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Edem Kodjo, premier des ministres de Faure Gnassingbé
nous l’avions dit, c’est indécent. C’est vrai qu’on
peut servir le père et le fils mais à « Forum
de la Semaine », nous ne croyons pas que nous
sommes dans le cas d’un valet qu’une famille a engagé
et qui voit défiler la succession sans état d’âme. A
moins que nous soyions dans l’erreur.
Lorsque après le dernier scrutin présidentiel Faure
Gnassingbé s’est imposé à la tête de l’Etat, il a été
dit après d’âpres négociations sur fond de compromis
que la primature reviendrait à l’opposition (la
vraie) lésée encore une fois par les tournures des
événements. Et alors quand celle-ci se creusait la
tête pour mettre des garde-fous pour parer un tant
soi peu aux dévoiements que le mauvais génie de
Natchaba et du mercenaire français Debbasch ont fait
subir au statut et aux prérogatives du premier
ministre, Faure Gnassingbé sort Edem Kodjo de sa
douillette maison retapée du quartier Tokoin Hôpital.
Il faut dire que ce dernier a bien mijoté son coup.
Pendant tout le processus qui a abouti à l’imposition
de Faure Gnassingbé, il s’est enkysté et après il
sort du chapeau. Beaucoup étaient surpris sauf
peut-être au marché ou les revendeuses seraient dans
le secret des dieux comme il le laissera entendre
plus tard lors de son passage devant l’assemblée RPT.
Une belle revanche pour celui qui se plait de son
surnom « La calebasse ». Il venait encore de
ressortir de la merde, comme une calebasse de l’eau.
Mais à presqu’un an de ce retour d’Edem Kodjo, force
est de constater qu’il est venu comme on s’y
attendait compliquer drastiquement la situation de
par son positionnement.
* Le mauvais pion
Assurément qu’après que la communauté internationale
ait passé par pertes et profits le scrutin du 24
avril 2005, le choix d’Edem Kodjo avait ouvert la
voie à de folles expectatives. On avait dû croire
qu’il pouvait fédérer les antagonismes au sein de
l’opposition. Mais on avait oublié que cela faisait
un bon bout de temps qu’Edem Kodjo ne représentait
plus que son ombre. L’homme avait été proprement
lessivé par le RPT lors de son premier passage à la
primature. Il ne s’en est jamais remis et végétait
dans une quasi retraite après un come back
infructueux.
C’était donc un mauvais choix, celui du moins qui
entretient la stagnation de la crise. Mal aimé chez
ses employeurs du RPT, ignoré par l’opposition, haï
par les populations, que peut faire Edem Kodjo sinon
que jouer au premier ministre.
* La nécessité de l’éviction d’Edem Kodjo
On
ne le dira jamais assez fort, il faut qu’Edem Kodjo
arrête de servir d’écran au vrai déblocage de la
situation. Il urge aujourd’hui que le RPT et
compagnie partagent le pouvoir. Mais ils ne le feront
jamais avec un Edem Kodjo qui n’a aucune base
populaire. Ces messieurs du RPT n’ont pas d’égard
pour les diplômes ni pour les parcours
professionnels. Ils comptent sur la force brute et
c’est tout.
Aujourd’hui le dialogue social est bloqué. Or c’était
l’une des priorités qu’il avait claironné à son
installation. L’équipe gouvernementale qu’il est
censé diriger n’est là que pour les inaugurations et
les fêtes traditionnelles. Le vrai centre de décision
est constitué par l’entourage immédiat de Faure
Gnassingbé constitué par les faucons, transfuges de
quelques éléments de la vieille garde du défunt
Gnassingbé Eyadema et de jeunes loups aux dents
longues.
A
quoi sert donc Edem Kodjo sinon qu’à inaugurer les
chrysanthèmes et porter des coups de griffe à la
presse indépendante qui est devenue sa bête noire ?
Il
faut nécessairement pour relancer le débat parer au
plus pressé et trouver un premier ministre de
consensus à même de servir réellement les intérêts
des uns et des autres et non un Edem Kodjo qui se
croit siamois de Faure Gnassingbé. Ne disait-il pas
que « même du papier cigarette ne passerait entre
moi et le président Faure » ?
* Brouillage de carte
Au-delà de tout ce qui précède, on ne comprend pas
que la CPP d’Edem Kodjo et à sa suite ses comparses
de PDR de Zarifou Ayéva et le PSR de Me Abi Tchessa
bien que servant de commis au RPT se positionnent
dans la perspective du dialogue au sein de
l’opposition. Kodjo parle d’ « opposition lucide »
(???)
Cette duplicité a le mérite d’ajouter encore au
brouillami existant et de fausser le rapport de
force. Et il est permis au jour d’aujourd’hui de
douter de cette « lucidité ». Pour des
groupuscules en manque flagrant de popularité, il n’y
a que cette honteuse manière de compromission pour
prétendre gouverner. Et encore, avec le RPT, ce n’est
pas évident.
B. Sek
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