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Les
jeunes Togolais ne sont pas encore au bout de leurs
peines. Non seulement l’Etat togolais n’arrive plus à
leur offrir des emplois ou à les embaucher dans la
fonction publique, mais s’ils réussissent à se prendre
en charge en se reconvertissant dans le secteur
informel, l’Etat obstrue également leurs activités par
l’imposition des taxes exorbitantes ou des mesures
dissuasives les contraignant parfois à l’arrêt de leurs
activités ou à un retour à la situation précaire
c’est-à-dire au chômage.
Il n’est un secret pour personne que c’est
dans la crise qu’est né le travail des conducteurs de
taxi-motos. Et voilà bientôt 16 ans que beaucoup de
jeunes diplômés sans emploi se sont lancés dans ce
métier pour joindre les deux bouts.
Le parcours de ce métier a toujours été un
sujet de controverse parce que à chaque campagne
électorale, tous ces jeunes conducteurs sont sollicités
par les leaders politiques et surtout de l’opposition.
Comment pourrait-il en être autrement ? Puisque la
plupart de ces conducteurs de taxi-motos sont des
diplômés qui n’attendent qu’un vrai changement pour
avoir de l’emploi.
Ce soutien de ces jeunes à l’opposition ne
plaît pas toujours aux tenants du pouvoir. Ainsi, ils
sont souvent victimes des tracasseries policières et
militaires.
Aujourd’hui encore ces conducteurs de
taxi-motos qui stationnent devant les parcs de voitures
d’occasion du port s’offusquent d’une décision prise par
les autorités portuaires exigeant le paiement de ticket
avant l’accès à ces lieux.
En effet, ce lundi 13 mars 2006, cette
décision prise unilatéralement a suscité une indignation
et une grogne naturellement de la part de ces
conducteurs qui n’ont pas apprécié aussi bien cette
descente musclée des militaires que l’apparition subite
des tickets d’accès dans l’exercice de leur métier
qu’ils qualifient d’une mesure de représailles car une
semaine plutôt il y a eu une discussion violente entre
un agent des forces de l’ordre et un conducteur de
taxi-motos.
Nos autorités savent bien sûr que le Port de
Lomé est le poumon de l’économie nationale. De ce fait
la majorité de la population venue des proximités ou des
banlieues de Lomé viennent y travailler dans plusieurs
secteurs.
Cela favorisait d’ailleurs le travail des
conducteurs de taxi-motos. Alors pourquoi établir des
tickets d’accès, et à qui profitent t-ils ? N’est-ce pas
là un moyen encore d’exploiter ces pauvres gens qui
peinent avant d’avoir leur pain quotidien ? Ne serait-il
pas bon d’encadrer ou d’accompagner ces jeunes dans ce
secteur qui réduit le taux élevé des chômeurs au lieu de
les détruire en leur imposant des taxes ou impôts
exorbitants ?
Réfléchissons-en.
Anges ADJANOR |