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27 fevrier 2006

[No 137: 27 fev. 2006]

La mise à la touche d’Edem Kodjo ou le nécessaire rajout aux 22 engagements

Edem Kodjo, premier des ministres de Faure Gnassingbé nous l’avions dit, c’est indécent. C’est vrai qu’on peut servir le père et le fils mais à « Forum de la Semaine », nous ne croyons pas que nous sommes dans le cas d’un valet qu’une famille a engagé et qui voit défiler la succession sans état d’âme. A moins que nous soyions dans l’erreur.

Lorsque après le dernier scrutin présidentiel Faure Gnassingbé s’est imposé à la tête de l’Etat, il a été dit après d’âpres négociations sur fond de compromis que la primature reviendrait  à l’opposition (la vraie) lésée encore une fois par les tournures des événements. Et alors quand celle-ci se creusait la tête pour mettre des garde-fous pour parer un tant soi peu aux dévoiements que le mauvais génie de Natchaba et du mercenaire français Debbasch ont fait subir au statut et aux prérogatives du premier ministre, Faure Gnassingbé sort Edem Kodjo de sa douillette maison retapée du quartier Tokoin Hôpital. Il faut dire que ce dernier a bien mijoté son coup. Pendant tout le processus qui a abouti à l’imposition de Faure Gnassingbé, il s’est enkysté et après il sort du chapeau. Beaucoup étaient surpris sauf peut-être au marché ou les revendeuses seraient dans le secret des dieux comme il le laissera entendre plus tard lors de son passage devant l’assemblée RPT. Une belle revanche pour celui qui se plait de son surnom « La calebasse ». Il venait encore de ressortir de la merde, comme une calebasse de l’eau.

Mais à presqu’un an de ce retour d’Edem Kodjo, force est de constater qu’il est venu comme on s’y attendait compliquer drastiquement la situation de par son positionnement.

* Le mauvais pion

Assurément qu’après que la communauté internationale ait passé par pertes et profits le scrutin du 24 avril 2005, le choix d’Edem Kodjo avait ouvert la voie à de folles expectatives. On avait dû croire qu’il pouvait fédérer les antagonismes au sein de l’opposition. Mais on avait oublié que cela faisait un bon bout de temps qu’Edem Kodjo ne représentait plus que son ombre. L’homme avait été proprement lessivé par le RPT lors de son premier passage à la primature. Il ne s’en est jamais remis et végétait dans une quasi retraite après un come back infructueux.

C’était donc un mauvais choix, celui du moins qui entretient la stagnation de la crise. Mal aimé chez ses employeurs du RPT, ignoré par l’opposition, haï par les populations, que peut faire Edem Kodjo sinon que jouer au premier ministre.

* La nécessité de l’éviction d’Edem Kodjo

On ne le dira jamais assez fort, il faut qu’Edem Kodjo arrête de servir d’écran au vrai déblocage de la situation. Il urge aujourd’hui que le RPT et compagnie partagent le pouvoir. Mais ils ne le feront jamais avec un Edem Kodjo qui n’a aucune base populaire. Ces messieurs du RPT n’ont pas d’égard pour les diplômes ni pour les parcours professionnels. Ils comptent sur la force brute et c’est tout.

Aujourd’hui le dialogue social est bloqué. Or c’était l’une des priorités qu’il avait claironné à son installation. L’équipe gouvernementale qu’il est censé diriger n’est là que pour les inaugurations et les fêtes traditionnelles. Le vrai centre de décision est constitué par l’entourage immédiat de Faure Gnassingbé constitué par les faucons, transfuges de quelques éléments de la vieille garde du défunt Gnassingbé Eyadema et de jeunes loups aux dents longues.

A quoi sert donc Edem Kodjo sinon qu’à inaugurer les chrysanthèmes et porter des coups de griffe à la presse indépendante qui est devenue sa bête noire ?

Il faut nécessairement pour relancer le débat parer au plus pressé et trouver un premier ministre de consensus à même de servir réellement les intérêts des uns et des autres et non un Edem Kodjo qui se croit siamois de Faure Gnassingbé. Ne disait-il pas que « même du papier cigarette ne passerait entre moi et le président  Faure » ?

* Brouillage de carte

Au-delà de tout ce qui précède, on ne comprend pas que la CPP d’Edem Kodjo et à sa suite ses comparses de PDR de Zarifou Ayéva et le PSR de Me Abi Tchessa bien que servant de commis au RPT se positionnent dans la perspective du dialogue au sein de l’opposition. Kodjo parle d’ « opposition lucide » (???)

Cette duplicité a le mérite d’ajouter encore au brouillami existant et de fausser le rapport de force. Et il est permis au jour d’aujourd’hui de douter de cette « lucidité ». Pour des groupuscules en manque flagrant de popularité, il n’y a que cette honteuse manière de compromission pour prétendre gouverner. Et encore, avec le RPT, ce n’est pas évident.

B. Sek

 

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