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Joie partagée, cœur fleuri !
Cœur brisé, comble de tristesse et du déshonneur ! Tel semble être le chemin des
Eperviers sur la palpitante route du rêve d’excellence du football togolais.
Espoir déçu de tout un peuple qui jusqu’à la dernière minute refusait de croire
à la fatalité. Comment en est on arrivé là alors que les prouesses africaines de
nos Eperviers indiquaient que le football togolais est arrivé à maturité ? Et ce
n’est point par hasard que le leadership des Nations qualifiées est revenu.
Pourtant, la fuite de responsabilité, l’« apeuprèrisme »,
l’improvisation, le manque de vision, la concentration du pouvoir aux mains d’un
seul ou d’un groupuscule de profiteurs, le bricolage, l’absence de structures
adéquates, la gestion catastrophique des ressources humaines et financières et
le manque de volonté politique sont le partage quotidien du football togolais.
Lamentablement, le Togo, contre toute attente, a été laminé, ridiculisé, réduit
à son fantôme érigé en rang d’icône nationale à qui les Eperviers avaient dédié,
malgré eux, leur qualification pour ce grand rendez-vous du football africain et
mondial.
Réduire cette débâcle au seul
choix mal fait de l’entraîneur pour charger de tous ces maux qui rongent le
Sport-roi de notre pays pour, tel un Azazel (bouc émissaire), le chasser au
désert pour l’expiation du peuple, pardon des responsables de cette déconvenue
nationale, pour le remplacer par nos adversaires en Allemagne, ne serait que la
énième bêtise (appelons les choses par leurs noms) d’un malade qui veut curer
les symptômes en négligeant les racines du mal en soi ! A-t-on essayé un seul
instant de respecter le programme des préparatifs qu’il a préalablement
établi ? S’est-on soucié à temps des doléances laissées au moins un mois
d’avance par les joueurs ? Non ! On s’est contenté d’agir comme un paysan,
allant au champ et surpris par un orage auquel il ne s’attendait pas !
Loin de Dieu, point de
victoire ! Pour preuve la déroute est répétitive depuis cette dédicace à
l’allure d’un culte au mort depuis la France en passant par l’Iran jusqu’aux
pieds des Pyramides. Le Togo, hélas est éliminé, et s’offre un rang indigne d’un
porte-flambeau continental au grand challenge mondial sur la terre germanique.
Rien n’y fit ! Même la présumée star nationale aux antipodes de l’humilité, qui
s’est pourtant donné, à l’instar de ses coéquipiers pour sauver de
l’effondrement l’honneur de toute une Nation, rassemblée pour l’occasion par
l’alchimie du football.
L’indicible déchirure du
cœur de tout un peuple et le pesant silence qui s’est abattu sur Lomé et
l’ensemble du pays aussi bien le samedi 21 que le mercredi 25 janvier, témoigne
du défi majeur de responsabilité qui est l’apanage des tenants du pouvoir. La
charge émotionnelle de ce silence strident mêlée d’une révolte contenue,
surclasse tous les événements douloureux qui ont marqué notre vie collective ces
derniers temps.
Comment expliquer le
déterminisme d’une telle tragédie nationale ? Ne cessera-t-on pas de se poser
comme question. Querelles entre les joueurs et les dirigeants pour les
questions d’intendances, restriction budgétaire entravant le programme de
préparation des joueurs, chamailleries sur le montant des primes aux joueurs,
exaltation du moi, arrogance de ceux qui se croient incontournables, culte de la
personnalité…voilà quelques bribes des facteurs qui ont plongé l’ambition
légitime de tout un peuple portée par ses ambassadeurs, dans les profondeurs
abyssales du Nil !
A écouter les confrères
commentateurs des matches sur les chaînes internationales et les techniciens de
la CAF ainsi que les observateurs avisés du football togolais, point de doute
que l’impréparation et l’irresponsabilité des dirigeants sont en cause. Comment
s’engager dans une telle compétition avec tant d’amateurisme et de désinvolture
malgré la détermination des joueurs et l’immense capital affectif de tout le
peuple togolais ? Comment comprendre que les priorités budgétaires méprisent le
souci d’entourer les Eperviers de toutes attentions matérielles et financières,
gage de leur succès ?
Au lieu de cela, on
s’époumone, hélas, avec les deniers publics à la momification d’un régime
défunt, dans la défiance totale du bon sens élémentaire et de Dieu. Il est
objectif et juste de célébrer avec faste des événements déchirants de l’Histoire
de notre pays à l’instar du 23 Septembre, des 13 et 24 janvier et la liste n’est
pas exhaustive. Cependant, couvrir les besoins primaires ou offrir des occasions
de joie aux Togolais ne mérite pas de retenir l’attention des décideurs de notre
pays. Ainsi, s’est tissée la toile de fonds du jeu d’échec des Eperviers à la
CAN 2006.
Si « vaincre ou mourir »
gravé en lettre d’or sur des enseignes lumineuses du grand carrefour de Lomé,
semble être le slogan du grand Régent du football togolais au mépris de tout
esprit de fair-play, la conclusion va de soi à cette déchirante heure de vérité
à laquelle douloureusement, nous sommes parvenus : La mort, que le peuple !
Eperviers échec, Gnassingbé mat !
Dimas DZIKODO |