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Le
5 juillet dernier, le jury disciplinaire avait, en
première instance, infligé une suspension de huit
ans à Tata Avlessi et de quatre ans pour l’arbitre
international togolais, Cessi Ativi.
Rappelons que l’arbitre gambien de la rencontre Togo
– Tunisie de Coupe d’Afrique des moins de 17ans
disputée en mars dernier, Pa Abdou Sarr, convaincu
d’avoir été corrompu, avait écopé d’une suspension à
vie.
Depuis que l’ancien Président de la FTF avait été
auditionné par le Jury d’Appel de la CAF, on savait
que la sanction prise en première instance allait
être aggravée en appel. Nous avions même craint et
redouté une peine aussi lourde que celle qui vient
de tomber. D’autres plus optimistes s’attendaient
plutôt à une aggravation de deux à quatre ans de la
sanction initiale. Tata Avlessi lui-même a dû tomber
de très haut à l’annonce du verdict en appel.
Une suspension à vie, cela peut paraître sévère,
très sévère, voire trop sévère et même
disproportionnée par rapport à la faute commise. En
réalité, ce qui a été sanctionné dans cette affaire,
c’est moins la faute commise que l’arrogance,
l’irrespect et le mépris dont Tata Avlessi et ses
amis ont fait preuve à l’égard des instances
internationales de football dans la gestion de ce
dossier. Car, il faut être hypernaïf pour penser
relever appel d’une décision dans une affaire où le
reconnu corrompu écope une peine plus lourde que le
corrupteur !
Parce qu’il avait le soutien de Jacques Anouma, le
Président de la Fédération Ivoirienne de Football et
du Général Zoumaro Gnofame, le Président du comité
National Olympique Togolais, Tata Avlessi se croyait
au dessus de tout et de tout le monde.
Après la décision prise à son encontre en première
instance par le Jury disciplinaire, Tata Avlessi
avait le choix entre deux attitudes possibles.
La
première aurait été de prendre acte de la décision
et de se retirer dignement en promettant de
continuer à se battre pour faire éclater la vérité
tôt ou tard s’il est, comme il le clame, réellement
convaincu en son âme et conscience qu’il n’a jamais
été mêlé ni de près ni de loin, à cette affaire de
corruption.
Il
avait été conseillé à Tata Avlessi de ne pas
confirmer son appel et d’attendre, que tombent les
passions et les émotions et que cette affaire soit
traitée de façon politique et diplomatique, le
moment venu auprès de la CAF et de la FIFA par des
personnalités qui se sont proposées à cet effet.
Tata Avlessi et ses amis ont balayé d’un revers de
la main cette solution de sagesse qui aurait pu lui
permettre de recouvrer la plénitude des ses droits
dans un ou deux ans. En lieu et place de cette
attitude d’humilité et de profil bas, Tata Avlessi a
adopté la solution du duel frontal dans un combat du
pot de terre contre le pot de fer.
Les Conseils dans ce sens n’ont pas manqué, comme
s’il fallait absolument asséner des coups encore
plus violents à un boxeur déjà KO par terre. Tout le
monde, y compris Tata lui-même, savait que l’appel
interjeté par l’ancien Président de la FTF n’avait
aucune chance d’aboutir dès lors qu’aucun élément
nouveau n’était versé au dossier pour démontrer que,
sur la forme, il y avait un vice de procédure en
première instance ou que sur le fond, les faits
allégués n’étaient pas fondés.
Dans ces conditions, l’appel de Tata pouvait à juste
titre, être considéré comme abusif. D’autres faits
encore plus graves ont contribué à aggraver le cas
de Tata Avlessi. En effet, à son retour à Lomé après
l’annonce de la décision en première instance,
l’ancien Président a fait des déclarations plus que
incendiaires qui avaient surpris jusque dans ses
propres rangs.
Tata Avlessi n’a jamais admis la réalité de la
corruption alors que la preuve du délit était
établie. L’enveloppe contenant l’argent remis à
l’arbitre a été retrouvée dans la chambre d’hôtel de
ce dernier. L’arbitre n’a pas nié. La personne qui a
servi d’intermédiaire dans la transaction, en
l’occurrence, l’arbitre togolais Attivi a également
reconnu les faits.
Il
était difficile dans ces conditions, de nier la
réalité du délit. La ligne de défense de Tata
Avlessi était alors d’accuser le 1er Vice
Président de la FTF et le Secrétaire Général comme
étant les auteurs de la corruption sans apporter la
moindre preuve de ces accusations.
Les déclarations de Tata Avlessi à la suite de sa
suspension de huit ans en première instance, ont pu
être interprétées en haut lieu comme des accusations
de partialité et même de duplicité lancées contre la
CAF.
