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Courrier de la République

13 Dec 2007 

[ du 12 Dec 2007]  

Entre combat politique et conquête du pouvoir : Le RPT et l’UFC sont déjà en « conflit ouvert » en attendant la grande bataille
Comme le dirait l’autre, qui est fou de qui. Après les législatives du 14 octobre 2007 qui ont déjà donné ce que tout le monde sait comme résultats, l’heure est aux préparatifs des présidentielles de 2010.

L’UFC, le parti de Gilchrist Olympio le sait bien. Ce n’est non plus l’actuel locataire du palais présidentiel togolais qui nous dirait le contraire. Qui veut aller loin, se lève tôt, dit l’adage. Chacun des deux plus importants camps politiques du pays est en ce moment en train de peaufiner les meilleures stratégies possibles pouvant lui permettre de s’en sortir à la présidentielle de 2010 sans trop de difficultés. Bientôt 2008 ; le décompte nous donne deux ans seulement d’intervalle. Et surtout quand on sait qu’en politique, il n’y a pas de place pour le tâtonnement et pertes de temps inutiles, on comprend aisément l’empressement dans lequel est plongé à présent chaque état-major des deux formations, RPT et UFC.

Du côté du camp présidentiel, il s’agit de tout faire pour assurer la réélection du chef de l’Etat Faure aux prochaines échéances de 2010. Aussi, de l’autre bord de l’UFC, il est question de mettre le paquet nécessaire pour permettre à Gilchrist Olympio de prendre part en tant que candidat à ce rendez-vous et ensuite lui assurer la victoire. En tout cas, chaque camp y réfléchit sérieusement en ce moment. D’après des indiscrétions, lors de la rencontre entre le président Faure et son principal opposant Gilchrist Olympio, les difficultés liées à la candidature de ce dernier en 2010 ont été mises sur le tapis. Chacun d’entre-nous a connaissance de la modification de la Constitution de 1992 par le pouvoir RPT en vue d’exclure de la course à la présidentielle le plus sérieux et redouté de ses concurrents, Gilchrist Olympio.

L’opposant n°1 et son bataillon veulent que toutes ces mesures qu’ils jugent discriminatoires, soient abrogées afin de leur faciliter les choses. A en croire certains militants du parti de « Détia » et non des moindres, le souci majeur de leur formation politique à l’heure actuelle est de tout faire pour que la candidature de « Fo Gil » passe en 2010 et en même temps pour que la victoire de l’UFC soit acquise. Les députés jaunes au parlement auraient selon des sources proches du parti, reçu des consignes fermes à ce propos : faire pression sur le bloc blanc du « maïs » pour l’obliger à faire sauter tous les verrous qui bloqueraient l’ascension du leader de l’UFC à la magistrature suprême. Or pour rien au monde, le RPT ne lâcherait le pouvoir du moins pour le moment à l’UFC. La guerre des tranchées ne fait que commencer entre les deux camps et la victoire reviendra à celui qui aurait mieux ficelé de redoutables stratégies. Sur ce dernier plan, un camp a déjà entrepris de mettre tous les atouts de son côté tandis que l’autre lui passe son temps à revendiquer. De toutes les façons, les deux ténors de la vie politique togolaise sont déjà en « conflit ouvert » en prélude à la grande bataille de 2010. Que le meilleur gagne et surtout qu’ils nous épargnent les dégâts !

Khaled
Nouvelle devise du RPT :  « Tout pour nous, rien pour les autres ».
Cela a toujours été la devise du RPT. La célèbre devise : « Union Paix Solidarité » que les militants reprennent en chœur lors des meetings du parti et des congrès est on le sait, contraire aux agissements du parti. Pour s’assurer le contrôle total de l’appareil financier de l’Etat, le parti de Feu  Général Eyadema a trahi sa plus grande promesse électorale. D’ailleurs, en toute franchise cette volonté affichée du RPT de composer avec tous les autres partis sans exception en cas  de majorité en sa faveur n’était qu’une diversion empreinte de sournoiserie  une manœuvre de séduction dont le but était de s’afficher dans le camp des vertueux. En réalité, personne n’y croyait. Les déclarations du RPT sur ce sujet n’avaient pas les accents de vérité. Les sorties tonitruantes et parfois incendiaires de Pascal Bodjona et surtout de Gilbert Bawara qui fait montre depuis son entrée au gouvernement d’un excès de zèle que personne  dans son camp ne songe à tempérer, n’avaient rien de conciliant.

