|
Aux
funérailles orgiaques du Gal Eyadema en fin de semaine
dernière, les présences effectives des présidents
bissau-guinéen, Joao Bernardo « Nino » Vieira et
de Azali Assoumani, Président des îles Comores avaient
un caractère trop isolé pour être de taille. Des
invitations auraient pourtant été bien envoyées, mais
par retour de courrier, les éplorés n’eurent qu’à faire
le triste constat des excuses qui suivent les
invitations déclinées. Dépouillé d’appuis d’importance,
le clan dût se résoudre à n’agiter à bout de bras que
ses épouvantails nationaux sans grande valeur de
propagande.
Or, l’on entendait forcément donner une
certaine coloration de suprême honneur à ces
célébrations. De sorte que, même en petit comité, un
éventail de personnalités étrangères aurait pu servir de
faire-valoir. Seulement, ailleurs il semble qu’il y ait
eu d’autres chats à fouetter, d’autres priorités à
satisfaire, de telle manière que le jeu n’en valut pas
la chandelle. Une sorte de raison donnée au brave peuple
miséreux qui ne manqua pas de s’étonner de l’excès,
ébahi même à la vue d’énormes bouteilles de boissons
frappées à l’effigie du Gal défunt. Pour la petite
remarque, notent certains, le clan avait dû, à n’en pas
douter, raté l’occasion de doser très forts ses discours
apologiques sur le grand homme que fut « l’illustre
disparu ».
Les lots de consolation que furent l’acte de
présence des présidents Bissau-guinéen et Comoriens,
d’ailleurs considéré comme un non événement, vient d’une
certaine manière télescoper les soupçons d’isolement
d’un pouvoir qui n’a pas fini de traîner à ses pieds le
boulet de ses conditions d’acquisition. « A
fréquenter avec modération », « A fréquenter en
catimini », telles sont interprétées par beaucoup,
les absences remarquées.
Quant à ces présences remarquées, il
paraîtrait qu’elles soient compatibles avec la pointure
du niveau de décrépitude auquel est parvenu le pouvoir.
Joao Bernardo « Nino » vieira n’ayant rien de
positivement symbolique sur la scène politique
africaine, à quelle école fut Faure Gnassingbé pendant
ces quelques jours de festivités ? Sûrement pas à la
bonne, estime t-on.
Quoi qu’il en soit, l’on commente qu’avec de
telles visites le régime ne fait que souligner ses
mauvaises fréquentations.
Ahoefa A. |