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Un
an déjà qu’Edem Kodjo a été sorti de son « retrait
politique » par Faure Gnassingbé. Et le jeudi 3
août dernier, il avait fait sa parade : « bilan
d’un an de gouvernement » l’avait-on appelée.
Une parenthèse, beaucoup de grandes publications
comme votre bihebdo Forum de
la
Semaine
(l’emmerdeur, sic) n’avaient pas été convoquées. On
n’a pas compris ce fâcheux oubli du service de
communication de la Primature. Bref, passons !
Le PM Edem Kodjo s’était donc extasié sur les
« acquis » de ses douze mois de gestion. La
conclusion, avait-il déclamé : « le fruit de tous
ces efforts du gouvernement est d’avoir ramené en si
peu de temps, si on se rappelle les violences post
électorales, le calme et la paix dans le pays ».
Rien que ça !
Mais cela sonne faux. Edem Kodjo n’a pas tout
dit, surtout les véritables problèmes qui minent le
pays et dont il ne s’embarrasse point.
-
Un bilan taillé sur mesure
Le PM Edem Kodjo a énuméré des points cruciaux
sur lesquels il a épilogué, comme à son habitude,
sans toucher le fond du particulier cas d’école
Togo.
D’abord sur la réconciliation nationale, il n’y
avait eu que cette redite redondante de grandes
proclamations de foi. Mais alors après les
violences d’avril 2005, personne n’a vu un Edem
Kodjo ni son patron aller réconforter les pauvres
habitants des quartiers Bè, Baguida Kpogan ou des
villes d’Atakpamé, Anèho… que les miliciens du RPT
appuyés par des éléments de l’armée ont violentés.
La fameuse réconciliation nationale devrait venir en
fait de là. Les Togolais ne sont pas des bêtes de
somme ou comme du bétail qu’on peut bastonner et
tuer sans retenue. Aujourd’hui des familles entières
sont meurtries au plus profond de leur chair. Parce
qu’elles avaient voulu dire non à la dictature, à la
fraude électorale, à la monarchisation de la
République.
Sur la question des réfugiés, Edem Kodjo avait
sorti des chiffres mirobolants sur le nombre de
retour, applaudissant même la prochaine fermeture du
camp de Comé au Bénin. Mais par contre, il était
muet sur les tristes événements d’Agamé, un autre
drame qui avait assailli nos compatriotes réfugiés.
Edem Kodjo avait aussi applaudi à tout rompre la
« Commission Dosseh-Anyron » chargée de la
réhabilitation de l’histoire du Togo mais qui avait
plutôt procédé à des replâtrages en donnant des
qualificatifs farfelus aux acteurs politiques
d’avant l’ère Faure Gnassingbé, inversant les rôles
des uns et des autres, semant encore un peu plus le
flou dans l’histoire événementielle du Togo.
Sur la « Commission Koffigoh » chargée de
faire la lumière sur les violences survenues après
la mort du Gal. Eyadema en Février 2005, il a
carrément affiché un grand cynisme : « le
gouvernement a pris l’engagement de faire en sorte
que ces événements ne se reproduisent plus. Il
entreprendra toutes les initiatives nécessaires à ce
sujet ». Que de mots ! Cela fait plus d’un an
que les auteurs, connus de tous, continuent par
vivre heureux, sans souci et sans inquiétude.
