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Forum de la semaine

25 mai 2007]

[258 : 24 mai 2007]
Affaire des 30 millions de reliquat du Mondial : Winny Dogbatsè précise : « Le règlement du reliquat des 30 millions était une promesse de campagne de Tata Avlessi»

C’est à ne plus rien comprendre. Alors que les uns et les autres spéculent sur la gourmandise sans fin des Sheyi et compagnie pour avoir réclamé les 30 millions du reliquat de la prime du Mondial 2006, voilà que Winny Dogbatsè apporte cet éclairage des plus significatifs devant la presse. Ainsi donc le président de l’US Masséda de l’époque, en bon candidat à la succession de Rock Gnassingbé aurait promis aux joueurs le règlement des 30 millions restants une fois à la tête de la FTF.

On n’aurait pu ne pas prêté foi à cette information si elle n’émane pas d’un Winny Dogbatsè, l’un de ceux qui ont fait roi Tata Avlessi au congrès du 09 janvier 2006. Aujourd’hui que la situation est des plus braqués, doit-on croire que Tata Avlessi « marche » sur ses propres promesses et de surcroît de s’être servi de son  reniement pour suspendre les Cadres de la sélection nationale ?

            On se souvient que Daré Nibombé dans une de ces interviews à nos confrères de Global Sport avait abordé dans le même sens à mots couverts. Tata Avlessi les aurait utilisés comme émissaires à l’époque de leur lune de miel auprès des autres candidats. Aujourd’hui que le torchon brûle, les langues se délient.     

 B. Sek

 
Congrès extraordinaire statutaire de la Ftf : Les statuts votés sur fond d’exceptions de nullité

Les membres de la Fédération togolaise de football ont procédé mardi à la refonte des statuts de leur association  comme l’avaient demandé la Fifa et la Caf dans leur feuille de route de novembre 2006. Si dans l’ensemble, on peut se réjouir du fait que les débats ont été enrichissants, il n’en demeure pas moins qu’il subsiste des inquiétudes qui peuvent porter un coup aux dits textes si la Fifa est amenée à prendre en compte les vices de procédure, l’absence de quitus et enfin l’absence d’une caution morale au congrès.

L’existence des vices de procédure
La convocation de ce congrès extraordinaire statutaire a été entachée de vices de procédure  résultant du non-respect des délais de convocation d’une telle assise quoi que l’on dise. « La Fifa tient beaucoup au respect des procédures. Et quand elles ne sont pas respectées, elles pourraient amener à la nullité de l’acte », nous expliquait il n’y a pas longtemps des sources proches de la Fifa qui ne manquent pas d’ailleurs de nous préciser que si les statuts d’avril 2006 adoptés par l’ancien bureau de la Ftf n’ont pas été validés, c’était simplement parce que la Fifa a jugé recevable ce moyen évoqué par certains membres. Les mêmes craintes sont également à formuler dans le cas du congrès qui vient de se tenir. Les textes adoptés lors de ce congrès sont parvenus aux membres moins de trois semaines car la Fédération  ne s’est pas vite employée à la mission de la refonte des textes que lui a demandée la Fifa. Au point que pressée par la Fifa à la réception de la lettre du 23 mars, elle a dû faire des gymnastiques en envoyant les projets de statuts aux membres moins de trois semaines avant la date du congrès. Conséquences : les membres n’ont pas eu suffisamment le temps de plancher sur les différents amendements à apporter au texte. Pire encore, ce n’est que le jour du congrès que les congressistes ont pris contact avec le projet définitif de statuts. Certains congressistes ont eu à relever ces vices de procédure et demander le report du congrès ou exiger qu’il soit mentionné au procès verbal, leur réserve.

Toujours dans les vices de procédure, dans la pratique de l’adoption des statuts standard, la Fifa exige de ses membres que les textes élaborés et amendés lui soient envoyés pour vérification de conformité avec ses principes cardinaux avant l’adoption finale au Congrès. Cette pratique n’a pas été non plus respectée ou du moins, si l’on indique à la Ftf qu’une copie du projet de statuts a été envoyée, ce n’est pas non plus le projet définitif. Et cela a eu pour conséquence l’absence de quitus de l’instance du football mondial au congrès. Alors que dans sa lettre du 23 mars, Sepp Blatter avait bien indiqué à la Ftf la procédure à suivre. « De plus, ce travail vous est largement facilité par le fait qu’un projet de nouveaux statuts pour la Ftf avait été approuvé par la Fifa en 2006 et qu’il vous suffit de reprendre ce texte et de nous proposer des amendements que vous souhaiteriez y voir apporter ». Il s’agit bien là d’une procédure qui devrait conduire à la délivrance par la Fifa d’un quitus pouvant permettre au congrès de se tenir. Les statuts de 2006 avaient suivi ce cheminement. Puisque dans la correspondance qu’elle a adressée à la Ftf le 1er mars 2006, le Directeur de la Division Juridique, Heinz Tännler avait demandé à la Ftf d’avoir l’obligeance de modifier certains articles des statuts  et de lui «faire parvenir, pour approbation finale, un nouveau projet avant que vous ne présentiez vos statuts lors de votre congrès ». Une exigence à laquelle s’est sacrifié le bureau de Rock Gbassingbé et qui lui a valu le quitus suivant : « Nous avons le plaisir de vous confirmer que vos statuts présentent un haut niveau de qualité et satisfont les exigences de la Fifa. Nous vous félicitons pour votre excellent travail » (Lettre du 4 avril 2006).

