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Au
terme des consultations, un communiqué publié par la
Présidence de la République reprend quelques uns des
termes de la lettre adressée au Premier ministre Me
Agboyibo, notamment : « (…) Après la mise en
place de la CENI, le peuple togolais s’attendait à
une évolution rapide du processus électoral
conformément aux dispositions de l’Accord Politique
Global. Cependant, la CENI, tenant compte des
contraintes financières, techniques et humaines dans
l’accomplissement de sa mission a établi un
chronogramme fixant ces élections au 05 août 2007.
Au
regard de l’évolution très lente du processus
électoral, le président de la République s’est
vivement inquiété des retards accumulés à ce jour.
Face à cette situation, de nature à déboucher sur
l’enlisement et la décrédibilisation du processus
électoral, le chef de l’Etat, vient d’exprimer sa
grande préoccupation dans une lettre adressée au
Premier ministre, chef du gouvernement pour lui
rappeler la mission prioritaire du gouvernement
d’union nationale qui est celle de tout mettre en
oeuvre pour organiser ces élections législatives
dans les délais requis. A cet effet, le président de
la République a demandé au Premier ministre, de
prendre d’urgence les mesures appropriées pour
imprimer une nouvelle dynamique au processus
électoral en vue de son aboutissement rapide et
heureux dans l’intérêt du peuple togolais. »
Au
sortir de leur entretien avec Faure Gnassingbé, les
représentants des partis politiques ont exprimé les
positions suivantes :
Pour Solitoki ESSO, Secrétaire général du RPT, «
Le président de la République a souhaité que le RPT
donne son appréciation de l’évolution du processus
électoral après avoir décrit les péripéties que la
CENI a traversées dans la mise en place de son
chronogramme et fait part des retards et reports.
Nous avons estimé que ses inquiétudes étaient
justifiées et nous avons pris bonne note de ce qu’il
a dit. (…) Au sujet de l’impunité, je ne sais si
l’impunité dont parlent certains partis est liée à
l’élection que nous préparons aujourd’hui. Je crois
que la question de l’impunité a été réglée dans les
différents accords qui ont été conclus entre les
différents secteurs de la vie politique prenant part
au dialogue. Et nous nous situons dans ce cadre pour
régler cette question de l’impunité.
Si
une formation politique se prévaut de cette question
pour prendre position soit vis-à-vis du processus
électoral, ça la regarde mais il y a une façon de
régler ces problèmes. Un article est prévu dans les
accords que nous avons signés notamment l’accord
politique global qui prend en compte la question de
l’impunité. Des dispositions pertinentes ont été
prévues à cet effet. Je rappelle tout simplement que
nous retournions à cet accord et que nous relisions
cet accord qui a pris des dispositions pertinentes,
que nous évitions d’en faire un obstacle en ce qui
concerne l’évolution du processus électoral. »
Pour sa part, Me Gahoun HEGBOR, premier
vice-président du CAR a déclaré :« (…) Tout le
monde reconnaît aujourd’hui qu’il y a des retards et
que les populations s’inquiètent. Elles se demandent
si vraiment ce processus va aboutir et si les
espoirs qui étaient nés après la signature de
l’accord du 20 août 2006 ne seront pas déçus. Il a
fallu faire le point et c’est pour cela que le chef
de l’Etat nous a invités en tant que partie prenante
de cet Accord Politique Global (APG). Nous avons
fait le tour et nous aussi nous avons exprimé les
inquiétudes que nous recevons des populations et
assurer le chef de l’Etat qu’en ce qui nous concerne
au CAR, nous ferons tout, nous sommes engagés dans
ce processus électoral, donc nous ferons tout ce qui
est de notre devoir pour que le processus aboutisse.
