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Le dialogue vit-il toujours ?
Les observateurs les plus avisés ne se font aucun
doute. Le dialogue intertogolais est dans une
impasse sans précédent. Parler d’un échec ne serait
qu’un euphémisme. Seulement, aucun protagoniste n’a
le courage d’annoncer cet échec savamment programmé
par le système RPT.
De
la paralysie du présidium qui préside les travaux du
dialogue par les incessants voyages et autres
préoccupations artificielles du Rapporteur Gilbert
Bawara aux indifférences de Faure Gnassingbé
lui-même en passant par le refus du RPT de résoudre
les questions essentielles, racines du mal togolais
à savoir la modification de la constitution, la
réforme de l’armée et la question de l’impunité,
rien n’est laissé au hasard pour voir ce dialogue
échoué.
Tout le monde, excepté ceux qui sont foncièrement
animés de mauvaise foi, sait que trouver une
solution idoine à toutes ces questions sortira de
facto le Togo de l’ornière. Mais les faucons du RPT,
sachant que la résolution de la crise togolaise
sonnera le glas de leurs privilèges personnels
usurpés, multiplient des anicroches et des peaux de
bananes en vue de faire échouer le dialogue qui,
avouons-le, n’eut été la dextérité de Me Yawovi
Agboyibo, aurait pris officiellement fin dès le
premier jour du déroulement des travaux proprement
dits. Toutefois, le RPT et ses acolytes savent que
la prédiction du prophète de malheur, feu Koffi
Panou, aura le dernier mot : « Tout ce que vous
faites ici restera ici et n’ira nulle part »
s’était-il exclamé dans la salle Fazao de l’hôtel 2
Février lors de la Conférence nationale souveraine.
Quinze ans après, le RPT tient pour postulat cette
prophétie de malheur et démontre qu’après plus d’une
dizaine de pourparlers intertogolais, seule la force
doit primer sur le droit.
Mais les contextes n’étant pas les mêmes, le Général
Eyadéma est parti avec ce qu’il vaut pour ses
mentors au sein de la communauté internationale.
Ceux qui ont hérité du pot-au-lait sont conscients
de la réalité mais ont décidé de mettre plusieurs
flèches à leur arc afin de contourner la vérité.
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Des alliances contre-nature
C’est ainsi que face à l’isolement totale qui guette
notre pays, le clan au pouvoir cherche, tel un noyé
qui se débat, à nouer des alliances contre nature
avec des Etats considérés comme hors-la-loi au sein
de la communauté internationale ; ces Etats qui
pensent s’auto suffire et qui narguent le reste du
monde en grugeant leurs peuples, à savoir, la Chine,
l’Iran, le Soudan et même l’Israël qui n’est pas
souvent en odeur de sainteté avec les Nations Unies
à cause du problème palestinien.
Les autorités togolaises multiplient les
accords de coopération avec
la
Chine qui se voit confiée les travaux stratégiques
dans le pays (construction du palais présidentiel
entre autres). Elle occupe systématiquement le
marché togolais par ses produits, supplantant ainsi
le poids de notre « alliée » de toujours, la
France. Alors que tout le monde connaît le très peu
de respect que les dirigeants de ce pays témoignent
aux droits de l’Homme.
Comme si cela ne suffisait pas, les
autorités togolaises s’allient avec l’Iran de
Ahmadinejad, le populiste qui défie l’ordre mondial
et qui expose son pays aux foudres de la communauté
internationale et surtout des Etats-Unis même si
certains pensent que la potion irakienne est trop
amère à réavaler. L’Iran, n’est pas un exemple en
matière de démocratie et toute alliance d’un pays
avec cet Etat doit inquiéter à plus d’un titre les
citoyens au nom de qui les accords sont signés.
Boudant visiblement
la
France, les autorités togolaises ont acquis des
matériels de guerre, des armes lourdes de combats
auprès d’un régime en guerre : celui du Soudan tout
comme ce fut le cas dans les années 95 avec le
Tchad. Ce qui montre que le pouvoir RPT croit
toujours dur comme fer en la force brute et se
prépare en conséquence en défiant la communauté
internationale en important des armes d’un pays qui
s’est toujours mis en marge des règles élémentaires
qui régissent ce monde constituant un nid moelleux
au terrorisme interntional.
Récemment, contournant toujours
la
France dont le Président Jacques Chirac ne veut pas
recevoir Faure Gnassingbé, le régime en place au
Togo a envoyé une trentaine de personnes en Israël
pour, officiellement, « suivre une formation dans
le domaine des différents services au sein de la
présidence de
la
République ».
Alors que des sources bien informées parlent de
formation dans le domaine du contre-espionage et des
renseignements. Dans un passé récent, nos
« agents secrets » sortent des « écoles »
de la DGSE française. Le copinage avec le Mossad
israélien plairait-il à la métropole qui a le don
d’ubiquité dans notre pays ? Wait and see !
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Seul soucis : renforcer le règne du clan
Mais jusqu’ à quand ces alliances contre-nature des
Togolais dureront ? Ce n’est un secret pour personne
que ses alliances contre-nature desservent le peuple
et ne visent qu’à renforcer l’emprise du pouvoir
autocratique sur le peuple. Ces Etats hors la loi
sachant ne pas jouir de l’adhésion populaire n’ont
aucune notion du peuple qu’ils considèrent comme des
« sujets taillables et corvéables à merci ».
Seul le G8 peut impulser une dynamique
au processus de développement d’un pays
sous-développé. Car le système mondial actuel (en
attendant que ça change un jour sous-tend une
subordination des pays en voie de développement aux
pays développés. C’est ainsi que pour les pays des
communautés africaines, caribéenne et pacifique, le
seul programme de développement se trouve dans les
FED (Fonds Européens de Développement) dont
l’application se fait en symbiose avec les
institutions de Bretton-Wood.
Négliger les exigences de ces principaux
partenaires pour nouer des alliances contre-nature
risque à long terme de plonger le pays dans un
isolement total. Ce qui peut exposer, si l’on ne le
sait pas, ses dirigeants à des sanctions ciblées. Le
RPT sait pertinemment que ce dialogue n’ira nulle
part. Pour cela, il cherche des refuges pour
assouvir son credo de replâtrage. Il sait que
l’annonce de cet échec programmé peut soulever le
courroux de la communauté internationale. Pour cela,
ses dirigeants et ses officiels multiplient des
va-et-vient dans ces pays hors-la-loi en vue d’y
nouer des accords pour renforcer la présidence
usurpée. Tout ceci n’est qu’un programme des hommes.
Dieu aussi a le sien.
Dimas DZIKODO |