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Beaucoup de choses se disent sur une éventuelle
succession de celui qui a offert son premier et
historique billet pour une phase finale de coupe du
monde aux Eperviers du Togo. La phase finale de CAN
désastreuse réalisée par l’équipe nationale du Togo,
serait à la base de cette décision qui tarde à se
faire officialiser. Cependant, l’on spécule depuis la
semaine dernière sur l’arrivée, puis ensuite la
présence à Lomé d’un technicien allemand du nom de
Otto Pfister pour prendre la place plus ou moins
« vacante » de Stephen Keshi. Pour l’heure, rien
de concret ne semble avoir été fait avec le
technicien allemand qui n’a pas mis du temps pour se
rendre compte du cafouillage qui règne dans le
football togolais. L’homme apprend à ses dépens ce
qu’un certain Diego Garzito, autre technicien
franco-italien qui a fait un passage éclair à la tête
de la sélection togolaise en 2002, appelait « la
culture de l’improvisation ».
Curieusement, et au
même moment qu’aucune solution n’est trouvée à
l’Allemand Otto Pfister, on annonce également la
piste du technicien serbe Bora Milutinovic, toujours
pour la même cause. Celle d’une succession pure et
simple de Stephen Keshi, l’essentiel étant pour
certains dirigeants sportifs nationaux, que le
technicien nigérian parte… Du coup, l’on comprend que
les raisons de l’incessant acharnement fait sur la
personne de Keshi, sont bien ailleurs que dans les
résultats catastrophiques réalisés par ses poulains
et lui au Caire, au premier tour de la 25e édition de
la Coupe d’Afrique des Nations. Et tout en comprenant
le souci de nos dirigeants de voir en Allemagne une
équipe nationale forte, moins fébrile et moins
ridicule, on est sceptique sur le miracle qu’ils
croient réaliser en Allemagne par le fait tout
simplement de porter à la tête des Eperviers, un
autre entraîneur. « On peut faire venir ici le
meilleur coach du monde, il ne peut rien faire dans
cette pagaille» disait Diego Garzito. Ainsi, pour
la plupart des observateurs sportifs, le problème du
football togolais réside plus au niveau de son
organisation qu’au niveau du changement des
techniciens. Autant dire qu’on n’a pas forcément à
gagner en limogeant Keshi, tout en excellant dans
notre légendaire improvisation.
Pourquoi en veulent-ils tant à Keshi ?
Devant tous les bruits, agitations et dénigrements
qui se font autour de lui, le technicien nigérian, en
grand professionnel, est resté digne. Aucune parole
déplacée à l’encontre de qui que ce soit, mais
toujours cette assurance et cette idée qu’aucune
sélection nationale de football n’est devenue
invulnérable, soudée, solide et crainte en moins de
trois années d’existence. « Pour construire une
grande équipe, il faut du temps ; au moins trois
années », a l’habitude de dire Stephen Keshi qui
espérait pourtant continuer avec les Eperviers du
Togo, à écrire une histoire commencée il y a
seulement 20 mois. Personne ne peut nier que
l’arrivée de l’ex-capitaine des Supers Eagles du
Nigeria au Togo, a changé beaucoup de choses au sein
de la sélection nationale. Bien que les mauvaises
habitudes refusent de s’effacer complètement, il a su
par son charisme, apprendre aux dirigeants sportifs,
aux joueurs togolais, à être moins évasifs, plus sûrs
d’eux-mêmes, et surtout un peu plus professionnels.
Les résultats ont suivi et ça ne semblait pas plaire
à ces vantards, arrivistes et orgueilleux qui se
disent que « parce que ce n’est pas par eux que
Keshi est venu à Lomé », tout ce qu’il fait leur
est insensible. Personne d’ailleurs, n’ignore que les
rapports entre le président de la FTF, Rock
Gnassingbé et l’entraîneur national Stephen Keshi,
n’ont jamais été roses, la forte personnalité, le
charisme du technicien nigérian et surtout sa rigueur
étant des éléments qui bousculent par moment la
quiétude du patron de la FTF. Et lorsque l’occasion
s’est présentée pour lui d’évincer l’entraîneur, il
n’y a pas eu d’hésitation. L’acharnement est si grand
qu’on en oublie tout ce que cet homme a réalisé pour
les Eperviers en 16 mois de présence à leur tête.
Heureusement le « pauvre » ayant remarqué
qu’il n’a, en vérité, jamais été « désirable »,
fait comme il peut, et essaie de peser ses mots à
chaque intervention. Pour cette histoire, et sans
doutes trop acculé, il a fini par cracher une
certaine vérité en disant sur Sport FM lors d’une
émission à laquelle il était invité que « la FTF
était en quête d’un entraîneur pour sa succession
bien avant le début de la phase finale de la CAN en
Egype ». Où est donc le sérieux dans tout ce
qu’on sert au peuple sportif togolais ? Et si par
miracle, la décision du limogeage de Keshi n’a pu
montrer officiellement son nez jusqu’à ce jour, c’est
tout simplement parce que la FTF n’a pas le pouvoir
de le faire. Alors on attend. On lance les loups à la
trousse du technicien nigérian à travers une campagne
de dénigrement. C’est d’autant plus regrettable que
parmi toute la délégation togolaise qui était au
Caire, seul Keshi a au moins, eu le courage de
demander officiellement pardon au peuple, pour
l’avoir laissé sur sa faim…
Keshi –a-t-il besoin d’un conseiller technique ou
d’un successeur ?
