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Forum de la semaine

24 avril 2007]

[248 : 23 avril 2007]
Vote du statut des anciens présidents et des anciens députés : Les députés s’assurent une retraite dorée

Les députés togolais se donnent une substantielle bouffée d’argent. Pendant que l’on les attendait sur plusieurs dossiers inscrits à l’ordre du jour de la nouvelle rentrée parlementaire, les députés ont plutôt préféré commencer par l’adage « On n’est mieux servi que par soi ». Jeudi dernier, ils n’ont pas mis beaucoup de temps pour adopter la proposition de loi organique déterminant le statut des anciens  présidents et celui des anciens députés de l’Assemblé Nationale.

            Les présidents décrochent le Jackpot. Pour les anciens présidents de l’Assemblée nationale, la loi votée leur accorde une série d’avantages allant de l’allocation d’une rente viagère à l’immunité en passant par d’autres privilèges honorifiques. Selon l’Article 5, la rente viagère est allouée à l’ancien président trois (03) mois après la cessation de ses fonctions. En cas de décès, ce sont les ayants droits (conjoint, conjointe et enfants mineurs) qui bénéficient de la rente. Avec une précision à l’alinéa 2 que « la rente viagère de l’ancien président de l’Assemblée nationale est revalorisée en cas de relèvement de l’indemnité du président de l’Assemblée nationale en fonction ».

            Les avantages qu’offre la loi à l’ancien président sont de plusieurs ordres et vont de la mise à disposition du personnel de sécurité, des gens de services, du passeport diplomatique à lui-même ainsi qu’à son conjoint, à ses enfants mineurs, de la couverture juridique et diplomatique reconnue à un ministre d’Etat, du titre de transport et frais de séjour d’un ministre d’Etat à la mise à disposition d’une carte d’accès au siège de l’Assemblée nationale et du Sénat. Selon la loi, est considéré comme ancien président de l’Assemblée nationale tout député élu président de l’Assemblée nationale qui finit son mandat, démissionne de la présidence, décède en cours de mandat, est destitué de la présidence ou cesse définitivement d’exercer la fonction de président pour toute autre cause.

Pension assurée pour les anciens députés

            Quand aux anciens députés, la loi leur prévoit un régime de pension de retraite parlementaire et fixe les conditions de sa jouissance. Est éligible à ce titre, le député qui a cotisé 300 points, qui a 50 ans révolus et qui a cessé effectivement la fonction parlementaire.

            Le député ayant moins de 40 ans et qui remplit les mêmes conditions, bénéficie, lui, d’une pension proportionnelle égale aux deux tiers (2/3). Enfin, pour un député âgé de moins de 40 ans, il pourra se faire rembourser ses points ou attendre l’âge de 40 ans révolus pour jouir de la pension proportionnelle.

            Les conjoints et les orphelins du député polygame n’ont pas de soucis à se faire. L’art 23 précise en leur faveur que « la pension de retraite parlementaire est réversible aux ayants droit (conjoint, conjointes et enfants mineurs) du députés à la retraite qui décède ».

            La loi votée autorise également le cumul des pensions de retraite parlementaire avec toutes autres pensions de retraite. Par contre, elles ne sont pas cumulables avec une indemnité parlementaire.

            A l’exception des anciens présidents, la loi votée ne concerne que les députés de la troisième législature (octobre 2002) et les législatives à venir. Notons que, est ancien député tout élu qui perd son siège, décède en cours de mandat ou termine un mandat.

            Reste maintenant au gouvernement de fixer les pensions parlementaires et de préciser les conditions de versement de la rente aux présidents et les cas de levée de l’immunité parlementaire.

            Pendant ce temps, les besoins des populations sont mis en retrait. «Ils se font leur bonheur sur les horreurs qu’ils ont créés à ceux qui les ont élus. Ils reviendront solliciter nos suffrages et ils verront», s’est exclamé un enseignant à la retraite qui touche à peine ses pensions.   

F.S.

