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On
aurait cru avec les récentes conclusions de la
Commission de réhabilitation de l’histoire du Togo
(et encore malgré toutes ses insuffisances) que la
question de la paternité de l’indépendance du Togo
était définitivement close. Mais hélas !
Il
avait fallu que notre confère « Le Regard »
se demande où était passé le vieux Abalo Firmin, SVP
membre de la Commission Dosseh-Anyron qui avait
consacré Sylvanus Olympio « Père de
l’indépendance » malgré ses puériles
revendications passées sur cette question qui accorde
volontiers la palme à Ben Apaloo pour qu’il sorte de
ses gongs et récidive, comme il y a quelques années
dans sa version tronquée de cette période
déterminante de la souveraineté du Togo. Mais alors
cette fois-ci avec une grande déraison doublée d’une
inadéquation avec ses propres engagements récents au
sein de la Commission Dosseh-Anyron. Car comment
comprendre que le même Abalo Firmin qui avait
participé aux travaux de ladite commission et qui
avait engagé ad æternam sa signature à ses
conclusions revienne aujourd’hui sur son acte par des
pirouettes indignes de son âge parce que « Le
Regard » l’avait un peu titillé ? En tout cas
cela ne dénote pas moins sa fluctuante personnalité
au gré de ses humeurs quotidiennes. Cela démontre
aussi que ce vieux monsieur est un exemple vivant de
cette génération de nos grands pères et pères qui,
fort de leurs « anciens certificats d’études
primaires » avaient ballotté les masses
laborieuses de l’époque sur leurs réelles capacités
intellectuelles et morales.
*Abalo Firmin seul contre tous, l’histoire et la
raison
L’attitude d’Abalo est assez surprenante. Voilà un
monsieur qui participe aux travaux de la Commission
Dosseh-Anyron, perçoit les perdiems, signe ses
conclusions et des semaines plus tard se rebiffe et
encre pas officiellement mais seulement à travers un
droit de réponse qu’il a envoyé au confrère
« Le Regard » dans sa dernière édition. On
saura d’après ses propos qu’il avait essayé vainement
d’éclairer la commission sur la véritable paternité
de l’indépendance et qu’il s’était rangé de guerre
lasse sur la proposition de Sylvanus Olympio dans un
souci d’apaisement et de réconciliation.
Cet
argument est tout simplement saugrenu surtout qu’au
sein de cette commission il y a au moins un autre de
ses compagnons de lutte à savoir Djato Monsila qui ne
l’aurait pas suivi comme à l’époque où ils avaient
ressorti la JUVENTO des poubelles de l’histoire pour
les beaux yeux de feu Eyadema à moins que ce ne soit
un oubli.
Plus surprenant encore, Abalo Firmin déclare qu’ « un
fait ne se présume pas, il faut le prouver. Des
preuves de la paternité de l’indépendance du Togo
existent, il faut seulement avoir le temps et la
volonté de consulter les archives de l’ONU, du Togo
(s’il n’ont pas été détruits) et de l’administration
coloniale française ». Soit ! Mais alors depuis
que la JUVENTO nouvelle version avec ses rescapés
avait commencé en 2001 sa croisade, pourquoi les
vieux pépés si habiles à dissimiler des « Penny »
dans leurs goussets ne nous avaient pas sorti ces
fameuses preuves des placards ?
* « La fameuse commission »
L’expression n’est pas de nous mais d’Abalo Firmin et
marque le degré de sérieux qu’il affecte à la
commission Dosseh-Anyron à laquelle paradoxalement il
avait siégé en tant que membre. Que comprendre sinon
qu’à part les revendications irraisonnées d’Abalo
Firmin, cette commission a été une foire de dupes qui
avait procédé à certains replâtrages et créé de
toutes pièces d’autres références. Le but final étant
de mettre Sylvanus Olympio et Gnassingbé Eyadema au
même diapason, mais alors deux hommes que tout
sépare. Nous l’avions évoqué il n’y a pas si
longtemps.
Ainsi donc pour définitivement clouer le bec au vieux
Abalo Firmin, « Forum de la Semaine »
se propose à travers une série de parutions de
vous livrer d’abord deux documents exceptionnels de
l’époque publiés le 1er mai 1958 par le journal
« La Vérité Togolaise » n° 37 et par la
suite une interview-révelation de l’historien,
politologue et journaliste Atsutsè Agbobli qui
retrace toute la période qui a abouti à
l’indépendance et surtout les acteurs politiques qui
l’avaient animée.
B. Sek |