons reçu la confirmation que Gomido reste en première division. Et le président de la FTF m’a même confirmé que nous pouvons commencer les entraînements »,  a expliqué Winny Dogbatsè.

            L’attitude primesautière de Rock Gnassingbé, si elle ne peut étonner, devient de plus en plus inquiétante.

            Des sources généralement bien informées, on indique plutôt que c’est une guéguerre entre le président de Maranatha de Fiokpo, le Député Gabriel Améyi et son frère Winny Dogbatsè qui serait à la base de ce revirement de situation. Les deux clubs qui ne s’aiment pas d’amour tendre ont choisi de se régler les comptes par personne interposée. Selon toujours les informations reçues, des chefs traditionnels acquis à la cause du député auraient adressé le lundi 04 septembre dernier un courrier au Premier ministre Edem Kodjo pour lui demander de ne pas s’impliquer dans cette affaire qui oppose Gomido à la Fédération. Alors que d’autres chefs traditionnels avaient déjà sollicité l’intervention du Chef du gouvernement pour préserver la quiétude dans le Kloto. Selon Togbui Guidiguidi, régent du trône royal de la Ville de Kpalimé, Togbui Agripa d’Agripatodji et le Chef du village de Womé demandent la relégation de Gomido suivant le classement établi mi-juillet par la Fédération et distribué aux présidents de club. Dans le même but, les chefs traditionnels cités plus haut se sont rendus chez le président de la Fédération en compagnie du député Gabriel Améyi pour lui réitérer leur souhait. Une démarche qui aurait suffi pour que Rock Gnassingbé revienne sur sa décision de laisser Gomido évoluer en première division.  

T.G.A

 

 

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