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Pendant que les nations qualifiées à la Coupe du monde
2006 se ruent dans les brancards pour offrir à leur
formation les meilleures conditions de participation à
cette compétition internationale, le président de
la Fédération
togolaise de football, Rock Balakiyèm Gnassingbé, lui,
ne pense qu’au renforcement de son autorité à la tête de
la FTF. Certes,
le problème n’est pas nouveau, mais il vient de prendre
une nouvelle tournure tant les dernières prises de bec
entre le président et son secrétaire général, Espoir
Assogbavi consacrent l’ambiance délétère qui règne
depuis à la Ftf et qui risque d’enterrer définitivement
les derniers espoirs des Togolais de relever le défi de
la Coupe
du monde après la débâcle du Caire en janvier dernier.
Signe avant coureur d’une détérioration de l’atmosphère,
la convocation de l’assemblée générale extraordinaire
pour le 29 avril 2006 à Notsè pour l’adoption des statuts standard comme le recommande
la FIFA avant le
31 mai 2006. Si la convocation de cette assemblée générale extraordinaire ne
semble pas poser de problème en soi, les procédés ayant
conduit à sa convocation semblent pour le moins
rocambolesques et trahissent le souci du président de
mener tout le monde en bateau. Les raisons qui nous le
font dire sont nombreuses :
D’abord, il est nécessaire de se rendre compte le
travail rendu par la commission ad’hoc qui a été créée
début janvier pour étudier les statuts standard et en
proposer une copie au Bureau exécutif de la FTF n’a pas
été étudié par le B.E. Le président seul s’était arrogé
le droit d’apprécier le travail et d’envoyer copie à la
Direction de
la Division Juridique
de
la FIFA.
Le second point de discorde, c’est le délai de la
convocation de l’assemblée générale extraordinaire. En
effet, selon les textes de la FTF, la lettre de
convocation d’une telle assise devrait parvenir aux
membres deux semaines avant la tenue de l’assise. Or
elles n’ont été émises que dans la semaine dernière,
c’est-à-dire en moins des deux semaines légalement
requises.
Toutes ces manœuvres de Rock Balakiyèm amènent à se
poser des questions sur la sincérité des actions d’un
homme dont le souci de se maintenir vaille que vaille à
la tête de l’instance dirigeante du football au Togo est
connu par tous les acteurs. En réalité, ce qui fait
courir Rock Gnassingbé c’est la hantise du scénario
connu au congrès passé de la FTF. Rock qui a été malmené
lors de ce congrès pour n’avoir pas présenté un rapport
financier, puisque le trésorier général d’alors, Lawson
Gallus n’avait jamais su comment les fonds de
la FTF
étaient gérés. Et le président voulant rapidement parer
au plus pressant, veut imposer les nouveaux textes dans
lesquels il a charcuté le poste de trésorier général au
motif que les statuts standard n’en font pas mention et
échapper à la fin de son mandat au contrôle des membres
de la FTF.
Les textes envoyés par le président aux membres de la
FTF la semaine dernière regorgent de beaucoup
d’irrégularités et les membres doivent faire beaucoup
attention pour ne pas se faire piéger. D’ailleurs,
beaucoup de membres doutent de ce que ce soit la copie
qui leur a été envoyée qui a été approuvée par
la FIFA. « On connaît les méthodes du président.
Il n’est pas loin d’envoyer une copie différente de
celle que nous avons reçu pour avoir l’approbation de
la Fifa aux fins d’orchestrer en toute légalité ses
manœuvres », nous a déclaré un membre de la FTF.
Tels que présentés, les nouveaux textes offrent moins
de garanties de transparence si ils venaient à être
adoptés en l’état comme le souhaiterait le président qui
ne manquera pas de brandir les correspondances échangées
entre la FTF et
la FIFA dans le cadre de la modifications des statuts.
