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31  juillet 2006

 

[ 176: du 31 juillet 2006]  
Révélation : Blaise Compaoré serait  un choix de la France
 
 

L’unanimité qui a régné autour de la désignation de Blaise Compaoré par le Dialogue national comme « Facilitateur » a surpris plus d’un d’autant plus que l’homme n’a jamais affiché une neutralité dans la crise togolaise mais plutôt ne s’empêche pas de prendre position pour Faure Gnassingbé.

Tout le monde sait aussi que depuis la mort du Général Eyadema, et le changement démocratique qui s’opère en Afrique de l’Ouest, seul Blaise Compaoré demeure le pion-jocker de la « Chiraquie » dans la zone. C’est pour cela que la France aurait tout fait pour que la facilitation échoit à son « produit » le plus sûr afin de faire pencher la balance de son côté, et du côté du RPT.

Cette intervention du Président national  de l’Union des Forces de Changement Gilchrist Olympio en dit long sur la question, parlant de la proposition de Lakhdar Brahimi comme médiateur par Kofi Annan : « Il (Louis Michel) a accepté mais son nom a été rejeté par le gouvernement en place, disait-il. Ils ont voulu que si M. Brahimi est nommé, qu’il y ait quelqu’un en Afrique Francophone pour le seconder. Ils ont encore avancé le nom de Moustapha Niasse que M. Brahimi a rejeté. La position en général de M. Louis Michel, c’est que ce Médiateur doit être africain et Francophone par-dessus tout. Ceci m’a été aussi répété par M. Diouf, le Président de la Francophonie. J’ai porté à l’attention de M. Louis Michel que M. Brahimi est Africain puisqu’il est Algérien. Et puis, il est francophone également. C’est peut-être sa peau blanche qui gênait le Commissaire européen. Je le lui ai signifié ; il m’a dit qu’il ne veut pas de la provocation… » Sans commentaire. Mais, il ne sera pas inutile de rappeler qu’en réalité, la récusation de Lakhdar Brahimi n’a rien à voir avec la couleur de sa peau. Il s’agit tout simplement du fait que ce dernier n’est pas « un produit » français, prêt à faire le jeu de béni-oui-oui  à la française. Compaoré est tout trouvé, n’est-ce pas ? L’avenir nous situera !                  

F.S

 
« Accord Politique de Base » ou « Arrangement politique pour aller aux élections » ?

Depuis que les présentes assises ont débuté le 21 avril dernier et la phase de recherche de solutions enclenchée, le pouvoir ne cesse de s’attribuer la paternité de l’ « avancée des travaux » et les différentes versions d’accord connues. A chaque pallier franchi, le régime en fait une récupération systématique, s’estimant avoir fait la concession nécessaire. Le fameux « Accord Politique de Base » qui suscite autant d’enthousiasme au RPT a-t-il vraiment quelque chose d’accord qui puisse faire sortir de la crise sociopolitique pluri décennale qui, comme un cancer, ronge les Togolais ?

Absolument pas ! Car il subsiste d’énormes divergences sur les questions fondamentales : la réforme de la constitution, la composition de
la CENI, la réforme de l’armée… C’est ici que devrait se révéler la volonté de concession du pouvoir mais il n’en est rien. En l’état, la composition inégalitaire de la CENI ne fera que renforcer la mainmise du RPT sur l’issue des différentes consultations électorales qui s’organiseront au Togo. La Constitution en l’état, si elle n’est pas réformée pour la débarrasser des mesures discriminatoires, pour renforcer les prérogatives du Premier ministre, ce sera le statu quo quels que soient les compétences et le charisme de ce dernier. Sans réflexion sérieuse sur le rôle de l’Armée, elle ne s’empêchera pas de s’immiscer dans les débats politiques pour porter allégeance au régime en place. C’est justement sur ces thèmes que toute la réticence du pouvoir est manifeste de par son réflexe à vouloir remettre à étude à des « commissions » dont la composition en personnes ressources sera une autre paire de manches.

Le paraphe de l’ « Accord Politique de Base » ne s’inscrit nullement dans une dynamique de résolution définitive de la crise, vu les conditions dans lesquelles l’opération a été effectuée. Ce n’était autre chose qu’un passage en force car n’ayant pas recueilli l’adhésion de toutes les parties. Ce document n’a rien d’ « accord » et encore moins « de base » puisque comportant encore assez de divergences. C’est plutôt, comme le dit si bien le sieur Atsutsè Agbobli, politologue historien de son état, « un arrangement politique pour aller aux élections » législatives, mieux encore, un pacte auquel ont souscrit, non seulement le RPT et ses traditionnels alliés, mais surtout le CAR et les associations de la société civile. A preuve, toutes les « micro concessions » faites ne le sont que « dans l’optique des prochaines élections législatives ». Cela ne saurait être autrement quand on sait que le régime avait une feuille de route à respecter vis-à-vis de l’Union européenne : organiser des élections législatives claires et transparentes pour la reprise complète de sa coopération avec le Togo. C’était d’ailleurs la finalité des 22 engagements souscrits en avril 2004 à Bruxelles par le gouvernement d’alors.

