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Forum de la semaine

6 Sept 2007]

[284: du 6 Sept 2007]
Lourde rançon de l’arrogance et du mépris  Tata Avlessi suspendu à vie par le Jury d’appel de la CAF

Réuni à Port Elizabeth, en Afrique du Sud, le lundi 3 septembre dernier, le Jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a rejeté l’appel formulé par M. Avlessi Tata de Mass, ancien président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), et par l’arbitre Attivi Atevi Cessi. Le Jury a par la même occasion, aggravé la sanction initialement prononcée contre les deux hommes en les suspendant à vie de toute activité dans le football avec interdiction définitive d’accès aux stades.

Le 5 juillet dernier, le jury disciplinaire avait, en première instance, infligé une suspension  de huit ans à Tata Avlessi et de quatre ans pour l’arbitre international togolais, Cessi Ativi.

Rappelons que l’arbitre gambien de la rencontre Togo – Tunisie de Coupe d’Afrique des moins de 17ans disputée en mars dernier,  Pa Abdou Sarr, convaincu d’avoir été corrompu, avait écopé d’une suspension à vie.

Depuis que l’ancien Président de la FTF avait été auditionné par le Jury d’Appel de la CAF, on savait que la sanction prise en première instance allait être aggravée  en appel. Nous avions même craint et redouté une peine aussi lourde que celle qui vient de tomber. D’autres plus optimistes s’attendaient plutôt à une aggravation de deux à quatre ans de la sanction initiale. Tata Avlessi lui-même a dû tomber de très haut à l’annonce du verdict en appel.

Une suspension à vie, cela peut paraître sévère, très sévère, voire trop sévère et même disproportionnée par rapport à la faute commise. En réalité, ce qui a été sanctionné dans cette affaire, c’est moins la faute commise que l’arrogance, l’irrespect et le mépris dont Tata Avlessi et ses amis ont fait preuve à l’égard des instances internationales de football dans la gestion de ce dossier. Car, il faut être hypernaïf  pour penser relever appel d’une décision dans une affaire où le reconnu corrompu écope une peine plus lourde que le corrupteur !

Parce qu’il avait le soutien de Jacques Anouma, le Président de la Fédération Ivoirienne de Football et du Général Zoumaro Gnofame, le Président du comité National Olympique Togolais, Tata Avlessi se croyait au dessus de tout et de tout le monde.

Après la décision prise à son encontre en première instance par le Jury disciplinaire, Tata Avlessi avait le choix entre deux attitudes possibles.

La première aurait été de prendre acte de la décision et de se retirer dignement en promettant de continuer à se battre pour faire éclater la vérité tôt ou tard s’il est, comme il le clame, réellement convaincu en son âme et conscience qu’il n’a jamais été mêlé ni de près ni de loin, à cette affaire de corruption.

Il avait été conseillé à Tata Avlessi de ne pas confirmer son appel et d’attendre, que tombent les passions et les émotions et que cette affaire soit traitée de façon politique et diplomatique, le moment venu auprès de la CAF et de la FIFA par des personnalités qui se sont proposées à cet effet.

Tata Avlessi et ses amis ont balayé d’un revers de la main cette solution de sagesse qui aurait pu lui permettre de recouvrer la plénitude des ses droits dans un ou deux ans. En lieu et place de cette attitude d’humilité et de profil bas, Tata Avlessi a adopté la solution du duel frontal dans un combat du pot de terre contre le pot de fer.

Les Conseils dans ce sens n’ont pas manqué, comme s’il fallait absolument asséner des coups encore plus violents à un boxeur déjà KO par terre. Tout le monde, y compris Tata lui-même, savait que l’appel interjeté par l’ancien Président de la FTF n’avait aucune chance d’aboutir dès lors qu’aucun élément nouveau n’était versé au dossier pour démontrer que, sur la forme, il y avait un vice de procédure en première instance ou que sur le fond, les faits allégués n’étaient pas fondés.

Dans ces conditions, l’appel de Tata pouvait à juste titre, être considéré comme abusif. D’autres faits encore plus graves ont contribué à aggraver le cas de Tata Avlessi. En effet, à son retour à Lomé après l’annonce de la décision en première instance, l’ancien Président a fait des déclarations plus que incendiaires qui avaient surpris jusque dans ses propres rangs.

Tata Avlessi n’a jamais admis la réalité de la corruption alors que la preuve du délit était établie. L’enveloppe contenant l’argent remis à l’arbitre a été retrouvée dans la chambre d’hôtel de ce dernier. L’arbitre n’a pas nié. La personne qui a servi d’intermédiaire dans la transaction, en l’occurrence, l’arbitre togolais Attivi a également reconnu les faits.

