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Face aux velléités de remise en cause des orientations
politiques actuelles ainsi qu’aux manoeuvres visant à
perturber la bonne marche de l’Etat et à troubler la
quiétude des Togolais,
il nous est apparu nécessaire de replacer la vision du
Président Faure GNASSINGBE dans son contexte et de
souligner, si besoin en était, les axes fondamentaux de
la politique conduite depuis avril 2005.
Certes, ces velléités et manœuvres en cours sont
davantage un cache-sexe de quelques nostalgiques
patentés d’un passé révolu, et qui sont en mal de
repositionnement sur l’échiquier national. Au lieu
d’user de leur liberté de pensée et d’opinion pour
exprimer ouvertement et à visage découvert les
désaccords qu’ils auraient sur la conduite des affaires
publiques, ils cherchent vainement à exploiter les élans
impulsifs de ceux qui se croient solidairement investis
des charges de la Magistrature Suprême et qui
s’évertuent à vouloir perpétuer des pratiques révolues.
Ces
manœuvres et ces velléités laisseraient les populations
indifférentes si elles ne contribuaient à détourner
l’attention face aux enjeux et défis véritables que le
Chef de l’Etat et le Gouvernement d’Union Nationale se
consacrent à relever au service de toute la Nation, et
non de quelques uns. Beaucoup y seraient impassibles si
cès agissements ne conduisaient à une distraction de
l’énergie de l’Etat face aux souffrances du plus grand
nombre de nos concitoyens.
Et
pourtant, n’eût été la politique actuelle d’apaisement,
de tolérance, de pardon mutuel et de rassemblement pour
reconstruire le pays; n’eût été le souci d’oublier les
pages sombres du passé pour se tourner résolument vers
l’avenir, il est fort à parier que beaucoup d’entre nous
mériteraient la taule. Surtout ceux dont le parcours
tumultueux et ténébreux prête le flanc aux soupçons de
crimes crapuleux contre la Nation, de prédation et de
pillage de biens publics, y compris à travers le recours
à des réseaux mafieux pour entretenir une économie
parallèle et souterraine.
Les
artisans de ces basses manœuvres, ceux qui tirent les
ficelles dans l’ombre, sont connus. Ils se recrutent au
sein d’une poignée de caciques et d’individus, civils et
militaires, qui s’évertuent à susciter un climat
délétère et de crispation socio-politique dont ils
avaient l’art d’orchestrer afin d’organiser la saignée
du pays. Oui, il faut le dire aujourd’hui et le énoncer
avec courage et fermeté : il existe parmi nous des gens
qui sont mécontents de la politique d’ouverture et de
réformes menées depuis avril 2005. Leur cynisme n’a
d’égal que leur hypocrisie à l’égard des dindons de la
farce dont ils exploitent les bas instincts
qui se confient à un goût immodéré de l’argent et de
la jouissance et à une soif insatiable du pouvoir.
Oui,
dans le contexte actuel où le bal masqué se déroule sur
fond d’accointances et de connivences entre les extrêmes
et dans une coalition inattendue et surprenante des
radicaux de tous bords, il convient de dénoncer
l’imposture. Nous le ferons ici, non en recourant au
dénigrement facile, mais en tentant de situer le fil
conducteur de la dynamique d’ouverture, de dialogue et
de réformes, sur fonds d’un consensus national retrouvé.
Autre
temps, autres mœurs. Avril 2005 a marqué la fin d’une
époque. Il nous faut l’admettre et nous en convaincre,
sans reniement aucun.
En
effet, en dépit des graves dérapages et des turbulences
résultants de l’échec de la transition démocratique, qui
a été à bien des égards très tumultueuse, conflictuelle
et parfois violente, le Père de la Nation était
néanmoins parvenu à maintenir un climat de stabilité.
Toutefois, il n’est pas parvenu à restaurer les
conditions d’un progrès social et économique. Au moment
de sa disparition inopinée, la situation dans tous les
secteurs de la vie nationale s’était gravement
détériorée. Et il en était conscient. Lui qui fut d’une
mémoire prodigieuse et intelligente et d’un engagement
continu servi par une autorité naturelle.
A la
suspension de la coopération et à l’amoindrissement de
l’aide des partenaires extérieurs était venu s’ajouter
une dégradation manifeste des finances publiques. Le
pays n’était plus géré en tant que tel. Un laisser-aller
s’était progressivement installé, certains profitant de
l’épuisement du Vieux pour s’adonner aux trafics de tous
genres; d’autres abusant simplement de sa magnanimité
pour lui extorquer des faveurs qu’il ne pouvait leur
refuser. Par gentillesse et par fidélité.
Beaucoup trouvaient donc leur compte dans cette
situation de léthargie et d’impuissance face aux fortes
attentes des populations. Comme dans ce genre de
situations, les plus forts pouvaient tirer les marrons
du feu, tandis que les plus faibles subissaient durement
la misère quotidienne. Si le Père de la Nation n’a pu
redresser la barre, c’est aussi en raison d’un entourage
qui avait préféré le conforter dans l’illusion et
l’inaction,
Dès
lors, en avril 2005, face à la situation effroyable,
face à la méfiance et la suspicion, face à l’angoisse et
le désarroi des populations, il fallait impérativement
relever trois défis majeurs:
-
susciter les conditions d’instauration d’un climat
d’apaisement et de décrispation socio-politique et
répondre aux exigences de restauration de la confiance
et de la sécurité, de la paix sociale et de la cohésion
nationale, à travers une politique d’ouverture, de
dialogue, de réconciliation nationale et de
réhabilitation de l’histoire du pays
- à la
suite des turbulences qui avaient émaillé le scrutin
présidentiel d’avril 2005, renouer un dialogue confiant
et approfondi avec l’Union européenne, sur la base des
22 engagements, sachant que tous les autres partenaires
extérieurs et les bailleurs de fonds avaient aligné la
reprise de leur coopération et de leurs aides avec notre
pays sur les exigences de l’Union européenne et que le
déblocage avec cette dernière constituait un préalable
incontournable. Il n’est pas inutile de rappeler que les
22 engagements, conclus en avril 2004, reposaient sur
des exigences en matière des droits de l’homme et des
libertés publiques; de restauration de la démocratie et
de l’Etat de droit, ainsi que de respect des principes
de bonne gouvernance et de gestion rigoureuse des
finances publiques.
-
amorcer les réformes institutionnelles et économiques en
vue de favoriser la relance de l’économie nationale,
soulager tant soit peu les conditions de vie des
populations.
Ces
impératifs expliquent la relance du dialogue politique
inter-togolais, amorcé le 27 mai 2004 par le Père de la
Nation, avec pour finalité de parvenir à un cadre
électoral consensuel et à l’organisation d’élections
législatives transparentes, ouvertes et, acceptables par
toutes les parties prenantes.
A ce
stade, il est utile de relever qu’en dépit de
l’inachèvement des efforts de mise en œuvre des 22
engagements, la dynamique d’ouverture et de dialogue, de
réconciliation nationale et de réformes économiques et
financières ont permis une reprise graduelle de la
coopération avec l’Union européenne et les autres
partenaires, bilatéraux et multilatéraux du Togo
(France, Allemagne, Etats-Unis, institutions financières
internationales).
L’impact de ce réchauffement commence à se faire sentir
progressivement.
N’eût
été cette politique audacieuse et ambitieuse, y compris
la tenue du dialogue social qui a permis de parvenir à
une sorte de trêve sociale avec les organisations
syndicales et le patronat, ainsi que la restructuration
en cours des régies financières (Douanes et Impôts), ce
qui a permis d’améliorer la collecte des recettes
fiscales et douanières, il aurait été impossible de
parvenir à la situation d’apaisement et d’harmonie
sociale que nous connaissons aujourd’hui.
C’est
grâce à toutes ces mesures que nous sommes parvenus à
rattraper les arriérés de salaires, à régulariser la
situation de plusieurs milliers de temporaires et
contractuels et augmenter légèrement les salaires.
Toutes
ces mesures et ces réformes qu’il est indispensable de
poursuivre s’inscrivent dans un seul et unique but:
créer les conditions d’une véritable relance de
l’économie nationale en persévérant sur la voie de
l’ouverture et de la recherche du consensus politique -
les difficultés expérimentées par le Père de la Nation
démontrent à quel point l’exercice solitaire du pouvoir
est sans issue - et en mobilisant massivement la
coopération et l’aide des partenaires extérieurs et des
pays amis. C’est cela qui permettrait d’engendrer la
prospérité et d’assurer le progrès social et le
bien-être des populations.
Voilà
le sens et la portée de la politique que le Président
Faure GNASSINGBE essaie de conduire depuis que les
circonstances et la confiance du peuple l’ont porté à la
tête du pays.
Les
incompréhensions et les frustrations que cette dynamique
d’ouverture politique et de réformes institutionnelles
et économiques peut susciter sont compréhensibles. Mais
y a-t-il une alternative viable et crédible à cette
dynamique? Est-il aujourd’hui possible de diriger le
pays de la même manière et avec les mêmes méthodes que
le Père de la Nation?
La
réponse est assurément non.
