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L'Eveil du
Peuple |
7
Déc 2006 |
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Que reste-t-il de l’opposition ? |
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Depuis la formation du nouveau gouvernement suite à
l’accord politique global, nombre de nos
compatriotes n’arrivent toujours pas à faire la
distinction entre parti d’opposition et parti de
gouvernement. |
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En politique, sont considérés comme des partis
d’opposition l’ensemble des forces politiques et
mouvements qui ne soutiennent pas l’action du
gouvernement.
Avec la nouvelle configuration de la scène politique
togolaise, où sont entrés au gouvernement le CAR et
la CDPA alors que la CPP et le PDR y étaient peu
après la présidentielle controversée de 2005, il
convient de clarifier un certain nombre de points
afin que chacun sache qui fait quoi et pourquoi.
Le gouvernement piloté par Me Agboyibo regroupe tous
les signataires de l’accord politique global à
l’exception de l’UFC de Gilchrist Olympio dont la
position reste ambiguë.
Elle déclare soutenir le processus en cours mais se
désolidarise de l’exécutif. Les formations qui n’ont
pas pris part aux négociations de Ouaga notamment
l’Alliance de Péré - Agbéyomé, le parti de la
Rédemption de Lawson Nicolas, Initiative et
Développement, patati et patata, bien qu’absents du
gouvernement soutiennent son action.
Par contre, l’OTTD de Claude Améganvi qui ne se
reconnaît pas dans le règlement que préconise
l’accord politique global peut être considéré comme
un parti d’opposition.
Au regard des objectifs assignés à la lutte pour la
démocratie, lutte qui devait aboutir à l’éradication
du régime- RPT et l’instauration d’un exécutif
nouveau, la participation de ces principaux partis
au gouvernement relève purement et simplement d’un
aveu d’échec.
En seize ans de lutte ouverte, le RPT a réussi non
seulement à se maintenir au pouvoir malgré la mort
subite de Gnassingbé Eyadema, mais aussi et surtout
à phagocyter un à un les partis politiques qui lui
étaient hostiles.
Actuellement, le RPT ne parle plus, ne se défend
plus ; ces avocats sont au gouvernement : ce sont
la CPP, le CAR, la CDPA, le PDR.
Estimés à plus d’une soixantaine au début du
processus de démocratisation, les partis politiques
ont progressivement disparu de l’échiquier
politique.
Les élections législatives prochaines, si elles
sont claires, verront la disparition des partis
politiques qui n’ont aucune représentativité mais se
considèrent comme des entités incontournables dans
le débat politique au Togo.
L’opposition togolaise est réduite à sa portion
congrue. Il faut que d’autres forces politiques
émergent parce que les partis traditionnellement
opposés au système RPT sont émoussés et frappés par
l’usure.
De source bien informée, au RPT on imagine mal le
rapport de force en 2010 entre un président jeune et
des opposants octogénaires. Les Gilchrist Olympio,
Me Agboyibo, Edem Kodjo, Ayéva Zarifou, Léopold
Gnininvi ne sont-ils pas en train de jouer leurs
dernières cartes ?
Par maladresse et manque de vision, la coalition,
en choisissant Emmanuel Bob Akitani, a donné droit
dans le mur parce que ce dernier n’a même pas été
en mesure pour des raisons de santé de pouvoir
défendre son suffrage. On a l’impression qu’il n’y a
pas de jeunes dans l’opposition.
L’opposition traditionnelle qui rentre
inéluctablement dans l’histoire sans parvenir au
résultat a, quand même, le mérite d’avoir fait
évoluer les choses et permis
au pays de faire une
entrée douloureuse en démocratie par petits pas. Si
elle est restée impuissante et obligée de courber
l’échine devant Faure Gnassingbé et le RPT ; c’est
essentiellement à cause de ses propres turpitudes,
bref de sa division. Une nouvelle génération
d’hommes politiques s’impose au Togo.