 
47 ans après l’indépendance du Togo :  Pourquoi les Togolais doivent pleurer

Beaucoup s’étonneront du contraste émotionnel que veut faire susciter cet article au moment où, comme de coutume, l’écrasante majorité des Togolais, comme cela s’effectue d’ailleurs sur tout le continent africain dans de pareilles occasions, appelleront à une réjouissance populaire et organiseront des ripailles qui ne diront pas leurs noms. Et il se dira que le peuple togolais fête son indépendance. L’indépendance du joug colonial ! Des exclamations «Ablodé» fuseront de partout dans le camp de l’opposition incarnée pour la circonstance à Kpalimé par l’Union des Forces de Changement tandis que «Dégnigban» de la regrettée Bella Bellow ou «Alléluia» de Handel inonderont le ciel de Dapaong où se dérouleront les cérémonies officielles. Mais, y a-t-il réellement matière à se réjouir ? Non ! A notre humble avis, les Togolais doivent s’adonner à une réflexion profonde et pleurer sur le sort de leur pays. Oui, les Togolais, à un demi-siècle de l’indépendance, doivent plutôt pleurer ! Mais pourquoi doivent-ils pleurer ?

*Toujours dépendant !

            Les Togolais doivent pleurer parce qu’après un demi-siècle d’indépendance, nous ne sommes toujours pas un peuple libre et une Nation indépendante. Même si nous possédons nos propres emblèmes (Drapeau, Hymne national, Armoiries…) et des instituions de la République (les pouvoirs exécutifs, législatif et judiciaire), tous les grands espaces décisionnels nous échappent et nous font dépendre d’autres pays. Sans ces derniers, notre agenda de développement ne sera même pas entamé. Ils financent la construction de nos routes, la construction de nos palais présidentiels, et même sans eux, nous sommes incapables d’organiser un scrutin qui doit décider de la direction du pays, pour élire nos législateurs et nos gouvernants.

            Hier, aux heures d’esclavage et de colonisation, les chaînes de servitudes étaient visibles. Et ce sont les membres de nos ancêtres qui étaient liés. Aujourd’hui, les chaînes deviennent invisibles. Mais nous sommes toujours liés et enchaînés dans nos pensées. Inconsciensieusement, nous avons accepté que tout ce que nous fabriquons est de qualité inférieure alors que tout ce que nous importons est supérieur en qualité. Martin Luther King ne disait-il pas : « Aussi longtemps que la pensée est enchaînée, le corps ne sera jamais libre. Etre psychologiquement libre, avoir un sens ferme d’estime pour soi, est une arme puissante contre la longue nuit de l’esclavage physique » ?

            Les Togolais doivent pleurer parce qu’un pays aussi riche que le Togo avec une population aussi infime, est demeuré dans la pauvreté et dans un état de délabrement et de dégradation sans précédent. De la munsterkolonie (colonie modèle) à l’époque allemande, il devient une néo-colonie malade à l’ère actuelle, c’est-à-dire, à l’ère française. Une Nation naguère suscitée dans l’abondance (Café, Cacao, Phosphate, Calcaire, Klinker…) mais blottie dans l’îlot des Pays pauvres fortement endettés avec une dette intérieure faramineuse et une dette extérieure « mamouthale ».

*Une dépendance énergétique corrosive

Les Togolais doivent pleurer parce qu’après 47 ans d’indépendance, le Togo se vautre dans une dépendance énergétique corrosive. La classe dirigeante n’est jamais arrivée à faire un bilan énergétique exhaustif afin d’asseoir une politique énergétique autonome. Les Togolais doivent pleurer parce qu’après environ un demi-siècle d’indépendance, une crise énergétique pourtant prévisible, non pas une catastrophe naturelle ni une force majeure imprévisible crée une perte financière d’environ 80 milliards de nos francs aux entreprises privées seules, selon l’estimation du patronat.

            Les Togolais doivent pleurer parce qu’aucun fils de ce pays, après 47 ans d’études, ne peut être trouvé pour résorber cette crise énergétique ; parce que les ressources humaines sont brimées et que les dirigeants sont loin de comprendre la plus grande richesse d’un pays, est avant tout ses ressources humaines. Alors peut-on nous dire qu’aucun Togolais n’est capable de trouver une solution idoine à cette crise qui fait perdre des dizaines de milliards à notre économie qui a déjà perdu 4  points de son PIB à cause du délestage ?