            Pour perpétuer une pratique qui consiste à puiser à volonté dans les caisses de l’Etat pour financer le parti et enrichir ses principaux dirigeants, on voyait mal le RPT s’embarrasser de témoins gênants qui viendraient profiter de la manne tout en les espionnant.

            Par des subtilités dont il a le secret et qui consistent à retourner les déclarations de ses adversaires contre eux et à les prendre au mot, le parti de Faure s’est adjugé tous les postes du bureau de l’Assemblée nationale en rappelant à l’UFC qui réclamait « de droit » le poste de 1er Vice-président qu’elle n’avait pas fait mystère de sa volonté de gouverner sans partage en cas de victoire. Au lendemain de la publication des résultats, le RPT justifiait sa victoire surtout par le fait que le peuple avait adhéré à sa politique d’ouverture en sanctionnant ceux qui par leur intransigeance voulaient perpétuer la haine et la division. Même le Président Faure avait remercié le peuple pour cette confiance en une politique dont il s’attribue volontiers le mérite.  Alors qui le RPT trahit-il en s’écartant de cette ligne de conduite sous prétexte que les autres n’avaient pas fait la même promesse ? Le peuple bien sûr, c’est à lui et non aux autres partis politiques que le RPT avait fait la promesse. Encore une fois et comme toujours, les discours tranchent avec les actes comme au bon vieux temps, une époque que naïvement, certains croyaient révolue. Après la gloutonnerie de l’hémicycle, on ne faisait guère d’illusion sur la couleur du gouvernement, et le RPT qui ignore la pudeur a pris ce qu’il a tant promis aux autres. La nomination d’un pur produit du RPT à la primature assure ce parti le contrôle absolu des postes-clés du cabinet avec comme nous l’avons dit l’assurance du contrôle de l’appareil financier de l’Etat, seule véritable convoitise de ce parti et de tous les cupides qui le composent. Au total, à quoi auront servi les législatives d’octobre 2007 ? A régler une crise longue de 17 ans et qui a fait du Togo un Etat moribond ? Non ! Au contraire, nous voilà repartis dans la situation d’avant l’APG, mais avec cette fois un handicap de taille rendant improbable un quelconque fléchissement de la part du RPT. En effet, si le RPT a négocié à Ouaga dans la triste obligation de faire des concessions en vue de la reprise de l’aide internationale, il jouit maintenant des pleins pouvoirs et de la reconnaissance internationale avec désormais la certitude de crouler sous les milliards de l’UE, de la Banque Mondiale, du FMI et des autres grands bailleurs de fonds. Cela c’est grâce au nouveau statut de démocratie que les objecteurs de consciences de la communauté internationale, lassés par le cas du Togo se sont pressés d’octroyer à l’équipe de Faure Gnassingbé pour pouvoir enfin penser à autre chose qu’à ce petit pays avec de grands problèmes. Voilà donc le RPT plus puissant que pendant les années les plus noires de la dictature militaire, avec en sus le statut prestigieux d’Etat fréquentable. Bravo, ce parti vient de réussir un énième   coup de poker machiavélique, peut-être le plus beau de tous, en abusant de tout le monde : le peuple, les  alliés politiques de circonstance, la communauté internationale et le plus grand adversaire, l’UFC. Mais il n’y a aucune fierté à en tirer.  Nul doute que la postérité togolaise s’étonnera qu’une faction politique se soit comportée aussi bassement et que certains aient pris cela pour du génie. Il est assez dommage que la communauté  internationale se soit empressée d’accorder son satisfecit  sans avoir pris la  précaution d’exiger du RPT une obligation de résultat, elle qui généralement ferme les yeux sur les abus les plus grossiers de ceux qu’elle considère comme des démocrates et pour qui tout semble permis : le cas du Sénégal en est une illustration. L‘argent de l’aide prendra donc la destination qu’on connaît : des comptes numérotés dans les paradis fiscaux. De toutes les façons, le Togo demeure une exception politique qu déroute tous les observateurs. Bien malin, celui qui peut dire avec certitude de quoi demain sera fait dans ce pays. Les directeurs de sociétés qui n’ont pas démontré un zèle particulier à financer le parti peuvent déjà faire leurs valises. Après l’installation du cabinet, il faut s’attendre à une distribution de récompenses à travers une vague de nominations. Ceux qui ont ouvertement soutenu  quelqu’un d’autre que le RPT ou tiré la mauvaise carte iront méditer leurs manques de perspicacité dans les oubliettes d’un ministère où ils n’auront pour tromper leur ennui que « Togo-Presse ». Le temps des combinaisons et des alliances de circonstance est fini et bien fini au RPT, il n’a plus besoin de personne pour soigner son image.

