|
Monseigneur, Rome vient d’accepter votre démission?
Est-ce volontairement ou par contrainte que vous avez
demandé à quitter Atakpamé ?
Mgr Kouto
: Je ne sais pas s’il faut parler de contrainte... Je
suis un serviteur de l’Eglise, et comme tel, je me
dois d’obéir à la volonté de Dieu exprimée par ceux
qui, à des degrés et postes divers de service avec le
Pape, ont mission de collaborer plus intimement avec
Pierre, c’est-à-dire le Pape. Il m’a été demandé, je
cite : « pour le bien de l’Eglise et pour mon
propre bien », de démissionner de la charge
pastorale du diocèse d’Atakpamé, pour aller, pour une
période, me refaire les forces sur le plan physique,
psychologique et spirituel. J’y ai prié et réfléchi
longuement et je me suis dit que, si tel est
l’objectif visé, je voudrais considérer cette
décision plutôt comme salutaire, puisqu’elle
reconnaît manifestement qu’il y a lieu et besoin de
se refaire la santé physique, psychologique et
spirituelle après douze années de rudes épreuves. Je
ne pense pas me tromper en disant qu’il s’agit plus
d’une marque de sollicitude et de compassion à mon
endroit que de contrainte.
Mgr, ces dernières 12 années, le nombre de prêtres du
diocèse, selon nos informations a plus que doublé.
Les gens disent qu’une bonne partie d’entre eux se
trouve à l’extérieur du diocèse. Qu’en est-il
exactement?
En
dehors des deux Evêques originaires du diocèse,
l’Eglise d’Atakpamé a vu ordonner, depuis sa création
en 1964 (il y a plus de quarante et un ans), cent
(100) prêtres initialement incardinés dont un m’a
demandé et obtenu, en bonne et due forme, son
excardination du diocèse d’Atakpamé pour s’incardiner
dans le diocèse de Metz en France, et un autre a
changé de statut en optant pour la vie religieuse.
Des 98 autres prêtres incardinés restants, soixante
onze (71) sont actuellement sur le chantier de
l’évangélisation au Togo et au Bénin : voyons un peu
: (4 Professeurs au Grand Séminaire de Lomé et au
Séminaire Propédeutique de Notsé, 2 Fidei donum à
Kpalimé, 2 Fidei donum à Sokodé, 4 avec statut de
Fidei donum à Lomé, 1 Fidei donum à Djougou au Bénin.
Nous avons envoyé neuf (9) aux études, quatre (4)
sont retenus en Europe pour des raisons de soins
médicaux ou de santé. 11 autres ont opté plutôt pour
la vie en Europe, 4 sont entrés dans la Maison du
Père des cieux. En fait de mathématiques, il y a donc
11 (onze) prêtres qui seraient «canoniquement»
en situation irrégulière en Europe. Et pour être plus
précis, 69 prêtres sont sur le terrain diocésain.
Donc, il n’y a que onze prêtres du diocèse d’Atakpamé
qui sont irrégulièrement en Europe par rapport à leur
diocèse d’origine?
Oui, ils sont onze.
Pourquoi l’on parle souvent d’un chiffre pléthorique
de prêtres qui ont fui le diocèse pour aller
s’installer en Europe?
Il
faut peut-être que vous posiez la question aux
auteurs de cette assertion. Ils ont
peut-être d’autres paramètres d’appréciation ou
d’autres « calculatrices » personnels.
Le proverbe ne dit-il pas que «qui veut tuer son
chien l’accuse de rage» ? Sans un esprit vigilant
et judicieux, on tombe facilement dans le piège et on
se retrouve complice de ceux qui veulent faire du
mal. Vraiment il est très important d’avoir un peu de
jugement dans toute mission au service du peuple de
Dieu.
Donc ces 69 prêtres qui sont, comme vous le dites,
sur le terrain diocésain, travaillent-ils dans le
diocèse?
Oh,
comme dans tout service ou institution, en matière de
travail, il y a des personnes qui
travaillent très bien, d’autres bien, d’autres peu,
d’autres encore ne travaillent pas du tout ou
refusent d ‘honorer le devoir qui est le leur de par
leur vocation ou mission. En somme cela dépend des
humeurs des personnes respectives concernées. Et cela
se gère, dans les services publics par exemple, par
des mesures dilatoires appropriées qui ramènent
l’employé à l’ordre. Mais, la patience étant une
vertu capitale dans l’Eglise, il y en a,
malheureusement, qui ne comprennent pas ou
comprennent mal l’avantage de son usage à leur
endroit.
