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Forum de la semaine

23 janvier 2007

[223: 22 janvier 2007]
Quand le RPT remercie en monnaie de singe : Le zélé Chef -Canton d’Atchintsè-Adelé récompensé par l’oubli

L’attribut « zélé » conviendrait moins à ce Chef-Canton qui faisait la pluie et le beau temps dans le canton d’Atchintsè-Adelé (Blitta). Poursuite des opposants au nom d’un militantisme outré au sein du RPT, harcèlements des contestataires en vue d’asseoir les idéaux désuets du parti au pouvoir, tellement le Chef-Canton Konto Djahini Yao en faisait trop que ses administrés l’avaient en horreur. Car pour lui, « c’est le RPT ou rien », aimait-il dire selon des témoignages concordants.

Aujourd’hui, il le comprendrait à ses dépens car complètement oublié par ce parti qu’il a passé toute sa vie à servir, à la suite d’un accident qui aurait pu lui ôter sa vie mais qui heureusement l’a rendu grabataire.

            Alors qu’il se rendait à Pya le 31 décembre 2005, ensemble avec les autres Chefs-Canton de Blitta, pour présenter ses vœux à Faure Gnassingbé qui sortait avec peine d’une élection fortement contestée et doublement frauduleuse, M. Konto fut victime d’un accident grave de la circulation. La voiture à bord de laquelle il se trouvait fut renversée dans les sillages de Bafilo.

            Selon les témoignages, « le zélé » s’en était sorti avec au moins cinq (05) fractures qui l’immobilisaient jusqu’à ce jour sur son lit après une longue période d’hospitalisation à Kara puis à Lomé. Et Dieu seul sait s’il recouvrera un jour ses capacités de mobilité.

            Pire, le parti qu’il a servi avec zèle l’a complètement oublié. « Cela lui apprendra à servir la mauvaise cause qu’incarne ce parti décrié par tout le peuple », a déclaré un ressortissant de la région contacté par notre rédaction à Lomé, avant d’ajouter « quand on leur disait qu’au sein de ce parti, les barons ne servent que leurs intérêts personnels, ils ne nous croyaient pas. Dieu seul sait ce que ce chef a fait endurer aux opposants au nom d’une certaine fidélité au parti d’Eyadema. C’est bien fait pour lui qu’il soit ignoré ! », Un langage, à la limite très exagéré, mais qui ne dénote pas moins l’amertume d’une population opprimée.

            A l’orée de ces élections législatives, seul le RPT dira ce qu’il tire comme profit en ne prenant pas soin de ses propres militants. Peut-il le faire pour tout un peuple ?

F.S.

 
Humeur  : Prudence, les gars !

Une impasse patente caractérisait les travaux de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée d’organiser et de superviser les prochaines législatives. Cette structure était rentrée en hibernation depuis des mois et cela devenait de plus en plus inquiétant au fil des jours, tant les divergences de vues étaient tranchées. La troisième session du Comité de Suivi tenue à Ouagadougou mardi est intervenue à point nommé pour mettre fin à cet imbroglio qui mettait en péril la clarté et la crédibilité du scrutin car le facteur temps jouait en sa défaveur. 

Le choix du mode de recensement, la configuration de la carte d’électeur et les modalités de prise de décisions constituaient la pomme de discorde entre les différentes parties représentées à la CENI qui se sont constituées en deux courants. D’un côté, le CAR, la CDPA, l’UFC et le GF2D soutenaient l’option de la clarté – prise de décision par consensus, recensement proprement dit, confection de cartes avec photo – et de l’autre le RPT, la CPP le PDR et le REFAMPT qui s’opposeraient à ces exigences. Heureusement que le bon sens a prévalu à Ouagadougou car « après des échanges sur le rapport de la CENI, le Comité de Suivi s’est accordé sur les recommandations suivantes : concernant la carte d’électeur, l’adoption d’une carte d’électeur sécurisée avec photo numérisée ; en ce qui concerne le mode de recensement, l’utilisation de kits pour l’établissement du fichier électoral », pouvait-on lire dans le communiqué final ayant sanctionné les travaux.

