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*Toujours dépendant !
Les Togolais doivent pleurer parce qu’après
un demi-siècle d’indépendance, nous ne sommes toujours
pas un peuple libre et une Nation indépendante. Même si
nous possédons nos propres emblèmes (Drapeau, Hymne
national, Armoiries…) et des instituions de la
République (les pouvoirs exécutifs, législatif et
judiciaire), tous les grands espaces décisionnels nous
échappent et nous font dépendre d’autres pays. Sans ces
derniers, notre agenda de développement ne sera même pas
entamé. Ils financent la construction de nos routes, la
construction de nos palais présidentiels, et même sans
eux, nous sommes incapables d’organiser un scrutin qui
doit décider de la direction du pays, pour élire nos
législateurs et nos gouvernants.
Hier, aux heures d’esclavage et de
colonisation, les chaînes de servitudes étaient
visibles. Et ce sont les membres de nos ancêtres qui
étaient liés. Aujourd’hui, les chaînes deviennent
invisibles. Mais nous sommes toujours liés et enchaînés
dans nos pensées. Inconsciensieusement, nous avons
accepté que tout ce que nous fabriquons est de qualité
inférieure alors que tout ce que nous importons est
supérieur en qualité. Martin Luther King ne disait-il
pas : « Aussi longtemps que la pensée est enchaînée,
le corps ne sera jamais libre. Etre psychologiquement
libre, avoir un sens ferme d’estime pour soi, est une
arme puissante contre la longue nuit de l’esclavage
physique » ?
Les Togolais doivent pleurer parce qu’un
pays aussi riche que le Togo avec une population aussi
infime, est demeuré dans la pauvreté et dans un état de
délabrement et de dégradation sans précédent. De la
munsterkolonie (colonie modèle) à l’époque allemande, il
devient une néo-colonie malade à l’ère actuelle,
c’est-à-dire, à l’ère française. Une Nation naguère
suscitée dans l’abondance (Café, Cacao, Phosphate,
Calcaire, Klinker…) mais blottie dans l’îlot des Pays
pauvres fortement endettés avec une dette intérieure
faramineuse et une dette extérieure « mamouthale ».
*Une dépendance énergétique corrosive
Les Togolais doivent pleurer parce qu’après 47 ans
d’indépendance, le Togo se vautre dans une dépendance
énergétique corrosive. La classe dirigeante n’est jamais
arrivée à faire un bilan énergétique exhaustif afin
d’asseoir une politique énergétique autonome. Les
Togolais doivent pleurer parce qu’après environ un
demi-siècle d’indépendance, une crise énergétique
pourtant prévisible, non pas une catastrophe naturelle
ni une force majeure imprévisible crée une perte
financière d’environ 80 milliards de nos francs aux
entreprises privées seules, selon l’estimation du
patronat.
Les Togolais doivent pleurer parce qu’aucun
fils de ce pays, après 47 ans d’études, ne peut être
trouvé pour résorber cette crise énergétique ; parce que
les ressources humaines sont brimées et que les
dirigeants sont loin de comprendre la plus grande
richesse d’un pays, est avant tout ses ressources
humaines. Alors peut-on nous dire qu’aucun Togolais
n’est capable de trouver une solution idoine à cette
crise qui fait perdre des dizaines de milliards à notre
économie qui a déjà perdu 4 points de son PIB à cause
du délestage ?
*Toujours divisés
A 47 ans, bien que nous soyons un pays géographiquement
délimité, nous sommes loin d’être une seule Nation,
encore moins un seul peuple à cause des déchirures
politique. Et c’est lamentable ! Les Togolais doivent
pleurer parce qu’à environ un demi-siècle
d’indépendance, ils ne peuvent pas s’asseoir ensemble
pour célébrer la naissance de leur Etat. Les Togolais
doivent pleurer parce qu’une partie de la population est
forcée à l’exil et une écrasante majorité croupit dans
une misère et une peur qui les éloignent des dirigeants.
Les Togolais doivent pleurer parce qu’après
47 ans d’indépendance, le fossé demeure béant entre le
Nord et le Sud (bien que d’aucuns même conscients,
veuillent faire croire le contraire) le peuple et son
armée, le peuple et sa justice et pire, le peuple et
ceux qui sont censés le représenter, c’est-à-dire les
députés. Les Togolais doivent pleurer parce qu’ils n’ont
pas de sanctuaire et tous les lieux de refuge sont des
tombeaux ouverts ; parce que le Togolais ne peut pas se
réfugier dans un commissariat, ni appeler l’armée au
secours ou encore trouver de justice auprès des
tribunaux et cours.
