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23 fevrier 2006

[No 133: 23 fev. 2006]

Malgré l’échec du dialogue de Ouagadougou :  Bruxelles toujours intransigeant sur l’engagement 1.1

 

Depuis le mardi 11 février 2006, les têtes pensantes du pouvoir doivent se creuser les méninges pour sortir encore un de ces artifices qui leur servent de dilatoire pour faire perdurer inutilement le statu quo politique accentué par le hold-up électoral du 26 avril 2005.

Les nouvelles en provenance de Bruxelles ne sont pas du tout de nature à entretenir leur sérénité à nager en eaux troubles. Après l’échec programmé et entretenu du dialogue de Ouaga par injections dosées  de paramètres visant à provoquer la défection de l’opposition notamment le refus de la médiation de l’Algérien Lakhdar Brahimi, l’imposition controversée du Sénégalais Moustapha Niasse, le choix même de Ouagadougou chez Blaise Compaoré qui ne cache pas ses sympathies pour le pouvoir et enfin les particulières conditions dans lesquelles les travaux préparatoires de ce dialogue ont été lancés, à Lomé, on s’attendait sûrement que l’UE mette l’opposition dos au mur. Mais ce fut un tout autre son de cloche.

S’il est vrai que Bruxelles ne ménage pas l’opposition dans la situation actuelle, elle y va plutôt de manière très brute et très tranchée avec le pouvoir qu’elle accuse de ne pas garantir les conditions minimales qui prouveraient sa bonne foi politique. D’ailleurs, le porte-parole du Commissaire européen Louis Michel, Amadeu-Altafay Tordio est assez explicite : « l’UE et l’ONU ont fait des efforts ces dernières semaines pour relancer le dialogue politique au Togo. Nous pouvons suivre et accompagner le dialogue sans nous substituer aux parties prenantes. Nous  avons proposé une facilitation qu’une partie au dialogue essaye de refuser. C’est un préalable très important pour le démarrage des négociations. Dès qu’un compromis sera trouvé sur la facilitation, on pourra accélérer les discussions sur les fonds, notamment la question de la réforme de l’armée, la nécessité de la séparation des pouvoirs et l’amorce d’une transition ».

En clair, tant que le point 1.1 des engagements de Bruxelles ne sera pas effectif, l’UE campera sur ses positions. Il revient donc au pouvoir togolais d’accélérer la tenue du dialogue au risque d’attiser le courroux des instances de Bruxelles. Encore une fois Amadeu-Altafay Tordio est très clair : « nous pouvons prendre des sanctions si rien ne se fait, mais elles ne sont pas à l’ordre du jour ». Ce n’est rien d’autre qu’un euphémisme pour cacher l’épée de Damoclès qui pend au dessus des gouvernants togolais.

B. Sek

 

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