On
parle de division entre les prêtres de votre diocèse?
Qu’est-ce qui fait l’objet de cette division?
Pourquoi cette division?
Moi, je ne parlerai pas de division. Mais je parlerai
plutôt de divergence de vision, de
compréhension et d’acceptation des exigences liées à
la vocation, à la mission et à la vie du prêtre. La
différence se situe au niveau d’attitudes
répréhensibles érigées en système d’une part et le
refus de cautionner et d’approuver ces attitudes
répréhensibles d’autre part. En ce qui concerne la
vie du prêtre, il y a des exigences précises de vie
où tout n’est pas permis. Suivant que les uns et les
autres acceptent de vivre conformément ou non à ces
exigences, on est en face d’une situation que l’on
qualifie de façon impropre de
«division ».
Lors des événements troublants et scandaleux marquant
la vie de ce diocèse, tout le monde a remarqué avec
indignation, le silence sonore de la Conférence des
Evêques du Togo. Mgr, est-ce l’expression d’une
quelconque division camouflée entre les Evêques du
Togo?
Ce
que je viens de dire pour les prêtres vaut
substantiellement, à quelque réserve
près, pour les Evêques du Togo. Avoir différentes
approches de propositions de solutions ne doit pas
signifier nécessairement qu’il y a une division
intrinsèque entre les membres de la Conférence
Episcopale. La Conférence Episcopale, dans l’histoire
de sa vie et de ses assises, a eu à prendre beaucoup
de décisions qui expriment l’unité fondamentale et la
collégialité qui existent entre tous ses membres. Je
n’en veux, pour exemple, que les lettres pastorales,
divers actes posés de façon collégiale, diverses
célébrations etc... Il n’est donc pas tout à fait
juste de penser et de dire que la Conférence des
Evêques du Togo est divisée. Si, dans le cas précis
d’Atakpamé, les approches de solutions sont
différentes, cela n’entache en rien encore l’unité
foncière et l’expression collégiale basée sur une
communion remarquable de la Conférence. Penser
autrement que l’autre n’est pas une faute, encore
moins un délit. Mais l’essentiel, c’est de réussir à
vivre la communion des différences dans la recherche
du seul bien fondamental, le Christ et son Eglise.
Semble-t-il, on le dit, que certains de vos confrères
Evêques, les plus indiqués pour vous aider à résoudre
la crise, ont plutôt appuyé dans l’ombre, vos
détracteurs prêtres jusqu’à ce jour. En savez-vous
quelque chose Monseigneur?
On
dit, le «On» est un pronom personnel neutre
SDF, c’est-à-dire Sans Domicile Fixe.
Il est donc difficile de le rencontrer à demeure. Or,
moi j’aime et j’ai l’habitude de travailler avec des
personnes à adresses sûres et stables. Quand je serai
en possession des renseignements précis que vous
voudriez bien me donner, je vous répondrai sûrement.
Dans les journaux, par les tracts et sur Internet, on
avait lu à votre propos assez d’articles et d’écrits
diffamatoires et des choses rocambolesques,
inimaginables et insoutenables comme par exemple
lorsqu’on dit que, tout seul la nuit, vous avez
enterré dans la cour de l’Evêché un bœuf noir ou que,
tout seul la nuit encore, vous avez transporté à bras
le corps une statue de la Vierge Marie d’environ une
tonne au Sanctuaire Marial d’Ayomé, ou encore que
vous avez mis du gris-gris, des objets fétiches dans
la statue de la Vierge Marie que certains de vos
prêtres ont cassée à Ayomé etc.. Qu’en dites-vous?