            Nombre de Togolais ont été étonnés par ce revirement à 90% du courant du refus parrainé par le RPT car la détermination avec laquelle ce courant avait défendu sa position était trop grande pour être surmontée en quelques heures de travaux à Ouaga. Ce serait de l’imprudence d’envisager l’avenir avec un optimisme béat. Que cachent ces concessions faites par le RPT et ses alliés ?

            Qu’on permette aux Togolais de douter de cette ouverture subite du RPT. Ce parti qui est champion dans la duplicité ne joue certainement pas au Père Noël en concédant ces conditions professant la clarté. Certains pensent que c’est suite à la volonté de Faure Gnassingbé de bien faire que la proie a été lâchée mais pour d’autes, s’il abandonne ce terrain, c’est parce qu’il aurait  trouvé un autre sur lequel il pourrait s’imposer. Et des Togolais se demandent déjà si ce parti ne s’est pas rabattu sur le point relatif au mode de prise de décision. Selon les indiscrétions, au cours des pourparlers, l’opposition avait concédé cinq (05) représentants au RPT à la CENI contre la promesse de ce dernier de laisser prendre les décisions à la CENI par consensus. Aujourd’hui si ce parti revient sur ce point, il y a anguille sous roche. Justement l’APG recommandait le consensus comme méthode de prise de décision et le vote n’est envisagé que dans des cas exceptionnels. Mais cette idée de vote a été - bizarrement – plus affirmée à Ouaga. « S’agissant du mode de prise de décision à la CENI, le comité de suivi a tenu à préciser que conformément aux dispositions de l’APG, les décisions doivent être prises en privilégiant le consensus. Toutefois, en cas de blocage avéré, la CENI recourt au vote de la manière suivante : majorité qualifiée des 2/3 des membres présents au premier tour ; majorité relative des membres présents au second tour », précise le communiqué final de la séance de Ouaga.

L’inquiétude est de savoir ce qu’on mettra dans le vocable « blocage avéré ». Le RPT ne va –t-il pas susciter sur le moindre sujet une situation de blocage afin qu’on recoure au vote quand on sait que la mouvance présidentielle a une majorité mécanique à la CENI ? That is the question.                  

N.K.A. 

 
Abus d’autorité à la Gendarmerie de Tsévié : Le Cne NYAKOU mis aux arrêts pour avoir volé des bœufs

C’est la croix et la bannière pour des bouviers actuellement en séjour à Tsévié. Il y a deux semaines, des pelotons de bouviers en provenance du Nigeria via le Bénin –comme à l’accoutumée pendant les périodes de haute transhumance– sont arrivés dans cette ville capitale de la région Maritime du Togo. Ici, leur malheur a été vite orchestré.

Sur une simple allégation fantaisiste d’un jeune homme nommé Oré faisant état de ce qu’un des bouviers aurait commis un meurtre sur un villageois de la cité hospitalière, le Capitaine Nyakou qui dirige le Groupement de gendarmerie maritime à Tsévié décida, sur un coup de tête, de punir le présumé coupable voire toute son équipe, alors même qu’aucun corps n’a été retrouvé et, surtout, qu’aucune famille ne s’est plaint de la disparition d’un des siens. Aussi a-t-il fait ramasser avec un véhicule de l’armée tous les bœufs qui étaient conduits. Selon des sources concordantes à Tsévié, cet officier subalterne des Forces armées togolaises (FAT) aurait ainsi confisqué près de 150 bœufs, déjà vendu une dizaine à un ami chef boucher dénommé Aoudou et une cinquantaine au plus offrant. Visiblement, il doit illégalement et illégitimement s’enrichir quand on a le prix de vente d’un bœuf. Aux dernières nouvelles, le jeune Oré est en détention à Tsévié et le zélé Nyakou serait mis aux arrêts à Lomé suite à une interpellation de l’Interpol (International Police). Contacté, le Cdt en charge de l’Etat Major de la Gendarmerie n’a confirmé ni infirmé l’information mais a promis se prononcer sur le dossier après.

