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Invité de la semaine dimanche sur la Télévision
Togolaise
(TVT) pour évoquer le bilan de la participation
togolaise au Mondial allemand qui s’est achevé hier,
le Lieutenant Colonel Rock Balakyèm Gnassingbé n’a
pas apporté grand-chose pour véritablement éclairer
la lanterne des sportifs togolais. Le moins que l’on
puisse dire, c’est que le président de
la
Fédération togolaise de football a été évasif,
manquant véritablement d’arguments pour expliquer
comment le psychodrame de Wangen im Allgau s’est
produit. Disons que Rock Gnassingbé a traité à la
légère la crise née de la participation à la Coupe
du monde en avançant l’argument selon lequel cette
participation a été une expérience et que les
erreurs ne se répèteront plus. Cela, c’est du déjà
entendu. On n’avait pas senti un véritable acte de
contrition.
Interrogé sur les sanctions de la FTF contre le
Togo pour ses frasques en Allemagne, le président a
été vague déclarant que dans ce domaine, le Togo
n’est pas le premier à défrayer la chronique au
cours d’une phase finale de la Coupe du monde avant
de dire attendre ses sanctions. « On attend dans
les jours à venir la nature des sanctions qui seront
prises ». Cela dit, le président attend comme un
enfant docile les sanctions sans chercher à prendre
les devant afin d’éviter au Togo le pire, alors
qu’il a reconnu qu’il a été pour beaucoup dans cette
affaire. « Il y a eu faute. En tant que président
je me reproche d’avoir laissé ce problème
éclabousser au grand jour », a-t-il dit.
Mais le drame, c’est que le Lieutenant-colonel
se satisfait largement de la piètre prestation des
Eperviers, arguant que les joueurs se sont bien
comportés sur le pré et ont encaissé moins de buts.
Ce qui est largement suffisant. Il surprendra
toujours les Togolais.
Cela prouve que le président de la FTF est un
vrai minimaliste qui ne doit plus avoir sa place à
la tête du football togolais. D’ailleurs, il l’a
clairement exprimé : « Ce qui compte pour le
Togo, c’est d’être présent aux compétitions
internationales » assurait-il, faisant du coup
montre d’un manque de vision et d’objectif pour la
discipline qui l’a fait président. Alors que sous
d’autres cieux, le baron Pierre de Coubertin est
déjà oublié et le Togo regorge d’ailleurs des hommes
capables de relever ce défi.
Il est important que le président Rock
démissionne, car sa décision permettra au monde du
football togolais de se réconcilier avec lui-même.
« Tant que ce bureau sera là, le football
togolais sera toujours comme ça », avait déclaré
Adébayor Shéyi au plus fort de la crise à Wangen.
La dernière Coupe du monde a fait naître trop de
frustrations entre les joueurs et les dirigeants
qui ne peuvent plus travailler ensemble. Il urge que
pour l’intérêt du football les dirigeants actuels
laissent leur place à une nouvelle génération de
dirigeants plus expérimentés, plus professionnels.
Et en déclarant publiquement qu’il ne compte pas
céder aux menaces des joueurs de ne plus répondre
aux convocations, le Lt-Col Rock Gnassingbé a montré
ses limites. Car aujourd’hui, le football togolais
ne peut évoluer sans ses cadres expatriés puisque
lui-même a fait du championnat un truc ridicule dont
on ne peut se servir pour les hautes compétitions.
On ne peut éperdument se moquer de tout un peuple
éternellement.
Tété Gagnon A. |