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Depuis le mardi 11 février 2006, les têtes pensantes
du pouvoir doivent se creuser les méninges pour
sortir encore un de ces artifices qui leur servent de
dilatoire pour faire perdurer inutilement le statu
quo politique accentué par le hold-up électoral du 26
avril 2005.
Les nouvelles en provenance de Bruxelles ne sont pas
du tout de nature à entretenir leur sérénité à nager
en eaux troubles. Après l’échec programmé et
entretenu du dialogue de Ouaga par injections dosées
de paramètres visant à provoquer la défection de
l’opposition notamment le refus de la médiation de
l’Algérien Lakhdar Brahimi, l’imposition controversée
du Sénégalais Moustapha Niasse, le choix même de
Ouagadougou chez Blaise Compaoré qui ne cache pas ses
sympathies pour le pouvoir et enfin les particulières
conditions dans lesquelles les travaux préparatoires
de ce dialogue ont été lancés, à Lomé, on s’attendait
sûrement que l’UE mette l’opposition dos au mur. Mais
ce fut un tout autre son de cloche.
S’il est vrai que Bruxelles ne ménage pas
l’opposition dans la situation actuelle, elle y va
plutôt de manière très brute et très tranchée avec le
pouvoir qu’elle accuse de ne pas garantir les
conditions minimales qui prouveraient sa bonne foi
politique. D’ailleurs, le porte-parole du Commissaire
européen Louis Michel, Amadeu-Altafay Tordio est
assez explicite : « l’UE et l’ONU ont fait des
efforts ces dernières semaines pour relancer le
dialogue politique au Togo. Nous pouvons suivre et
accompagner le dialogue sans nous substituer aux
parties prenantes. Nous avons proposé une
facilitation qu’une partie au dialogue essaye de
refuser. C’est un préalable très important pour le
démarrage des négociations. Dès qu’un compromis sera
trouvé sur la facilitation, on pourra accélérer les
discussions sur les fonds, notamment la question de
la réforme de l’armée, la nécessité de la séparation
des pouvoirs et l’amorce d’une transition ».
En clair, tant que le point 1.1 des engagements
de Bruxelles ne sera pas effectif, l’UE campera sur
ses positions. Il revient donc au pouvoir togolais
d’accélérer la tenue du dialogue au risque d’attiser
le courroux des instances de Bruxelles. Encore une
fois Amadeu-Altafay Tordio est très clair : « nous
pouvons prendre des sanctions si rien ne se fait,
mais elles ne sont pas à l’ordre du jour ». Ce
n’est rien d’autre qu’un euphémisme pour cacher
l’épée de Damoclès qui pend au dessus des gouvernants
togolais.
B. Sek |