*Toujours divisés

A 47 ans, bien que nous soyons un pays géographiquement délimité, nous sommes loin d’être une seule Nation, encore moins un seul peuple à cause des déchirures politique. Et c’est lamentable ! Les Togolais doivent pleurer parce qu’à environ un demi-siècle d’indépendance, ils ne peuvent pas s’asseoir ensemble pour célébrer la naissance de leur Etat. Les Togolais doivent pleurer parce qu’une partie de la population est forcée à l’exil et une écrasante majorité croupit dans une misère et une peur qui les éloignent des dirigeants.

            Les Togolais doivent pleurer parce qu’après 47 ans d’indépendance, le fossé demeure béant entre le Nord et le Sud (bien que d’aucuns même conscients, veuillent faire croire le contraire) le peuple et son armée, le peuple et sa justice et pire, le peuple et ceux qui sont censés le représenter, c’est-à-dire les députés. Les Togolais doivent pleurer parce qu’ils n’ont pas de sanctuaire et tous les lieux de refuge sont des tombeaux ouverts ; parce que le Togolais ne peut pas se réfugier dans un commissariat, ni appeler l’armée au secours ou encore trouver de justice auprès des tribunaux et cours.

            L’unité du Togo se sent uniquement juste après la victoire de son équipe nationale de football et pour la suite, soit c’est le RPT, soit c’est l’UFC, soit c’est le CAR ou la CDPA et d’autres encore. Et le Togo dans tout ceci ? A ce jour où la nature entière avec ses êtres entre en harmonie pour célébrer cet anniversaire, force est de reconnaître que nous qui sommes créés à l’image de Dieu ne pouvons pas réaliser cette symbiose.

Industrialisation néante !

Les Togolais doivent pleurer parce qu’après un demi-siècle d’indépendance, la politique de développement industriel du pays est ancrée sur l’érection çà et là des éléphants blancs. Des deux huileries (Alokoégbé et Agou) à la raffinerie de pétrole en passant par la féculerie de Ganavé, la sucrerie d’Anié, l’Industrie Textile Togolaise (Datcha et Kara) qui n’a servi qu’à fabriquer des tissus destinés à la confection des uniformes des animateurs (danseurs à la gloire d’Eyadema), aucune industrie viable ne peut être identifiée dans notre pays.

Pire, le paradis promis de la zone franche n’est qu’un vaste chantier d’exploitation de la main-d’œuvre togolaise et source d’enrichissement d’une caste au détriment de l’immense majorité des Togolais.

Les Togolais doivent pleurer parce que leur agriculture demeure à l’étape rudimentaire et est loin d’être industrialisée.

L’industrie chimique est inexistante et nous sommes incapables de fabriquer un petit produit contre le petit mal qui ronge nos ongles.

Les hôpitaux sont des mouroirs

A 47 ans, nos hôpitaux sont incapables de prendre en charge le moindre mal. Malgré la volonté et le niveau très élevé de la plupart de nos médecins, qui ont finalisé à l’extérieur leur formation, les Togolais continuent par mourir des maladies qui sont jugulées dans la plupart des pays. Hier, l’aspirine et la nivaquine étaient gratuitement distribuées et l’alcool à utilisation médicale et le coton mis à la disposition des infirmiers pour les premiers soins. Un demi-siècle après l’indépendance, aucun soin ne peut être obtenu si le Togolais ne débourse des frais. Même le petit morceau de coton imbibé d’alcool pour stérilisation et les seringues est obtenu à prix d’or pour les démunis.

L’éducation laissée pour compte

Les Togolais doivent pleurer parce que le niveau de l’éducation est lamentable. Le programme élaboré fait former au rabais, les enseignants mal rémunérés et les Universités dans un état de délabrement total. La plupart des études sont sanctionnées par la maîtrise alors que des étudiants très intelligents ne bénéficient plus de bourses pour se parfaire dans les Universités en Occident. Les Togolais doivent en pleurer.

Que conclure ?

Dresser la liste exhaustive des maux qui minent notre Patrie après 47 ans d’indépendance sècherait un océan d’encre et rendrait insuffisant le firmament pris comme un parchemin. Comme l’enseignait le Seigneur Jésus-Christ aux filles de Jérusalem dans les temps bibliques, que les Togolais pleurent pour leur pays.