Eugène
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L’unanimisme : Un danger pour la dynamique en cours |
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Depuis la formation du gouvernement d’union nationale, la vie politique
togolaise s’oriente vers un unanimisme qui n’est pas
sans risque pour la dynamique en cours. Le
processus électoral initié par l’accord politique
global peut, à terme, être vicié si les togolais se
laissent empêtrer dans cette sorte d’unité politique
qui se constitue dans le pays. Ce n’est pas parce
que les opposants sont entrés au gouvernement que tout va marcher au
Togo comme dans le meilleur des mondes. En
politique, il est préférable de ne pas donner le bon
Dieu aux acteurs sans confession. Il vaut mieux que
les Togolais restent particulièrement vigilants et
tiennent les hommes politiques à l’oeil pour faire
réussir le processus électoral en cours. |
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L’histoire récente nous a enseigné que le Togo est
un pays dans lequel les acteurs sont accoutumés à
signer des accords et à les fouler aux pieds par la
suite. Du
12
juin 1991
au
20
Août 2006 dernier, que d’accords ont été signés et
violés, que de contrats ont reçu des coups de canif.
Ce pays a connu d’autres accords qui sont meilleurs
à l’accord politique global. Pour mémoire,
l’accord - cadre de Lomé a été plus éloquent en
termes d’avancées démocratiques que l’actuel, à la
seule différence que l’accord politique global a
prévu la formation d’un gouvernement pouvoir -
opposition. Cet élément nouveau, c’est-à-dire la
création d’un cadre de travail embarquant pouvoir
et opposition a initié une expérience nouvelle :
l’apprentissage de la gestion commune du pouvoir.
Cette expérience nouvelle ne peut pas être, loin
s’en faut, un blanc-seing pour le gouvernement et
surtout pour le pouvoir - RPT qui, en dépit des
sacrifices consentis, n’a pas encore totalement
traduit dans la réalité sa volonté de moderniser la
vie politique et de conduire le pays vers des
consultations démocratiques. En d’autres termes, il
est encore difficile au jour d’aujourd’hui
d’attester de la volonté du Rassemblement du Peuple
Togolais qui, quoi qu’on dise, reste la véritable
incarnation du pouvoir, d’engager le Togo dans une
politique de rupture avec le passé.
C’est la raison pour laquelle, tout en exprimant
leur adhésion à la dynamique politique en cours,
les Togolais doivent jouer la sentinelle du
processus politique en cours.
Le Togo a besoin de l’expérience politique qui se
fait aujourd’hui. Si tout le monde est d’avis pour
reconnaître que la crise de confiance entre les
acteurs de la vie politique est l’un des maux qui
minent la société togolaise, il était plus que
impérieux d’engager le pays dans l’expérience de la
gestion commune du pouvoir. L’opposition avait
besoin d’expérimenter cette forme de lutte qui
consiste à investir l’appareil d’Etat pour impulser
de l’intérieur les réformes tant attendues. S’il est
vrai, comme tout le monde l’a reconnu, que
l’élection n’était pas la solution à la crise
togolaise, il est dans le souhait de tous que
l’opposition participe à la gestion du pouvoir, ne
serait-ce que pour veiller à la bonne application de
l’accord politique global. Donc personne, à moins
d’être de mauvaise foi ou de ramer à contre
courant de l’histoire, ne peut récuser la dynamique
politique en cours. Seulement, il faut savoir
raison garder. Il faut rester extrêmement vigilant
pour ne pas croire que tout est bon et que tout va
marcher comme sur des roulettes. Un gouvernement
d’union nationale a des revers ; il peut, contre
toute attente conduire le pays à vau-l’eau. Les
attentes du peuple peuvent être déçus par des
réformes tronquées et des élections législatives
frauduleuses et non transparentes.
Les revers d’un gouvernement d’union nationale
Si le Togo avait besoin d’un gouvernement d’union
nationale comme l’a prévu l’accord politique global,
il est également vrai que ce type de gouvernement
n’est pas exempt d’inquiétude. De nombreux exemples
de gouvernements d’union nationale qui n’ont pas
réussi leur mission existent dans l’histoire.