Autre élément : Alors que, dès la notification de la
décision, Tata Avlessi était tenu de cesser toute
activité à la tête de la FTF, l’ancien Président a
continué, non seulement à s’afficher sur les médias
comme Président de la FTF, mais aussi à poser des
actes en cette qualité.
C’est ainsi que le soir de son retour à Lomé, il
était allé remettre un chèque de dix millions de la
FTF aux Eperviers Cadets à leur hôtel. Le lendemain,
au siège de la FTF, il a présidé une réunion du
Bureau et nommé un remplaçant au Conseiller Amégnran,
décédé dans le crash de Lungi.
Il
n’a pas hésité à signer un communiqué de presse dans
ce sens. Dans le même communiqué de presse, il
décidait de démissionner les deux Vice Présidents,
le Secrétaire Général et le Secrétaire Général
Adjoint accusés de s’être désolidarisés de sa
gestion chaotique. Il avait fait changer la serrure
des bureaux du Secrétaire Général et du secrétaire
Général Adjoint.
Pire, Tata Avlessi avait décidé de nommer Gallius
Lawson, en qualité de président intérimaire de la
FTF, en violation des Statuts de la Fédération.
Autant d’actes de défiance qui ont conduit la CAF à
le rappeler à l’ordre par écrit et à annuler tous
les actes et toutes les décisions qu’il a eu à
prendre depuis sa suspension en continuant à se
prévaloir de son titre perdu de Président de la FTF.
On
se souvient que c’est également lui, Tata Avlessi,
qui a reçu la démission des six membres du Bureau
Exécutif qui voulaient protester contre la décision
du gouvernement de fermer les accès au siège de la
FTF.
Enfin, la CAF et surtout la FIFA ont été convaincues
de la complicité de Tata Avlessi dans la mise en
place par le gouvernement togolais et le CNOT, du
Comité de gestion Provisoire en violation flagrante
des Statuts de la FTF, de la CAF et de la FIFA.
La
gestion de la procédure d’appel a été pour Tata
Avlessi la pire des catastrophes. De fausses
déclarations de rétractation ont été « fabriquées »
et attribuées à l’arbitre Attivi Atévi Cessi pour
faire croire que ce dernier serait revenu sur ses
déclarations mettant en cause l’ancien Président de
la FTF.
Des articles de presse tendancieux s’étaient
inspirés de ces montages dont certains ont été
présentés au Jury d’Appel comme étant des faits
nouveaux devant justifier la levée de la suspension
contre Tata Avlessi.
Tout cela a pu être ressenti par la CAF comme de la
défiance et de l’irrespect à l’égard de
l’institution et a dû peser lourd dans la décision
prise par le jury d’appel. Les actes de défiance
posés par Tata Avlessi à l’égard de la CAF peuvent
expliquer le fait que personne n’ait pu lui trouver
de circonstances atténuantes et pris sa défense au
sein de l’instance de gestion du football
continental.
Visiblement, Tata Avlessi n’a réussi, ni par ses
actes, ni par ses déclarations, à convaincre la CAF
dont la plupart des membres continuent de penser que
Tata Avlessi constitue une vraie menace pour le
football togolais et même continental.
Il
reste un dernier recours à Tata Avlessi, celui du
Tribunal Arbitral du Sport. Il va se trouver des
Avocats pour le convaincre qu’il n’aurait rien à
perdre en recourant à cette procédure.
Erreur. Car, une suspension, même à vie, peut
toujours être levée. Tata Avlessi est un passionné
du football. Il a investi beaucoup d’argent dans son
village et veut créer des infrastructures que l’on
ne trouve rarement que dans les grandes nations
européennes de football.
Tout cela ne doit pas être laissé en suspens. Tata
Avlessi se cassera toujours le nez s’il persiste
dans la voie judiciaire. Il est peut-être temps pour
lui, de faire une pause, de faire le bilan sans
complaisance des six mois qui l’ont conduit de son
statut de simple président de club à celui de
« banni à vie de toute activité liée au football »
assorti en plus d’une interdiction d’accès aux
stades.
Des solutions politiques et diplomatiques existent
et sont certainement plus efficaces que celles
passant par le Tribunal Arbitral du Sport. La mise
en œuvre de ces solutions nécessite, il est vrai, de
l’humilité et de la modestie, des mots que Tata
Avlessi va devoir intégrer non seulement à son
vocabulaire, mais aussi à sa conception même de la
vie.
Quant à l’arbitre Attivi, il est aussi reconnu
coupable que Tata Avlessi, même si c’est par
complicité. Le Jury d’appel a dû juger qu’il ne
pouvait y avoir deux poids, deux mesures.
Dimas DZIKODO |