|
« Comment
se fait-il que dans ce pays, rien ne peut se faire par
consensus et que la chose publique est gérée par la
volonté et l’humeur d’un seul individu ? C’est dommage
pour ce pays qui méprise les talents et couronne la
médiocrité ».
Telle
est la réaction d’un confrère étranger qui nous a joint
quelques heures après l’officialisation du limogeage de
Keshi par le Commandant Rock Gnassingbé. Le journaliste
ne comprend pas ce complexe d’infériorité face à la race
blanche que certains Africains, pourtant descendants des
chantres de nationalisme, développent en pensant que
seul « l’homme blanc » peut réaliser un miracle,
un progrès même si nos frères ont prouvé par leur
travail, qu’ils peuvent produire les mêmes résultats,
voire plus que « l’homme blanc ».
Même
si l’on ne veut pas aborder le sujet sous cet angle, ce
passage de la déclaration liminaire de Rock Gnassingbé,
lu par son Porte-parole, lors de la Conférence de presse
du 14 mars dernier en dit long : « Il faut quand même
dire ici que la décision de la FTF ne met nullement en
cause la compétence intrinsèque de Keshi. La FTF lui est
reconnaissante (par ingratitude bien sûr ! NDLR) pour le
travail effectué. Cependant, la coupe du monde est une
compétition de haut niveau qui nécessite de la part du
sélectionneur une grande rigueur, un professionnalisme
de bon aloi, une probité morale et une expérience
affirmée des grands rendez-vous de football… La
nomination de Otto Pfister répond à ces soucis ! ».
C’est à en mourir de rire ! Car, à combien de Coupe du
monde Otto Pfister a participé soit en tant que joueur,
soit en tant qu’entraîneur ? Où était-il quand Stephen
Keshi sortait cette équipe togolaise du néant pour lui
donner un nom ? Le Commandant Rock Balakiyem Gnassingbé
et ses soutiens peuvent-ils dire
au peuple combien de fois ont-ils songé à
une
participation du Togo à une phase finale de la Coupe du
monde avant l’arrivée de l’ex-capitaine des Supers
Eagles du Nigeria à la tête de la sélection nationale ?
Peuvent-ils nous dire sincèrement que cette décision qui
déplait foncièrement à une écrasante partie des cadres
de l’équipe nationale est prise par soucis « de
présenter à la Coupe du monde une meilleure image, faire
une meilleure prestation » comme ils l’affirment ?
Ne nous y trompons pas. Les raisons sont visiblement
ailleurs !
Et
puis d’aucuns se demandent si ces critères énoncés
(grande rigueur, professionnalisme de bon aloi, probité
morale, expérience affirmée des grands rendez-vous de
football) ne valent que pour les entraîneurs et ne
peuvent qu’être opposables au coach Stephen Keshi ? Et
les membres de la fédération ? Où sont leur « grande
rigueur, leur professionnalisme de bon aloi, leur
probité morale et leur expérience de grands rendez-vous
de football ? ».
Ah !
Oui ! L’enfer, c’est toujours l’autre ! La probité
morale, c’est le refus de produire le bilan financier
sur deux mandats ! La rigueur, c’est de ne même pas
pouvoir organiser un simple match amical de préparation
pour aguerrir l’équipe ! Le professionnalisme de bon
aloi, c’est de ne même pas pouvoir assurer une bonne
préparation à l’équipe nationale en foulant aux pieds le
programme soumis par l’entraîneur ou plutôt de se faire
renvoyer des réunions de la CAF en Egypte pour des
manquements d’ordre administratif ! L’expérience des
grands rendez-vous de football, c’est de limoger
l’entraîneur titulaire et confier l’équipe à quelqu’un
qui méconnaît le football du pays pour deux semaines de
préparation (du 15 mai au 1er juin) incertaines, c’est
d’envoyer une équipe sans supporters discuter une Coupe
ou de recruter un entraîneur dans le camp de son
adversaire. Pensez-vous qu’entre une victoire de
l’Allemagne et celle du Togo, Otto Pfister choisira
celle du Togo ? Si nous, nous ne sommes pas
patriotiques, les Allemands, eux le sont !
L’autre grosse négligence de notre Fédération, c’est de
ne pas pouvoir participer aux cérémonies de remise des
Prix de la CAF après s’être fait renvoyer lamentablement
en Egypte de la réunion de l’instance dirigeante du
football au niveau du Continent. Et au moment où Stephen
Keshi remportait le trophée du meilleur entraîneur,
celui de la meilleure équipe va à la Côte d’Ivoire !
C’est contrastant ! Comment un meilleur entraîneur sera
d’un pays et la meilleure équipe sera d’un autre pays ?
Qu’est-ce qu’il a entraîné pour être meilleure ?
N’est-ce pas une équipe qui a fait preuve d’être la
meilleure ? D’après nos investigations, l’absence des
autorités togolaises une fois de plus à cette cérémonie,
nous a fait soutirer un point qui est ajouté aux scores
de la Côte d’Ivoire qui remporte le trophée de la
meilleure équipe d’un point face au Togo (40 points à
39).
Tout
ce comportement irresponsable fait marcher notre pays à
reculons et est symptomatique d’une gestion
autocratique, érigée sur une pensée unique par un clan
qui conduit le pays vers une débâcle inévitable.
Et
quand le peuple a voulu exprimer son ras-le-bol, la
géniale trouvaille des autorités est d’interdire sans
autre forme de procès la marche organisée en ce sens par
le Parti des Travailleurs et le MJR5 ce mercredi 15 mars
dernier.
Le
reliquat de la Fédération de football, s’il a un
honneur, devrait plutôt rendre les tabliers pour cause
d’une gestion calamiteuse et ingratitude notoire envers
quelqu’un qui a rendu un grand service à la Nation grâce
à qui une haute distinction de la Nationale est décernée
à la Fédération. S’il y a quelqu’un à limoger pour
assurer une meilleure participation à notre pays à la
Coupe du monde, c’est bien le Commandant Rock Gnassingbé
et sa bande de profiteurs.
F.S. |