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[ 176: du 31 juillet 2006]

31  juillet 2006

Intox ou devoir de vérité : Une lettre anonyme qui révèle les petits secrets de la Cour de Lomé 2

Cela avait surpris toute la rédaction de « Forum de la Semaine » à la réception de cette lettre assez surprenante que naïve, écrite dans un français très approximatif, qu’un ancien membre de la Garde présidentielle (c’est comme cela qu’il se présente) ait choisi le canal de notre e-mail pour nous mettre dans ce qui serait pour lui, c’est plus que probable, un lourd secret. Bien sûr, n’importe quel plaisantin peut se payer notre tête en envoyant au journal une telle lettre. Ce n’est pas exclu ! Mais dans tous les cas, ce fameux « droit de réponse » signé des sigles « K.T » et qui nous a été posté de l’adresse.

« abalokpatcha@yahoo.fr » est assez intriguant et n’a pas manqué de donner un coup à notre curiosité journalistique. Nous avons donc pris sur nous de le faire partager avec nos lecteurs en attendant le feed-back pour nous fixer réellement sur l’intention de son auteur. Il y a de quoi, surtout qu’à la lecture, on se rend à l’évidence que l’auteur de ce droit de réponse dénonce cette gangrène qui ronge la cour de Lomé 2 : le vol des mauvais génies, ceux qui se font appeler pompeusement « BARONS », ceux que le bon peuple qualifient de vautours qui fourvoyaient le défunt Gal. Eyadema dont certains ont pu survivre à la fameuse « catastrophe nationale du 05 février 2005 » et continuent d’officier aux côtés de son héritier Faure Gnassingbé.

Dans le cas d’espèce, un nom de sinistre renommé apparaît sur chaque ligne : Koffi Panou. Il n’est plus de ce monde, hélas. Mais que ce nom rappelle de douloureux souvenirs aux Togolais, citoyens anonymes que collègues journalistes de la TVT puis après ministres. Il était à l’époque la personnification du griotisme tous azimuts. Il savait par où prendre le feu Gal. Eyadema et était devenu un « super » ministre qui empiétait sur le domaine des autres. Il était craint à cause de sa propension à rapporter, mêmes les détails les plus insignifiants sur ses collègues ministres, à son maître Eyadema.

Notre fameux « droit de réponse » le mêle à une abracadabrante histoire dont seule la cour de Lomé 2 a le secret. Lecture !

 
 

Bonjour Monsieur le directeur de la publication,

Je ne parle pas bien le français alors j’ai demandé à un ami de m’aider à vous écrire. Ne vous gênez pas de corriger les fautes avant de publier mon droit de réponse.  Je faisais parti de la garde présidentielle de notre ancien chef de l’Etat le général Eyadema Gnassingbé. Aujourd’hui je viens pour un droit de réponse concernant trois articles que j’ai lu dans certains journaux. C’est avec un grand intérêt que j’ai lu ces articles intitulés:

1) Le schéma  1+3 peut-il payer ? du journal Golfe info du  lundi 03 juillet 2006 N° 121. –

2) L’interview de Mey Gnassingbé.

3) le débat du lieutenant colonel Rock Gnassingbé sur la TVT.

Je veux juste dire aux enfants de notre ancien président de ne pas se laisser induit en erreur par les proches de l’entourage du président Faure Gnassingbé.

Le jeune Mey Gnassingbé n’a pas trahi ou sali la mémoire de son père, le général Eyadema. Non il ne l’a pas fait. Il a tout simplement dire la vérité.

Je suis soumis au droit de silence vu le poste que j’occupais auprès de leur père en temps que membre de la garde présidentielle. Mais aujourd’hui, j’ai décidé de soulever le voile un tout petit peu, sur un événement qui s’était produit  dans le temps, plus précisément en 1987.

En 1987 Le feu général Eyadema  m’avait envoyé en mission avec Monsieur Koffi Panou  pour chercher une jeune fille à Agbalépédogan.

Sur le chemin faisant, M. Panou me disait que cette jeune fille en question était trop imbu de sa personne et qu’elle se prenait pour Miss Monde, qu’elle regardait les gens d’en haut et qu’elle va payer l’affront qu’elle lui (Koffi Panou) avait fait subi dans sa maison devant sa mère et ensuite à la présidence. Une fois devant la maison de la jeune fille, Monsieur Panou est retourné tout en  nous laissant le nom de la jeune fille sur un bout de papier. Mademoiselle Beouti Affi  Mawussi Kpégba-Dumahassi. Nous avons trouvé des trois jeunes garçons plus une fillette et finalement mademoiselle Beouti. Je me rappelle son étonnement lorsqu’elle avait vu la voiture devant et nous lui avons dit que le président demandait sa présence.  Elle nous avait fait savoir de lui donner quelques minutes le temps de parler à sa mère.

L’image qui m’est restée c’était l’image d’une femme qui demandait à sa fille « Beouti, tu vas me tuer, qu’est-ce que tu as fais pour que le président Eyadema te demande? Qu’est-ce que ma fille a fait monsieur ...»

Nous avons amené la jeune fille au feu président Eyadema. Après quelques minutes, le président nous a dit de raccompagner la fille.  La deuxième fois,  nous sommes partis la chercher et le même scénario. Après quelques minutes le feu président Eyadema nous a dit de la raccompagner mais cette fois-ci visiblement le général était en colère. Ce fut la dernière fois où je voyais cette jeune fille. Deux semaines après, lorsque nous sommes repartis l’on nous faisait savoir qu’elle n’était plus là et qu’elle avait quitté la maison.