Si la volonté d’alternance était manifeste, pourquoi le RPT avait-il récusé Lakhdar Brahimi proposé comme médiateur par le Secrétaire Général de l’ONU et opposé un refus catégorique à la proposition de l’UFC le mardi 25 juillet dernier, pour la désignation de Blaise Compaoré comme facilitateur, de le prendre comme substitut à ce dernier ? Pourquoi le RPT n’avait-il pas proposé de nom ? Etait-ce à dessein pour faire traîner au maximum les discussions ? Autant de questionnements qui remettent en cause le sérieux de ce régime à contribuer au dénouement de la crise.

N. K. Agbényo

 
Les faux combats de Suzanne Aho
Selon toute vraisemblance, Mme la ministre de la Santé fait beaucoup de bruit pour rien. C’est vrai qu’on la voit tous les jours que le bon Dieu fait sur le terrain mais pour quel résultat?

Il y a mieux à faire contre  les « kpayo »
Mme Aho mène une lutte infernale contre les pharmacies ambulantes installées de par et d’autres dans la capitale. Une initiative louable, fort appréciée compte tenu des dangers de toxicité des effets secondaires néfastes que certains de ces produits occasionnent aux consommateurs. Comme l’a montré la TVT la semaine passée, certaines revendeuses à l’étage du Grand marché se sont érigées illégalement en pharmaciennes diplômées et vendent toutes les spécialités pharmaceutiques à bons prix.

Activarol, Tothema – Arphos B12 Cenam etc, tout y passe, créant une rivalité déloyale avec les vraies pharmacies. Cette concurrence influence défavorablement les pharmacies qui ont vu leurs chiffres d’affaires réduits depuis des années, en plus des taxes et des impôts qu’ils payent régulièrement en fin d’année !

La question que l’on se pose c’est de savoir où les revendeuses se ravitaillent en spécialités pharmaceutiques.  C’est cette source que Mme
la Ministre doit dénicher et commencer sa répression en aval et amont au niveau des vendeurs.

En ce qui concerne les autres produits vendus dans tous les coins de la capitale, ne serait-il pas mieux qu’on présente sur les médias un taux de statistique de mortalité par tranche d’âge et par année et les cas de malformations démontrées pour ces produits (concernés) en cause ? Ce schéma aidera la population à mieux s’imprégner de la situation.

Comme récemment à
la TVT, l’équipe chirurgicale de gynéco de l’hôpital Secondaire de Bè a exposé un volumineux fibrome opéré, suivi de débat défiant les publicités mensongères des tradithérapeutes qui approuvent à cor et à cri que les fibromes se traitent par infusion de plantes etc… Cet exemple très illustratif a réjoui plus d’un et beaucoup souhaitent la rediffusion périodique de cette émission.

Une « armée de réserve » négligée
Par ailleurs, concernant les soi-disant cabinets sauvages dans les maisons, il serait aberrant et anormal à un infirmier ou assistant que les membres de sa famille ou ses amis le sollicitent de donner des soins à leurs enfants ou parents  que ces patriciens les renvoient au CHU ou  refusent de les traiter pour faute d’autorisation.

Beaucoup de gens ont choisi des infirmiers ou des assistants médicaux qui encadrent leur famille pour les soins de santé. On se demande si des infirmiers  ou assistants ne sont formés rien que pour les fonctions administratives ?

Récemment à Avépozo, un enfant de 12 ans s’est blessé  à la jambe suite à un accident de circulation à 23 heures et le sang coulait à flot. Les parents très affolés eurent recours à un infirmier du quartier qui l’a sauvé en suturant la plaie et procédé au pansement. Qu’est-ce qu’on peut reprocher a cet infirmier ? Aurait-il refusé de porter secours à cet enfant qui saignait pour faute d’installation légale ?

Les infirmiers et assistants que nous avons approchés témoignent qu’ils ne sont plus intégrés automatiquement dans la Fonction publique après leur sortie, qu’il faut  attendre le concours professionnel de recrutement et que depuis 5 ans, ils n’ont pas réussi à sortir de ce carcan et vieillissent sous le poids de l’age à la maison. Comment peuvent-ils alors assurer leur survie?