Yasmine

Les réalités du terrain s’annoncent dures Les premiers soucis du PM Mally
L’étonnement et l’euphorie doivent à présent faire place aux dures réalités de l’exercice du pouvoir chez le Premier ministre Mally. Dans un pays normal, rien ne devrait causer des insomnies au PM. Mais le Togo étant ce qu’il est, il faut avouer que la planche sur laquelle est assis Mally est lisse et de surcroît savonneuse. Il doit être très alerte pour ne pas glisser tant les défis à relever sont nombreux et de plusieurs ordres.

En effet, il était dit que quels que soient les résultats des dernières législatives, un gouvernement d’union serait expérimenté comme ce fut le cas suite à l’APG. De sources proches de certaines voix autorisées, on nous avait fait croire qu’on ne mettrait pas plus de quatre jours pour la formation de l’équipe Mally. Une semaine après donc sa nomination, rien ne semble se clarifier. Ce sont plutôt des informations plus ou moins alarmistes qui nous parviennent. Le Premier ministre, bien que ne disposant pas d’une marge de liberté pour choisir ses œufs et en faire son omelette, va plutôt faire semblant de mener ses consultations en vue de la formation de son équipe ou mieux l’équipe qu’on lui proposera.

Les partis d’opposition dont la participation à l’équipe gouvernementale de Mally donnera du poids et renforcera le pouvoir de Faure sont bien réticents. L’UFC de Gilchrist Olympio après les fiascos de la présidence de l’Assemblée Nationale est désormais bien méfiante de toute main tendue du RPT. D’ailleurs sa logique de toujours ne lui permet pas d’entrer dans un quelconque gouvernement. Hors du gouvernement, cette formation pourra dénoncer et préparer les présidentielles de 2010 qui sont si proches de nous. Sa non participation au gouvernement issu de l’APG a été payante d’où l’obtention de 27 sièges. Pourquoi ne pas poursuivre en visant 2010 ?

Le CAR du bélier noir de Kouvé pour sa part est pris dans deux feux nourris. D’un côté, il lui faut briser tout ce qui a été dit sur lui au sujet de son accointance avec le RPT. On a entendu de par l’attitude de certains responsables de ce parti, des gens clamer haut et fort que le CAR n’est qu’une aile marchante du RPT, la conséquence a été tout ce que l’on sait : 4 sièges seulement malgré la forte mobilisation des ressources humaines et matérielles au cours de la campagne.

De l’autre, le CAR doit tenter le tout pour le tout pour un rapprochement avec l’UFC. Les relations UFC-CAR ne sont pas au beau fixe mais dans les moments de grandes incertitudes, mieux vaut unir ses forces pour faire face à l’adversaire commun qui est aujourd’hui en train de prendre une réelle ascendance sur tous.

Le CAR sera au gouvernement à la seule condition que l’UFC y soit et là par rapport aux exigences du parti de Gilchrist, ce n’est pas évident que le RPT cède, alors l’adieu au gouvernement sera une fois encore au rendez-vous.

En tout cas, le Premier ministre Mally est très mal loti pour tenter quoique que ce soit. Il est arrivé trouver une situation pas très enviable sur le plan politique, il lui appartiendra de montrer à son bienfaiteur ce qu’il sait faire. Des insomnies, il doit en avoir parce qu’être Premier ministre, chargé de coordonner toutes les actions gouvernementales est différent de la gestion d’un simple cabinet ministériel.

L’autre enjeu pas des moindres se trouvent être les défis économiques à relever. Faure a l’impérieux devoir de présenter un bilan économique en 2010. Il faut abréger la trop longue souffrance des populations. Il faut profiter des vannes d’euros de l’UE qui vont s’ouvrir pour  poser des actions sociales qui justifieront le quinquennat de Faure. Sinon à quoi servira cette belle offensive politique si les retombées sociales ne suivent pas ? On attend de voir, si le sieur Komlan Mally pourra réussir là où on le donne d’avance perdant.

