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27 fevrier
2006 |
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[No 137: 27 fev. 2006]
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Boko révèle les petits secrets du militantisme au RPT |
Tous ceux qui ont eu écho de la rencontre citoyenne de
Paris au cours de laquelle François Akila Esso Boko
s’était définitivement positionné aux côtés des forces
démocratiques en lutte pour l’émancipation du Togo se
souviennent sans nul doute de l’intervention d’un
certain M. Eklo, fils du vieux baron du RPT qui comme
son pater, navigue dans la même mare. En l’occurrence,
il avait aligné une série de questions sur le passé, les
possessions immobilières de Boko, son implication
supposée dans cette rocambolesque affaire du bateau
Pithéa aux cales bourrées de cocaïne qui avait défrayé
la chronique, l’affaire du passeport de Gilchrist
Olympio…
Bien évidemment, toutes ces manœuvres dilatoires avaient
eu des réponses appropriées qui avaient remis le quidam
à sa place. Boko avait renchéri en substance que :
« … vous me connaissez vous venez dans mon bureau, nous
discutons. Franchement si vous êtes honnête ce dont on
parlait dans mon bureau était-ce différent de ce que je
viens de vous dire ? ». Par la suite comme pour Boko
de trouver au sieur Eklo des circonstances atténuantes,
il lance à la cantonade « … je le comprends, il est
en service commandé. Après, il va m’appeler pour
présenter des excuses. Je lui fais grâce de ses
excuses ».
De ces deux déclarations de François Boko, le constat
s’impose. Le militantisme au RPT pue l’artifice et la
question est de savoir si on milite dans ce parti par
conviction ou par opportunisme.
La réponse aussi s’impose d’elle-même. Ce parti est
bourré de ce que les Togolais appellent « les
ventrocrates ». Ce sont en majorité des compatriotes
se sachant dans l’impossibilité absolue de gravir les
échelons sociaux de par leurs qualités intrinsèques qui
se versent dans le zèle maladif, défendant
l’indéfendable sans souci du mal qu’ils font aux
honnêtes citoyens et freinant la marche du pays vers les
sommets du développement. Et on les retrouve dans tous
les secteurs, le torse bombé et bardé des macarons à
l’effigie de feu Eyadema ou des emblèmes du parti à la
place des diplômes et autres qualifications. Le terme
« RPT to » signifie pour bien de Togolais
celui devant qui il faut faire le dos rond pour éviter
les emmerdes, les pires.
Le paradoxe est que les mêmes, dans les pénombres des
chambres isolées, racontent à qui veut les entendre que
rien ne marche dans le pays. L’exemple donné par Boko
sur le sieur Eklo qui après son numéro en public lui
passerait un coup de fil pour lui présenter des excuses
est assez démonstratif. Ce n’est pas un cas isolé. Ils
sont tous comme cela, la nuit et le jour, tout dépend
seulement du contexte. Des barons aux plus minables des
activistes.
Le premier enseignement est que ce sont des gens qui ne
sont pas en accord avec leur propre personne. Une
dangereuse situation en politique. Quelqu’un qui ne fait
pas ce que son cœur lui dit mais qui est guidé par son
ventre est hyper dangereux. Il n’est rien d’autre qu’un
« mercenaire » qui loue ses services pour une
cause, bonne ou mauvaise.
Le deuxième enseignement est plutôt la réponse à une
question : qui croient-ils tromper, nos prétendus
militants zélés du RPT ? D’abord eux-mêmes. Ensuite le
clan Gnassingbé et alliés. Il suffirait d’un petit coup
de pétard pour les retrouver de l’autre côté avec armes
et bagages. Pour des gens qu’on ne sort qu’à coup
d’argent, même pour les manifestations de leur supposée
formation politique, cela s’entend.
A la fin, qui est-ce qu’il faut plaindre dans ce jeu de
dupes ? Cette question pose le problème de l’éthique et
de la morale politique chez les prétendus partisans du
RPT. Mais en sus, elle pose l’autre problème fondamental
des risques de perdition vers lesquels court le Togo
avec aux affaires des hommes de cet acabit.
B. Sek |
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