Plusieurs maux guettent un gouvernement d’union
nationale. En 1945, après la libération de la
France, le général de Gaulle, devenu président de la
République, a mis en place un gouvernement d’union
nationale qui a rassemblé toutes les formations
politiques, y compris les partis de gauche (la SFIO
de Guy Mollet, parti socialiste de l’époque, et le
parti communiste de Maurice Thorez). L’expérience
n’a pas duré longtemps. Le général de Gaulle qui
était incapable de diriger l’équipe a démissionné,
ce qui a mis fin à l’expérience. Motif invoqué par
l’homme du 18 juin : le gouvernement était paralysé
par les partis qui défendaient leur chapelle, les
intérêts de groupe plutôt que l’intérêt général. Le
général de Gaulle a appelé cette époque le régime
des partis. Ces revers guettent l’actuel
gouvernement qui n’est en réalité qu’un conglomérat
de partis. Lorsqu’il s’agira de discuter des tâches
confiées au gouvernement par l’accord politique
global, il n’est pas exclu que les partis
privilégient les intérêts de groupes à l’intérêt
national.
En effet, beaucoup de tâches sont confiées au
gouvernement d’union nationale et leur
accomplissement devra faire l’objet de débats
serrés au sein de l’équipe. Les togolais pourraient
déjà imaginer les débats houleux que va susciter au
gouvernement la réforme de la Cour
Constitutionnelle, cette institution qui constitue
le maillon fort de la machine à « gagner les
élections » du RPT. C’est-à-dire que le régime des
partis peut intervenir à tout moment au Togo et
mettre fin à l’expérience politique en cours.
L’autre revers dans lequel le gouvernement d’union
nationale peut tomber est simplement l’échec. Le
gouvernement Faure -Agboyibo peut échouer dans sa
mission de réconcilier les Togolais et de
construire un processus électoral sain.
Le Togo n’est pas à son premier gouvernement d’union
nationale. On se souvient qu’au lendemain de
l’assassinat du Président Olympio, père de
l’Indépendance du Togo, le Président Grunitzky,
revenu de Cotonou pour diriger le gouvernement de
la II ème République, a mis en place une équipe
gouvernementale d’union nationale.
La JUVENTO, parti nationaliste à l’époque, a fait
son entrée au gouvernement avec André Kuévidjen,
Garde des Sceaux et Jean Agbémégna ministre du
commerce et de l’industrie. A terme, l’expérience
n’a pas été concluante, puisqu’un deuxième coup
d’Etat est intervenu le 13 janvier 1967. Les
rivalités entre Grunitzky, président du PTP
(Progrès) et Antoine Méatchi de l’UCPN (parti
régionaliste) ont bloqué le gouvernement et fait
échouer l’expérience.
Dans beaucoup de pays, les gouvernements d’union
nationale ont tourné cours, faute de cohésion, de
solidarité, et d’insouciance de l’intérêt général.
La nécessité de rester vigilant
Il est important dans cette phase de la vie
politique togolaise de rester très vigilant dans
l’accompagnement du processus politique.
L’existence d’une opposition forte au gouvernement
actuel est particulièrement recommandée et
souhaitée. L’unanimisme est très dangereux et peut
conduire à l’impasse.
Déjà, la mise à l’écart de l’UFC ou simplement son
refus de participer au gouvernement, tout au début
du processus, est un accroc dans la mise en oeuvre
de l’accord politique global. De même que certains
actes ont été posés dans la mise en œuvre de
l’accord politique global qui peuvent faire l’objet
d’interprétations diverses. Certains estiment que
l’accord politique global a été déjà violé.
En conclusion, les Togolais, tout en adhérant à la
dynamique politique en cours, doivent éviter
d’entrer dans un unanimisme et dans une unité
politique dangereuse pour les échéances à venir.