Ben TCHAK

Du pillage économique au port autonome de Lomé Un réseau de détourneurs encaisse des centaines de millions en moins d’un an
Les acteurs de cette mafia sont déjà connus
Comme c’est de nos habitudes dans ce rectangle de pays, quand un directeur général arrive à la tête d’une entité, celui-ci opère des changements en nommant des directeurs de département qu’il juge succulents, c’est-à-dire porteurs d’embonpoint financier. Le contre-amiral Adégnon Fogan, le chrétien n’a malheureusement pas fait exception à cette règle. C’est justement à son arrivée au PAL qu’on a assisté à la poussée de tout-puissants directeurs pour la plupart des « mè dè frères ».

Ces directeurs de département à leur tour positionnent leurs pions pour mieux se servir. A ces heureux élus, on confie les tâches les plus délicates. L’affaire sur le tapis actuellement et qui défraie la chronique concerne la direction du puissant Womégan. Avant l’arrivée de l’actuel Directeur financier et comptable (DFC) et ce depuis la création du Port autonome de Lomé, l’établissement des chèques incombe à tous les agents du « règlement des fournisseurs ». Tout s’est toujours bien passé. A l’arrivée de M. Womégan, cette lourde tâche fut confiée à un de ses hommes de main du nom de MOKLI, un comptable. On ne refuse pas qu’il recompose son staff mais quand celui-ci s’adonne à certaines viles pratiques, il y a péril.

Et depuis que M. Mokli a reçu l’onction de son maître, il s’est plus que passé des choses bizarres au port de Lomé. En effet, le sieur Mokli de mèche avec un ancien agent (retraité il y a deux ans) nommé Fiassam, s’adonnent à cœur joie à l’émission de chèques qu’ils encaissent après. Comment opèrent-ils ? Le comptable Mokli signe à la place du DG et du DFC pour faire toucher l’argent à des fournisseurs bien fictifs. Et comment le duo Moki-Fiassam et les « fournisseurs » se le partagent après, on ne le sait ? Mais imaginez…

De sources sûres et dignes de foi comme le diraient les politiques, les gestionnaires des comptes bancaires du port ont eu à attirer l’attention du directeur Womégan de la non-conformité des signatures. Celui-ci est resté froid sans une quelconque initiative bref il a banalisé ce constat des gestionnaires. Complicité ou indolence ? Nul ne saurait le dire à la place de l’argentier du port.

Ces messieurs sont actuellement en garde à vue. Les 72 heures de délai ayant inspiré, le chargé du dossier a voulu les déférer mais Womégan s’y est opposé et a demandé de les maintenir sûrement pour avoir le temps nécessaire de mener les tractations qui conduiraient à la relaxation des détourneurs.

Cette affaire n’est pas l’unique du genre, il y a six mois, un autre réseau qui impliquait certains comptables du port avait été découvert et c’était également des centaines de millions qui étaient en jeu. Comme dans le présent cas, le réseau démantelé se composait de « mia-novio » Ayi Tchipam et de Dorsou Bocco.

Ceux-ci après avoir reconnu des faits, sont à ce jour à leur place plus que jamais imperturbables. Complicité ou indolence ? A vous de juger.

Une question peut être au bout des lèvres face à la récurrence de ces actes de grande délinquance économique. Complicité des hauts responsables ou non maîtrise des tâches qui leur sont confiées ou simplement laxisme coupable ?

A suivre...

C.R

Délinquance urbaine Atcha Titikpina et la Police nationale tournés en dérision par la racaille
Lors de la présentation de l’opération « Araignée » à la presse, le Ministre Atcha Titikpina avait séduit son auditoire par la cohérence et la pertinence de ses explications. Cette armée que ses détracteurs qualifiaient de tribale et d’archaïque démontrait aux yeux de nos partenaires internationaux qu’elle était capable de faire preuve de professionnalisme car elle comptait en son sein des officiers formés dans les plus prestigieuses académies militaires africaines et occidentales. Sur le fond comme sur la forme, il n’y avait rien à dire. Même les partis d’opposition, l’UFC en tête, qui d’ordinaire témoignait d’une peur viscérale allant parfois jusqu’au délire de persécution et à la paranoïa vis-à-vis des forces de sécurité, n’ont pas caché leur admiration. L’augmentation des effectifs de la Police, la dotation en moyens de communication, l’acquisition de matériels roulants et la multiplication des patrouilles mobiles devraient être inversement proportionnels au nombre d’actes de banditisme. Il ne restait plus qu’à passer à la phase opérationnelle du dispositif de cette opération. Quelques mois après la mise en œuvre de l’opération araignée, le constat d’échec s’impose : non seulement la délinquance n’a pas chuté comme on l’avait espéré, mais on note une aggravation dans le nombre ainsi que la gravité de ces actes antisociaux. Parfois même l’audace des bandits et la grossièreté avec laquelle ils agissent démontrent clairement qu’ils cherchent à narguer les forces de l’ordre en se jouant de leur soi-disant plan « araignée ». Ainsi, pour l’instant, les sommes faramineuses englouties dans cette opération n’ont produit aucun résultat et le banditisme est en passe de devenir un métier sans risque dans notre pays, de quoi susciter des vocations. Dans un pays où ni l’Etat, ni les sociétés privées n’offrent aucun emploi, l’oisiveté de certains jeunes risque de les pousser vers des comportements vicieux.