Je
ne sais pas que mes amis détracteurs me surestiment à
ce point. Si c’est un genre littéraire pour signifier
une quelconque force en ma possession, je les
remercie de me hisser, quand bien même par erreur, à
un si haut degré qui frise la science fiction, le
domaine de l’extra-terrestre, un véritable conte de
fée où les absurdités abrutissantes de gens qui n’ont
pas encore eu la chance d’expérimenter que le pouvoir
du Dieu de Jésus-Christ écrase et écrasera à jamais
celui de l’Esprit Mauvais. Ils vont jusqu’à avancer,
qu’ils ont trouvé des objets fétiches à l’intérieur
de la statue avant de la casser. Et pour cela, ils
ont procédé à sa cassure pour les y découvrir. Il
doit s’agir de gens très versés, aisés et très
habitués à ce genre de pratique: pouvoir détecter un
objet fétiche et des gris-gris à l’intérieur d’une
statue non cassée. Le plus ridicule, c’est que,
lorsqu’il leur est demandé de produire pour preuve
ces soi-disant objets fétiches ou gris-gris qu’ils
auraient découverts, ils disent, dans les tracts qu’à
l’arrivée sur la place de Mgr Kouto, (accompagné à
l’occasion de Mgr le Nonce Apostolique d’alors, de
Mgr Dossavi, de prêtres, religieuses et fidèles
laïcs, pour constater le fait de la
cassure de l’immense statue), ces objets se seraient
volatilisés dans la nature. Il faut en rire puisqu’il
s’agit de tracts et les tracts sont le mode
d’expression de ceux qui n’ont pas le courage de
leurs idées et qui ne paraissent pas au grand jour,
c’est-à-dire les enfants du Mensonge et des Ténèbres.
Tous les tracts que j’ai reçus de tous les genres de
contenu, j’en ai baptisé les auteurs avec le pronom
«On», c’est-à-dire, SDF comme je le disais
tout à l’heure.
Bien sûr, je sens et je sais qu’il y a une force
redoutable en moi qui ne cède pas aux chantages du
Malin. Mais cette force a pour nom, la Force de Dieu,
Père, Fils et Esprit Saint que m’obtient toujours
fidèlement, à ma prière, l’intercession de la Très
Sainte Vierge Marie, la Vierge Puissante, la «Virgo
Potens»... Oui, c’est de leur propre rang, qu’il
m’est parvenu que le mobile qui les a poussés à
casser la statue, était de briser, pensent-ils,
l’image de la Vierge Marie, la Virgo Potens, origine
d’une éventuelle irréductibilité de ma « force»
qui les a tenus en échec dans leurs diverses
malveillantes initiatives. Il faut être vraiment
assez naïf pour ne pas prendre toutes ces aberrations
et grossièretés avec la dose d’humour qu’il leur
faut.
L’affaire du Curé de Tomégbé a été l’un des éléments
qui a alimenté la crise de votre diocèse. Certains se
demandaient s’il était opportun de faire recours au
Chef de l’Etat, feu Monsieur Gnassingbé Eyadéma pour
la résolution d’un problème religieux et pour déloger
avec des chars un prêtre désobéissant?
Oui, je sais qu’à ce sujet, les gens ont raconté et
racontent n’importe quoi. De mon propre chef,
je n’ai pas fait recours au Chef de l’Etat. Voici les
faits : devant transmettre au Curé de Tomégbé d’alors
une lettre importante contenant les directives du
Saint-Siège pour résoudre le problème qui s’y vivait,
eu égard à un passé récent qui a connu une
séquestration violente au presbytère où vivait
l’intéressé, j’ai dû demander en ce temps là au
Préfet de Wawa de nous faciliter le chemin pour
remettre de façon non violente - les archives en sont
témoin - la dite correspondance au Curé en question.
Monsieur le Préfet, à ses propres dires, comme me
l’ont rapporté mes émissaires, a voulu en parler au
préalable à ses supérieurs hiérarchiques. C’est alors
que j’ai été interpellé par Monsieur le Ministre de
l’Intérieur qui me disait que le Chef de l’Etat
voudrait savoir, du responsable religieux catholique
que j’étais dans la Région, l’explication des
désordres de notoriété publique qui se vivaient et se
racontaient à propos de mon prêtre. Autorisé moi
aussi par mes supérieurs hiérarchiques de Rome
informés, je me suis rendu chez le Chef de l’Etat qui
à ma surprise, a pris, sur lui l’initiative d’honorer
de sa façon le service sus-mentionné que nous avions
demandé à Monsieur le Préfet. Ce Curé, selon une des
directives à lui adressées, devait quitter, la
paroisse qu’il a pratiquement pris en otage pour se
rendre à Dapaong auprès de Mgr Anyilumda le même
jour. On parle de chars qui l’auraient transporté.