Selon les investigations, dans la sous-région (Bénin), les infirmiers d’Etat sortis et les retraités sont autorisés à ouvrir une infirmerie? Pourquoi ne peut-on pas leur accorder les mêmes avantages ici, en l’occurrence aux assistants médicaux ?

Mme
la Ministre devra revoir cette situation pour une solution d’approche, vu les nombreux services que rendent ces praticiens aux populations. Vaut mieux tard que jamais !

F.S

 
Crise dans le secteur des tissus « tchivi » au Togo  :  Les revendeuses menacent de prendre la rue

A côté, la guerre des étoiles, ce n’est vraiment plus grand-chose. Entre les revendeuses et revendeurs de tissus « tchivi » et les opérateurs économiques étrangers, plus rien ne va. La brouille est telle que les Togolais sont au bord de l’implosion, menacent de descendre dans la rue et de crier leur indignation, leur mécontentement dans les flots de quiétude et d’inaction du gouvernement. Le marché togolais ressemble fort à la Cour du roi Pétaud où n’importe quels opérateurs qu’ils s’appellent chinois, coréens, pakistanais, libanais, indous et même nigériens, pourvu qu’ils soient épaulés par quelques compatriotes, sèment le bordel. Dans notre dernier numéro, nous dénoncions cet état de chose du fait que l’ouverture des marchés nationaux à ces opérateurs économiques véreux ne rapporte rien à l’Etat mais contribue plus à la paupérisation des Togolais.

Le problème se pose aujourd’hui avec acuité dans le secteur des tissus tchivi. Faute d’un arsenal juridique réglementant l’importation des tissus sur le marché togolais, ces opérateurs bradent les pagnes au point que la concurrence déloyale ait atteint son summum.

Du jamais vu chez les Nanas Benz ! Le constat actuel est clair. Il y a plus de boutiques appartenant à des étrangers qui font un peu de tout. Certains vont jusqu’à créer leur société personnelle ou ils mettent en avant des Togolais qui ne sont en réalité que des épouvantails. Les revendeuses et revendeurs de tissu «tchivi» ne vendaient plus. Ils ont été supplées par ces opérateurs qui font le travail des fabricants, des grossistes et des détaillants. « Le système qu’ils utilisent est simple raconte une commerçante. Quand nous leur commandons des conteneurs avec nos propres motifs avec un accord sur les prix, non seulement ils reviennent avec les commandes avec beaucoup de retard, mais surtout, ils contrefont les mêmes commandes qu’ils déversent d’abord sur le marché à bas prix. Du coup quand nos tissus arrivent,  nous n’arrivons plus à les vendre. Car le tissu est presque dans toutes les familles ».

Pour madame Lydia Adanleté présidente de l’Union des Importateurs de textile et revendeuses et revendeurs du tissu tchivi (UNITEX-RTT), « Les revendeuses  et  revendeurs sont à bout de souffle car il leur est impossible d’aller prendre des conteneurs à des prix fixés par avant, de les dédouaner et de les revendre aux mêmes prix que ceux que font ces opérateurs ». « On ne peut pas acheter les pièces à 6.000 francs et les revendre au même prix. Mais c’est ce qui se fait actuellement et parfois, les revendeurs sont obligés de rabaisser le prix pour écouler les tissus, tout en sachant qu’ils ne rentreront pas dans leurs frais », ajoute-t-elle.

Pour trouver une solution au problème, les responsables de l’Union des importateurs de textile et revendeuses et revendeurs de tissu «tchivi» disent avoir rencontré le premier ministre Edem Kodjo pour lui poser le problème. « Le Premier Ministre nous a reçus il y a de cela quatre semaines. Il s’est montré attentif aux difficultés que nous rencontrons et a promis nous aider à les résoudre. Mais depuis ce temps, rien n’a été fait », a indiqué Mme Adanleté. Du côté du Ministère du Commerce, on estime que les dispositions sont en train d’être prises pour faire voter la loi sur l’importation des tissus. Mais pour les commerçantes et les commerçants les choses traînent trop. « Nombre de Togolais sont sur le point de fermer leur boutiques car on ne peut pas tout temps les harceler pour les impôts et qu’on ne leur donne pas les moyens de faire leur commerce », constate Mme Osséyi Adoudé, 1ère vice-présidente.

