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Ceux
que le hasard a favorisés en les destinant à deux types
de vie: l’une publique et l’autre privée, ont souvent au
Togo, la sale habitude de ne pas mettre de frontière
entre leur vie publique et leur vie privée. Il y a des
comportements à afficher chez soi, mais qui ne sont pas
à transporter dans un service public. Ceux-là ignorent
qu’un être humain normalement constitué et intellectuel
en plus, ayant à sa charge des hommes à gérer dans le
cadre d’une mission publique, devrait veiller à un
minimum de pédagogie et de psychologie dans la conduite
de ceux qui sont ses administrés directs et comme tels,
appelés à œuvrer de concert avec lui pour l’atteinte de
l’objectif assigné au service dont il a la
responsabilité; et cela, dans une parfaite symbiose. Un
directeur de service privé ou public a quel intérêt à
mépriser ses agents, à les traiter comme des moins que
rien, si au bout du chemin, le résultat attendu est le
bon rendement, la performance, voire l’émulation?
A la
Mairie de Lomé et plus précisément dans certaines
directions des unités relevant de cette Mairie certains
Directeurs n’en ont cure du respect à donner à leurs
administrés. A voir la manière dont ils traitent leurs
agents, on a l’impression que ces directions sont pour
eux des entreprises privées qu’ils dirigent comme bon
leur semble. Les administrés pour la plupart, n’hésitent
pas à les présenter comme des hommes foncièrement
méchants (c’est le mot), en plus d’un caractère
fortement égoïste: tout pour soi et rien pour les
autres. C’est dommage que les hommes, à force de courir
après l’argent, en arrivent facilement à oublier
complètement les moments les plus désagréables de leur
existence, moments qui devraient les hanter
quotidiennement afin qu’ils évitent de retomber dans les
erreurs du passé. On a vite fait d’oublier qu’une
certaine Commission nationale de lutte contre la
corruption et le sabotage économique, passée il y a
quelques années par la Maire avait fait pleurer de
grands gaillards derrière la grille de la gendarmerie de
Lomé comme de petits bébés privés du sein de leur maman.
La
mise en réseau informatisé du service des Recettes et du
service de la Direction des affaires financières de la
Mairie, il y a quelques jours, a amené à l’installation
d’antenne de réseau au niveau de chacun de ces deux
services. A cette occasion, de nouveaux ordinateurs
flambant neufs ont été introduits dans ces deux unités.
Dès l’installation desdits appareils, certains
Directeurs qui ne se soucient que de leurs propres
intérêts depuis leur arrivée à la tête des services, ont
demandé aux techniciens de supprimer son et jeux sur les
ordinateurs de leurs agents, ce qui a été fait. Le même
ordre aurait été donné aux techniciens concernant les
ordinateurs du service des Recettes. Les agents de ce
dernier service qui ont leur propre directeur, ont
vivement protesté, allant jusqu’à demander que les zélés
viennent eux-mêmes pour procéder à cette manœuvre et
qu’ils les attendaient de pieds fermes.
Si ces
messieurs avaient du respect et de la considération pour
leurs agents, qu’auraient-ils fait raisonnablement? Ils
auraient pu laisser installer les appareils en l’état
avec tous les accessoires (son, jeux, ...). Et ce n’est
qu’à partir du moment où, en bons directeurs, ils
observeraient distraitement les utilisateurs desdits
appareils en train de jouer aux jeux, pendant qu’ils ont
du travail à faire, ou remarqueraient que les tâches à
eux confiées ne sont pas exécutées dans un délai
raisonnable, et qu’ils étaient fondés à attribuer un tel
état de choses à l’excès d’amusement, que cette mesure
viendrait en guise de sanction. Mais ce ne fut pas le
cas.
Il est
particulièrement choquant qu’en ce 21è siècle des hommes
instruits osent s’arroger le droit de maintenir leurs
administrés, dont certains ont même plus que leur âge et
qui plus est, pères et mères de famille, dans une sorte
d’asservissement dictée par un instinct de domination et
de l’arrogance. En voilà de ces messieurs qui ne peuvent
jamais voir leurs semblables s’émanciper au point de les
égaler. La chose, est si révoltante et si dégradante
qu’il n’est pas jugé nécessaire de la dénoncer en y
allant du dos de la cuillère. Il est dit aussi qu’au
début, ils exigeaient que tous leurs agents allassent
leur présenter le bonjour matinal dans leur bureau avant
de s’installer pour le travail et cela chaque jour de la
semaine. Nul ne sait trop comment, ils ont fini par
mettre fin progressivement à un tel zèle poussé à
l’excès. Qui le leur a déconseillé? Les agents ne le
savent que trop. Quel est ce comportement de colon, à la
limite, dirait-on, d’homme peu civilisé et non émancipé
?