Car, un demi-siècle après l’indépendance, le pays n’est toujours pas libre. Il n’est pas libre du joug de la françafrique, des pratiques néo-coloniales, des maffias indo-pakistano-libanaises. Il n’est pas libre des chaînes de l’invasion chinoise qui rapatrie systématique la moindre recette engrangée sur le dos de la pauvre main-d’œuvre togolaise. La communication est loin d’être libéralisée du joug du monopole étatique et des périodes de gratuité sont quasi-inexistantes contrairement aux autres pays de la sous-région.

Les Togolais doivent pleurer parce que la communication continue par coûter très cher.

Ils doivent pleurer parce qu’à un demi siècle de l’indépendance, il n’existe aucun journal quotidien privé et la presse, miroir de la démocratie, vit dans une précarité inouïe.

Oui, les Togolais doivent pleurer, car les 47 ans d’indépendance ne leur ont apporté qu’un acte de naissance et une carte d’identité, difficilement acquérables d’ailleurs.

Dimas DZIKODO

 
Cinkassé : Le Chef Nagnango Abdoulaye met le canton à feu

Tout était parti d’une réunion de la section locale de l’Union des Transporteurs du Togo destinée au renouvellement de son bureau. Le Chef canton de Cinkassé, Nagnango Abdoulaye, fort de sa suprématie voulait voir un de ses hommes à la tête du bureau. « Il jurait que tant qu’il serait vivant, ce sera un Yenga ou un Mossi mais pas un Moba » confie un témoin. Il faut rappeler que ces trois composantes ethniques font de cette ville frontalière un melting pot.

Mais malheureusement, les souhaits du Chef Nagnango ne furent pas exaucés et c’est  un certain Moïse Sankarédja, un Moba, qui fut porté à la tête du bureau local. Colère indescriptible du vieux Chef qui est par la suite indexé d’avoir organisé des groupes de jeunes pour s’attaquer aux biens du sieur Sankarédja. D’après les témoignages, les vandales  ont brûlé son magasin et deux de ses véhicules (on parle de mini bus de 15 places). Ils ont ensuite saccagé et brûlé les appatams au marché.

            Aujourd’hui, les forces de l’ordre de Dapaong auraient mis la main sur la plupart des vandales mais ce qui surprend les témoins est que l’instigateur présumé de ces violences, le Chef Nagnango Abdoulaye semble jouir d’une certaine impunité. « Il se serait réfugié à Bintou de l’autre côté de la frontière au Burkina Faso et revient de temps à autre » affirme-t-on. « C’est un grand maladif. Il ne résisterait pas à une seule seconde de détention. C’est peut être pour cela qu’on le laisse courir ainsi », nous lâcha un habitant de Cinkassé. Et pourtant, il n’a pas hésité à mettre à feu et à sang son canton.

F.S.

 
Kara/ Justice : Bras de fer entre le Procureur Général et le Juge d’instruction à propos de l’incarcération d’un voleur
« Pour un voleur incarcéré, deux juges se battent. L’un voulait le garder dans les liens de détention pour vols, menaces de mort et injures graves, l’autre voulait le libérer arguant que le Procès verbal de la gendarmerie est léger ! ».

Cette histoire drôle semblable aux Fables de la Fontaine se déroule à Kara où le Procureur Général Missite exerce des pressions intenses sur le Juge d’Instruction Marius Kélouani pour obtenir la libération d’un prévenu déposé à la prison civile de Kara, pour des motifs que nous avons cités plus haut.

Le Juge Missite aurait rédigé lui-même un ordre de libération qui s’est heurté au refus du Juge d’Instruction. Celui-ci estime n’avoir pas terminé l’information ouverte sur le dossier d’autant plus que le détenu, accusé de vol, est arrêté avec le corps du délit. Malgré tout, notre fameux P.G. continue sa pression. Il parait que le détenu serait un proche parent de sa femme. Une justice familiarisée ? Affaire à suivre car d’aucuns se demandent où se trouve alors le respect des instances juridiques         

F.S.

 
 
 
 

 

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