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Le dialogue national ne s’est
pas encore ouvert, que les ambitieux du clan, des « assoiffés de pouvoir »
comme les qualifierait le défunt Gal Eyadema si c’est qu’ils sont de l’autre
bord, se sentiraient menacés par l’évidente tournure que ne manqueraient pas de
prendre les consensus qui émergeront des discussions. Un partage du pouvoir avec
l’opposition, pour ne pas dire une restitution partielle du pouvoir usurpé à ses
authentiques titulaires. Mais des réticences feraient déjà jour, et de récentes
rumeurs, il ressort que les belliqueux du RPT qui entendent pourtant garder un
œil vigilant sur la politique du pays, excluent de devoir rendre compte à un
Premier ministre de l’opposition. Or, inévitablement le clan aura à composer
avec la partie adverse, pour aboutir à un gouvernement d’union nationale sous la
férule d’un Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Mais alors que se
dessine la tendance portant l’UFC ou le CAR à la primature, il est dit et c’est
le confrère en ligne Togocity.com qui en fait l’écho, que Kpatcha Gnassingbé
n’aurait pas hésité à préciser ses exigences : refus catégorique de souffrir le
martyr en étant sous les ordres d’un opposant. Serait-ce pour lui le comble de
l’humiliation ?
Cela se comprendrait dans la
mesure où des rumeurs incessantes avaient à maintes reprises étalées sur la
place publique sa tendance à lorgner avec convoitise du côté de la magistrature
suprême. A défaut de tenir le haut du pavé, celui qui se croit l’héritier d’une
monarchie républicaine à la togolaise, ambitionnerait de pouvoir concentrer
entre ses mains des pouvoirs non négligeables qui le mettraient au dessus de la
mêlée que forme le corps gouvernemental : des pouvoirs de vice-président,
murmure-t-on, que ne prévoit pas la constitution. N’avait-il pas déjà marqué sa
préséance sur les autres membres du gouvernement le 13 janvier dernier en se
faisant concocter une arrivée en solo avec des honneurs indus à son titre ?
Cette nouvelle lubie du fils
Gnassingbé, si elle n’est pas poursuite du vent, constituerait une menace de
plus aux valeurs républicaines. Et, dans l’hypothèse où il parvenait à jouir de
la caution des fossoyeurs de la république qui pullulent dans les cercles du
clan et à obtenir gain de cause, ce serait des travaux d’Hercule que Lakhdar
Brahimi le médiateur proposé par Kofi Annan, aura à abattre. Si d’aventure,
dialogue national il pourrait encore y avoir dans ce cas.
Kpatcha Gnassingbé investit
des fonctions de vice-président comme il en rêverait, le régime se saboterait
tout seul, en s’en prenant immanquablement à la constitution et en ouvrant la
voie à des querelles intestines. Ce serait alors un duel sauvage au plus haut
sommet de l’Etat. Et l’on voit déjà la marge de manœuvre du Premier ministre
issu de l’opposition, réduite à une simple expression d’allégeance. L’ouverture
démocratique en restera au point mort, le régime continuera à s’empêtrer dans
ses extrêmes tout en montant au zénith de sa décadence. Avec bien sûr,
confirmation de son obstination à jouer double jeu.
Face donc à une dictature
orchestrée par des individus sans foi ni loi à la conscience atrophiée, la tâche
qui attend l’égyptien Lakhdar Brahimi sera des moins aisés. Cela s’entend déjà
au su de ce que furent les rudes tractations pour parvenir au choix du
médiateur. La condition sine qua non de désignation du conciliateur n’avait pas
échappé aux affres des combines du pouvoir, menant à des divergences aux allures
de contentieux. La proposition mal venue d’un certain Moustapha Niasse, balayée
du revers de la main par l’opposition, pour ses accointances avec le pouvoir du
Gal Eyadema, donnait le signal d’un soupçon de malveillance orchestrée. Formule
bâtarde récusée par l’opposition. Interrogé quant au retard pris sur l’ouverture
du dialogue, le secrétaire général de l’UFC, M. Jean-Pierre Fabre avait évoqué
l’impérieuse nécessité que le médiateur de la crise togolaise soit de la trempe
de ceux qui pouvaient « comprendre la situation togolaise ». Si Lakhdar
Brahimi n’a plus à faire ses preuves, il demeure toutefois vrai qu’il aura à
expérimenter le particulier cas togolais où il se dit qu’il aura forcément à
neutraliser certains éléments perturbateurs du régime, en leur rabattant le
caquet. Les radicaux de ce régime ci, ne sont pas des plus inoffensifs. La
question se pose d’ailleurs de savoir pourquoi l’actuel ministre de la Défense
se sentirait obligé de se mêler de la gestion étatique, si la nouvelle donne qui
se profile l’indispose. Une retraite bien méritée, même si anticipée n’a jamais
fait de mal à personne.
Ahoefa A. |