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Me Martial Akakpo |
Des
menaces contre la presse
Comme pour se dédouaner, Me Martial Akakpo a
convié les journalistes à un point de presse vendredi
dernier à son cabinet sis au quartier des Etoiles. Les
confrères ont répondu nombreux au rendez-vous, vu la
gravité de l’affaire. Ils étaient de toute ouie pour
suivre les déclarations de l’Avocat qui s’est découvert
des talents cachés de pugiliste. Mais au finish, grande
était la surprise de constater que ce point de presse
n’était pas que destiné à donner sa simple version des
faits. Me Martial Akakpo, après une
narration,-avouons-le,-ennuyeuse, a sans détour menacé
les journalistes.
D’entrée de jeu, il a remercié les confrères
présents mais avec plein d’allusions. Me Martial Akakpo
a particulièrement « salué l’intégrité morale de ceux
qui ont refusé de prendre les sommes d’argent qui leur
ont été proposées » pour, dit-il, le «diffamer».
Si il a reconnu avoir « administré un gifle à M.
Moèvi », acte dont il s’était visiblement glorifié
à cette occasion, il insinue pourtant que la
récupération par la presse est l’oeuvre de ses
détracteurs. Il viendra présenter des excuses que
beaucoup ont trouvées hypocrites. « Je présente des
excuses à tous ceux qui ont été déçus par la perte de
mon sang-froid. Car je suis aussi un être humain »,
a-t-il dit avant de revenir justifier son acte de
violence qu’il s’est engagé «à défendre jusqu’au
bout».
Me Martial Akakpo s’est ensuite adonné à un
exercice de narration hors pair de l’Affaire à l’origine
de la gifle. Il a essayé de convaincre les journalistes
en leur faisant le récit du début de l’Affaire jusqu’à
l’intervention de la brouille entre M. Olivier Sokpo et
lui, puis de M. Moèvi pour la médiation. Peu de
confrères se sont retrouvés dans ce récit ennuyeux qui
prenait l’allure d’un lavage de cerveau. A un moment, Me
Akakpo viendra signifier qu’on a voulu instrumentaliser
la presse pour lui nuire. C’est là qu’il viendra
affirmer qu’il compte déposer sa candidature pour les
prochaines législatives. Me Ajavon Zeus qui était à ses
côtés viendra révéler que Me Akakpo est la cible de
cette machination tout simplement parce qu’il fait
partie d’un réseau très influent de candidats
indépendants qui est en gestation et auquel lui aussi
appartient.
Cette révélation a du coup convaincu et
rempli les journalistes de compassion à l’égard de Me
Martial Akakpo. Ils se sont persuadés que M. Moèvi
devrait être le pion de cette machination surtout que
l’Avocat avait fait savoir que ce dernier l’avait
délibérément provoqué.
On aurait pu se séparer sur cette bonne note
si l’orateur n’avait pas commis la maladresse
d’intimider les confrères en avançant qu’il a déposé
plainte, non seulement contre M. Moèvi pour tentative
d’escroquerie, mais aussi contre les journaux à qui on
aurait remis des sommes d’argent pour le « diffamer ».
« Je me suis beaucoup investi, nous avons mis les
moyens pour faire de ce cabinet ce qu’il est
aujourd’hui. Alors, tous ceux qui veulent nous salir
nous rencontreront, comme un seul homme, sur le chemin »,
a lâché Me Martial Akakpo pour finir. Ce qui n’a pas
manqué de susciter le courroux chez les confrères,
courroux accentué par le fait que la parole ne fut pas
donnée afin qu’ils posent des questions. « Vous nous
menacez ? » a pu lui dire un confrère à la sortie.
Les confrères ont du coup douté de la
circonstance atténuante de provocation « une excuse
absolutoire » dont il aurait été l’objet de la part
de M. Moèvi. L’un lâchera, à la fin : « Me Martial
nous a invités pour nous menacer ! » et un autre :
« Filons d’ici avant que ce monsieur ne commence à
nous gifler aussi ».
Me
Martial Akakpo mis en prison
Aussi
bizarre que cela puisse paraître, à peine cette fameuse
conférence de presse fut bouclée que Me Martial Akakpo a
été arrêté par la gendarmerie. Il fut présenté
l’après-midi même au juge d’instruction et mis sous
écrou à la Prison civile de Lomé.
Aux
dernières nouvelles, Me Martial Akakpo a été remis en
liberté «pour raison médicale» hier sur ordre,
selon des sources proches de la justice togolaise, du
Procureur de la République alors que c’est le Doyen des
Juges d’instruction qui l’avait déposé. On aurait pu le
faire libérer par ce dernier et la procédure normale
sera respectée. Le dossier n’est pas pour autant clos.
Affaire à suivre donc...
N.K.A. |