Par
ailleurs, depuis que certains Directeurs sont à la tête
de leurs unités, ils ont formellement interdit à tous
leurs administrés d’allumer un poste radio dans leur
service. Pour eux, même les informations, c’est chez soi
qu’on doit les écouter. Il est à préciser que cet
interdit ne vise pas à discipliner ceux du personnel qui
perturberaient éventuellement la sérénité et le calme du
travail. Non, loin de là, dans la mesure où même ceux
qui pouvaient se servir d’un écouteur pour leur radio,
étaient sommés de laisser leurs appareils à la maison.
Jugez-en vous-même! Dans quel service public au Togo
a-t-on déjà pu observer un tel manque de respect à
l’égard de ses agents? Voilà autant de raisons pour
lesquelles il est dit que ces messieurs considèrent les
directions comme des entreprises personnelles. Si cette
attitude continue nous reviendrons à la charge avec des
noms mais aussi avec des détails plus croustillants que
nous n’avons pas voulu étaler ici, parce que nous
n’avons pas pour mission de détruire, mais d’amener à se
ressaisir.
Les
Togolais ne peuvent pas subir une dictature éhontée
imposée depuis le sommet par un groupuscule, à près de 5
millions d’âmes et voir des néo-colonialistes nègres
ériger un service public de l’Etat en une ère de
défoulement pour leur mini-dictature. Les Togolais en
ont marre de ces comportements rétrogrades dans leur
pays et demandent que ça change. Il est temps de
concéder un minimum de respect aux agents. Si nous avons
tenu à dénoncer publiquement ces agissements en lieu et
place des employés, c’est à juste titre, parce que,
aucun agent de service public, à moins d’être fou,
n’oserait regarder son directeur les yeux dans les yeux
et lui réclamer ses droits bafoués même si cela se
passait sur un ton de politesse. Il risque d’en faire
les frais au moment de l’évaluation pour l’avancement
dans la grille salariale. La presse privée, quatrième
pouvoir a l’impérieux devoir de démasquer les auteurs de
ces comportements vils et les mettre sur la place
publique. Il faut une société civilisée au Togo et
l’instinct d’asservissement et d’esclavage dont
raffolent des gens doit être bannis de la terre de nos
aïeux.
Pour
terminer, il faut attirer « amicalement »
l’attention de ces directeurs sur ce qui suit:
1°)
Pour être assez productifs les agents ont des droits,
que leur responsable ne doit pas sous-estimer: entre
autres, ils méritent eux aussi respect et attention.
2°)
Penser à alimenter les motos des services en carburant
pour les déplacements du personnel dans le cadre des
courses de service et ne pas faire seul usage des six
cents litres de carburant pour le Directeur chaque
mois. Les pauvres agents doivent-ils approvisionner les
motos du service en carburant de leur propre poche alors
que les directeurs courent après tout à la fois?
3°)
Revoir l’utilisation des six cents litres de carburant
que les Directeurs reçoivent mensuellement et dont on ne
sait pas exactement ce qu’ils en font. C’est à se
demander combien de voyages Lomé-Bamako-Lomé ou
Lomé-Burkina-Lomé ils font par mois à bord de leurs
véhicules privés « devenus » selon leur bon
vouloir des « véhicules de service » pour des
raisons que eux seuls connaissent.
4)
Donner à vos adjoints la place qui leur revient de
droit. Quand le directeur est absent ou empêché, c’est
son adjoint qui le remplace. L’adjoint ne doit pas être
confiné dans un rôle d’adjoint « kpayo », juste
bon pour être là parce que la nature aurait horreur du
vide. Ils doivent être des adjoints avec de vraies
responsabilités d’adjoints au Directeur. Et dire qu’il
est reconnu que c’est les adjoints qui font le gros
boulot.
5°) Un
chauffeur dont le nom figure sur un ordre de mission
doit aller en mission avec vous, Messieurs les
Directeurs. Inutile de vouloir jouer tout le temps aux
patrons-chauffeurs.
6°)
Faire un effort pour courir de moins en moins après les
missions. Vous ne pouvez pas être à la fois au four et
au moulin. Vos Adjoints peuvent valablement vous
représenter et aller à certaines missions à votre place.
C’est un effort à faire. On n’a jamais enterré un homme
avec ses sous et ses biens, aussi riche soit-il. Les
nombreuses expériences vécues le démontrent.
7)
Quand on est en congé, on en jouit, on ne vient pas au
bureau comme si l’on n’était pas en congé. Si on a un
adjoint c’est pour une raison. Si le congé n’est pas
utile, point n’est besoin de le demander. Le corps
humain a besoin de repos!
8)
Votre méchanceté et votre esprit clientéliste ont fait
trop de frustrations parmi les entrepreneurs désireux de
fournir des prestations pour la mairie de Lomé. Souvent
ils prétendent avoir été mis à l’écart parce que leur
« taméa » méritaient d’être un peu plus relevé.
Pensez à vos sous, mais pitié ces pères de famille ne
demandent qu’à faire fructifier leur entreprise. A bon
entendeur salut!
F.S |