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De la CEET à
Togo-Electricité
Il
s’était agi, on s’en souvient, de la cession de la Compagnie d’Energie
Electrique du Togo (CEET) à des prestataires privés dans le cadre, clamait –on à
l’époque avec tambours et cymbales, d’une politique de privatisation des
sociétés d’Etat pour leur redonner une certaine vigueur. Et elle échut au
Groupement Elyo / Hydro Québec International (E /HQI) après moult atermoiements
par une convention signée le 05 septembre 2000 pour vingt (20) ans.
Déjà à l’époque, beaucoup d’observateurs étaient surpris du choix des décideurs
togolais puisque selon toute vraisemblance le bénéficiaire de l’appel d’offre
de l’Etat togolais était de loin le candidat qui avait le dossier le plus
fiable. N’empêche, Togo-Electricité naquit et bonjour les dégâts.
Non seulement Togo-Electricité n’a en rien amélioré les prestations de la
défunte CEET mais au contraire, les Togolais ont assisté à des coupures
intempestives de leur fourniture de courant pour les impayés insignifiants, un
service assez contestable et de surcroît une dérobade criarde par rapport au
cahier de charge. Il avait fallu que l’Etat togolais monte au créneau en Conseil
des ministres par une sommation pour qu’elle rétablisse à quelques endroits
l’éclairage public par exemple. Le divorce avait déjà commencé. Il eut après
une succession de diplomatie de l’ombre pour contraindre l’Etat togolais à
assouplir sa position. C’est ainsi qu’on vit feu Eyadema recevoir les pontes du
Groupement E/ HQI, en fait une vitrine du Groupe Suez Lyonnaise des Eaux avec,
s’il vous plait en renfort (???) l’ambassadeur de France au Togo. Beaucoup de
choses avaient été dites à l’époque….
Bataille de chiffonniers
Aujourd’hui, le divorce
semble être totalement consommé. Aux dernières nouvelles, une tentative de
conciliation à Paris a capoté le 10 janvier dernier, les deux parties se
rejetant les torts. D’un coté, l’Etat togolais réclame 15 milliards de
dédommagement pour non respect des clauses de la convention de cession et de
l’autre la Société Togo –Electricité brandit des impayés de l’Etat s’élevant à 3
milliards F CFA provenant des fournitures de l’Hôtel 2 Février, de la Régie
Nationale des Eaux et aussi de l’éclairage public. Le pauvre contribuable
togolais n’est pas plus avancé.
La racine du mal
Ce sera une redite mais à
la cession de la défunte CEET, beaucoup de choses n’étaient pas claires quant
aux critères qui avaient abouti au choix du Groupement Elyo/ Hydro Québec
International. Un confrère est même très précis et parle de pots de vin et de
surcroît avance la faramineuse somme de 400 millions F CFA.
Que dire de tout cela sinon que l’Etat togolais doit demander des comptes aux
maîtres d’œuvre de cette cession rocambolesque qui lui crée des emmerdes
aujourd’hui, notamment l’actuel patron de la CNSS, Kofi Kadanga Walla qui avait
signé la convention au nom de la Commission de privatisation, Abdoul-Hamid
Tidjani-Douroudjaye, ministre de l’Economie, des Finances et des Privatisations
de l’époque qui avait émargé au nom de l’Etat togolais et surtout celui-là que
tout le monde s’accorde à désigner comme le cerveau de toute cette affaire,
l’ancien préposé de l’Equipement, des Mines et de l’Energie, Tchamdja Andjo. Ce
ne sera que justice et surtout cela fera tache quant aux éventuels dossiers
fumants.
B.
Sek |