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Forum de la semaine

5 juin 2007]

[261 : 4 juin 2007]
Violence avec voies de fait sur M. Moèvi : Me Martial Akakpo déféré à la Prison civile de Lomé

Il souvient aux Togolais qu’une affaire de violence délibérée exercée par Me Martial Akakpo sur M. Rémy Moèvi qui jouait au « Médiateur » entre l’Avocat et M. Olivier Sokpo qui étaient entrés dans un conflit ouvert au sujet d’honoraires, a défrayé la chronique il y a quelques jours. La presse en a fait largement écho. Votre journal fut d’ailleurs l’un des tout premiers a en faire cas, dans sa parution n°258 du 24 mai 2007. Nous pensions ne bien faire que notre travail de journaliste en relatant fidèlement les faits, surtout que les actes de violences ont causé des dommages à autrui. Mais c’est sans compter le courroux que cette immixtion de la presse a créé chez le « violenteur ».

Me Martial Akakpo

Des menaces contre la presse

            Comme pour se dédouaner, Me Martial Akakpo a convié les journalistes à un point de presse vendredi dernier à son cabinet sis au quartier des Etoiles. Les confrères ont répondu nombreux au rendez-vous, vu la gravité de l’affaire. Ils étaient de toute ouie pour suivre les déclarations de l’Avocat qui s’est découvert des talents cachés de pugiliste. Mais au finish, grande était la surprise de constater que ce point de presse n’était pas que destiné à donner sa simple version des faits. Me Martial Akakpo, après une narration,-avouons-le,-ennuyeuse, a sans détour menacé les journalistes.

            D’entrée de jeu, il a remercié les confrères présents mais avec plein d’allusions. Me Martial Akakpo a particulièrement « salué l’intégrité morale de ceux qui ont refusé de prendre les sommes d’argent qui leur ont été proposées » pour, dit-il, le «diffamer». Si il a reconnu avoir « administré un gifle à M. Moèvi », acte dont  il s’était visiblement glorifié à cette occasion, il insinue pourtant que la récupération par la presse est l’oeuvre de ses détracteurs. Il viendra présenter des excuses que beaucoup ont trouvées hypocrites. « Je présente des excuses à tous ceux qui ont été déçus par la perte de mon sang-froid. Car je suis aussi un être humain », a-t-il dit avant de revenir justifier son acte de violence qu’il s’est engagé «à défendre jusqu’au bout».

            Me Martial Akakpo s’est ensuite adonné à un exercice de narration hors pair de l’Affaire à l’origine de la gifle. Il a essayé de convaincre les journalistes en leur faisant le récit du début de l’Affaire jusqu’à l’intervention de la brouille entre M. Olivier Sokpo et lui, puis de M. Moèvi pour la médiation. Peu de confrères se sont retrouvés dans ce récit ennuyeux qui prenait l’allure d’un lavage de cerveau. A un moment, Me Akakpo viendra signifier qu’on a voulu instrumentaliser la presse pour lui nuire. C’est là qu’il viendra affirmer qu’il compte déposer sa candidature pour les prochaines législatives. Me Ajavon Zeus qui était à ses côtés viendra révéler que Me Akakpo est la cible de cette machination tout simplement parce qu’il fait partie d’un réseau très influent de candidats indépendants qui est en gestation et auquel lui aussi appartient.

            Cette révélation a du coup convaincu et rempli les journalistes de compassion à l’égard de Me Martial Akakpo. Ils se sont persuadés que M. Moèvi devrait être le pion de cette machination surtout que l’Avocat avait fait savoir que ce dernier l’avait délibérément provoqué.

            On aurait pu se séparer sur cette bonne note si l’orateur n’avait pas commis la maladresse d’intimider les confrères en avançant qu’il a déposé plainte, non seulement contre M. Moèvi pour tentative d’escroquerie, mais aussi contre les journaux à qui on aurait remis des sommes d’argent pour le « diffamer ». « Je me suis beaucoup investi, nous avons mis les moyens pour faire de ce cabinet ce qu’il est aujourd’hui. Alors, tous ceux qui veulent nous salir nous rencontreront, comme un seul homme, sur le chemin », a lâché Me Martial Akakpo pour finir. Ce qui n’a pas manqué de susciter le courroux chez les confrères, courroux accentué par le fait que la parole ne fut pas donnée afin qu’ils posent des questions. « Vous nous menacez ? » a pu lui dire un confrère à la sortie.

