AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
 

[ 178: du 7 Août 2006]

8 Août 2006

1 an  de gouvernement : L’autre bilan du PM Edem Kodjo
 
 

Un an déjà qu’Edem Kodjo a été sorti de son « retrait politique » par Faure Gnassingbé. Et le jeudi 3 août dernier, il avait fait sa parade : « bilan d’un an de gouvernement » l’avait-on appelée. Une parenthèse, beaucoup de grandes publications comme votre bihebdo Forum de la Semaine (l’emmerdeur, sic) n’avaient pas été convoquées. On n’a pas compris ce fâcheux oubli du service de communication de la Primature. Bref, passons !

Le PM Edem Kodjo s’était donc extasié sur les  « acquis » de ses douze mois de gestion. La conclusion, avait-il déclamé : « le fruit de tous ces efforts du gouvernement est d’avoir ramené en si peu de temps, si on se rappelle les violences post électorales, le calme et la paix  dans le pays ». Rien que ça !

Mais cela sonne faux. Edem Kodjo n’a pas tout dit, surtout les véritables problèmes qui minent le pays et dont il ne s’embarrasse point.

- Un bilan taillé sur mesure
Le PM Edem Kodjo a énuméré des points cruciaux sur lesquels il a épilogué, comme à son habitude, sans toucher le fond du particulier cas d’école Togo.

D’abord sur la réconciliation nationale, il n’y avait eu que cette redite redondante de grandes proclamations de foi.  Mais alors après les violences d’avril 2005, personne n’a vu un Edem Kodjo ni son patron aller réconforter les pauvres habitants des quartiers Bè, Baguida Kpogan ou des villes d’Atakpamé, Anèho… que les miliciens du RPT appuyés par des éléments de l’armée ont violentés. La fameuse réconciliation nationale devrait venir en fait de là. Les Togolais ne sont pas des bêtes de somme ou comme du bétail qu’on peut bastonner et tuer sans retenue. Aujourd’hui des familles entières sont meurtries au plus profond de leur chair. Parce qu’elles avaient voulu dire non à la dictature, à la fraude électorale, à la monarchisation de la République.

Sur la question des réfugiés, Edem Kodjo avait sorti des chiffres mirobolants sur le nombre de retour, applaudissant même la prochaine fermeture du camp de Comé au Bénin. Mais par contre, il était muet sur les tristes événements d’Agamé, un autre drame qui avait assailli nos compatriotes réfugiés.

Edem Kodjo avait aussi applaudi à tout rompre la « Commission Dosseh-Anyron » chargée de la réhabilitation de l’histoire du Togo mais qui avait plutôt procédé à des replâtrages en donnant des qualificatifs farfelus aux acteurs politiques d’avant l’ère Faure Gnassingbé, inversant les rôles des uns et des autres, semant encore un peu plus le flou dans l’histoire événementielle du Togo.

Sur la « Commission Koffigoh » chargée de faire la lumière sur les violences survenues après la mort du Gal. Eyadema en Février 2005, il a carrément affiché un grand cynisme : « le gouvernement a pris l’engagement de faire en sorte que ces événements ne se reproduisent plus. Il entreprendra toutes les initiatives nécessaires à ce sujet ». Que de mots ! Cela fait plus d’un an que les auteurs, connus de tous, continuent par vivre heureux, sans souci et sans inquiétude.