Fulbert Sassou ATTISSO |
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La chasse aux Ibos : L’émergence dangereuse des
relents nationalistes et xénophobes |
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Les événements malheureux qui ont secoué Lomé la
capitale où des Togolais se sont déchaînés contre
les ressortissants de la communauté Ibo, doivent
interpeller les pouvoirs publics. Il s’agit d’aller
au-delà des faits pour rechercher les causes
profondes et les éléments qui pourraient expliquer
cette folie meurtrière. Par delà les mobiles
justifiés ou non, les rumeurs avérées ou infondées,
la vérité est que les Togolais ont exprimé un
sentiment qu’il est important de décoder et de
prendre en compte. Cette furie colérique et
hargneuse des Togolais contre les ressortissants
nigérians, plus précisément les Ibos, sont les
prodromes de relents nationalistes et xénophobes
qui guettent le Togo. |
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La grande question est de savoir comment en est-t-on
arrivé là.
Les Togolais et les Ibos ont vécu pendant des
décennies en parfaite harmonie. On a assisté à des
mariages mixtes entre Togolais (es) et
ressortissants de la communauté Ibo. Cette
dernière, accoutumée à faire du commerce le plus
souvent dans la friperie (vêtements et chaussures
usagés) est bien intégrée dans la société togolaise.
La majorité des Ibos sont installés au Togo depuis
des lustres et parlent la langue locale (le mina) de
Lomé. Il n’y avait pas de vague entre les Togolais
et les Ibos qui vivaient en parfaite symbiose.
Seulement, il faut reconnaître que certains membres
de la communauté se comportent comme s’ils étaient
en territoire conquis. Ils se permettent de faire ce
qu’ils sont incapables de faire chez eux. La
plupart des vols à mains armées sont commis par les
ressortissants de cette communauté qui sont parfois
des voleurs opérant la nuit. Les Ibos, sans égard
aux populations des quartiers, animent des églises
de proximité qui occasionnent de
graves troubles à l’ordre public. Autant de
comportements répréhensibles que devraient
s’abstenir de tenir des immigrés.
Ces attitudes qui ont irrité les Togolais à
l’excès, ont fait naître dans les coeurs la haine
des Ibos.
Les événements du vendredi 24 novembre peuvent être
interprétés comme l’expression du sentiment de haine
et de ras-le-bol à l’endroit des Ibos. Jusqu’à ce
jour, les actes que l’on attribue à cette communauté
ne sont pas totalement vérifiés. A tout le moins,
aucun togolais n’a pu sortir du lot pour apporter la
moindre preuve de la véracité des rumeurs. Dans tous
les cas, on peut considérer qu’en l’absence de
preuves tangibles, les actes que l’on impute aux
Ibos sont de l’ordre du montage et de
l’affabulation.
Mais la réflexion du moment est de circonscrire les
causes des agissements de certaines communautés
étrangères installées au Togo et de rechercher les
remèdes pour conjurer la montée du nationalisme et
de la xénophobie.
Les revers
de la politique de terre d’accueil
Pendant des années, le Togo a pratiqué ce qu’il a
appelé la politique de la terre d’accueil : les
étrangers étaient les bienvenues au Togo. Non
seulement que les étrangers pouvaient entrer
librement sur le territoire, mais ils deviennent
« rois ». Le fait pour un pays d’être une terre
d’accueil n’est pas mauvais en soi ; mais ce qui est
dangereux, c’est lorsque le pays privilégie les
communautés étrangères sur ses propres
ressortissants. Au Togo, pendant longtemps, les
communautés issues de l’immigration avaient plus
d’importance que les populations autochtones. Les
autorités politiques faisaient une place de choix
aux étrangers qui l’emportent souvent dans les
contentieux qui les opposaient aux Togolais de
souche. La justice, les commissariats de police et
les brigades de gendarmeries donnaient raison aux
immigrés contre les Togolais même si ces derniers
ont raison.