Posez la question aux forces armées togolaises ou à
d’autres forces armées d’intervention de la
sous-région si j’avais demandé leur
aide en ce sens. Et puis, comment le pourrais-je ?
A-t-on vraiment besoin de chars pour assurer le
déplacement du prêtre en question à son lieu de
destination ?
C’est ridicule. Ecoutez bien, c’est dans mon propre
véhicule qu’il a été conduit chez moi à l’Evêché par
mes émissaires et ensuite accompagné de deux de mes
prêtres, ses confrères, à Dapaong chez Mgr Anyilunda.
Ceux qui ont pu le vérifier, par la suite sur les
bandes magnétiques se sont vu libérés de ces
allégations infondées purement diffamatoires.
Nous avons aussi lu sur les médias qu’après avoir
délogé le prêtre de Tomégbé, vous l’avez envoyé à
Mandouri. Est-ce vrai, pourquoi?
Que
ceux qui le peuvent, vérifient ou fassent vérifier si
le Prêtre en question était attendu par
quelqu’un, quelque part à Mandouri. Vraiment, le
ridicule tue!!!
Mgr, toujours dans les tracts, les journaux et sur
Internet, nous avons lu que vous n’entretenez pas vos
prêtres alors qu’ils versent toutes les quêtes et
autres cotisations des fidèles à l’Evêché. Est-ce une
réforme économique en faveur du diocèse ou une
éducation à l’austérité?
En
dehors des quêtes impérées qui sont versées
directement à Rome par l’intermédiaire
du Directeur National des OPM, aucune participation
des fidèles en quêtes, en deniers du culte, en
intentions de messe, en casuels ou en quelques autres
cotisations, rien, rien ne vient à l’Evêché. Au
contraire, surtout au temps des vaches grasses, les
prêtres percevaient des honoraires de messe et le
viaticum (argent de poche) auprès de l’Evêché.
Rome, contrairement à ce que l’on pense, n’envoie
rien pour l’entretien des prêtres. Il revient à
l’Evêque, de se « débrouiller », de
s’organiser, fort surtout du N°222 du Code de Droit
canonique, pour subvenir, dans ce sens, aux besoins
des prêtres du diocèse. Pour en savoir plus dans
notre cas, vous pouvez vous référez au Conseil
Diocésain pour les Affaires Economiques.
Pouvez-vous nous dire, à nous simples citoyens ce
que dit ce numéro de droit canon de l’Eglise?
Ce
canon stipule que les fidèles chrétiens sont tenus de
subvenir aux besoins de l’Eglise, surtout en ce qui
concerne le culte divin, les œuvres d’apostolat,
l’entretien et la subsistance des prêtres et des
diacres, etc.
Au
dire de certains fidèles et proches collaborateurs,
vous avez été l’objet d’un attentat orchestré et
dirigé par certains de vos prêtres avec certains
laïcs le 30 décembre 2001 à la Cathédrale Notre-Dame
de la trinité lors d’une messe d’ordination de
prêtre. Est-ce vrai?
Posez la question plutôt aux chrétiens d’Atakpamé qui
étaient témoin de cette chose inédite. Mais, si le
Seigneur est pour nous, qui peut être contre nous?
Semble-t-il que vous n’aimez pas les Akposso. C’est
pourquoi vous avez traité ainsi le prêtre
désobéissant de Tomégbé.
Mon
premier vicaire général est un Akposso. Mon actuel
secrétaire particulier et chancelier est un Akposso,
la sœur qui me prépare à manger à l’Evêché aussi est
une Akposso, je dis bien celle qui me prépare à
manger vient du milieu akposso ! Jugez-en vous-même!
Des Akpossos sont Curés de paroisses et ont eu et
occupent des postes de responsabilités dans ce
diocèse. Alors, qu’est-ce qu’on veut dire?
Certains de vos proches collaborateurs nous ont dit
que le Pape Jean Paul II, voulant résoudre le
problème d’Atakpamé a organisé à Alédjo, une retraite
à l’intention de tous les prêtres du diocèse sous la
présidence de Mgr Cardinal Bernardin GANTIN.
