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Forum de la semaine

2 juillet 2007]

[267 : 26 juin 2007]
Crash de Freetown : Doute autour de  la thèse de l’accident : D’après les officiels togolais : « … L’appareil a dû avoir une défaillance technique »

La nouvelle court depuis le début de la semaine, les résultats des enquêtes préliminaires sur le crash de l’hélicoptère transportant des officiels et des supporters togolais à Lungi ont été remis aux autorités. Et d’après les indiscrétions, ils concluent que le crash serait d’origine technique. Ces mêmes indiscrétions précisent que : « l’appareil a dû avoir une défaillance technique ». Une conclusion assez suspicieuse en somme.

*Des conclusions pas trop… sûres

Il n’y a rien à redire, les premières conclusions telles que rapportées ne sont pas de nature à calmer les esprits surtout qu’on est en présence aujourd’hui d’éléments qui peuvent prêter au doute. On a pu rassembler certains effets des malheureuses victimes éparpillés autour de l’épave de l’hélicoptère complètement consumé. Ce qui suppose que ce sont des objets qui se sont volatilisés sous l’effet du souffle de la détonation avant que le feu ne s’empare de l’hélicoptère.

Remarque : il y avait donc eu une première explosion au vol. Comme l’ont dit toutes les sources. Mais qu’est-ce qui a donc provoqué l’explosion ? Se rabattre sur une « défaillance technique » est une piste comme tant d’autres. Un hélicoptère ne carbure quand même pas à un « produit explosif » pour se limiter à cette simple hypothèse. Qu’est-ce qui a donc fait « exploser » l’hélicoptère avant qu’il ne touche le sol et se consumer ? Selon les témoignages confirmés par le rapport Agba, c’est au moment où l’appareil se stabilisait pour se poser, entre 4 ou 10 m du sol, qu’une forte détonation s’est fait entendre, emportant une partie de l’hélicoptère (dont les effets non-consumés qui sont sur les photos) avant que ce dernier ne tombe, suivi d’une seconde explosion provoquant l’incendie. Qu’est-ce qui au juste s’est explosé ? C’est ici la véritable piste à sillonner.

* La thèse de l’accident

Ce n’est pas remuer le couteau dans la plaie que de chercher à voir clair dans cette malheureuse affaire. Des compatriotes et non des moindres y ont perdu leur vie. Cela nous recommande un devoir de vérité. Il ne doit avoir de place aux suppositions ou aux contorsions diplomatiques faites d’euphémisme et de langage de bois.

Il faut de véritables conclusions qui ne souffrent d’aucune ambiguïté. Il faut que les Togolais sachent comment  ces compatriotes ont péri. D’où la nécessité pour l’Etat togolais de mettre sur pied une commission d’enquête nationale ou internationale et non pas faire confiance aveugle à la Commission sierra-leonaise. Qu’attendent donc les autorités ?                                 F.S.

 
Processus électoral : Les élections fuient la CENI

On était parti pour aller aux urnes le 24 juin 2007. C’était la date recommandée par Faure Gnassingbé puis retenue par la Commission Electorale Nationale Indépendante pour voir tenir le scrutin que l’on veut des plus clairs. A l’époque, des voix se sont élevées pour appeler à la fixation d’une date plus raisonnable car une évaluation sérieuse des préalables à entreprendre rend obsolète cette date. M. Tozim Potopéré et sa CENI n’ont pas voulu entendre raison. On ne voulait pas du tout parler de report, tout comme au Rassemblement du Peuple Togolais.

      Quand le sol est échaudé, c’est la pomme des pieds qui s’en rend compte, dit-on. M. Tozim Potopéré est venu à fléchir. La CENI concèdera à Ouaga ce qu’elle rejetait de toutes ses forces à Lomé. Le 24 juin est abandonné au profit du 05 août. Etait-ce la date idéale ? Toujours est-il que des observateurs avisés n’ont pas attendu longtemps pour exprimer leur pessimisme quant à l’organisation du scrutin à cette date. Leurs arguments, c’était le vice de procédure qui a prévalu à la fixation de cette nouvelle date.

            En effet, selon des observateurs avisés, le choix de la date idéale pour un scrutin doit être fait compte tenu du chronogramme des préalables. Et ça n’a pas été le cas chez nous. La CENI n’a pas été capable de publier un chronogramme complet de tout le processus. C’est seul celui du recensement qu’elle a élaboré. Et Dieu seul sait s’il a été respecté. A y voir de près, on tend vers l’abandon de la date du 05 août à son tour.

            Tenez. Le fameux recensement électoral a été promis, selon ce chronogramme pour le 8 juin dernier. A la veille de ce jour, la CENI évoquera certaines raisons pour l’ajourner. En lieu et place du recensement proprement dit, c’est une simulation qui a été entreprise. M. Potopéré et ses collaborateurs font croire à une opération impeccable alors que les résultats se font toujours attendre, pour cause d’un différend lié aux clauses du contrat signé avec la société ZETES. Le recensement était promis du 08 juin au 08 juillet et à l’époque, M. Tozim Potopéré avait fait savoir que le reste du temps, entre le 08 juillet et le 05 août, il y a « beaucoup de tâches à entreprendre ». Voici déjà bientôt un mois que ce délai est dépassé. Or, le scrutin est fixé au 05 août. A quand le début du recensement ? Des sources font état de ce qu’il débutera à la mi-juillet. A supposer que cela dure un mois comme auparavant promis par la CENI, cette opération se terminerait donc à la mi-août. La date du 05 août serait ainsi dépassée. D’ailleurs, des observateurs avisés indiquent qu’une telle opération de recensement, pour son efficacité, requiert neuf (09) semaines. Si cela devra être respecté, on risque de voir organiser le scrutin en octobre, novembre ou même décembre.

            Au demeurant, une chose est sûre, la date du 05 août rentrera aussi dans les oubliettes. Mais il faudra que pour une fois, la CENI soit professionnelle et fixe une date une fois pour de bon. A bon entendeur…

N.K.A.

 
Environnement et santé :  Risque d’empoisonnement au plomb des habitants de Baguida

Cette histoire n’est pas sans rappeler celle des « déchets toxiques », ces cargaisons de la mort que les pays industrialisés ont déversés en Afrique et qui a causé tant de dégâts. En somme, une lugubre référence.

Dans le cas, on ne comprend donc pas comment l’Etat togolais a pu autoriser l’installation d’une telle usine en plein cœur d’une zone à forte densité comme Baguida qui déborde déjà du trop plein de Lomé la capitale, une usine qui jouxte la Cité de la CNSS, fait face à un hôtel en l’occurrence, le « Ghis Palace » et se dresse à quelques 500 mètres de la Cité de la BCEAO.

Un grand danger

Les habitants des environs s’inquiètent. Et à raison d’ailleurs. Depuis la 15 juin dernier, ils ont envoyé une pétition au Ministre de la Santé. Elle est assez explicite et dénote en plus de leur état d’âme : « Un risque existe dès lors que le plomb ou certains de ses composés peuvent être inhalés sous forme de vapeur ou de poussière ou ingérés et assimilés par l’organisme. La contamination par le plomb et l’acide sulfurique non recyclé peut entraîner des séquelles irréversibles tant sur les travailleurs de l’usine et plus grave sur la paisible population… », éclaire la pétition.

La question qui vient immédiatement à l’esprit est de savoir si avant toute chose cette fameuse usine répond aux normes sécuritaires admises en l’espèce. Il est fort à parier que non. Nous sommes au Togo et nous ne nous connaissons que trop bien. Plus grave encore, l’acide sulfurique qui rentre dans le traitement des batteries usagers est fortement corrosif pour la peau. D’après des sources médicales, l’inhalation de ses vapeurs cause des dommages aux voies respiratoires. Le plomb lui-même contenu dans les batteries peut causer des dommages aux  systèmes sanguin et nerveux et aux reins de tout individu qui y est exposé.

L’inquiétude est d’autant plus grande que partout dans le monde, le traitement des batteries est proscrit en raison de la toxicité du plomb pour le système nerveux. Mais alors pourquoi au Togo, on l’autorise ? Cette question amène à celle de savoir qui sont derrière cette fameuse usine. On retrouvera à coup sûr de véreux « expatriés » couverts par un ponte du pouvoir. Quand aux populations, ils n’en ont rien à foutre. Les pauvres ne demandent pas moins aux autorités, « devant l’urgence de la situation et l’étendue de ses implications de faire immédiatement déplacer l’usine de traitement vers une zone neutre et exiger que soit installée une structure de traitement des déchets afin d’éviter une catastrophe écologique grave ». Seront-elles entendues ?

F.S.

 
Polémique au sein de la diaspora togolaise en France  L’hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris appartient-il aux Gnassingbé ou à la République du Togo ?