En ce qui concerne les questions de délais, tout
dépend des circonstances. C’est vrai qu’il faut
fixer des délais, sinon, si on laisse tout à
l’avenant, on peut se dire, or il y a le temps ;
mais on n’est pas non plus lié irrévocablement par
des délais. Nous ferons tout pour que les retards
qu’on avait constatés se résolvent. »
Cornelius AIDAM, vice-président national de la CPP,(parti
d’Edem KODJO) qui conduisait la délégation de son
parti a affirmé : « (…) Nous avons partagé avec
le chef de l’Etat, les inquiétudes que nous avons
sur la lenteur du processus. (…) Je sais qu’il y a
une question de fond, c’est-à-dire beaucoup de
partis n’ont pas jusqu’ici mis à la disposition de
la CENI, les listes que la CENI demande à cors et à
cris ; cela aussi ralentit le processus. Donc nous,
nous souhaitons que la CENI elle-même puisse prendre
ses responsabilités pour qu’on ne soit pas là
indéfiniment à attendre les partis qui n’ont pas
encore rassemblé leur liste. Si on continue ainsi,
peut-être que jusqu’à l’année prochaine on n’aura
pas encore fait les élections. Donc nous avons
exprimé toutes ces inquiétudes au chef de l’Etat et
il est entendu que la balle est aujourd’hui dans le
camp de la CENI. »
Zarifou AYEVA, président national du PDR fit la
déclaration suivante : « (…) Je dirai tout juste
pour résumer que le chef de l’Etat a cru devoir
parler aux chefs de partis pour tirer sur la
sonnette d’alarme. Aujourd’hui, il se crée un climat
de doute au sein de nos populations. Est-ce qu’il y
aura des élections ou pas ? Le chef de l’Etat a
voulu, à son niveau, lever cette hypothèque en
disant, en rappelant, en répétant aux chefs de
partis et à d’autres composantes de la classe
politique et de la société civile leur
responsabilité face à la nation. (…) Mais le
rendez-vous des élections doit être respecté dans le
salut et pour le salut de nos populations. Nous
devons d’abord penser à elles, elles ont beaucoup
souffert, elles ont beaucoup perdu. Nous devons
rattraper ce retard, nous en avons les moyens, nous
en avons les ressources. Donc je pense que c’est cet
appel que le président a voulu lancer vers nous,
chefs de partis et aussi vers des associations et
vers d’autres composantes nationales. »
Léopold GNININVI, secrétaire général de la CDPA
remarqua qu’: «au cours de l’audience le chef de
l’Etat a développé une analyse que nous partageons,
à savoir l’enjeu que représentent ces élections pour
le Togo au point de vue politique et au point de vue
social. Nous sommes tombés d’accord avec lui que si
nous ratons encore cette occasion, ce sera un
véritable drame pour le Togo. Et donc il faudrait
tout mettre en œuvre pour que ces élections se
déroulent bien. A ce propos, nous avons relevé que
depuis un certain temps, la population commence à
manquer de confiance dans le processus électoral,
qu’il y a lieu de la rassurer pour lui dire que ces
élections ne seront plus l’occasion d’un drame et
que la sécurité physique de chacun sera sauvegardée.
(…) Il y a d’autres mesures aussi à prendre et nous
pensons surtout que c’est la communication qui doit
rassurer les gens quant à sécurité physique des
personnes et quant à la qualité des élections. »
Patrick LAWSON, 3e vice-président de l’UFC tint les
propos suivants : « D’entrée l’Union des Forces
de changement a situé les problèmes par rapport à la
crise générale qui sévit dans notre pays : crise
énergétique, crise de l’eau, problème des retraités,
problème des salariés et syndicats. Tous ces
problèmes doivent nous préoccuper pour qu’on
s’attache aux questions relatives au processus
électoral en cours. C’est ainsi que nous sommes
revenus point par point sur tous les problèmes de
l’heure. Que ce soit les questions concernant la
CENI à savoir le chronogramme par exemple, les
problèmes concernant le gouvernement à savoir la
question des préfets, de l’impunité et de la
sécurité, la question de la nomination des juges à
la Cour constitutionnelle, nous avons fait part au
chef de l’Etat de nos préoccupations sur chacun de
ces points. Nous avons échangé longuement et fait
remarquer que, sur certains points, il est
nécessaire qu’on trouve des solutions de façon
rapide. Sur d’autres, que les réflexions puissent
continuer. (…) Voilà ce que nous avons dit en
concluant que notre souhait et notre préoccupation,
c’est d’organiser et réussir les élections libres,
transparentes et équitables.