Edem Kodjo s’auréole aussi du recrutement de 615 agents de police et de 750 nouveaux gendarmes. Il nous souvient que certains confrères avaient écrit à l’époque que c’est par voie de presse qu’il avait su que son ministre (sic) recrutait dans la police. Le recrutement même avait été fait sur fond de tribalisme. Harry Olympio du RSDD avait dénoncé la mise à l’écart  savamment orchestrée des jeunes du Sud au profit de ceux du Nord. Ce qui avait aussi surpris est que le PM n’avait fait mention des 1700 nouveaux enseignants absorbés par la Fonction publique par rapport aux milliers de diplômés réduits, de guerre lasse, au Zémidjan. En plus, il avait fait cas de la réintégration de 8.212 enseignants auxiliaires de l’Enseignement général et technique ayant accompli au moins 5 années d’ancienneté. Il s’était tout simplement agi d’une « réintégration » des pauvres diplômés déjà usés par le Projet PAGED et autres. Beaucoup sont déjà à la préretraite. Les autres secteurs n’ont pas eu la même chance : zéro. Au Togo, il faut être « sodja » ou « tchitcha ». Or le problème au Togo est que la masse laissée à la traîne est plus importante que cette infime partie trompe-l’œil engagée. Sur un tout autre plan, contrairement aux déclarations du PM, c’est maintenant que le grand banditisme s’est accru au Togo. Des hordes d’escrocs nigérians se sont rabattues sur Lomé où ils opèrent en toute tranquillité dans la cyber-escroquerie, les braquages et autres magouilles. Depuis le début de cette année, les habitants d’Agoè-Nyivé, d’Attiégou, de Baguida ne savent plus où donner de la tête. Et ce n’est pas parce qu’ils ne sonnent pas les numéros de police secours.  Les préposés à la sécurité des populations n’ont pas les moyens. Il faut voir les vieilles guimbardes de la police et de la gendarmerie…

- Une complaisance suicidaire
Edem Kodjo, avait blablaté sur le budget, la construction de routes, de lycées et d’autres sornettes à faire dormir debout : « construction et réhabilitation de 474 salles de classe dans
la Région de la Kara, 13 nouveaux lycées repartis dans les six Directions Régionales de l’Education ». Soit ! On espère seulement que le Lycée de Okou sur les montagnes de Badou en a aussi bénéficié pour changer des apatams qui servent de salles de classes et aussi cette école primaire d’Akparé (Ogou) dont le toit avait décapité un malheureux élève. Mais aucun mot sur le Port Autonome de Lomé pris en otage par la mafia libanaise et le fameux groupe PROGOSA. Edem Kodjo avait aussi oublié qu’en moins d’un an, le prix du carburant avait connu deux hausses successives et que surtout le panier de la ménagère est vide à cause de l’inflation galopante. Il n’avait dit mot sur le racket des militaires, gendarmes, policiers et même des marins (Rond point du PAL) postés au check points. Il ne s’était pas aussi souvenu de sa promesse non tenue de subvention à la presse privée.

- un an sans production
C’est à croire que l’Etat togolais ne produit pas. En aucun moment, Edem Kodjo n’avait fait cas de bénéfice à mettre à son actif. Au contraire, il avait aligné des aides et des donations de diverses institutions telles l’UE (décaissement de 35,6 millions d’euros du 6e FED), de pays comme l’Italie (30 tracteurs), l’Iran (engrais agricoles) entre autres. Au contraire, Edem Kodjo applaudit les incessants voyages - gouffres financiers de son patron qu’il assimile à une « diplomatie active » qualifiée d’«indispensable » et  plus loin d’« absolument indispensable ». Qu’est-ce que son patron ramène aux pauvres contribuables ? Edem Kodjo ne le dit pas. C’est le défunt Sékou Touré de Guinée qui retournerait dans sa tombe, lui qui ressassait aux dirigeants africains de ne jamais quémander.

- L’affaire FTF
Le même Edem Kodjo qui avait fait des Eperviers un fond politique s’était pernicieusement tu sur les agitations actuelles qui secouent la FTF. Rock Gnassingbé, l’autre fils du père en fait à sa tête et le PM n’a pas cru bon d’afficher la position du gouvernement. Il avait tout simplement répondu à l’insistance d’un confrère qui lui avait fait remarquer que le problème se réglera de lui-même. Cela s’appelle fuite de responsabilité ou complaisance surtout qu’on retrouve une éminence grise de son parti, la CPP mêlée à la navigation à vue actuelle que fait le président de la FTF. M. Godfried Ekué, expert de la FIFA, ancien directeur de cabinet et tête à penser d’Edem Kodjo a pris le parti de Rock Gnassingbé.

- L’affaire Dimas Dzikodo
Cela fera bientôt un an (le 9 octobre) que Dimas Dzikodo, le Directeur de publication du bihebdomadaire Forum de
la Semaine a échappé à un lâche assassinat. Edem Kodjo qu’on dit grand démocrate n’a jamais condamné cet acte barbare. Encore ici, les auteurs connus (des organisations de défense des libertés et des droits de l’homme ont mené des investigations concluantes et n’attendent que celles de la police nationale) courent les rues en toute impunité.

B.Sek

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved