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S’il y a au Togo une formation politique qui se
croit la plus incomprise des Togolais, c’est bien la
Convergence Patriotique
Panafricaine (CPP) du Premier ministre de Faure
Gnassingbé, Edem Kodjo. Son Secrétaire administratif
Arthème Séléagodji Ahumey-Zunu, affectueusement
appelé « Maître » dans le sérail CPP l’a
encore étalé le dimanche 21 mai dernier à l’émission
« Le Plateau de
la
Semaine »
de la TVT.
-Du
manichéisme des Togolais
On aurait cru que c’était le thème du débat. Le
Secrétaire administratif de la CPP a ressassé à n’en
point finir ce qu’il croit être la cause première de
l’enlisement de la situation politique au Togo.
Mais alors, il l’a tambouriné très fort, on aurait
cru à la fin un sermon prévenant de l’imminence de
l’Apocalypse. Il a même sorti le terrible couple de
mots : un « pays manichéen ». Pauvre du
Togo ! On le lui concède mais est-il dans le vrai ?
C’est bien beau de faire un constat si effrayant
mais il aurait fallu aussi qu’il cherchât aussi en
amont les motivations profondes qui ont transformé
les Togolais en ces « effroyables bêtes » qui
voient d’un côté rien que le MAL et de l’autre, le
BIEN. Un exercice en somme très facile quand on se
réfère à l’histoire événementielle récente du Togo.
Ont-ils tort ces Togolais qui voient le mal en ces
militaires qui ont investi en 1991 le Haut Conseil
de la République (HCR), Parlement de la Transition
qui logeait au Palais des Congrès de Lomé, séquestré
les Haut Conseillers dont faisait partie un certain
Edem Kodjo, ancien SG de la défunte OUA qu’ils ont
giflé malgré son « envergure » ?
Ont-ils tort ces Togolais qui voient le mal en le
RPT qui « débaucha » en 1994 un certain
Agouda Moumouni, député UTD de Tchaoudjo, à
l’Assemblée nationale, fragilisant ainsi le Premier
ministre de l’époque, un certain… Edem Kodjo (encore
lui) qui finira laminé et rendra le tablier en
1996 ?
Ont-ils tort ces Togolais qui voient le mal
dans la cooptation, et encore contre toute attente,
l’année dernière par un RPT usurpateur d’Edem Kodjo
(toujours lui) comme premier ministre alors que les
véritables acteurs de la joute électorale du 24
avril 2005 et sa suite de rodéo sanglant et
meurtrier tentaient de baliser le chemin à une
véritable « gestion calme cœur » ?
Ont-ils tort ces Togolais qui voient le mal en le
RPT et associés qui ont lâché leurs milices armées
les 28, 29 et 30 avril 2005 dans le quartier Bè et
dans les villes d’Anèho, d’Atakpamé… ?
On
peut multiplier les exemples à n’en point finir. Et
cela depuis plus de 40 ans. Beaucoup de Togolais ont
sûrement des raisons d’être manichéens.
-
Des venins irraisonnés contre la presse
Biaisant sur cet exercice facile basé sur le
« questionnement - bon sens - réponse », le
Secrétaire administratif de la CPP croit plutôt voir
en la presse, le principal vecteur de ce qu’il
qualifie de « manichéisme ambiant », de
« manichéisme béat » et d’enfoncer le clou en
parlant de manipulation de journalistes. L’enfer,
c’est toujours les autres !
De
tels propos ne sont rien d’autres qu’une injure à
l’intelligence des Togolais. Comment croire que des
journaux écrivent des contrevérités et
paradoxalement trouvent des échos favorables auprès
des lecteurs ? Par contre, à « Forum de
la
Semaine »,
nous connaissons le nombre de publications qui ont
vu le jour à l’initiative de la défunte UTD et qui
ont disparu faute de lectorat. Qui aime alors à
manipuler les journalistes ?
La
presse, la vraie, n’est que le reflet de la société.
Elle ne fait qu’exprimer les désirs des masses
populaires. Cela ne s’appelle pas de la
manipulation. Mais par contre, il le devient quand
par exemple on « retourne » un journaliste
qui traitait Edem Kodjo il n’y a pas si longtemps de
« tomates pourries qu’il essaie de vendre » à
coup de F CFA pour le transformer en une caisse de
résonance de la CPP et des actions (sic) de son
patron, Premier Ministre de Faure Gnassingbé.
C’est bien beau de maîtriser l’art de la
rhétorique mais les beaux discours n’emballent plus
les Togolais. Ils veulent le changement pas du
réchauffé en guise de dessert d’une monarchisation
de la République sur fond de violences et
d’usurpation de la volonté populaire.
B.
Sek |