             Les confrères ont du coup douté de la circonstance atténuante de provocation « une excuse absolutoire » dont il aurait été l’objet de la part de M. Moèvi. L’un lâchera, à la fin : « Me Martial nous a invités pour nous menacer ! » et un autre : « Filons d’ici avant que ce monsieur ne commence à nous gifler aussi ».

Me Martial Akakpo mis en prison

Aussi bizarre que cela puisse paraître, à peine cette fameuse conférence de presse fut bouclée que Me Martial Akakpo a été arrêté par la gendarmerie. Il fut présenté l’après-midi même au juge d’instruction et mis sous écrou à la Prison civile de Lomé.

Aux dernières nouvelles, Me Martial Akakpo a été remis en liberté «pour raison médicale» hier sur ordre, selon des sources proches de la justice togolaise,  du Procureur de la République alors que c’est  le Doyen des Juges d’instruction qui l’avait déposé. On aurait pu le faire libérer par ce dernier et la procédure normale sera respectée. Le dossier n’est pas pour autant clos. Affaire à suivre donc... 

                N.K.A.

 
Le Préfet Dadja Manganawé au centre d’une affaire de corruption de 8 millions de FCFA

Le tout-puissant Préfet de Guérin Kouka, M. Dadja Manganawé serait au centre d’une affaire de corruption de 8 millions de francs CFA qui secoue actuellement les préfectures de Dankpeng et de l’Oti. En effet, il vous souvient que dans notre parution n°254 (FS du 14 mai 2007), nous relations le dernier exploit des bouviers transhumants qui s’adonnent aux braquages des populations de Dankpeng sans que ces actes réprimables n’émeuvent le Préfet de la localité, le Cdt Manganawé et son acolyte le CB de la gendarmerie l’Adjudant Balouki Essohanam.

 Nous évoquions le cas d’un certain Moumouni, un bouvier de nationalité burkinabé qui serait soupçonné de meurtre sur 4 personnes et qui bénéficierait d’une protection des autorités préfectorales qui, dans de pareils cas, se voient gratifiés de bœufs ou de fortes sommes d’argent.

M. Moumouni aurait tendu une embuscade sur une route, aux paysans qui venaient d’être payés pour leur coton. Le Tribunal ayant été saisi du crime des 4  paysans dont une femme enceinte tuée par balles, a lancé un mandat d’arrêt international contre ledit bouvier, mandat remis à la gendarmerie et à la Police de la localité.

Quelques temps après, le chargé du Commissariat, l’OPA Edoé Yaovi a réussi à déceler les traces du présumé criminel dans la préfecture de l’Oti d’où il était parti ramené près de 500 bœufs affirmant qu’ils appartiennent au bouvier Moumouni avec pour preuve, les documents de transhumance du wanted, retrouvés au sein du bétail sans avoir réussi à mettre la main sur l’intéressé lui-même. Le Tribunal confirme l’appartenance du bétail au recherché. Cela n’avait pas empêché le Préfet et le CB de faire mettre aux arrêts de rigueur l’Officier de Police-Adjoint pour plus d’un mois avec pour prétexte qu’il aurait agi en dehors des limites de sa préfecture.

Entre-temps, d’autres sources indiquaient que le Préfet et son valet auraient monté des frères du recherché portant le même patronyme pour se réclamer propriétaire du bétail. Ayant découvert le faux, le Tribunal ordonne l’arrestation des faussaires. Convoqué pour répondre de son acte, le CB Balouki, un officier de Police judiciaire au service de la Justice claque la porte au nez du juge, avec l’appui affiché du Préfet.

            En outre, il nous est affirmé que le Cdt Manganawé reçoit des rançons de la part des bouviers criminels et leur garantit en contrepartie une impunité totale. C’est ainsi qu’il se raconte que pour pouvoir confectionner les faux documents et cautionner les faussaires, le Préfet-Commandant Dadja Manganawè aurait perçu, une mirobolante somme de 8 (huit millions de nos francsd). Cette somme aurait été empruntée auprès d’un El Hadj du nom de Baba Tchatcha résidant à Mango par les bouviers faussaires. Les sieurs Arouna Tchéou, Ganiou Abiola et Djamilou auraient joué d’intermédiaire entre les Peulhs et le Préfet. Et c’est suite à la réclamation urbi et orbi de la part d’El Hadj Baba Tchatcha que l’information est portée à la place publique.

            Contactés à l’époque par notre rédaction, le Préfet et le CB, très arrogants, nous ont envoyé paître et nous ont déclaré d’aller nous renseigner auprès de nos informateurs. Que les autorités politiques interviennent de façon plus conséquentes dans cette affaire qui risque d’embraser ce milieu.                                                                                                                                                          FS

 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
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