Enfin, il est important de se souligner que le congrès s’est tenu en l’absence d’une caution institutionnelle. Pas d’experts ou représentants de la Fifa ni de la Caf. Même  le Gal Séyi Mémène, le 1er Vice-président de la Caf qui a eu la lourde mission de conduire les Togolais à l’élection du 09 janvier 2007 n’était  pas présent. L’absence d’une telle caution au congrès conduit certainement au doute sur la régularité de la convocation du congrès. Est-ce à cause des vices de procédure ? Mais Bernard Walla, membre de la commission ad hoc choisi- en violation des textes parce que ayant été membre de la Commission et donc juge et partie- pour diriger les travaux en présence du président de la Ftf, Tata Avlessi a tenté sans réussir de convaincre les congressistes sur la régularité du congrès : « Nous n’avons pas tout le temps besoin d’un membre de la Fifa ou de la Caf ».

Sauvegarde de l’essentiel\
Ce ne fut pourtant pas facile pour les congressistes qui, d’entrée de jeu se sont heurtés à l’entêtement de Gerson Dobou, un autre membre de la Commission qui venait de remplacer Walla Bernard parti précipitamment à conserver l’essentiel de ce que la commission a produit comme textes. Et la parade était juste trouvée : « La Fifa demande à ce que chaque membre tienne compte de ses réalités dans l’élaboration de ses textes ». Il a fallu des discussions houleuses et un vote sur  l’article 23 relatifs aux compétences du congrès pour que le bureau ne se résolve à accepter de revenir véritablement aux principes édictés par les statuts standard. Désormais et contrairement à ce que souhaite Tata Avlessi, tous les membres du Bureau Exécutif sont élus.

Dans le même sillage, les discussions sur l’article 81 des statuts, relatif aux dispositions transitoires ont suscité des discussions. Car il s’agissait de déterminer le sort qui est réservé au B.E. actuel. Contrairement au projet de statuts qui ne comportait pas cette disposition, le projet définitif disposait en son article 81 que : « Toutes les dispositions des statuts du 29 janvier 1994 relatives à la composition, l’élection et au fonctionnement du B.E. restent toujours en vigueur jusqu’à la fin du mandat du B.E. issu des élections du congrès du 09 janvier 2007 ». On l’aurait compris, les membres du B.E. avaient l’obsession de sauver leur poste. Mais le congrès étant souverain, les débats ont finalement conduit (après le rejet par le bureau de soumettre au vote des propositions comme la convocation d’une nouvelle élection dans trois mois ou la prise d’un acte qui fait des secrétaires et des trésoriers du bureau, des membres) à un compromis qui consiste à demander à la Fifa quel doit être le sort qui est réservé  au Bureau Exécutif issu des textes de 1994. Un compromis qui sauve la Ftf d’une nouvelle élection comme l’auraient souhaité certains.

 Enfin, dans la fatigue générale, les congressistes se sont seulement limités au vote des statuts. C’est une anomalie car dans l’entendement des statuts, il s’agit de plusieurs documents regroupés en un seul, notamment les statuts proprement dits, les règlements généraux, les règlements d’application du congrès et les règlements financiers. Mais le congrès du 22 mai n’a pas planché sur les autres textes. Si les délégués étaient en possession des trois premiers et qu’ils n’ont pu d’ailleurs étudier et approuver, le dernier, lui, ne leur a même pas été remis.

En somme, le congrès du 22 mai était un congrès convoqué dans la précipitation par la B.E qui n’a pas mis à profit les propositions faites par la Fifa dans sa lettre du 23 mars demandant à la Ftf de s’appuyer sur les statuts votés en avril 2006 et dont l’adoption était entachée de nullité pour vices de procédure pour aller vite. Reste maintenant à la Fifa d’apprécier le travail qui a été fait. Mais l’existence des vices de procédure est flagrante. Et si elle est évoquée par certains membres devrait suffire à renvoyer à la Ftf sa copie. Ce sera un éternel recommencement.                                          

T.G.A

 
Législatives 2007  Comme si on veut saboter le processus...