Malheureusement, les prêtres désobéissants ont
ridiculisé Rome et le Cardinal en boycottant cette
rencontre. L’acceptation de votre démission par Rome
n’est-elle pas une façon d’encourager ces prêtres
désobéissants et de leur donner raison?
Dans le communiqué que vous venez d’entendre de
Monseigneur le Nonce Apostolique, il
n’a pas été dit qu’on donne raison à quelqu’un.
Chaque chose a son temps et chaque chose en son
temps. L’homme peut se tromper, mais Dieu, lui, ne se
trompe jamais. N’est-ce pas lui qui a toujours le
dernier mot? Encore faut-il savoir exactement quand
il est entrain de le dire et quand il le dit. Cela
est laissé à sa seule et souveraine discrétion.
A
voir l’histoire du diocèse d’Atakpamé, on dirait que
c’est un diocèse étrange, hors du commun, avec des
prêtres toujours tristement célèbres qui ont donné au
cours des années, du fil à retordre aux évêques et
aux diocésains? Etes-vous d’avis?
C’est vous qui le dites. Le diocèse d’Atakpamé a
pourtant beaucoup de belles fleurs aux beaux parfums
que l’odeur désagréable du fumier peut étouffer.
L’histoire de ce diocèse par rapport à ses pasteurs
semble être la même: toujours bras de fer entre
l’Evêque et une portion de prêtres et leurs amis
chrétiens quasiment constitués en fauteurs de
trouble. Est-ce une ironie du sort ou une fatalité ?
Je
ne le sais pas. Seul Dieu le sait.
Quels sont désormais vos sentiments vis-à-vis de ce
diocèse et de vos supérieurs hiérarchiques de Rome
qui ont accepté votre démission?
Comme le dit Saint Paul au chapitre 8 de l’épître aux
romains: «Pour ceux qui l’aiment, Dieu
concourt en tout pour leur bien». Donc, que soit
faite la volonté de Dieu pour sa gloire et le salut
de l’humanité. Peu importe le chemin qu’il prend pour
y arriver.
Par
mon ordination épiscopale, et ma nomination comme
Evêque d’Atakpamé, j’étais constitué comme époux de
ce diocèse que je dois aimer dans le bonheur comme
dans le malheur comme un époux aime son épouse. C’est
ce que signifie l’anneau que je porte au doigt.
J’entends être fidèle dans l’amour à la Parole reçue
et donnée, quoi qu’il en soit, quoi qu’il arrive, où
que je sois.
Par
rapport au Pape, rien ne peut altérer ma volonté et
ma conviction de demeurer en communion avec lui. Ce
que j’ai enduré, je veux le comprendre comme une
croix inhérente à ma vocation et à ma mission dans la
grande confiance qu’un jour dans la vérité nous
trouverons la paix comme le Pape lui-même l’a
souhaité au début de cette année au monde entier.
Aujourd’hui, par la présence de vos confrères Evêques
du Bénin et du Ghana, des autorités administratives
et politiques, des chrétiens, il est sans ambiguïté
que vous avez la sympathie et l’estime de beaucoup de
chrétiens, de prêtres, d’évêques et des hommes et
femmes de tout bord et de tout genre. Le constat est
net, vous n’êtes pas rejeté par tout le monde. Que
vous dit leur présence?
Ainsi parle le Seigneur Dieu, dit la Bible: «Même
lorsque ta mère t’abandonnera, moi, je ne
t’abandonnerai pas.» Je les remercie pour le
courage qu’ils ont eu de venir comme Jean, l’ami de
Jésus, me soutenir, sous ma croix dressée, de leur
confiance, de leur fidélité dans l’amitié. Avec
beaucoup d’émotion, j’accueille leur présence comme
une véritable grâce, un clin d’œil
bienveillant de Dieu venant à mon secours en cette
heure délicate de ma vie d’évêque et dans ce diocèse.
Et
maintenant, Mgr où est-ce que vous irez et qu’allez
vous faire ?
J’irai prier et me présenter chaque jour devant le
Seigneur pour écouter sa voix parler à
mon cœur de serviteur et de fils de Dieu.
Vos
détracteurs chantent victoire?
Qu’ils chantent à pleine gorge et plus fort. C’est un
droit absolu et inaliénable qu’on ne peut leur
refuser. Mais ... sommes-nous déjà à la fin du monde?
Forum de la Semaine
|