Site Web entier

AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
 

 

 

28 mars 2006

[No 142: 27 mars 2006]
La politique du paradoxe : Edem Kodjo lance la circulaire de l’impunité

Il ne manquerait plus qu’Edouard Edem Kodjo soit proprement hué et conspué sur la place publique, tant sa dernière bévue, « la lettre circulaire de l’impunité » suscite des émotions de vive révolte au sein des populations. Le fait s’explique par cette subtilité de langage qui semble coller aux réfugiés togolais, l’étiquette de criminels et de délinquants notoires, ayant pris la poudre d’escampette pour échapper à un juste châtiment. « Du dégoût, rien que du dégoût », avait vociféré l’arrogant intellectuel de la Primature au sortir de sa débâcle électorale de 2003. Aujourd’hui, le constat s’établit que le dégoût a radicalement et raisonnablement changé  de camp, pour n’être qu’un mode d’expression à l’usage du peuple ployant sous les coups de boutoir d’un Premier Ministre d’intelligence avec le clan au pouvoir.

Au regard de la question de l’impunité qui s’est posée depuis l’accession sanglante de Faure Gnassingbé au pouvoir, la décision d’Edem Kodjo « d’abandonner instamment toutes poursuites diligentées ou à diligenter  à l’encontre de toutes personnes présumées auteurs d’infractions ou de délits étroitement liés à l’élection » à l’exclusion des auteurs présumés de « crimes de sang », constitue une saillie mémorable dans le cap original que le pouvoir entend imprimer à la résolution de la crise togolaise : faire un grand écart, en violation pure des recommandations édictées par les différents rapports de l’ONU, de la Fidh, de la LTDH. Pour beaucoup, cette mesure tient plus d’un vaste plan de prédation que d’un quelconque « souci d’apaisement totale et de réconciliation nationale ». Car, comment concevoir que le drame togolais puisse être appréhendé comme étant une tragédie qui pourrait se régler à coup de circulaire ? Alors, c’est bien difficilement que le commun des Togolais se creuse la cervelle pour essayer de décrypter les pulsions qui sous-tendent le négationnisme dont use le locataire de la primature dans la gestion du dossier des réfugiés Togolais. Il avait été dit qu’Edem Kodjo n’avait rien a proposer aux Togolais et qu’il urgeait de le booster hors de ce fauteuil ministériel qui lui octroie un rôle qu’il aura tout compte fait chapardé !

Au delà du fait que ce récent coup de bluff conserve au pouvoir toute la caractéristique de son inertie politique, le maintien des poursuites diligentées contre les auteurs de crimes de sang aura le mérite de jeter un jugement nouveau sur les perspectives qui sont celles du pouvoir, pour peu que le régime veuille apporter les preuves palpables d’une réelle volonté d’en finir avec le crime organisé. Vue ainsi, la décision du pouvoir d’abandonner certaines poursuites relevant des évènements post-électoraux s’accompagne t-elle d’un défi que le pouvoir se lance. Ainsi certains conçoivent-ils la chose. Avec l’exclusion de toute mesure de clémence à l’égard des auteurs de crimes de sang, le pouvoir se met à l’épreuve. Finalement, il ne sera pas dit que la circulaire en question soit dénuée de toute pertinence.

Nombre d’observateurs de la scène politique togolaise croient savoir que le climat ambiant est loin d’être propice au retour des réfugiés. Ils croient également savoir dans quelle sphère gravitent les principaux auteurs des crimes de sang liés à l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir. Et nul n’ignore qu’avec les rapports de l’ONU  et de la Fidh, des noms avaient été gracieusement livrés. L’impasse dans laquelle s’embourbe la résolution de « la question togolaise » comporte entre autres ingrédients, une science du machiavélisme qui s’acoquine fort bien de l’impunité, un privilège réservé pour qui accepte de se compromettre pour les beaux yeux du clan. Les édifiantes mésaventures de réfugiés candidats au retour, jetés en prison à Lomé, maltraités puis arnaqués à Krikri, portent un cinglant témoignage qui atteste d’un Togo tenant plus d’une pétaudière que d’un havre de paix, et ceci, selon que l’on soit  identifié comme réfractaire aux acquis du clan.

