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Courrier de la République

27 Déc 2006

[ 17 : du 26 Déc 2006]  
Au cœur de la gestion des affaires publiques : Me Agboyibo perd-il ses repères ?

Nommé Premier ministre il y a plus de trois mois, Me Yawovi Madji Agboyibo a du mal à trouver ses marques. Le premier ministre semble être l’ombre de lui-même. La fougue qui caractérisait l’homme a été comme émoussée. C’est ça la dure expérience de la gestion des affaires publiques du pays. Il est vrai qu’on voit les données d’un autre regard quand on est aux affaires que lorsqu’on était dans l’opposition. Mais cela ne doit aucunement être une excuse pour le premier ministre devant tant d’inerties.

Le PM manque d’initiative, il éprouve un mal fou à se faire N°2 du pays. C’est comme s’il est étouffé de part et d’autre. Il se dit que Me Yawovi Agboyibo n’arrive même pas à se faire entendre ni respecter de ses ministres. Certains préfèrent lui faire économie de ses consignes et instructions pour exécuter ce qu’ils estiment bon pour le pays. Pas encore longtemps, il y a eu un bras de faire entre lui et son ministre de la coopération et du NEPAD pour une prétendue requête que celui-ci aurait envoyé pour le financement des élections législatives. Notre Agboyibo national, notre PM n’a eu de recours qu’à une certaine presse et aux chancelleries occidentales pour ses jérémiades. Cela n’a même pas arrêté l’élan de son ministre qui est resté imperturbable. Sous un autre registre, le PM éprouverait un mal fou à gérer d’autres humeurs. Le temps d’apprentissage ne saurait dépasser celui qu’on lui a donné jusqu’à présent.

Il se confine dans les quatre murs de son bureau ou préside l’ouverture de certaines grandes réunions et c’est tout. Ceux qui d’habitude sont très aptes à prendre le premier avion pour Bruxelles ne le font plus. A quand une sortie officielle vers l’Europe de notre PM ? Il ne va pas prendre tout son temps à maîtriser les circuits de la gestion des affaires publiques. Il doit apprendre à marquer son territoire et de cette manière, il rendra utile son temps et fructueux son passage à la primature.

Au fait, ce qui ne se comprend pas jusqu’à présent, c’est cette attitude qu’a le Premier ministre de se comporter comme si on l’empêche de prendre ses marques ou si lui-même a la paresse de s’imposer. Si on l’empêche de bien faire alors on donne  raison à l’UFC qui a posé comme préalable une certaine liberté dans la gestion des affaires courantes du pays. S’il refuse de s’adapter rapidement à la nouvelle donne alors là, ça devient un tout petit peu dangereux et inquiétant pour sa survie politique. Le pays a plein de défis à relever qu’un premier ministre amorphe, en panne d’initiatives ne peut pas faire l’affaire.

Alors qu’il fasse tout pour avoir un bilan passable et on ne lui tiendra pas rigueur. C’est ça la dure réalité de l’apprentissage de la gestion d’un pays.

CR

 
Moov ne connaîtra pas le même sort qu’ATN : On s’agite mais Moov reste imperturbable
Les Togolais ont été plus que scandalisés par le dernier communiqué suspendant Moov de toute activité sur le territoire national. On peut s’attendre à tout sauf à ce qui a semblé être une véritable provocation. Le bon sens aurait voulu qu’on nous fasse économie de pareille bévue.

* Le ministre en panne d’arguments

Ce communiqué, comporte en lui-même trop d’insuffisances. Il y a eu tout un tapage médiatique autour du lancement de Moov. Des affiches, des panneaux géants pavoisent la ville de Lomé. Des spots publicitaires sont diffusés sur des chaînes d’Etat. Pis encore, le jour du lancement, il y a eu un déploiement en force des membres du gouvernement et d’autres acteurs de la vie politique et économique du pays. On a prononcé des discours, on a apprécié tout ce qui a été fait dans ses moindres détails. Les membres du gouvernement présents se sont rués sur des cadeaux qu’on leur a offerts comme les réfugiés du Darfour devant un plat copieux.

Dans tout cela, on n’a trouvé aucune objection à faire ni un rappel à l’ordre. On a attendu que tout soit au point avant de se livrer à cette provocation et cette plaisanterie de mauvais goût.