Edem Kodjo s’auréole aussi du recrutement de 615
agents de police et de 750 nouveaux gendarmes. Il
nous souvient que certains confrères avaient écrit à
l’époque que c’est par voie de presse qu’il avait su
que son ministre (sic) recrutait dans la police. Le
recrutement même avait été fait sur fond de
tribalisme. Harry Olympio du RSDD avait dénoncé la
mise à l’écart savamment orchestrée des jeunes du
Sud au profit de ceux du Nord. Ce qui avait aussi
surpris est que le PM n’avait fait mention des 1700
nouveaux enseignants absorbés par la Fonction
publique par rapport aux milliers de diplômés
réduits, de guerre lasse, au Zémidjan. En plus, il
avait fait cas de la réintégration de 8.212
enseignants auxiliaires de l’Enseignement général et
technique ayant accompli au moins 5 années
d’ancienneté. Il s’était tout simplement agi d’une
« réintégration » des pauvres diplômés déjà
usés par le Projet PAGED et autres. Beaucoup sont
déjà à la préretraite. Les autres secteurs n’ont pas
eu la même chance : zéro. Au Togo, il faut être « sodja »
ou « tchitcha ». Or le problème au Togo est
que la masse laissée à la traîne est plus importante
que cette infime partie trompe-l’œil engagée. Sur un
tout autre plan, contrairement aux déclarations du
PM, c’est maintenant que le grand banditisme s’est
accru au Togo. Des hordes d’escrocs nigérians se
sont rabattues sur Lomé où ils opèrent en toute
tranquillité dans la cyber-escroquerie, les
braquages et autres magouilles. Depuis le début de
cette année, les habitants d’Agoè-Nyivé, d’Attiégou,
de Baguida ne savent plus où donner de la tête. Et
ce n’est pas parce qu’ils ne sonnent pas les numéros
de police secours. Les préposés à la sécurité des
populations n’ont pas les moyens. Il faut voir les
vieilles guimbardes de la police et de la
gendarmerie…
- Une complaisance suicidaire
Edem Kodjo, avait blablaté sur le budget, la
construction de routes, de lycées et d’autres
sornettes à faire dormir debout : « construction
et réhabilitation de 474 salles de classe dans
la
Région de la Kara, 13 nouveaux lycées repartis dans
les six Directions Régionales de l’Education ».
Soit ! On espère seulement que le Lycée de Okou sur
les montagnes de Badou en a aussi bénéficié pour
changer des apatams qui servent de salles de classes
et aussi cette école primaire d’Akparé (Ogou) dont
le toit avait décapité un malheureux élève. Mais
aucun mot sur le Port Autonome de Lomé pris en otage
par la mafia libanaise et le fameux groupe PROGOSA.
Edem Kodjo avait aussi oublié qu’en moins d’un an,
le prix du carburant avait connu deux hausses
successives et que surtout le panier de la ménagère
est vide à cause de l’inflation galopante. Il
n’avait dit mot sur le racket des militaires,
gendarmes, policiers et même des marins (Rond point
du PAL) postés au check points. Il ne s’était pas
aussi souvenu de sa promesse non tenue de subvention
à la presse privée.
- un an sans production
C’est à croire que l’Etat togolais ne produit pas.
En aucun moment, Edem Kodjo n’avait fait cas de
bénéfice à mettre à son actif. Au contraire, il
avait aligné des aides et des donations de diverses
institutions telles l’UE (décaissement de 35,6
millions d’euros du 6e FED),
de pays comme l’Italie (30 tracteurs), l’Iran
(engrais agricoles) entre autres. Au contraire, Edem
Kodjo applaudit les incessants voyages - gouffres
financiers de son patron qu’il assimile à une « diplomatie
active » qualifiée d’«indispensable » et
plus loin d’« absolument indispensable ».
Qu’est-ce que son patron ramène aux pauvres
contribuables ? Edem Kodjo ne le dit pas. C’est le
défunt Sékou Touré de Guinée qui retournerait dans
sa tombe, lui qui ressassait aux dirigeants
africains de ne jamais quémander.
- L’affaire FTF
Le même Edem Kodjo qui avait fait des Eperviers un
fond politique s’était pernicieusement tu sur les
agitations actuelles qui secouent la FTF. Rock
Gnassingbé, l’autre fils du père en fait à sa tête
et le PM n’a pas cru bon d’afficher la position du
gouvernement. Il avait tout simplement répondu à
l’insistance d’un confrère qui lui avait fait
remarquer que le problème se réglera de lui-même.
Cela s’appelle fuite de responsabilité ou
complaisance surtout qu’on retrouve une éminence
grise de son parti, la CPP mêlée à la navigation à
vue actuelle que fait le président de la FTF. M.
Godfried Ekué, expert de la FIFA, ancien directeur
de cabinet et tête à penser d’Edem Kodjo a pris le
parti de Rock Gnassingbé.
- L’affaire Dimas Dzikodo
Cela fera bientôt un an (le 9 octobre) que Dimas
Dzikodo, le Directeur de publication du
bihebdomadaire Forum de
la
Semaine
a échappé à un lâche assassinat. Edem Kodjo qu’on
dit grand démocrate n’a jamais condamné cet acte
barbare. Encore ici, les auteurs connus (des
organisations de défense des libertés et des droits
de l’homme ont mené des investigations concluantes
et n’attendent que celles de la police nationale)
courent les rues en toute impunité.
B.Sek |