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Honorables invités Mesdames et Messieurs,
Je crois qu’il est temps, qu’il est grand temps que
l’on se ressaisisse dans ce Pays; que chaque
Togolais se fasse le devoir de regarder de face le
drame que nous vivons et qui perdure avec son lot
quotidien de misères et de désolations.
Je crois qu’il est temps de comprendre que par nos
faits et actes nous sommes en train de conduire tout
droit notre Pays dans un gouffre noir et sans fond.
Je crois que par notre désir effréné du pouvoir et
des honneurs, sans nous soucier aucunement des
retombées nuisibles de nos options, nous sommes en
train de détruire inexorablement notre bien commun,
le TOGO. Quel est donc ce mal satanique qui nous
ronge depuis temps et qui nous empêche d’entendre la
voix de la raison, la voix de notre conscience
d’homme?
Quel est ce mal qui nous conduit sans frémir à
marcher sur nos valeurs fondamentales, celles là qui
caractérisent l’être humain? Togolais! Homme digne,
fier, responsable et heureux, où es- tu ? Où es- tu
donc digne fils de ces «Togo doukon kaleawo »
? Où es- tu ? Pourquoi devons-nous aujourd’hui
servir de référence négative dans les grands débats
de notre continent au point de devenir la risée de
tout le monde même de ceux qui se disent en public
nos amis?
Jusqu’à quand durera la misère des togolais, je vous
le demande, jusqu’à quand?
Voyez-vous chers compatriotes, je ne suis pas un
homme heureux et vous non plus, vous qui jouez sur
une apparence faite d’auréoles éphémères et de
fioritures précaires, vous n’êtes pas un homme
heureux.
Il n’y aura de Togo fort, viable et rayonnant que
lorsque chaque fils de ce Pays trouvera la place qui
est la
sienne
sous un soleil nouveau qui brillera de tout son
éclat sur cette terre de nos aïeux.
Oui! Ce n’est pas tout d’appeler à l’union, au
pardon, à la réconciliation si au départ, ces
options ne sont point assises sur une réelle et
franche volonté politique traduite dans les faits
par toutes les parties prenantes du jeu politique
togolais.
Par nos erreurs répétées, nous avons réussi
l’impensable en plongeant notre Pays dans un
désastre socio-économique et politique sans
précédent, en imposant à ce Pays une paupérisation
continue rendant chaque jour un peu plus aléatoire
la survie de nos populations.
A qui la faute?
A nous tous!
Pendant que les uns n’ont pas su à temps prendre
conscience du mal qu’ils causent à leur Pays et à
leurs concitoyens, pendant que ceux là, continuent
sans relâche à enfoncer chaque jour un peu plus leur
Pays dans l’abîme, d’autres ont trouvé dans le
marasme actuel l’occasion rêvée de se faire une
place au soleil et ceci, par tous les moyens et tant
pis pour les suites nuisibles pour le Pays et tant
pis pour les cruelles retombées pour nos vaillantes
populations.
Quelle est donc cette affreuse malédiction qui nous
court après, qui nous rend aveugle à l’image
désolante et décadente de notre Pays dans toutes ses
structures, qui nous rend sourd aux lamentations
incessantes de nos populations. ?
Pourtant, et pourtant, il est clair aujourd’hui que
le mal est diagnostiqué et les sources connues.
Je reconnais au dialogue en cours un mérite:
C’est d’avoir su diagnostiquer l’essentiel des maux
qui gangrènent la vie politique de notre Pays.
Il s’agit dés lors, d’élaborer des solutions saines,
lavées de toutes considérations personnelles ou
partisanes avec à l’esprit l’intérêt de notre Pays
et de nos populations.
Toutes autres ambitions personnelles seraient
sordides et criminelles au regard du drame togolais.
A ce stade, je continue de formuler un vœu:
Que ce 12eme dialogue soit celui de la sagesse,
celui par lequel nous retrouverons le chemin qui
nous conduira vers des lendemains meilleurs à
travers la protection des intérêts de notre Pays et
du plus grand nombre de nos populations; à travers
l’instauration d’un réel Etat de droit où la
primauté de la Loi et les Libertés fondamentales,
écrites en lettre d’or, seront comprises, vécues et
acceptées de tous; où les Droits et Intérêts de
chaque citoyen seront garantis sans aucune
considération personnelle ou partisane;
où l’économie du Pays retrouvera un souffle nouveau;
où la sécurité de toutes personnes vivant sur le
territoire national sera assurée.
Je formule le vœu que chaque Togolais comprennent
qu’il doit avec honnêteté, objectivité et
responsabilité accrue, jouer le rôle qui est le sien
dans la recherche d’une paix sociale durable,
rassurante et édifiante; dans la recherche d’une
réconciliation franche, effective et efficiente de
tous les fils du Pays autour de l’idéal commun,
réconciliation justifiée par le besoin clairement
exprimé d’un repentir absolutoire.
Mesdames et MM, il s’agit aujourd’hui de sauver le
Pays!
Sauver le Pays doit être notre seule et unique
ambition de l’heure et nous ne pouvons le faire
qu’en acceptant de porter ensemble et de concert les
destinées de notre Togo. Sauver le Pays doit, en
terme politique, être notre seule préoccupation;
aucune autre considération ne doit tenir.
Et puisque nous connaissons le mal, acceptons,
résolument et ensemble, de contribuer à l’endiguer,
à l’exorciser à l’anéantir.
Seule la volonté et l’union de toutes les forces
vives du Pays arriveront sûrement à cette fin. Fini
les malsaines politiques d’exclusion
Il suffit, pour ce faire, de s’armer d’une réelle
volonté politique traduite dans les faits par toutes
les parties prenantes du jeu politique togolais.
Si nous devons encore aujourd’hui, douter de
l’existence manifestée de cette volonté politique;
si les réalités à venir dans les prochains j ours
dénotent et confirment à suffisance l’essoufflement
des acteurs politiques actuels alors, nous n’aurions
d’autres alternatives que de prendre acte de leurs
limites et de réfléchir à la mise en place d’une
Nouvelle Force Citoyenne prenant en compte les
justes et légitimes revendications du peuple
togolais.
Mesdames et MM, nous ne pouvons pas continuellement
tourner en rond pendant que le Pays, en déconfiture
avancée, part en lambeau, pendant que la jeunesse
est laissée pour compte ; pendant que nos
laborieuses populations croupissent dans une
paupérisation sans espoir du lendemain; pendant que
le ton est à la course au développement dans tous
les pays de la sous-région.
Ne croyez-vous pas que cela suffit?
Si tel est le résultat final de votre analyse alors,
ensemble, résolument et sans faiblir, donnons le
meilleur de nous même pour que renaisse l’espoir qui
rallumera les flammes du bonheur sur la terre de nos
aïeux.
Maître Ahlonko Robert DOVI |