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Encore quelques aventures sorcières
« … Non seulement les sorciers, en
France, existent- parmi lesquels les hommes sont bien
plus nombreux que les femmes, exit l’image de la
sorcière au nez crochu -, bien intégrés au corps social,
mais encore agissent-ils avec la foi du charbonnier pour
ou contre des gens- vos voisins, vos proches peut-être-
qui sortent de l’épreuve gagnants ou anéantis ! Ce n’est
pas discutable. Ce sont des faits… ».
Des politiques y plongent. Mais ce n’est
pas leur apanage. De
la France d’en haut à la France d’en bas, l’on tâte de
la sorcellerie. Des récits qui n’en gardent pas moins
leurs caractères pittoresques dans un monde occidental,
en témoignent.
« Le jeune couple qu’il nous présente, à deux pas de
son domicile bourguignon, revient de loin. Lui, que nous
nommerons Pierre-Yves est viticulteur ».
« Très vite, après le décès trop rapide de son
père, Pierre-Yves souffre. Le médecin diagnostique une
« asthénie fonctionnelle ». Jolis mots de toubib pour
dire « je ne sais pas trop ce dont vous souffrez, mon
pauvre monsieur… ». La grand-mère de Pierre-Yves, au
surplus, tombe malade, s’alite. « Elle enfle » nous
dit-on « les ventes chutent. Le couple s’endette.
Ahurissant : alors que le viticulteur traite ses vignes
au désherbant adapté, les ceps sont envahis par la
végétation parasite. « Des montagnes d’herbes ! Et puis
la ronce… ».
« Mais pour le couple, la série noire va trop
loin. Quand leur « petite » tombe soudain malade, sans
raison, sans vrai diagnostic, Odile a un « flash » :
« La nourrice m’a craché le morceau. Alors que
« l’autre » (la belle-mère de Pierre-Yves) ne venait
jamais, deux jours avant qu’elle ne tombe malade, elle
était venue la voir… ». Désormais, le couple croit à la
thèse de Claude de Jussieu (le sorcier)- La belle-mère a
recruté un sorcier pour les faire disparaître, rien de
moins. Il leur promet qu’il va les aider à se battre ».
« A la nouvelle lune, en fin de phase descendante,
Claude s’en est venu imposer ses deux mains chacune
garnie d’un crapaud desséché sur le tracteur « ennemi ».
Depuis le mécanicien du village se demande encore
pourquoi la boite a lâché. A l’heure où nous écrivons,
la récolte de Mme Belle-Mère présente tous les signes
d’un pourrissement préoccupant. Enfin, pire que tout,
elle-même est tombée malade : elle souffrirait d’un
cancer des poumons et de polypes oesophagiens pour une
non-fumeuse… »
« Tout autour de Pierre-Yves s’orchestre une
série de coups de chance quand dans le même temps, ses
concurrents, ses faux amis, ses ennemis voient une pluie
de tracas s’abattre sur eux : méventes, petits complots
sordides qui se retournent contre leurs fauteurs,
tracteur-enjamber qui tombe en panne… Dans le garage
interdit de Claude de Jussieu, (…) un bocal dans lequel
s’étouffe dans la fumée tabagique le similaire de Mme
Belle-Mère semble correspondre à la suspicion de cancer
chez cette non-fumeuse ».
-
le fonctionnaire marabouteur
« Nous sommes en Novembre 2001. Claude, dit-il « sent»
que quelque chose déraille chez Colette. Elle vient lui
confier le secret qui la pétrifie de honte : depuis des
semaines, des mois, des cauchemars terribles hantent ses
nuits. Quand elle nous répète alors ce qui lui arrive,
elle doit rassembler tout son courage pour évoquer les
images oniriques au milieu desquelles elle se réveille,
en nage : des rêves pornographiques l’assaillent, elle
se voit livrée aux pires pratiques, jusqu’à la
zoophilie».
« Le désorceleur Jussieu estime qu’un marabout payé par
« l’ex » agit contre elle depuis une ville voisine.
D’après lui, il « charge » méchamment la malheureuse ».
« Une voisine affirme avoir vu rôder le marabout près de
chez Colette. On trouve même un crapaud noir, vivant,
tout près. La fille du couple séparé tombe malade,
tandis que son frère, jeune garçon calme, montre des
accès de violence ».
« Une nuit, Colette se rêve ver de terre. Elle se
réveille assise dans son lit en train de réciter la
prière libératrice que Claude de Jussiu, sorcier-
soignant, lui a demandé de dire chaque jour. Pour elle,
le message est clair : on veut la mettre en terre, mais
elle saura s’en échapper.
« Les dernières nouvelles : persuadé que le ripoux
continue à faire marabouter sa cliente, le désorceleur a
sorti le grand jeu. Aujourd’hui, très malade, l’individu
semble avoir renoncé à venir terroriser son ex-femme ».
-
Les amulettes de François Mitterrand
La révélation avait pris des allures de « secret
d’Etat ». L’héritage mitterrandien comportait dans
son actif un passé sorcier !
« Ce fameux soir, ils s’étaient déjà rendus ensemble
au pied de l’arbre, et ensemble, ils avaient enfoui sous
les racines, dans la terre fraîchement remuée, les
amulettes qui garantiraient la pérennité du règne… »
Campe, Pfister pour décrier les rituels du
« Président ».
« De retour vers le palais, le marabout avait expliqué
que la charge magique ne serait pas éternelle : si le
président exerçait plusieurs mandats ou s’il demandait
trop, aux esprits, il faudrait penser à renouveler
l’opération ». Pour le romancier bien informé, du reste,
la magie de ce N’Golo à laquelle aurait souscrit
pleinement un François Mitterrand rattrapé par la
maladie n’est pas simple fumisterie d’escroc ».
« Dans le parc du palais où se promène parfois un autre
président, Jacques Chirac, un fétiche consacré enterré
par Mitterrand et son supposé sorcier au pied d’un
certain chêne dort-il encore sous la terre ? Pas sûr.
Thierry Pfister clôt son roman sur les derniers jours du
président, alors que, sollicité pour autoriser des
travaux de renouvellement de la pelouse, il lance à
l’intendant : « Aussi longtemps que je serai le maître
en ce palais, on ne touchera pas à cette pelouse et
moins encore à son sol. Tenez cette consigne pour un
ordre exprès. Après moi, vous ferez comme bon vous
semblera ».
Ainsi se referme les pages des récits rocambolesques de
Sylvie Jumel. Qui saurait dire où s’arrêtent les
frontières de la sorcellerie ?
Ahoefa A. |