Régulièrement, les manœuvres du Cne Nyakou irritent les populations de Tsévié. On se rappelle que c’est le même corps habillé qui avait opéré une sortie punitive à l’encontre des conducteurs de moto sous le prétexte de devoir contrôler le port des casques. Sans une mesure réglementaire applicable sur toute l’étendue du territoire. Dans la pratique, toute personne interpellée (zémidjan ou personnel) devait verser une somme de cinq mille (5000) francs CFA contre le retrait de son engin. Sans aucun reçu délivré.

Le cas Nyakou illustre convenablement les attitudes déplacées doublées d’abus d’autorité, mieux d’abus de port de treillis, de certains militaires qui jettent du coup un discrédit sur tout le corps des Forces armées togolaises. En fin de semaine dernière, c’est la mésaventure d’un honorable député, giflé à trois reprises par un militaire, qui a été largement commentée sur une radio privée de la place. Si ce n’est des nouvelles recrues qui se spécialisent déjà dans des comportements indécents. Il serait superfétatoire de boucler la liste. Aujourd’hui, ce sont des bouviers qui sont désespérés et ne savent pas à quelle autorité s’en remettre. Et pourtant, on chante que le Togo est une sacrée terre d’accueil. Il reste aux supérieurs hiérarchiques du Cptne Nyakou de le prouver. Une officialisation de la peine appliquée, ne serait-ce que dans la famille militaire, serait de nature à décourager d’autres brebis galeuses.

F.S.

 
Lomé : 3 individus soupçonnés de vol de motos tués à Avépozo

Trois individus soupçonnés de vols de motos ont été lynchés et brûlés vifs par des inconnus entre samedi et dimanche à Baguida et à Avépozo. Les corps des infortunés visibles encore dimanche matin sur les lieux ont complètement brûlé suite au supplice du feu auquel ils ont été soumis après de longues séances de tortures physiques. Les parpaings et les autres contondants retrouvés sur les différents lieux des drames témoignent du courroux de leurs bourreaux.

Selon des habitants, la série de lynchages suivie d’assassinats serait probablement l’œuvre des conducteurs de taxi-moto, qui réagiraient aussi à la suite d’un énième vol de moto. Selon un habitant, les supposés voleurs de moto ont été repérés à la suite d’un forfait qu’ils avaient commis le 26 décembre sur un Zémidjan qui miraculeusement a survécu après le vol de sa moto.

            Selon toujours cet habitant, le réseau composé de plusieurs membres avait une manière toute particulière d’opérer. « Ils prennent la moto comme tout passager pour divers endroits. Au moment de vous payer, ils vous donnent des pièces à monnayer. Et pendant que le zémidjan se concentre sur son porte-monnaie, un complice surgit et assène plusieurs coups au conducteur de taxi moto avant de prendre la fuite avec le butin », nous a indiqué notre interlocuteur. Et c’est presque le même scénario les 26 et 28 décembre 2006, les 12 et 19 janvier 2007.

            Mais entre-temps, le « miraculé du 26 décembre » a vite fait d’alerter ses collègues qui surveillent les faits et gestes des soupçonnés qui, selon eux, ont récidivé le 19 janvier dernier. Ce qui a occasionné cette série de lynchages et d’assassinats.

            Ces trois individus sont morts sans qu’on ne sache vraiment s’ils sont les vrais auteurs des actes qu’on leur reproche. De plus, on se demande pourquoi le « miraculé du 26 décembre » n’a pas plutôt saisi la police, au lieu de s’en remettre à ses collègues zémidjan ?

            Pour beaucoup de personnes, le laxisme des forces de l’ordre serait à la base de ces lynchages.

            Mais ce raisonnement ne saurait justifier le fait que des citoyens se décident à rendre justice eux-mêmes à la place de l’Etat.

            Les autorités togolaises sont donc appelées à réagir énergiquement contre les auteurs des lynchages et autres assassinats gratuits.                 

T.G.A

 
 
 
 

 

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