            Pourtant, les patrouilles sont bien présentes dans les rues mais il faut le préciser, toujours les mêmes rues et presque exclusivement sur les axes praticables et très peu sinon rarement sur les ruelles des quartiers.  C’est une habitude connue des délinquants qui opèrent en dehors de ce cadre. Même quand l’alerte est vite donnée comme c’est souvent le cas grâce au téléphone portable, le temps de réaction est particulièrement long. En effet, bien que roulant dans des véhicules 4x4, l’état des ruelles de nos quartiers retarde considérablement leur déplacement. Ajoutez à cela les effets pervers d’une mauvaise urbanisation qui rend compliquée l’indication précise du lieu où l’infraction a été commise et la difficulté pour les patrouilles de le localiser et vous comprendrez que même les bandits peuvent quitter le lieu de leur forfaiture en sifflotant à pas de sénateur. Ils ont toujours une longueur d’avance sur la police. Les sapeurs pompiers connaissent souvent la même mésaventure. Combien de fois sont-ils arrivés sur le lieu d’un sinistre après que tout avait été réduit en cendres parce qu’ils s’étaient trompés de chemin ? Comme quoi, l’état de nos routes a de graves répercussions sur la sécurité des biens et des personnes. Mais, nos autorités n’en ont cure, l’insécurité est une maladie de pauvre, les riches ont les moyens de se faire protéger.

            Le nombre quelque peu pléthorique des agents ne constitue-t-il pas finalement un handicap ? Les machines trop lourdes mettent du temps à démarrer. Est-ce que ce nombre ne crée pas un certain manque de coordination entre les différentes structures et leurs démembrements ?

            En tout état de cause, le duel entre les délinquants et la police semble tourner à l’avantage du méchant, une situation déplorable pour la population. Si rien n’est fait, le secteur économique va durement en pâtir.

            L’insécurité n’attire pas les investisseurs, or dans une économie moribonde comme la nôtre, nous ne devrons notre salut qu’à l’arrivée massive d’investisseurs.  Nos amis policiers s’ennuient à mourir à force de se balader pendant des heures interminables  à avaler beaucoup de poussière  sans attraper le moindre délinquant.

            Le ministre doit se rendre à l’évidence : son araignée n’attrape aucune mouche. Elle est devenue une coquille vide. La population attend de lui qu’il assure sa sécurité à travers un plan efficace de lutte contre la délinquance. Aussi, au lieu de se complaire dans une « araignée » qui a fait la preuve de son inefficacité, il ferait mieux de réfléchir rapidement à une solution de remplacement avant que les bandits ne prennent le contrôle de notre capitale comme c’est le cas dans certains pays. Des centaines de millions ont été décaissés pour équiper les forces de police et le contribuable est en droit d’exiger de cette institution une obligation de résultat. Il ne s’agit pas pour la police de faire ce qu’elle peut, mais d’éradiquer un fléau qui constitue l’une de ses principales raisons d’être. On a toujours évoqué à la police le manque d’effectifs et d’équipements pour justifier la difficulté à combattre le banditisme. Ce prétexte n’est plus valable depuis le lancement du plan « araignée ». Comment explique-t-on à la police que des bandits agissant avec du matériel rudimentaire arrivent à leur tenir tête ? L’honneur de cette institution est mis à rude épreuve. La police se montre très efficace lorsqu’il s’agit de réprimer violemment les manifestations de paisibles citoyens qui revendiquent des droits légitimes. Mais elle se retrouve totalement impuissante devant des agissements sporadiques de quelques hors-la loi. C’est un paradoxe saisissant, à moins qu’en réalité, ce soit leur seule et véritable raison d’être. Mais cela, qui oserait l’avouer ?

Ben Tchak

 

 
 
 
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