Non seulement ces opérateurs sont une plaie pour les revendeuses et revendeurs, mais aussi et surtout, ils ne contribuent pas à l’essor de l’économie togolaise. La plupart d’ailleurs n’ont pas de comptes dans les banques de la place. Ils préfèrent après leurs transactions recevoir leurs fonds en espèces qu’ils rapatrient dans leur pays sans investir ou épargner au Togo. « Les chinois, depuis des temps, ils ont une astuce. Ils n’ouvrent jamais de comptes dans les banques au Togo, raconte un opérateur nigérien installé au Togo. Que font-ils ? Ils peuvent par exemple importer de leur pays une dizaine de conteneurs de marchandises. Lorsque lesdits conteneurs arrivent à Lomé, ils ne s’empressent pas de les déclarer et les sortir du port pour venir les livrer aux grossistes qui sont au Grand Marché, ceci pour éviter de payer les différentes taxes et frais de douanes. Ils viennent nous voir et négocient avec nous. Nous acceptons de prendre les conteneurs un à un et il nous revient de les déclarer à nos propres frais. Ce qui nous avantage dans tout ceci, c’est que nous ne payons pas cash. Ils nous échelonnent le paiement sur plusieurs jours. Et, pour éviter, disent-ils d’être la cible des voleurs ou d’être obligés d’aller déposer ces fonds dans les banques togolaises, ils adoptent la stratégie suivante : ils peuvent te dire que chaque jour, ils viendront prendre un, deux ou trois millions jusqu’à remboursement total, sommes qu’ils peuvent aisément enfouir dans leurs poches et passer inaperçus. Et pour détourner les regards sur les fortunés qu’ils sont, ils arrivent et repartent sur leurs motos de manques chinoises. N’imaginez pas qu’ils garderont ces sous jusqu’au lendemain. Directement, ils se dirigent vers leur  ambassade où il y a un bureau de change. Ils échangent donc ces fonds dans les devises étrangères (dollar, Euro) qu’ils envoient sur le champ dans leur pays… C’est la même stratégie qu’adoptent les Libanais  qui n’ont de comptes qu’à
la SIAB, une banque continentale, pour éviter les banques locales ». Des pratiques illégales que confirme M. Claude Ayi Hyde, 2e vice président de l’UNITEX-RTT. Pour lui, le phénomène est tel que les douanes togolaises s’interrogent aujourd’hui sans pour autant aller au fond du dossier.

« Les Nanas Benz ne représentent plus aujourd’hui ce qu’elles étaient pour l’économie togolaise dans le temps. Leurs affaires ne marchent plus. Parce qu’il  n’y a pas de loi qui protège leur commerce. Et c’est véritablement un grand danger pour l’économie togolaise si les étrangers viennent s’enrichir au Togo sans être obligés d’y investir ni être imposés », souligne M. Claude Ayi Hyde.

En réalité si le problème a pris de l’ampleur au Togo, c’est bien parce que le Bénin et le Ghana protègent juridiquement leurs citoyens. « Il n’est pas facile pour un Togolais d’aller faire son commerce au Bénin ou au Ghana. Leurs lois vous découragent. C’est le contraire ici. C’est pourquoi tous ces étrangers qui se sont vu refuser de telles pratiques dans ces pays sont venus s’installer au Togo », insiste-t-il.

Aujourd’hui, il est urgent que l’Etat togolais mette fin à ce laisser-aller car la tension monte au Grand Marché de Lomé et les revendeuses et revendeurs menacent d’entreprendre une série d’actions pour se faire entendre.


« Jusqu’à maintenant, nous avons réussi à les contenir, à leur demander de prendre leur mal en patience. Mais il faut que nos gouvernants réagissent vite. Car il y va aussi de notre crédibilité, nous qui sommes leurs responsables »,
a précisé Mme Adanleté. « Nous estimons que les institutions du Togo sont en mesure de prendre de dispositions légales pour nous faciliter l’exercice de nos activités commerciales. L’Etat a l’obligation de défendre les intérêts de ses citoyens. Nous contribuons énormément pour le développement de notre pays. Il faut que nos gouvernants comprennent que nous n’avons autre patrie que le Togo. Quant aux opérateurs étrangers, ils font beaucoup de bénéfices sur le dos des Togolais qu’ils rapatrient sans investir un seul rond au Togo ».

La légèreté  avec laquelle les gouvernants traitent le dossier laisse libre cours aux soupçons de complicité entre certains opérateurs économiques étrangers et les hommes du pouvoir au Togo, qui pour leurs intérêts personnels empêchent ou ralentissent la prise des dispositions légales pour assainir et réglementer véritablement l’ouverture du marché togolais aux étrangers. Pendant ce temps l’économie se meurt. Ses bras valides aussi. C’est sans importance.

Tété GAGNON A.

 

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