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La
majeure partie des réformes n’a pas connu un début
d’exécution. Seul un projet de loi portant réforme de
l’Armée a été adopté le 9 février en Conseil des
ministres. Côté Commission électorale nationale
indépendante, l’on avait cru qu’avec l’adoption de la
carte d’électeur sécurisée, un sujet qui a longtemps
posé aux parties prenantes d’énormes soucis, les travaux
allaient avancer considérablement ; mais les choses
n’avancent pas véritablement. Certes la Commission a
procédé à la nomination des membres des Commissions
électorales locales indépendantes (Céli) et on annonce
l’arrivée des premiers kits électoraux, après la mission
du ministre de la Coopération Gilbert Bawara en
République démocratique du Congo. Mais l’absence d’un
règlement intérieur à la Céni, d’un planning d’activités
pose des problèmes aux parties.
C’est
le cas de l’Union des forces de changement de Gilchrist
Olympio qui a soulevé un certain nombre de
préoccupations lors de son Conseil les 3 et 4 février
derniers. Selon le rapport, « Le régime RPT, adepte
du double langage, tente par tous les moyens de
contourner la mise en œuvre effective de l’APG ». Et
certains extraits dudit rapport mettent en lumière les
inquiétudes de l’UFC.
«
La situation des exilés, réfugiés et déplacés a
particulièrement retenu l’attention du Conseil. A ce
sujet, le Conseil recommande au Bureau national de
saisir les structures et organismes appropriés afin que
des mesures et dispositions adéquates soient prises pour
favoriser leur retour et leur réinsertion, ce avant les
prochaines élections législatives.
Le
Conseil regrette l’absence de pluralisme dans la
composition actuelle de la Haute Autorité de
l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) qui,
elle-même, est chargée de faire respecter ce pluralisme,
dans les médias publics.
Le
Conseil recommande au Bureau national de tout mettre en
œuvre pour obtenir la recomposition de la HAAC afin de
garantir l’accès équitable des partis politiques aux
médias publics.
Le
Conseil s’inquiète de la recommandation du Comité de
suivi, visant à introduire à la CENI, le recours au vote
comme mode de décision, en violation flagrante de l’APG.
Le Conseil considère que cette recommandation est de
nature à ouvrir la voie à tous les abus et à toutes les
dérives, pouvant compromettre dangereusement l’ensemble
du processus électoral.
Le
Conseil recommande au Bureau national de saisir le
Facilitateur afin que des solutions soient trouvées aux
préoccupations exprimées par l’UFC, notamment la
présence au sein de la CENI d’un magistrat en tant que
représentant d’un parti politique, en l’occurrence le
RPT, en violation de la loi portant statut des
magistrats, de même que le redéploiement unilatéral des
juges du siège et du parquet, présidents ès qualité des
Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI).
Dans le même sens, demande au Bureau National d’attirer
l’attention du Facilitateur sur l’impérieuse nécessité
de procéder, sur une base consensuelle, à la nomination
de nouveaux préfets.
Le
Conseil relève avec inquiétude que la CENI, depuis sa
mise en place, bien que traitant de questions
fondamentales, fonctionne sans règlement intérieur. Le
Conseil met en garde la classe politique, contre les
conséquences graves des manquements de la CENI à la
rigueur et à la transparence. Manquements pouvant créer
des opportunités de fraudes électorales et des risques
de violence.
Le
Conseil demande au Bureau national, de tout faire pour
que la CENI se ressaisisse et que, dans
l’accomplissement de sa mission d’organiser et de
superviser les élections, elle opère avec rigueur et
œuvre pour la transparence des élections, conformément
au serment prêté par ses membres. Il demande au Bureau
national de saisir le Facilitateur et le Comité de Suivi
pour que le code électoral soit en conformité avec
l’esprit et la lettre de l’APG. Le Conseil en appelle à
l’extrême vigilance de l’ensemble de l’opposition
démocratique et des forces de changement pour que la
révision du code électoral soit réalisée dans la rigueur
et la transparence »,
note le rapport.
Voilà
autant de préoccupations qui l’UFC va soulever lors de
cette session du Comité de Suivi à Ouaga. Mais le parti
de Gilchrist va-t-il être suivi par les autres partis de
l’opposition ? C’est là la grande question.
F.S |