Le retour des réfugiés, à l’occasion, pourrait servir de trophée de gloire au tandem incendiaire Faure-Kodjo, mais ils attendront longtemps, car ce vœu ne se réalisera pas encore ; et ils sont les premiers à le savoir. La voix de l’ex-ministre de l’intérieur et de la sécurité, François Akila  Esso Boko sur les ondes de Télésud le mercredi 15 mars dernier, résume à elle seule, l’état d’âme et la disposition d’esprit communs à des milliers de réfugiés togolais : « je ne rentre pas à Lomé parce que le processus de réconciliation, qui doit permettre une vraie retrouvaille des filles et fils de ce pays pour se tendre la main, pour se pardonner, pour se réconcilier, n’a pas commencé. Faure Gnassingbé ne veut pas mettre en marche ce processus. Pourquoi voulez-vous que je m’installe à Lomé sachant pertinemment que ma vie est en cause ? Pourquoi vous voulez que je choisisse de mourir lorsque je courais au combat du progrès ? Je ne peux pas choisir exprès la mort. Elle peut arriver à tout le monde mais je ne peux choisir de me mettre dans un scénario pour que ma vie soit attentée… ».

Mettre fin à de tels discours qui reviennent comme une rengaine et ne manquent pas d’éclabousser le régime, tient sûrement à peu de choses : punir les bourreaux, rendre justice aux  victimes. Le gros défi pour le grand énarque de la primature serait alors d’enclencher une opération de séduction à l’endroit des réfugiés imperméables à de répétitifs appels au retour. La chose parait bien simple à première vue : régler leur compte aux criminels listés en annexe du rapport de l’ONU, sans épargner les complices directs pris dans les corps habillés, les milices dressés pour répandre le sang et autres zélés. Le secret de polichinelle étant que tous les auteurs présumés de crimes de sang, n’avaient point ressenti le besoin de prendre la tangente, une catégorie toute désignée d’auteurs de crimes de sang se trouvent à portée de main et se pavane un peu partout sans remords bien sûr. Alors, qu’est-ce qui empêche d’en faire des cas résolus, des affaires classées ?

La seule caution valable qu’Edem Kodjo puisse offrir en garantie de sa lettre circulaire en l’état actuel de la situation politique togolaise, serait de donner une suite judiciaire au rapport de l’ONU, compte tenu de la fameuse liste en annexe. Ainsi débarrassé de viles sanguinaires, le Togo pourra de nouveau inspirer confiance et accueillir ses enfants en errance. Seulement, où Edem Kodjo irait-il déniché le cran nécessaire pour opérer ce spectaculaire volte-face, lui un premier Ministre vidé de tout pouvoir ? Considérant d’un côté que pour l’ONU la principale responsabilité des carnages d’avril 2005 incombe au pouvoir RPT, dont M. Kodjo maîtrise les rouages, ce ne sont donc pas les conditions qui font défaut pour que ce dernier donne un raccourci à l’histoire du pays. Il aura infligé un camouflet spectaculaire à ceux qui, par devers son bilan neutre, jugent qu’ « il ne sert pas le Togo ; il s’en sert » pour satisfaire ses obsessions de grandeur. En définitive, en attendant que les réfugiés jugent convenable ou non de rentrer au bercail, que s’ouvrent des procès pour crimes de sang. Contre les authentiques criminels !

Ahoefa A.

 

Job.com

 
 

Nécrologie


ATOHOUN Koffi Alex dit «Aléko »


Marc Raymond Agnacou Kponton

Leurs propos

Jean-Pierre Fabre s'entretient avec L'hebdomadaire "Le Républicain"

Me Max Sitti
S.E. Mgr Julien Mawulé KOUTO:  "Il m’a été demandé pour le bien de l’Eglise et pour mon propre bien » de démissionner"

Jacques Goumai Nassam

Prof. Gnininvi
 

 

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

Publicité

Copy your games, movies, dvds, and data onto DVD.

 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 

AmericanSingles.com

 

Roxio Backup MyPC Deluxe!

 
 
   
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved