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Deux matches ont
suffit aux Eperviers du Togo pour voir leur sort scellé dans cette Coupe
d’Afrique des Nations. La bande à Stephen Keshi n’a pas fait mieux que ses
prédécesseurs. Et comme en 1972 au Cameroun, en 1984 en Côte d’Ivoire, en 1998
au Burkina-Faso, en 2000 au Ghana et 2002 au Mali, l’équipe nationale du Togo
retourne à la maison après seulement le premier tour. L’histoire se répète pour
les Togolais. Celle-ci à un goût plus amer, car de leurs six participations à
cette compétition, c’est seulement la deuxième fois qu’ils voient leur sort
scellé après deux rencontres seulement. Et pourtant, jamais le peuple n’a autant
cru aux possibilités de ses ambassadeurs. Jamais ces derniers n’ont paru aussi
forts, aussi conquérants dans les éliminatoires. Et en plus qu’ils sont
qualifiés pour le Mondial, il n’y aucun tort à espérer de Abalo Dosseh et sa
troupe mieux que de la figuration.
C’est d’ailleurs
pourquoi la première déroute face aux Simbas de la République Démocratique du
Congo, lors de la première journée (2-0), loin de décourager les uns et les
autres, a plutôt accentué la foi du peuple en ses ambassadeurs. Ces derniers,
après un week-end agité au Caire à cause du bras de fer entre l’entraîneur
Stephen Keshi et Sheyi Adébayor, font de leur coté la promesse de rebondir dans
cette compétition. Entre-temps, les autorités sportives togolaises préviennent
par la voix du premier vice président de la Fédération Togolaise de Football,
Winny Dogbatsè : « Nous avons mis Sheyi Adébayor et Stephen Keshi face à
leurs responsabilités. Nous les avons reçus longtemps et séparément dimanche. Il
n’est pas question de laisser s’installer la moindre discorde dans nos rangs.
Nous avons dit à chacun ce que nous avions à leur dire. Notre statut du
néo-mondialiste nous confère l’obligation d’être exemplaire sur et en dehors
des terrains », a-t-il déclaré, affirmant d’autre part qu’il n’était que
temps de se concentrer sur les matches…
Face aux Lions
Indomptables du Cameroun, on a réellement vu des joueurs togolais vraiment
concentrés, récitant sur la pelouse du stade militaire du Caire les
« gammes » telles que enseignées par Stephen Keshi. Les cours semblaient
pigés. Trop pigés et à un moment du match on s’était demandé si ce n’était pas
les robots qui jouaient. Les Camerounais eux étaient dans le rythme et en grande
formation, n’attendaient que la faille. Malgré les trois premiers corners tirés
contre eux autour de la 13e minute,
ils étaient restés sereins, envoyant par deux fois Samuel Eto’o Fils (18e mn)
et Achille Weho (24emn)
défier la défense et le goal togolais Agassa Kossi. Celui-ci comme toujours
tient bon, même à la 45e minutes
lorsque Samuel Eto’o Fils surgissait sur une de ses parades et reprenait de
force le cuir hors des buts togolais. La pause intervient sur cette note de
frisson, qui rassure tout de même sur la suite...
La reprise
est-elle entamée que l’attaquant barcelonais envoie un coup franc sur la barre
transversale de Agassa Kossi. La réponse est donnée trois minutes plus tard (52èmemn)
par Shéyi qui se joue de Kalla, sème la panique dans la surface de vérité des
Camerounais, mais bute sur leur dernier rempart Soulémanou Laminou. Les
Eperviers sont ainsi passés juste à côté de l’ouverture. Avertis, les Lions
musclent le jeu et enchaînent les offensives. Mathias et Makoum se livrent un
combat sans merci dans le couloir droit. Eto’o et Webo multiplient les coups de
tête et les frappes. La défense togolaise recule et offre à la 67e mn
une balle de frappe à Samuel Eto’o Fils. Sans se poser de question, il emballe.
C’est gagné pour les Camerounais, sûrs dès lors de leur avantage au marquoir et
sur le plan mental. Le deuxième but est alors inévitable, et c’est Albert
Melonze qui s’en charge. Une voix, soudain, s’élève au lointain, invitant les
Togolais aux changements de mœurs, à une meilleure préparation, et à moins de
querelles en leur sein. Et la nuit s’étend au pays. Le jaune porté par la
plupart des inconditionnels, n’est plus qu’une couleur qui perd son éclat. Il
devient même pour certains, une couleur noire qui rivalise d’avec la nuit. Cette
nuit qui s’étend sur toute l’étendue du territoire togolais.
Don Quichotte AKUE
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