Le Père de la Nation s’est sacrifié pour préserver
l’unité nationale et la stabilité politique. Il est
resté digne face aux dénigrements, aux incriminations et
aux tentatives de déstabilisation. Mais il n’a pas eu la
possibilité ni l’énergie nécessaire pour relancer le
pays, après avoir assisté impuissant à la ruine de ce
qu’il avait mis tant d’années à construire.
Nous
avons l’obligeance de préserver les acquis fondamentaux
qu’il nous a légués tout en cherchant à innover afin de
pouvoir répondre aux aspirations immenses des
populations. Les difficultés actuelles en matière de
délestages et de fourniture d’eau, la faillite de l’OTP
et de l’IFG, la déconfiture de SOTOCO et de certains
établissements bancaires publics de la place
illustrent l’impérieuse nécessité d’innover les
méthodes de la gestion.
Le
dialogue et l’ouverture s’imposent. Car là où hier, le
respect de l’autorité et de l’ordre résultait de la
contrainte et, parfois, de l’usage de la force, il nous
faut désormais convaincre et emmener les citoyens à
comprendre et adhérer à notre action, fédérer tous les
talents et entraîner toutes les énergies positives et
toutes les bonnes volontés.
Il
nous faut admettre l’évidence: le pouvoir n’est plus ce
qu’il était. Le progrès des connaissances et l’élévation
du niveau moyen de formation et d’instruction font que
l’argument d’autorité ne fonctionne plus. Ce qui a
changé avec le temps, ce n’est pas le besoin d’autorité
et d’ordre, mais la source de leur légitimité. Elle est
désormais dans l’adhésion et le consentement des
citoyens dont il nous revient de canaliser les forces.
C’est
dans ce contexte que toutes les forces vives et toutes
les composantes de la Nation, dont en particulier les
Forces Armées Togolaises, doivent être fières de la
contribution immense et éminente que chacun apporte à l’
œuvre de redressement et de reconstruction de la Nation.
Les forces de sécurité et de défense demeurent l’outil
essentiel, la clé de voûte de notre stratégie de
sécurité publique, de défense nationale et de stabilité.
Et le Président de la République Faure GNASSINGBE, Chef
suprême des armées, a veillé, personnellement et
quotidiennement, lors du Dialogue Politique
Inter-Togolais, à ce que les acteurs politiques rompent
avec les attitudes de mépris et avec la propension du
passé, où l’on jetait facilement l’opprobre et le
discrédit sur les corps habillés.
Depuis
lors, le Ministre de la Défense et des Anciens
Combattants a entamé la refonte des Statuts des Forces
Armées Togolaises. La réforme est appelée à se
poursuivre en vue de revisiter et adapter le rôle et les
missions respectives des forces de sécurité (Police et
Gendarmerie) et des forces de défenses (Armée), de
renforcer leurs capacités et leurs moyens d’action,
d’assurer pleinement leur vocation républicaine et leur
caractère national et apolitique, de revaloriser leur
place au sein de la Nation. Bref d’améliorer l’outil de
défense et de sécurité et les conditions de vie des
vaillants officiers supérieurs, sous-officiers et hommes
de troupe qui veillent à la sécurité des personnes et
des biens, jours et nuits, par temps de pluie et par
temps d’ensoleillement.
C’est
de cette manière que nos forces de sécurité et de
défense continueront à participer activement à l’effort
de redressement national et à être respectés par les
citoyens. Et une fois que nous aurons franchi, ensemble,
la période de difficultés et de sacrifice, le pays
retrouvera sa dignité et son prestige d’antan. Nous
renouerons avec la croissance et le progrès et chaque
catégorie socio-professionnelle, chaque citoyen, chacun
d’entre nous verra sa situation changer et s’améliorer.
Cet
effort de redressement national, de rénovation politique
et institutionnelle, de réformes économiques et
financières, nous devons l’assumer collectivement, dans
le respect mutuel et la tolérance. C’est la seule voie
pour changer le visage meurtri de notre pays et assurer;
durablement, le bien-être collectif et individuel.
Toute
autre attitude est une illusion et chacun doit en être
conscient. A moins d’avoir opté pour un naufrage
collectif’. Quelle que soit la réponse à cette
interpellation, je suggère qu’elle ne puisse ignorer, me
semble t-il, l’enseignement du Bienheureux Pape Jean
XXIII: «Nous ne devons jamais confondre l’erreur avec
celui qui erre».
Je
vais m’arrêter ici, chers lecteurs, et prier avec tous
pour que Dieu, poursuive à travers le Président Faure
GNASSINGBE, ce qu’il a commencé depuis longtemps et qui
est tout simplement la grâce de combattre le « bon
combat» de saint Paul, combat qu’il mènera, j’en
suis convaincu et fier, «ad multos et faustos annos
». |