Le regard du commun des Togolais est tourné vers une seule direction : les élections législatives. Et pour  cause. Ce scrutin est censé être l’aboutissement d’un processus de décrispation engagé depuis avril 2006. Il doit être crucial pour mobiliser tant de politiques. En un temps record, on a vu pousser comme des champignons des partis politiques : la NDP, le Nid, le PACT, le MDC et  le MODENA. Sur le terrain, c’est la course à l’espace vital qui est engagée. Chaque formation politique y descend comme pour chercher un trésor caché. Tout le monde, même les populations, semble bien embarqué. Si seulement tout allait comme sur des roulettes à la CENI ! On dirait bien qu’il existe une catégorie de gens tapis dans l’ombre et qui tirent les ficelles pour voir tout capoter.

La résistance monstre qu’a manifestée la CENI quant à l’éventualité d’un report du scrutin a marqué beaucoup d’esprits. Ils sont en effet nombreux, les Togolais à s’avouer perplexes devant sa résistance inutile, son obstination à faire tenir le scrutin au 24 juin préalablement arrêté. Car pour eux, c’était la voie de la raison que de repousser le scrutin à une date ultérieure, voyant que la date du 24 juin devenait obsolète. N’eurent été les appels incessants de la presse, relayés ensuite par des partis politiques, puis par des associations de la Société civile, Dieu seul sait si les responsables de la CENI allaient y donner une suite favorable.

            Aujourd’hui, même repoussé au 05 août, le scrutin n’est pas pour autant sauvé. Comme pour la date du 24 juin précédemment retenue, le choix du 05 août ne répond à aucune logique. Dans les « Etats normaux », pour un processus efficace, la date d’un scrutin est fixée compte tenu du chronogramme complet de toutes les opérations entrant dans sa préparation. Mais dans notre cas, on dirait que le 05 août a été proposé au Comité de Suivi à l’issue d’un tirage au sort qu’aurait effectué la CENI. Ce chronogramme a été promis aux partis politiques mais à la rencontre de vendredi dernier avec la CENI, ils n’ont eu que celui du recensement. Quel intérêt a-t-on à la CENI à ne pas s’exécuter ? Cet obscurantisme ne cache-t-il pas quelque chose ? A qui profite cette situation ? Ce que redoutent les uns et les autres, c’est qu’on n’en vienne à organiser le scrutin dans la précipitation. On dirait que c’est le plan secret du pouvoir.

            La question des kits donne aussi matière à réfléchir. Même si la CENI viendra les démentir, les tests de conformité avec le logiciel de recensement ont bel et bien révélé des anomalies inimaginables qui, si elles doivent rester en l’état, remettront en cause la transparence du scrutin. Beaucoup ne comprennent donc pas cette hypocrisie des responsables de la CENI à dissimuler les problèmes techniques. Selon des sources dignes de foi, il doit  être imminemment entrepris une récorrection du logiciel. On aura ainsi perdu tout ce temps pour rien. Ces anomalies ne sont-elles pas les inconvénients du prêt de kits ? N’aurait-on pas évité tous ces problèmes si le Togo avait acquis pour soi ces kits ? MM. Gilbert Bawara et Arthème Ahoomey-Zunu qui auraient « démarché » cet emprunt de kits à la République Démocratique du Congo et la société ZETES devraient certainement s’en réjouir dans l’ombre.

            Par ailleurs, le traitement réservé aux techniciens chargés de l’initialisation des kits inquiète pas mal de monde. Ces agents recrutés et formés depuis quelques temps sur le site de la Foire Togo 2000 ont dû observer des débrayages les 03 et 17 mai derniers pour exiger des éclaircissements sur leur contrat et le paiement de leurs rémunérations. On dirait que les responsables de la CENI veulent les pousser à jeter l’éponge pour leur faire porter le chapeau de l’échec ou du retard du processus. Tenez par exemple. Selon le confrère « Tingo-Tingo » n°437 du 16 mai 2007, au lieu de 15 000 F par jour qui leur devrait être payé, les techniciens n’encaissent que 5 000 F avec la promesse des autorités de leur délivrer des diplômes ou des attestations à la fin de la formation. Quant aux manœuvres, contre 7 500 F/ jour  qu’ils demandent, l’autorité ne s’est engagée qu’à payer 3 000 F et pour ça aussi, ils ne touchent que 2 000 F. De tels traitements font craindre le pire car ces agents rencontrés au cours de leurs débrayages profèrent des menaces à peine voilées. S’il arrivait qu’ils se retirent, cela signifie qu’il faudra recommencer tout le travail à zéro.

            Comble de malheurs, aujourd’hui, on signale des vols de matériels dans le lot des kits. Des batteries internes aux kits auraient disparu. Des kits auraient également disparu de leurs malles. Une enquête judiciaire serait même entreprise pour identifier les auteurs de ces actes.

            Sur toute la ligne, ça sent un sabotage planifié du processus électoral.

N.K.A

 
 
 
 

     
 

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