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De nombreux réfugiés togolais se sont enfuis du camp
d’Agamé, dans la région de Lokossa, au Bénin, à la
suite de violents heurts qui les ont opposés aux
autochtones et qui ont fait de nombreux blessés,
selon les autorités locales.
«Nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire
revenir les gens et calmer la situation»,
a déclaré Rafik Saidi, le représentant régional du
HCR (agence des Nations unies pour les réfugiés).
Les échauffourées du jeudi 16 dernier sembleraient
provenir de tensions persistantes entre les
autochtones et les réfugiés. Selon Richard Honou,
administrateur du camp, près de 26 réfugiés togolais
et trois ressortissants béninois ont été blessés,
dont certains par balles et par coups de machette.
A en croire le correspondant d’IRIN qui s’est rendu
dans le camp, les 9300 réfugiés ont quitté le camp
qui est désormais sans eau et sans électricité.
«Le camp est presque désert»,
a indiqué un fonctionnaire, sous le couvert de
l’anonymat.
«Le HCR, les autorités, les chefs traditionnels et
religieux font tout pour rétablir la confiance et le
calme»,
a expliqué M. Saidi.
De nombreux réfugiés togolais vivent depuis avril
2005 dans le camp du village d’Agamé une localité
située à 18 kilomètres de la frontière avec le Togo –
suite aux violences politiques qui ont émaillé les
élections présidentielles et provoqué l’exode de près
de 25 000 personnes.
Depuis, certains réfugiés sont retournés dans leur
pays, mais quelques 19 000 sont restés au Bénin –
dont 11 000 répartis dans deux camps, les autres
vivant chez des parents ou dans des familles
d’accueil.
Selon les autorités locales, les incidents du jeudi
dernier ont commencé après que des réfugiés aient
retenu pendant près de cinq heures le représentant du
HCR et ses collaborateurs sous prétexte qu’ils n’ont
pas respecté l’engagement qu’ils ont pris de leur
délivrer des cartes de réfugiés.
Cet incident a ensuite provoqué des échauffourées
avec des habitants du village, qui se plaignaient
déjà du comportement de certains réfugiés, puis une
bagarre générale s’en est suivie.
Beaucoup de réfugiés sont des jeunes qui ont
participé aux violentes manifestations de rue l’année
dernière au Togo; certains d’entre eux ont des
comportements qui exaspèrent les autochtones qui
s’indignent du reste de voir ces provocateurs
étrangers recevoir gratuitement une aide alimentaire
et bénéficier d’une assistance. Parallèlement à cette
version, d’autres sources parlent plutôt
d’autochtones qui se sentiraient mieux entre les
mains de leurs hôtes togolais. Pour être plus clair
elles susurrent que les vigoureux males togolais
leur ravisent leurs dulcinées de même que les filles
togolaises qui font chavirer leurs hommes.
Selon des responsables locaux qui ont souhaité gardé
l’anonymat, les réfugiés ont jeté des pierres aux
villageois qui ont riposté en faisant usage d’armes à
feu de fabrication locale. Les violences ont cessé
après l’intervention de la police.
F.S Source : IRIN
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