Nous voudrions qu’on mette tout en œuvre pour
rassurer nos populations pour que ces dernières
puissent aller aux élections librement sans avoir
peur. Et c’est pour cela que le chef de l’Etat nous
dit si nous pourrions à notre niveau également lui
faire une proposition de schéma pour que ce problème
puisse être entrepris et résolu d’une façon durable.
Voilà ce que nous avons dit avec le chef de l’Etat
et nous avons pris l’engagement de lui faire des
propositions concrètes dans ce domaine.
Pour notre part, nous pensons que nous n’avons
jamais appelé des militants de notre parti à
s’attaquer aux militants des autres partis. Bien au
contraire, nous avons toujours recherché à nous
protéger contre la violence. »
Quels enseignements tirer de cette initiative de
Faure Gnassingbé et des positions
exprimées par les parties consultées ?
Pour y répondre, il faut d’abord replacer ce ballet
de « concertations » dans son contexte en
rappelant qu’une dizaine de jours auparavant, le
lundi 11 juin 2007 avait été signée la convention de
financement des prochaines échéances électorales
togolaises entre l’Union européenne et la République
togolaise en présence de représentants du PNUD et
des ambassadeurs des pays et institutions
partenaires au développement du Togo.
Il
faut donc comprendre que le simulacre de «
concertations » de Faure GNASSINGBE n’a pour
autre signification que de donner des gages à ce que
la classe politique togolaise appelle ces
«partenaires » que sont ces institutions et pays
qui contribuent au financement des élections à venir
LE
SIMULACRE DE CONCERTATIONS ET LES INQUIETUDES
EXPRIMEES LEUR SONT DESTINES
Cette analyse est confirmée par les propos tenus par
le président de la CENI Tozim POTOPERE lors de
l’émission « Le plateau de la semaine » de la
Télévision togolaise (TVT), ce dimanche 17 juin.
Interrogé sur les raisons du choix de la date du 5
août pour la tenue des élections législatives alors
que la CENI n’était pas prête, Tozim Potopéré n’a
pas caché qu’ils ont choisi cette date non pas pour
des raisons qui se justifient mais parce que l’Union
européenne leur avait demandé de fixer une date pour
l’organisation des législatives comme condition du
déblocage des fonds qui leur étaient demandés !
Chacun peut apprécier l’irresponsabilité de la
démarche…
Quant à l’unanimité des «inquiétudes »
exprimées par tous ces responsables de partis lors
de leur rencontre avec Faure GNASSINGBE, elle ne
convainc guère puisque ces partis disposent de
représentants à la CENI et au gouvernement. Or, le
gouvernement a la responsabilité dans la mise en
œuvre du processus électoral et on peut donc penser
que les partis au gouvernement sont très bien
renseignés sur le processus électoral dont ils ont
aussi la responsabilité de la mener à bon terme.
Ainsi, lorsque le représentant de la CPP déclare
« Si on continue ainsi, peut-être que jusqu’à
l’année prochaine on n’aura pas encore fait les
élections », ne dévoile-t-il pas en fait un
secret de polichinelle ? Car, finalement, la
configuration actuelle de « gouvernement d’union
nationale sélective » qui exclut l’UFC
n’arrange-t-elle pas tous ces partis qui ont
toujours activement œuvré à sa marginalisation. Du
reste, ces partis nourrissent des inquiétudes quant
aux résultats d’un scrutin transparent car, leur
poids politique sur la scène politique togolaise
serait révélée.
Il
n’est donc pas exagéré de penser que c’est à dessein
qu’on torpille le processus électoral en cours afin
de laisser le gouvernement actuel en place.
Vénavino DALVES
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