Il était difficile dans ces conditions, de nier la réalité du délit. La ligne de défense de Tata Avlessi était alors d’accuser le 1er Vice Président de la FTF et le Secrétaire Général comme étant les auteurs de la corruption sans apporter la moindre preuve de ces accusations.

Les déclarations de Tata Avlessi à la suite de sa suspension de huit ans en première instance, ont pu être interprétées en haut lieu comme des accusations de partialité et même de duplicité lancées contre la CAF.

Autre élément : Alors que, dès la notification de la décision, Tata Avlessi était tenu de cesser toute activité à la tête de la FTF, l’ancien Président a continué, non seulement à s’afficher sur les médias comme Président de la FTF, mais aussi à poser des actes en cette qualité.

C’est ainsi que le soir de son retour à Lomé, il était allé remettre un chèque de dix millions de la FTF aux Eperviers Cadets à leur hôtel. Le lendemain, au siège de la FTF, il a présidé une réunion du Bureau et nommé un remplaçant au Conseiller Amégnran, décédé dans le crash de Lungi.

Il n’a pas hésité à signer un communiqué de presse dans ce sens. Dans le même communiqué de presse, il décidait de démissionner les deux Vice Présidents, le Secrétaire Général et le Secrétaire Général Adjoint accusés de s’être désolidarisés de sa gestion chaotique. Il avait fait changer la serrure des bureaux du Secrétaire Général et du secrétaire Général Adjoint.

Pire, Tata Avlessi avait décidé de nommer Gallius Lawson, en qualité de président intérimaire de la FTF, en violation des Statuts de la Fédération.

Autant d’actes de défiance qui ont conduit la CAF à le rappeler à l’ordre par écrit et à annuler tous les actes et toutes les décisions qu’il a eu à prendre depuis sa suspension en continuant à se prévaloir de son titre perdu de Président de la FTF.

On se souvient que c’est également lui, Tata Avlessi, qui a reçu la démission des six membres du Bureau Exécutif qui voulaient protester contre la décision du gouvernement de fermer les accès au siège de la FTF.

Enfin, la CAF et surtout la FIFA ont été convaincues de la complicité de Tata Avlessi dans la mise en place par le gouvernement togolais et le CNOT, du Comité de gestion Provisoire en violation flagrante des Statuts de la FTF, de la CAF et de la FIFA. 

La gestion de la procédure d’appel a été pour Tata Avlessi la pire des catastrophes. De fausses déclarations de rétractation ont été « fabriquées » et attribuées à l’arbitre Attivi Atévi Cessi pour faire croire que ce dernier serait revenu sur ses déclarations mettant en cause l’ancien Président de la FTF.

Des articles de presse tendancieux s’étaient inspirés de ces montages dont certains ont été présentés au Jury d’Appel comme étant des faits nouveaux devant justifier la levée de la suspension contre Tata Avlessi.

Tout cela a pu être ressenti par la CAF comme de la défiance et de l’irrespect à l’égard de l’institution et a dû peser lourd dans la décision prise par le jury d’appel. Les actes de défiance posés par Tata Avlessi à l’égard de la CAF peuvent expliquer le fait que personne n’ait pu lui trouver de circonstances atténuantes et pris sa défense au sein de l’instance de gestion du football continental.

Visiblement, Tata Avlessi n’a réussi, ni par ses actes, ni par ses déclarations, à convaincre la CAF dont la plupart des membres continuent de penser que Tata Avlessi constitue une vraie menace pour le football togolais et même continental.

Il reste un dernier recours à Tata Avlessi, celui du Tribunal Arbitral du Sport. Il va se trouver des Avocats pour le convaincre qu’il n’aurait rien à perdre en recourant à cette procédure.

Erreur. Car, une suspension, même à vie, peut toujours être levée. Tata Avlessi est un passionné du football. Il a investi beaucoup d’argent dans son village et veut créer des infrastructures que l’on ne trouve rarement que dans les grandes nations européennes de football.

Tout cela ne doit pas être laissé en suspens. Tata Avlessi se cassera toujours le nez s’il persiste dans la voie judiciaire. Il est peut-être temps pour lui, de faire une pause, de faire le bilan sans complaisance des six mois qui l’ont conduit de son statut de simple président de club à celui de « banni à vie de toute activité liée au football » assorti en plus d’une interdiction d’accès aux stades.

Des solutions politiques et diplomatiques existent et sont certainement plus efficaces que celles passant par le Tribunal Arbitral du Sport. La mise en œuvre de ces solutions nécessite, il est vrai, de l’humilité et de la modestie, des mots que Tata Avlessi va devoir intégrer non seulement à son vocabulaire, mais aussi à sa conception même de la vie.