Quelques mois plus tard, Monsieur Panou est venue me voir pour me demander de lui trouver un policier qui peut l’aider à localiser la jeune fille Beouti, car il aurait appris que c’est le Père Gnakou de danyi qui l’avait aidé en l’envoyant à l’église catholique au Sénégal et qu’ils (Koffi Panou et P. T.) avaient essayé de la nuire au Sénégal  en 1989 mais qu’elle avait réussi à quitter le pays. Je lui promis que je ferai ce qu’il voudra mais il va falloir qu’il me dise tout. C’est  là où Koffi Panou m’avait fait comprendre que la jeune fille Beouti était venue faire son stage à la télévision et que lui, Panou voulait sortir avec elle et elle avait refusée. Et malgré tout ce qu’il pouvait lui offrir,  une carrière à la télévision, elle lui avait lancé au visage, qu’elle aimait une autre personne qui est un homme de tenue  un gendarme. Selon Koffi Panou, il avait déchiré le contrat qu’il avait signé avec elle pour son stage croyant que Beouti allait cédé à ses avances mais elle a préférée aller à la radio. Et un jour après avoir tout essayer en vain, il avait monté une histoire avec Togo gaz afin de la détruire complètement mais, une fois encore, elle s’en est sorti malgré qu’un de ses amis à lui à l’époque directeur de cabinet du ministre de la communication avait essayé de ridiculiser Beouti devant l’ancien ministre Amegbo.

En fait de compte, il a trouvé le moyen de la punir en allant dire au général Eyadema qu’il y a une jeune fille très jolie en stage chez lui et qu’il voulait lui présenter. C’est ainsi que nous avions été chez la fille Beouti à Agbalépédogan pour l’amener chez le feu président. une semaine après il me remettait 1.000.000 pour mon ami afin qu’il aille au Sénégal faire des enquêtes pour retrouver Beouti car selon Koffi Panou, Le feu président Eyadema lui aurait dit que Beouti  était  enceinte d’un gendarme et que le feu genreral Eyadema aurait demandé d’aller se faire avorter. J’ai pris les 1.000.000 de M Panou je les ai partagé avec un ami policier qui a pris son congé mais pour les passer à Lomé. Car une fois, je suis parti dans la maison de Beouti en se  faisant passer pour un de ses amis, sa mère m’avait parlé de sa fille tout en pleurant car elle me disait qu’elle ne savait pas ce qu’elle est devenue sa fille ainsi que ses petits enfants. Elle m’avait dit comme Beouti s’occupait d’elle et de ses frères.  Devant une femme malheureuse en larme, j’ai décidée de ne plus jouer le jeu de Koffi Panou. C’est ainsi que l’occasion s’était offerte pour moi de parler avec le feu général Eyadema. Je lui ai parlé de Beouti et l’à, j’ai compris que Koffi Panou voulait se venger de la jeune fille car il n’avait pas réussi à coucher avec elle. Et que tout ce qu’il faisait  ce n’était pas sur l’ordre du général mais sur son propre chef

Je veux profiter de ce droit de réponse pour demander pardon à  la mère  ainsi qu’à la famille de Beouti. Je leur présente toutes mes excuses car j’avais participé à ce coup qui avait détruire la vie de leur jeune fille de 21 ou 22 ans à l’époque. Je veux qu’il sache que le feu général Eyadema n’était pas un modèle mais son entourage est pire que lui. Et que tout était la faute de Koffi Panou car Dieu avait donné une beauté à leur fille. Je ne sais pas s’ils ont des nouvelles de leur fille Beouti si c’est le cas, et si elle vit encore, alors j’aimerais qu’on lui présente mes excuses. Je suis vraiment désolé pour tout.

Le jeune Mey Gnassingbé n’a pas sali la mémoire de son père en parlant des mauvais agissements de l’entourage de leur défunt père. Il n’a fait que dire la vérité. Aujourd’hui, P.T. est encore au côté de Faure alors qu’il avait participé à ce coup tordu, inhumain et impitoyable de Koffi Panou.

Je veux juste dire que dans la vie, il y a des moments où l’on doit prendre conscience et dire tout haut ce que les gens disent tout  bas même si c’est tard. Car l’essentiel c’est d’ose reconnaître ses erreurs ou les erreurs de ses proches, et c’est ce que le jeune Mey Gnassingbé à fait et c’est pourquoi  moi aussi, aujourd’hui je le fais même si c’est trop tard. Car une jeune fille est à l’exil forcé à cause de son intégrité et de sa dignité, car elle avait osée dire non à Koffi Panou qui pour se venger l’avait envoyée au feu Général Eyadema et là aussi elle avait osée dire non car elle en aimait un autre et elle était enceinte de lui. Cet autre qui n’est autre que son pauvre gendarme.

A cause de mon appartenance à l’armée, je ne peux pas vous donner mon vrai nom. Je sais que certains journaux ne vont pas publier mon droit de réponse car ils appartiennent à certains proches du pouvoir.

Il est temps que le Togo se réveille et que l’entourage de nos dirigeants arrête détruire les enfants de ce cher pays. Pour la mémoire du feu général, Eyadema Gnassingbé je dois le faire.

K. T.

 

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