|
Pouvoir et opposition reprennent langue au Togo et le
doute enfle. Si cette dernière tentative capotait,
jusqu’où irait la série de ce cercle vicieux, se demande
t-on. L’absence d’un médiateur ou d’un facilitateur
« crédible » est considérée dès lors comme une « folie »
par l’opinion publique, fatiguée des incessants retours
à la case départ. Les mémoires s’éveillent au souvenir
de rencontres organisées par Koffi SAMA et Dama DRAMANI
à partir du 10 juin 2004 et qui ont vite fait de tourner
au fiasco. |
|
Concrétisation d’un retour exigé aux 22 engagements à
travers l’ouverture du dialogue national, le point 1.1
desdits engagements enclenche un processus bourré
d’incertitudes. En Avril 2004, il avait été stipulé au
chapitre du dialogue, que ce dernier se tienne « dans
un cadre structuré et transparent ». Or, la rupture
de confiance assez largement consommée entre le système
RPT aux errements despotiques et le peuple, attise la
méfiance, allume la critique. Point n’ait besoin de se
servir d’une loupe pour se figurer qu’en vérité, pour le
clan au pouvoir, la différence ne s’impose aucunement
entre obscurantisme et transparence. Un simple retour
vers un passé toujours récent, fait de fuites en avant
dans le contexte d’une élection sanglante aux non-dits,
atteste d’un brouillage qui fait ni plus ni moins
entorse aux fameux engagements. L’histoire est en marche
et la « contribution positive » du parti au
pouvoir est à l’épreuve. Après quarante années passées à
gouverner de travers, le RPT ne devrait décemment pas
refuser de porter son fardeau fait d’une « obligation
de réparer ».
Pour
nombre d’analystes de la situation politique togolaise
le nouveau degré d’exacerbation imprimé au déficit
démocratique, traduit la fébrilité du pouvoir au regard
de ce qui transparaît comme une issue implicite de la
mise en œuvre de bonne foi des 22 engagements. Il n’est
pas dit qu’une alternance au pouvoir soit étrangère au
fondement démocratique exigé par l’UE. Et c’est
l’inévitable scénario que redoute le RPT. Dama DRAMANI
avait à travers un larmoyant éloge funèbre au Gal
Eyadéma, vendu la mèche : promesse avait été faite au
vieux Gal de ne point laisser le pouvoir leur
« échapper des mains ». Jusqu’où ira-t-on dans le
respect de ce pacte conclu avec le défunt Eyadéma ?
La
réponse s’est trouvée dans l’installation de Faure
Gnassingbé au pouvoir. Elle est le souvenir du génocide
des 24, 25,
26
avril 2005.
Mais cette réponse reste encore à trouver dans
l’aboutissement du dialogue national réactivé le 21
avril dernier. Par ailleurs, l’ébauche de réponse que
constituent certaines questions sur lesquelles le
pouvoir renâcle à négocier, apporte la crainte d’un
pourparler aux allures de Poker menteur. N’avait-on pas
déjà signé des accords hardiment violés par le RPT ?
Pour
le pouvoir, rien ne vaut la reprise de la coopération.
Pour le peuple rien ne vaut la fin de l’impunité, de
l’intrusion de l’Armée dans le débat politique, des
hold-up électoraux érigés en tradition politique, du
tribalisme et de leurs tristes corollaires.
Quand
la question fut posée à certains Togolais de savoir ce
que représentaient à leurs yeux les 22 engagements, il a
été répondu qu’ils étaient comme la voie tracée vers le
basculement d’un régime fripé, pour peu que certaines
réalités nouvelles soient prises en compte. Les 22
engagements étant aux antipodes des pratiques actuelles
du pouvoir, leur réalisation effective placerait un tant
soit peu le Togo à l’endroit. N’empêche que, depuis le
scénario infernal de l’élection présidentielle de 2005,
la caducité des 22 engagements pris sous le règne de
Gnassingbé père est évidente pour certains. Mais pour
d’autres encore une certaine lecture impute au possible,
un caractère de « feuille de route » au dit
document.
Ahoefa
A. |