Quant à l’arbitre Attivi, il est aussi reconnu coupable que Tata Avlessi, même si c’est par complicité. Le Jury d’appel a dû juger qu’il ne pouvait y avoir deux poids, deux mesures.

Dimas DZIKODO

 
Le Togo aux portes d’un marasme social : Les travailleurs prennent la rue samedi prochain

« Si jamais les arriérés de salaire ne sont pas payés d’ici la fin du mois d’août 2007, nous appellerons les camarades à descendre dans la rue ». Ainsi s’exprimait, il y a quelques jours, Adrien Bêliki Akouété, Secrétaire Général de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo (CSTT) sur une chaîne de télévision privée. Cette menace ouverte à l’endroit du gouvernement est sur le point d’être concrétisée. La CSTT invite les travailleurs togolais à une « grande marche de protestation, de mobilisation et de mise en garde suivie de meeting d’informations », le samedi 08 septembre prochain.

Dans le communiqué appelant à cette manifestation, la Confédération dénonce les conditions de vie exécrables des travailleurs togolais qui font pourtant tourner l’économie nationale. Elle crie aussi haro sur l’état de délabrement de plus en plus remarquable des marchés, des routes et des villes du pays.

            « Depuis 15 mois, on s’est rendu compte que les engagements pris par le dialogue social ne bougent pas, et qu’on fait du surplace ; rien ne se dessine et le conseil qui a été mis en place ne se réunit plus et on a l’impression que le nouveau ministre des Finances ne fait pas bouger les choses », a déploré Adrien Bêliki Akouété.

            Le 11 mai 2006, le gouvernement, le patronat et les organisations syndicales à l’issue d’un dialogue social tripartite, ont signé 64 engagements assortis d’un chronogramme précis à exécuter par toutes les parties prenantes. Par ailleurs, dans le but de répertorier les problèmes de l’administration publique en vue d’en trouver des solutions idoines, les autorités togolaises ont organisé des Etats généraux en décembre 2006. Mais, selon la CSTT, force est de constater que les revendications des travailleurs formulées en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie sont restées lettres mortes.

Edem K. ASSIGNON

 
Faure dans le Grand Kloto : Politique ou affaire de famille ?

Faure Gnassingbé a appelé vendredi dernier des chefs traditionnels du Grand Kloto à accepter de jouer un rôle décisif dans la consolidation de la paix et de la démocratie. Le président togolais a également rencontré les habitants de cette région au Stade du 30 août de Kpalimé, chef-lieu de la préfecture de Kloto, où il s’est rendu « à l’invitation des populations »  (sic).

Faure Gnassingbé, dont la mère est originaire de cette région, a qualifié sa rencontre « d’invitation que les oncles adressent à un neveu ». Près de 340 chefs traditionnels étaient présents à cette manifestation.

Faure a demandé aux chefs traditionnels de mobiliser les populations en faveur de la paix, du civisme et du patriotisme dans la période de campagne électorale qui s’ouvre.

« Vous avez besoin de garder votre distance et votre neutralité à l’endroit des différents acteurs de la vie politique de notre pays », leur a-t-il expliqué, relevant que leur contribution a été « particulièrement remarquable » dans la mise en oeuvre de la  stratégie de réconciliation nationale après les périodes troubles connues par le pays.

Il a invité les chefs traditionnels à demeurer les infatigables messagers de la paix, de la réconciliation et de l’unité nationale.

Mais ce qui a surpris les observateurs est cette dichotomie contenue dans le discours de Faure Gnassingbé lorsqu’il évoquait simultanément ses relations  familiales avec les chefs et les appelait à la neutralité. On ne peut pas croire que des « oncles » laisseraient choir leur cher « neveu » quoi qu’il arrive, surtout en milieu éwé où on est plus sûr des liens de sang avec son neveu qu’avec son propre fils. Et si d’aventure quelqu’un d’autre qui n’a pas d’attaches familiales se pointait dans le Grand Kloto, à quelle sauce sera-t-il mangé ?

Autant de questions qui font que beaucoup de Togolais demeurent perplexes quant au réel contenu du message délivré et surtout à l’objectif d’une telle rencontre.

On savait qu’à l’annonce de la date des législatives sur le 14 octobre, cette virée de Faure était une opération de charme. Mais, on n’imaginait pas qu’il allait tirer ainsi sur la fibre familiale. Ce sont seulement ceux qui n’ont pas d’oncles chefs qui sont à plaindre.                                  

F.S.

 
 
 
 
 

     
 

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