Les
joueurs sans doute conscients de leurs grandes
responsabilités dans la débâcle du Caire soutiennent
tous l’entraîneur. Ils ont été unanimes à reconnaître
que les miettes de préparatifs faites avant la CAN
d’Egypte était trop insuffisantes pour générer
d’excellents résultats. Une dizaine de séances
d’entraînement suivies de deux rencontres amicales ne
peuvent nullement accoucher de grandes choses. Alors,
basta ! Trêve de polémique, car, comme le disait un
leader politique si on était dans un pays… normal, la
fédération devrait être dissoute depuis le Caire.
Même le ministre des Sports devrait être démis de ses
fonctions. Ainsi on ne s’acharnerait plus sur un
pauvre nigérian qui a choisi de quitter son pays
pour servir une autre patrie que la sienne. De grâce
chers décideurs !
Oui, de grâce parce qu’à moins de quatre mois du
début du mondial, l’on a mieux à faire que d’orienter
toutes nos forces sur le limogeage d’un entraîneur
qui au moins a une vaste idée sur les éléments qui en
juin prochain, prendront part à la compétition. Qu’on
organise aujourd’hui un tournoi pour soi-disant
« faire une sélection nationale locale » c’est
l’autre ridicule dont se couvrent nos dirigeants
sportifs. Personne n’est dupe et ici, nous, on peut
insister, persister et même signer qu’en juin
prochain en Allemagne, c’est à peine si on retrouvera
trois joueurs locaux dans la sélection togolaise. Ces
genres d’entreprise ne doivent pas être initiées à
trois mois d’une coupe du monde, tout comme cette
idée d’engager un nouvel entraîneur pour les
Eperviers. On peut amener ici le meilleur entraîneur
du monde ; avec toutes ces improvisations, il ne peut
rien réaliser, disait un technicien averti. Et nous
sommes d’accord avec lui que le Togo actuellement n’a
ni besoin d’un Otto Pfister, encore moins d’un Bora
Milutinovic. Il a plutôt besoin d’une bonne
préparation et du retour de l’harmonie en son sein.
Pour ça heureusement, Keshi et Shéyi ont su trouver
les mots pour faire leur réconciliation, et où
encore ? En direct sur Sport FM, au lendemain du
retour des Eperviers du Caire. Le peuple sportif
togolais ne demande pas mieux, et que Otto Pfister
ait une fiche d’identité bien pleine, avec des
passages au Burkina-Faso, au Sénégal, en Côte
d’Ivoire, à la RDC, au Ghana, en Egypte, en Arabie
Saoudite etc…, l’on aurait plus besoin de lui,
peut-être, demain qu’aujourd’hui. Idem pour son
collègue serbe Bora Milutinovic dont le rêve est plus
de faire une 6e phase finale de coupe du monde que de
réaliser quelque chose avec le Togo. Avec tous ces
paramètres, on serait donc tenté de revenir sur tout
ce qui a été écrit ces derniers temps et qui était
plus lié au choix d’un conseiller technique ou d’un
directeur technique pour renforcer le staff technique
des Eperviers. Maintes fois le nom du technicien
libanais Zebib Bassam actuellement l’un des meilleurs
au Togo a été prononcé, pour la simple raison que,
non seulement, il a une idée des adversaires du Togo
en coupe du monde, mais il connaît un peu le football
et la mentalité des Togolais. Ancien directeur
technique du Liban, et ayant travaillé deux années
(2003 et 2004) sous l’emblématique technicien
français Michel Hidalgo, tout comme Henri Michel
actuel sélectionneur de Côte d’Ivoire, il doit
sûrement avoir son idée de la haute compétition. En
plus le grand travail tactique et technique réalisé
pour le compte d’Agaza, devrait plaider pour lui. Son
expérience et sa connaissance du football moderne
ajoutées aux touches aux discours et aux méthodes de
Stephen Keshi, ne seraient nullement pour faire mal
aux Eperviers qui ont sans doute eux aussi besoin de
ce supplément d’encadreur pour réellement s’épanouir.
Car, ce qui leur manque par moment, c’est un peu
l’assimilation d’un système par rapport à celui
adopté en début de match par l’adversaire d’où ces
moments de cafouillage parfois. L’avantage avec le
technicien libanais, c’est qu’il serait aussi plus
économique mais sans doute plus efficace avec son
rôle de conseiller technique. C’est encore mieux que
cette idée de limogeage pure et simple de Stephen
Keshi.
Don Quichotte AKUE |