Les grands barons du régime qui ont eu le privilège
d’accumuler des richesses préfèrent s’associer aux
expatriés dans les affaires qu’avec les nationaux.
L’administration et les sociétés d’Etat préfèrent
confier les marchés aux communautés étrangères
(Blancs, Libanais) plutôt qu’aux sociétés détenues
par des Togolais de souche. Conscients de la place
de choix qui leur est faite dans le pays, les
communautés étrangères qui possèdent, la plupart du
temps, plus de moyens que les Togolais pur sang,
narguent les autochtones. Ces derniers sont
insultés, piétinés, méprisés et souvent utilisés
comme employés par les étrangers.
Le Togo du général Eyadema était le pays des
étrangers.
Ceux-ci arrivaient parfois sans sous ni maille et
rentraient chez eux avec des valises bourrées de
richesses. On se souvient de Maurice Assor qui est
arrivé au Togo en Jean pantalon et reparti avec des
milliards de francs CFA. Du Libanais Tabchouri et de
l’Indou Ram qui ont fait fortune sur place grâce aux
relations qu’ils ont su développer avec le pouvoir-
RPT. De Charles Debbasch pour qui le Togo est devenu
une terre d’asile, de Robert Montoya et consort qui
se font de l’argent au Togo pendant que les
autochtones tirent le diable par la queue.
La politique de terre d’accueil initiée par le
général Eyadema et qui a toujours cours au Togo,
couve des relents nationalistes et xénophobes très
dangereux pour la stabilité du pays. A force d’être
écrasés, piétinés et tués par des étrangers qui
reçoivent la protection des autorités, les Togolais
finiront par se comporter comme d’autres. Ces
autres qui, chez eux, rejettent les immigrés, leur
ferment les frontières, les expulsent et les
laissent croupir dans la misère.
L’histoire des partis nationalistes en Europe a
montré que ces structures, qui rejettent les
immigrés, sont nées du laisser-aller des
gouvernements face aux problèmes de l’immigration
et son cortège de maux : la criminalité, le chômage,
etc. Que ce soit le Front National de Jean-Marie
Lepen en France, le Vlaams Block de Philip de Hutter
en Belgique, Allenzo de Ombortti en Italie, ces
partis nationalistes ont poussé sur le terreau de
l’incapacité des pouvoirs politiques de ces pays à
apporter des réponses appropriées aux problèmes des
étrangers.
Au Togo, il faut avoir le courage de dire que les
communautés étrangères exagèrent un peu. C’est le
moins qu’on puisse dire. Pendant que les jeunes
nationaux conduisent des Zémidjans, les étrangers
négocient des affaires importantes. Comme si cela ne
suffisait pas, ils se permettent de poser des actes
asociaux et répréhensibles. Les Togolais ont
commencé à en avoir marre. Les événements du 24
novembre sont les prémices d’une grave crise latente
que cache mal le mensonge des autorités, accoutumées
à défendre, contre quelques liasses de billets, les
communautés étrangères contre les nationaux.
Le Togo est l’un des rares pays dans lesquels les
étrangers n’ont jamais été inquiétés. Il faut se
souvenir qu’en 1958, le Ghana du Président Kofi
Bushia a renvoyé les étrangers. La même année la
Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny a renvoyé
les étrangers dont beaucoup de Togolais. Plus
récemment en 1986, le Nigeria de Shagari a mis
dehors des ressortissants de la CEDEAO.
Le gouvernement doit tout mettre en oeuvre pour que
le Togo reste un pays d’accueil. Cela suppose que
des mesures soient prises pour que les étrangers
vivant au Togo soient rappelés à l’ordre. Qu’on leur
fasse comprendre qu’ils doivent respecter les
nationaux qui passent avant eux. Des enquêtes
doivent être menées pour établir la véracité des
faits reprochés aux Ibos. Le gouvernement doit
instaurer la carte de séjour obligatoire, pour les
étrangers afin de pouvoir les contrôler et pallier
les actes de banditisme et de criminalité.
Fulbert S. ATTISSO |
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