Si le ministre avait osé faire une petite promenade à pied à travers les rues de la capitale le lendemain de son fameux communiqué, il aurait été simplement lynché par la population qui s’est sentie plus que frustrée. Elle se dit que, ce qui peut l’arranger est toujours mal vu du gouvernement.

A cette heure où le pays sort de sa longue léthargie politique et économique, il est dommage que de par certains actes que nous posons, nous chassions les opérateurs économiques étrangers qui veulent investir chez nous. Ce coup isolé est lourd de conséquence et réparation s’impose.

* Moov ne sera pas un ATN bis

Moov a les moyens de sa politique et cette machine qui est faite pour gagner les cœurs des Togolais est sur sa lancée imperturbable. On a encore en mémoire le triste sort que certains ont réservé à la société ATN. On a sans ménagement étouffé dans l’œuf cette société de téléphonie mobile. Le bâtiment devant abriter les installations gît comme hanté. Les acteurs de ce coup tordu ne sont pas aux commandes mais certains ont voulu de par leur zèle infliger le même sort d’ATN à Moov. Cuisant a été l’échec et grand est le bonheur des Togolais qui ne jurent actuellement que par Moov.

Aux dernières nouvelles on aurait appris que tout est finalement rentré dans l’ordre et que les points de discorde ont été aplanis. C’est bien cet heureux dénouement, mais on se doit tout de même de présenter des excuses aux Togolais pour ce que ce communiqué a créé en eux.

Ben TCHAK

 
Course pour la présidence de la FTF : Qui va sauver le football togolais ?
On n’a point besoin de consulter les dieux pour savoir que le sport roi au Togo est malade. Le mal est d’autant plus grave que l’on n’a pu rien faire. Il a fallu l’intervention de l’instance dirigeante de football mondial pour tester un antidote. Suite à la mission conjointe de la FIFA et de la CAF dans notre pays, les acteurs du football ont été entendus et après le rapport fait par les experts, la FIFA a décidé d’agir expressément pour éviter la dérive. Il a été donc mis sur pied une Commission Electorale Indépendante (CEI) présidée par un fin connaisseur du football togolais, le 1er Vice-président de la CAF le général Séyi Mémène. Cette commission qui est à pied d’œuvre depuis sa mise en chantier va organiser des élections pour le renouvellement du bureau de la FTF.

A mesure que cette échéance approche, des candidatures de taille se font jour et la liste sera définitive d’ici la première semaine du mois de janvier.

Déjà, le président du club Masséda a donné le ton avec la manière. M. Avlessi Tata a officialisé sa candidature samedi dernier devant un parterre de journalistes et d’amis. Pour l’occasion, les choses n’ont pas été faites à moitié. Le président du club de Masséda a pu réunir autour de lui certaines anciennes gloires du football africain. Bref, c’est en force que M. Avlessi Tata s’est signalé et déjà avec le ralliement à sa cause des démissionnaires du bureau de la FTF, on sait que ça va vraiment chauffer et que la partie ne sera pas du tout facile.

Bien qu’il ait été présent au lancement officiel de la candidature d’Avlessi Tata, le président des Scorpions noirs de Tokoin M. Augustin Sagbo veut également tenter sa chance. En grand connaisseur du football togolais, le président Auguste Sagbo aura certainement ses cartes à faire valoir et à ce titre il n’est pas celui-là qui se présente par complaisance pour accompagner les autres candidats.

L’actuel président Rock Gnassingbé même s’il n’a pas encore officialisé sa candidature est sûr de se présenter à sa propre succession. Il attend certainement que les autres candidats se signalent avant de le faire. Pour l’heure, avec ceux qui se sont déjà signalés, il ne fait l’ombre du petit doute que les choses sérieuses ont commencé. Le président de la Commission Electorale Indépendante a de grandes ambitions continentales et pourquoi pas mondiales, et cette charge à lui confiée par la FIFA et la CAF devra être menée avec rigueur. De la transparence de ces élections dépendra le réveil de notre football.

Avlessi Tata, Auguste Sagbo, et probablement Rock Gnassingbé, à qui le tour de se présenter pour boucler la boucle des candidatures ? Les tout prochains jours nous feront avoir une lecture précise de ce que seront les élections du 9 janvier 2007. Aucun actuellement n’a de l’ascendance sur l’autre. La chance basculera en faveur de celui-là qui aura privilégié le volet communication à travers la pertinence de ses projets pour le renouveau du football togolais.

Ben TCHAK

 
 

 

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