L’unité du Togo se sent uniquement juste
après la victoire de son équipe nationale de football et
pour la suite, soit c’est le RPT, soit c’est l’UFC, soit
c’est le CAR ou la CDPA et d’autres encore. Et le Togo
dans tout ceci ? A ce jour où la nature entière avec ses
êtres entre en harmonie pour célébrer cet anniversaire,
force est de reconnaître que nous qui sommes créés à
l’image de Dieu ne pouvons pas réaliser cette symbiose.
Industrialisation néante !
Les Togolais doivent pleurer parce qu’après un
demi-siècle d’indépendance, la politique de
développement industriel du pays est ancrée sur
l’érection çà et là des éléphants blancs. Des deux
huileries (Alokoégbé et Agou) à la raffinerie de pétrole
en passant par la féculerie de Ganavé, la sucrerie d’Anié,
l’Industrie Textile Togolaise (Datcha et Kara) qui n’a
servi qu’à fabriquer des tissus destinés à la confection
des uniformes des animateurs (danseurs à la gloire
d’Eyadema), aucune industrie viable ne peut être
identifiée dans notre pays.
Pire, le paradis promis de la zone franche n’est qu’un
vaste chantier d’exploitation de la main-d’œuvre
togolaise et source d’enrichissement d’une caste au
détriment de l’immense majorité des Togolais.
Les Togolais doivent pleurer parce que leur agriculture
demeure à l’étape rudimentaire et est loin d’être
industrialisée.
L’industrie chimique est inexistante et nous sommes
incapables de fabriquer un petit produit contre le petit
mal qui ronge nos ongles.
Les
hôpitaux sont des mouroirs
A 47 ans, nos hôpitaux sont incapables de prendre en
charge le moindre mal. Malgré la volonté et le niveau
très élevé de la plupart de nos médecins, qui ont
finalisé à l’extérieur leur formation, les Togolais
continuent par mourir des maladies qui sont jugulées
dans la plupart des pays. Hier, l’aspirine et la
nivaquine étaient gratuitement distribuées et l’alcool à
utilisation médicale et le coton mis à la disposition
des infirmiers pour les premiers soins. Un demi-siècle
après l’indépendance, aucun soin ne peut être obtenu si
le Togolais ne débourse des frais. Même le petit morceau
de coton imbibé d’alcool pour stérilisation et les
seringues est obtenu à prix d’or pour les démunis.
L’éducation laissée pour compte
Les Togolais doivent pleurer parce que le niveau de
l’éducation est lamentable. Le programme élaboré fait
former au rabais, les enseignants mal rémunérés et les
Universités dans un état de délabrement total. La
plupart des études sont sanctionnées par la maîtrise
alors que des étudiants très intelligents ne bénéficient
plus de bourses pour se parfaire dans les Universités en
Occident. Les Togolais doivent en pleurer.
Que
conclure ?
Dresser la liste exhaustive des maux qui minent notre
Patrie après 47 ans d’indépendance sècherait un océan
d’encre et rendrait insuffisant le firmament pris comme
un parchemin. Comme l’enseignait le Seigneur
Jésus-Christ aux filles de Jérusalem dans les temps
bibliques, que les Togolais pleurent pour leur pays.
Car, un demi-siècle après l’indépendance, le pays n’est
toujours pas libre. Il n’est pas libre du joug de la
françafrique, des pratiques néo-coloniales, des maffias
indo-pakistano-libanaises. Il n’est pas libre des
chaînes de l’invasion chinoise qui rapatrie systématique
la moindre recette engrangée sur le dos de la pauvre
main-d’œuvre togolaise. La communication est loin d’être
libéralisée du joug du monopole étatique et des périodes
de gratuité sont quasi-inexistantes contrairement aux
autres pays de la sous-région.
Les Togolais doivent pleurer parce que la communication
continue par coûter très cher.
Ils doivent pleurer parce qu’à un demi siècle de
l’indépendance, il n’existe aucun journal quotidien
privé et la presse, miroir de la démocratie, vit dans
une précarité inouïe.
Oui, les Togolais doivent pleurer, car les 47 ans
d’indépendance ne leur ont apporté qu’un acte de
naissance et une carte d’identité, difficilement
acquérables d’ailleurs.
Dimas
DZIKODO
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