Depuis que Sassou Nguesso du Congo et Omar Bongo Ondimba du Gabon sont épinglés par la justice française pour « biens mal acquis » en France, au sein de la diaspora togolaise, il y a comme une ébullition à propos d’un hôtel particulier situé dans le 16e arrondissement de Paris. Nos compatriotes en ont fait leurs choux gras, chacun y allant de son commentaire.

D’après des sources autorisées, c’est un très chic hôtel particulier de haut standing, « facilement trouvable dans les pages jaunes au nom des Gnassingbé ». Jusqu’à ce niveau, il n’y a aucun problème.

Mais chose étrange, d’après les mêmes sources, « au cadastre, le propriétaire des lieux est… la République du Togo », une sorte de deuxième ambassade à Paris, une confusion assez gênante, n’est-ce pas, qui alimente les conversations dans les milieux togolais de Paris et de partout en France.

Que dire sinon que ce fameux hôtel particulier doit appartenir à quelqu’un, mais qui ? C’est là où il y a la confusion et les spéculations. Les détracteurs des Gnassingbé doivent déjà imaginer plein de misères à ces derniers à l’instar des Bongo et Nguesso. Mais où est la vérité ? Nul ne saura le dire. Tout ce qu’on peut dire est que depuis des décennies, la République du Togo peut être facilement assimilée à la famille Gnassingbé. Et on pourra ainsi lever toute équivoque. Cela n’empêcherait pas le bon peuple de dormir tranquille. « Cabri mort n’a pas peur du couteau », dit la chanson. Il faut souligner que le luxueux immeuble est classé par les associations de défense des droits de l’homme parmi les «biens mal acquis» des dictateurs des pays du Sud. Un procès n’est plus loin.                    F.S.

 
Une délégation du TPIR à Lomé : L’implication du Togo dans le génocide Rwandais est prise au sérieux

Une mission du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) séjourne depuis dimanche dernier dans la capitale togolaise. Conduite par son greffier, le Sénégalais Adama Dieng, la mission devait rencontrer les hauts responsables du Togo ainsi que la classe politique et la presse.

Selon un membre du gouvernement cité par le site officiel republicoftog.com, « les membres du Tribunal séjournent au Togo, en vue du renforcement de la coopération entre cette institution et l’Etat togolais ». Drôle de coopération quand on sait que, officiellement, aucune personne présumée responsable d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda ne réside au Togo de même que les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’Etats voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994. Pour dire simplement que ceux que le TPIR recherche ne se trouvent pas au Togo. Du moins pas officiellement.

            Sauf, une éventuelle implication même de l’Etat togolais dans ce génocide. En effet, l’actuel Chef de la diplomatie togolaise, le Ministre d’Etat, Zarifou Ayéva, faisant allusion à un élément passé sur TV5, avait évoqué au cours d’une conférence de presse au « Restaurant La Pirogue » en 1996 l’implication du régime Eyadèma dans ces crimes contre l’humanité au Rwanda et se demandait pourquoi  les autorités togolaises ne réagissaient pas.

            Et comme pour apporter de l’eau à son moulin, c’est l’ancien Commandant de la Mission des Nations-Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), le général canadien Roméo Dallaire qui déclarait en 2004 que selon certaines sources : « il y aurait eu un accord avec le gouvernement du Togo, en vertu duquel, des officiers togolais seraient venus au Rwanda pour exécuter des assassinats ». Le général Canadien a aussi expliqué au Tribunal que M. Bagosora a engagé des instructeurs militaires du Togo pour entraîner des milices hutus à tuer des Tutsis. Cette déclaration n’est ni confirmée ni infirmée du côté de Lomé.

            Depuis, ces accusations indirectes jugées très graves par les observateurs internationaux, aucune démarche n’a été menée de la part du Parquet du TPIR envers le pouvoir d’Eyadèma. D’aucuns parlent de sa forte hégémonie internationale et du soutien de la France pour déjouer un éventuel procès. Maintenant qu’Eyadèma n’est plus de ce monde, les choses évoluent autrement. Même si de l’avis des spécialistes, il ne revient pas à l’administration du TPIR comme celle qui est arrivée à Lomé, de mener des démarches en ce sens, et que si le Tribunal veut se plancher sur le cas du Togo dans le génocide rwandais, il revient au Parquet de ce Tribunal de mener des démarches en ce sens. Wait and see.                             

F.S.

 

     
 

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