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24 mars 2006

[No 141: 23 mars 2006]
Médiateur ou missionnaire de l’Elysée ?

Un an après la mort d’Eyadema, le Togo se cherche toujours. Le pays tarde à se remettre des événements dramatiques d’avril 2005. Comme le recommande la sagesse « quand il y a dissension, il faut s’asseoir et discuter ». Si les plus grandes guerres ont définitivement pris fin autour d’une table de discussion, la crise togolaise, vu les nombreuses assises qui y ont été consacrées, paraît sans issue. Le énième dialogue politique intertogolais annoncé depuis les mois passés tarde à voir le jour. Conséquence du règne sans partage d’un clan, qui veut dialoguer en écartant toutes les questions relatives au mal togolais et pire en imposant un médiateur à leur solde.

Connaissant les hauts et les bas du problème togolais, l’ONU a jugé bon de recommander un médiateur impartial et expérimenté l’algérien Lakdar Brahimi. Proposition catégoriquement rejetée par les autorités togolaises qui optent pour Blaise Compaoré, le président Burkinabé.

De bonne mémoire Blaise Compaoré a apporté son soutien à Faure Gnassingbé lors de la campagne présidentielle et ce dernier déclarera plus tard lors de son voyage à Ouaga que « le Burkina Faso constitue un allié stratégique pour le Togo ». En signe de reconnaissance Faure aurait fourni des hélicoptères et des voitures à son « parrain » du pays des hommes intègres pour sa campagne présidentielle. Ce partenariat entre le président burkinabé et son homologue togolais montre que Blaise Compaoré n’a pas sa place aux pourparlers intertogolais. Sa proposition comme médiateur était d’ailleurs désapprouvée par l’opposition togolaise. Les motifs de sa visite à Kara en ce début de semaine, qui selon le communiqué final s’inscrivait dans la lignée du dialogue intertogolais n’étaient donc pas réels. Une question fondamentale demeure : qu’était-il venu faire ?

Deux hypothèses peuvent être posées :

- Absent aux funérailles du  général Eyadema, Blaise Compaoré s’est rendu par la suite à  Pya pour s’incliner devant la dépouille mortelle ou ;

- A défaut de ne pouvoir ouvrir les portes de l’Elysée à Faure Gnassingbé le fils de l’  « ami personnel », Jacques Chirac se fait  représenter par le président burkinabé qui est un allié de taille de la France en Afrique Occidental.

Ces derniers temps, la France est obligée de faire des yeux doux au pouvoir illégitime de Lomé, puisque après les phosphates, l’exploitation du pétrole togolais est prévue pour cette année.

Etonam SOSSOU

 

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