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[ 179: du 10 Août 2006]

11 Août 2006

Drame à la Gendarmerie nationale : Une balle de pistolet élimine le couple TILEWA
Voir aussi :
Gendarmerie nationale : Le gendarme TILIWA s’est suicidé mardi dernier au camp

Une balle de pistolet aurait réussi à éliminer un couple le mardi 8 août dernier à Lomé. Le drame est survenu dans des circonstances non encore élucidées. Mais selon les premiers constats, une balle tirée de l’arme qu’utilise le Maréchal des Logis (MDL) TILEWA, a tué ce dernier et sa femme dans leur logement sis au camp de la gendarmerie nationale (Commandement).

Selon les informations recueillies sur place, le couple serait sur le point de se séparer malgré une grossesse (de 4 mois) que portait l’épouse. Le point de discorde serait que la femme aurait confié à son conjoint que la grossesse qu’elle porte ne provient pas de lui et qu’elle serait sur le point de le quitter pour rejoindre l’auteur de la grossesse. Le gendarme ne pouvant supporter le divorce et l’humiliation que cela devrait lui créer, a décidé de se donner la mort.

Au moment où il allait passer à l’acte, sa femme aurait voulu l’en empêcher. Et ce serait au moment où ils se disputaient l’arme que le coup est parti, transperçant le corps du gendarme jusqu’à atteindre sa conjointe. Assurément un gros calibre.

Les deux seraient morts d’une seule balle. Ce qui serait attesté par l’arme du crime qui n’a laissé échappé qu’une seule balle, démontant ainsi cette autre version qui faisait état de ce que le gendarme aurait tué sa femme avant de se donner la mort. Dans tous les cas, les jours à venir nous situeront sur cette affaire.

Le MDL Tiléwa est un gendarme apprécié de ses collègues. Il fait  partie des commandos spéciaux formés à Kpéwa et est de la classe 96. Il opérait dans l’Unité Spéciale d’Intervention de la Gendarmerie (USIG) à Lomé.

 
Coopération ACP-UE  Le Togo toujours à la traîne !

L’Union Européenne a débloqué une somme de 15,8 millions d’Euros en faveur du Togo, apprenait-on de sources proches  de Bruxelles lundi dernier. Cette manne financière au crédit des fonds Stabex serait destinée « à la mise en œuvre d’actions en faveur des petits producteurs pour la dynamisation des filières agricoles ».

            Comme à l’accoutumée, les griots du régime n’ont pas mis du temps pour récupérer politiquement ce décaissement afin de louanger le clan au pouvoir et celui qui l’incarne particulièrement, Faure Gnassingbé. Ces langues racontent que l’UE s’est ravisée « suite aux récentes avancées politiques au Togo » dont l’accord donné par les autorités togolaises à l’envoi d’une mission de deux rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les tortures et les exécutions extrajudiciaires qui serait « un signe positif ».

            Mais en réalité, ce décaissement que l’on brandit comme un trophée de chasse n’en serait pas un si l’on sait que ce pactole est celui des Fonds Stabex 90-94. C’est donc douze ans après que le Togo rentre en sa possession. Ce qui signifie que si les choses allaient « normalement », ces fonds auraient été débloqués depuis des lustres. Le Togo n’est pas un « Etat normal » et les gouvernants devront considérer cette assertion pour se remettre en cause. C’est à la limite déraisonnable que le pouvoir s’enorgueillit des fonds du 7e FED au moment où d’autres Etats voisins africains en sont au 9e. Le pouvoir se gloserait moins si le terme « déblocage » était compris dans tout son sens. Il signifie, selon le dictionnaire « Le Petit Larousse », l’« action de lever l’interdiction, de lever les obstacles qui bloquent un processus ».

            En bref, c’est parce qu’il y a eu une situation « anormale » que ces fonds ont été « bloqués ». Alors, trêve de bavardage !

N.K. AGBENYO

 
Réconciliation nationale La question des milices armées du RPT, une menace pour la sécurité des Togolais
 
 

Les pourparleurs de sortie de crise enclenchés depuis le 21 Avril dernier,  au crédit des problèmes de sécurité semblent bâcler, plutôt ignorer  un de ses paramètres majeurs. Il s’agit de la question des milices armées du pouvoir.

Leur existence et leurs actions ont été notoires lors de la « Frauduleuse sanglante » d’avril 2005. Les Togolais des quartiers dits d’opposants à Lomé-Bè, Nyékonakpoè, Kodjoviakopé- et des villes « rebelles » de l’intérieur du pays – Anèho, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé – n’ont pas de si tôt oublié les moments difficiles  qu’ils ont subis par leurs faits. Il est important de souligner que sans leurs menaces, moins de Togolais se seraient réfugiés dans les pays voisins au lendemain de la proclamation des résultats tronqués.

            En effet, lorsque des Togolais sérieux étaient dans les rues ces 26, 27… avril 2005 et manifestaient pour défendre leurs votes, ils avaient été pris entre l’étau des militaires « pacificateurs » et celui des miliciens du pouvoir à qui des armes ont été distribuées. A la veille du scrutin  proprement dit, on pouvait les voir se balader avec sur eux les pistolets qui leur ont été fournis, menaçant les habitants de leurs quartiers qu’ils soupçonnent d’être des opposants. A un moment donné où les tranchées creusées un peu partout sur les rues de ces quartiers entravaient la libre circulation des véhicules militaires, ce sont ces miliciens qui avaient pris la relève de la répression. A Kodomé, Cébévito par exemple, leur présence était plus remarquable que  celle des militaires. En plein jour, on les voyait, cagoulés ou non, rentrer dans les maisons et persécuter les habitants. Dans la plupart des quartiers ou villes où des manifestations spontanées avaient eu lieu, ils étaient les premiers à informer l’Armée à l’aide de Talkies– Walkies et portables qui leur ont été fournis auparavant.

            Leur autre contribution à la répression a été le rôle de sentinelle et de «pisteurs» qu’ils ont joué durant les nuits de ces moments de manifestations. En effet, on pouvait voir certains d’entre eux monter à bord des voitures militaires de patrouille pour servir de guides aux soldats. Ce sont eux qui indiquaient les maisons des manifestants dont ils avaient auparavant dressé des listes qu’ils ont remises aux « pacificateurs ». Ainsi, pendant la nuit, des jeunes gens des quartiers sont enlevés et conduits à des destinations inconnues. Cette opération a semé de la trouille car les fameuses listes de manifestants ne contenaient par seulement les noms de ces derniers ; les miliciens avaient profité de l’occasion pour régler de petits comptes à des gens. Ainsi, tout individu pouvait figurer sur ces listes comme le cas d’un tailleur à Nyékonakpoè qui, étant innocemment accusé d’avoir participé au meurtre d’un soldat affecté à la garde du Procureur de la République au cours des manifestations, a été appréhendé et emprisonné pendant plus d’un an avant d’être tout récemment relâché (heureusement).

             L’existence des milices est un aspect majeur des problèmes de sécurité car les armes distribuées aux miliciens ne leur ont pas été retirées après leurs « missions » d’avril 2005. Il se pourrait que ce soit eux qui alimentent les nombreux braquages dont sont victimes des Togolais et qui ont refait surface depuis un moment. Les leaders politiques devront, à l’instar du Secrétaire Général de la Jeunesse Unie pour le Développement en Afrique (JUDA), M. Rodrigue Kpogli attirer l’attention des « dialogueurs » et des autorités compétentes sur cette question qui est au centre des entraves que connaît le programme DDR (Désarmement – Démocratie – Réinsertion) en Côte d’Ivoire où les milices pro Gbagbo sont réticentes au désarment, ce qui fait hausser le ton dans les rangs des Forces Nouvelles. La paix dans ce pays est donc compromise par le fait de ces miliciens.       

N. K. Agbényo

 
Face à la couardise de Suzanne Aho-Assouma  Les tradithérapeutes s’automoralisent

Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Face à la couardise de la Ministre de la Santé d’assainir le secteur, les tradithérapeutes ont pris le devant des choses. Ils ont pris des décisions courageuses qui bannissent les amalgames que certains petits malins de leur corporation traînent dans leurs sillages. 

            On ne verra donc plus des zozos quasi illettrés se parer des titres « Docteur » ou « Professeur » parce qu’ils savent faire bouillir des écorces, des racines ou des feuilles de neem, tel que le leur avait appris leur grand père. On ne verra plus aussi des quidams brandir des bouteilles plastiques remplies de douteuses décoctions et breuvages aux couleurs suspectes à qui, ils prétendent des vertus miraculeuses, allant de la repousse des cheveux aux maux de ventre. On ne verra plus enfin et surtout des arnaqueuses présenter des fioles contenant des mixtures censées guérir le Sida.

            Décisions courageuses disions-nous donc puisque venant des concernés eux-mêmes. Il y en avait beaucoup qui s’enorgueillissaient de ces titres du haut de leur complexe. Mais, c’est fini et c’est à saluer et aussi à comprendre comme une grande humilité. Ce qui voudrait dire qu’il y a parmi les tradithérapeutes des bonnes consciences qui connaissent leurs limites.

            Tout ce qu’il y a à espérer maintenant est la création d’une structure de contrôle de leurs produits. Ce qui fait revenir la balle dans le camp des pouvoirs publics.

            Depuis le début de cette semaine, on ne voit plus ces fameux « docteurs » sur nos petits écrans mais de très sympathiques « Monsieur… » apparemment revenus à de meilleurs sentiments.     

B. Sek

 

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