Le congrès, par exemple, n’est habileté que pour
approuver ou non le rapport d’activité du président sans
toutefois faire expressément mention du rapport
financier alors que le même président gère les fonds de
la fédération. Voilà ce que souhaite Rock Gnassingbé et
selon son entourage, le canevas des statuts standard ne
fait pas mention du poste de trésorier général.
Ce que semble oublier le président et ses hommes, c’est
que le squelette de statuts proposés par la Fifa n’empêche pas ses membres d’inclure des dispositions spécifiques
dans leurs statuts, compte tenu des particularités de
chaque membre. D’ailleurs, selon la correspondance
adressée par le secrétaire général de
la FIFA, à son homologue de la FTF le
21 septembre 2005 à la suite de l’évaluation des statuts
de la FTF, M. Urs Linsi a seulement fait cas des
irrégularités constatées dans les textes existants de la
FTF. « Après les [textes de
la FTF]
avoir soigneusement étudiés, nous sommes au regret de
constater que le contenu et les principes des articles
des statuts de la FIFA énumérés ci-après sont manquants,
incomplets, ou reproduits de manière incorrecte dans vos
statuts », s’est contenté de faire observer M. Urs Linsi. A la suite de ces
observations, une liste d’articles à revoir a été
établie. Et nullement, il n’a été question pour
l’instance internationale de supprimer des postes dont
l’existence n’empiète pas sur les principes cardinaux
de
la FIFA. A vrai dire, les nouveaux statuts, Rock
Gnassingbé les voulait à sa mesure, au gabarit d’un
homme incapable de travailler dans un groupe, toujours
habitué aux méthodes militaires et prêt à faire étalage
de son rang d’officier supérieur des Forces armées
togolaises.
D’autres articles des nouveaux statuts posent aussi
problèmes à l’instar de l’alinéa 4 de l’article 32
portant composition du B.E qui impose la limitation
d’âge pour faire partie du Bureau Exécutif. Cet alinéa
dispose que : « Les membres du Bureau Exécutif ne
doivent pas avoir plus de 70 ans et pas moins de 35 ans.
Ils doivent avoir travaillé dans le football et avoir un
niveau universitaire ou un niveau intellectuel de haut
niveau (haute qualité) ou occupé une haute fonction
civile ou militaire … » Chaque mot de cet alinéa
mérite d’être lu et interprété car il semble comporter
des pièges. Pour quoi ne pas porter l’âge minimal à 25
ou à 30 ou carrément le repousser à 45 ou 50 ans ? Du
moment où la plupart des membres de la FTF sont des
jeunes, il convient de plancher sur la question. Et si
le président actuel avait moins de 35 ans, les
rédacteurs auraient-ils proposé cette monture ? Au-delà
de la question d’âge, il est nécessaire aussi que l’on
s’attarde sur les termes « niveau universitaire »
ou « niveau intellectuel de haut niveau » ou
encore « occuper une haute fonction civile ou
militaire ».
La liste des articles à problèmes n’est pas exhaustive.
Les délégués convoqués à cette assemblée générale
extraordinaire doivent beaucoup faire attention et ne
pas ouvrir la voie à la « monarchie footballistique »
qui se dessine. Les statuts standard de la FIFA ne sont
pas un prêt-à-porter auquel il ne saurait exister des
aménagements. Pas plus que les correspondances de
la FIFA. Les
délégués à l’assemblée générale extraordinaires ont
toute la latitude d’apporter des amendements ou même
demander la réécriture de certains articles des nouveaux
statuts, en tenant en compte les principes cardinaux de
l’instance internationale. Dans tous les cas, il serait
même bien pour les délégués à l’assemblée générale
extraordinaire de reporter l’entrée en vigueur des
nouveaux statuts, s’ils venaient à être adoptés à la fin
du congrès électif prochain de la FTF afin d’obliger Rock Balakiyèm Gnassingbé à rendre compte de sa
gestion non seulement sur le plan des activités mais
aussi et surtout sur le plan financier depuis 8 ans.
H.A
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