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Entre combat politique et conquête du pouvoir :
Le RPT et l’UFC sont déjà en « conflit ouvert » en
attendant la grande bataille
Comme le dirait l’autre, qui est fou de qui. Après
les législatives du 14 octobre 2007 qui ont déjà
donné ce que tout le monde sait comme résultats,
l’heure est aux préparatifs des présidentielles de
2010.
L’UFC, le parti de Gilchrist Olympio le sait bien.
Ce n’est non plus l’actuel locataire du palais
présidentiel togolais qui nous dirait le contraire.
Qui veut aller loin, se lève tôt, dit l’adage.
Chacun des deux plus importants camps politiques du
pays est en ce moment en train de peaufiner les
meilleures stratégies possibles pouvant lui
permettre de s’en sortir à la présidentielle de 2010
sans trop de difficultés. Bientôt 2008 ; le décompte
nous donne deux ans seulement d’intervalle. Et
surtout quand on sait qu’en politique, il n’y a pas
de place pour le tâtonnement et pertes de temps
inutiles, on comprend aisément l’empressement dans
lequel est plongé à présent chaque état-major des
deux formations, RPT et UFC.
Du côté du camp présidentiel, il s’agit de tout
faire pour assurer la réélection du chef de l’Etat
Faure aux prochaines échéances de 2010. Aussi, de
l’autre bord de l’UFC, il est question de mettre le
paquet nécessaire pour permettre à Gilchrist Olympio
de prendre part en tant que candidat à ce
rendez-vous et ensuite lui assurer la victoire. En
tout cas, chaque camp y réfléchit sérieusement en ce
moment. D’après des indiscrétions, lors de la
rencontre entre le président Faure et son principal
opposant Gilchrist Olympio, les difficultés liées à
la candidature de ce dernier en 2010 ont été mises
sur le tapis. Chacun d’entre-nous a connaissance de
la modification de la Constitution de 1992 par le
pouvoir RPT en vue d’exclure de la course à la
présidentielle le plus sérieux et redouté de ses
concurrents, Gilchrist Olympio.
L’opposant n°1 et son bataillon veulent que toutes
ces mesures qu’ils jugent discriminatoires, soient
abrogées afin de leur faciliter les choses. A en
croire certains militants du parti de « Détia »
et non des moindres, le souci majeur de leur
formation politique à l’heure actuelle est de tout
faire pour que la candidature de « Fo Gil »
passe en 2010 et en même temps pour que la victoire
de l’UFC soit acquise. Les députés jaunes au
parlement auraient selon des sources proches du
parti, reçu des consignes fermes à ce propos : faire
pression sur le bloc blanc du « maïs » pour
l’obliger à faire sauter tous les verrous qui
bloqueraient l’ascension du leader de l’UFC à la
magistrature suprême. Or pour rien au monde, le RPT
ne lâcherait le pouvoir du moins pour le moment à l’UFC.
La guerre des tranchées ne fait que commencer entre
les deux camps et la victoire reviendra à celui qui
aurait mieux ficelé de redoutables stratégies. Sur
ce dernier plan, un camp a déjà entrepris de mettre
tous les atouts de son côté tandis que l’autre lui
passe son temps à revendiquer. De toutes les façons,
les deux ténors de la vie politique togolaise sont
déjà en « conflit ouvert » en prélude à la
grande bataille de 2010. Que le meilleur gagne et
surtout qu’ils nous épargnent les dégâts !
Khaled
Nouvelle devise du RPT : « Tout pour nous, rien
pour les autres ».
Cela a toujours été la devise du RPT. La célèbre
devise : « Union Paix Solidarité » que les
militants reprennent en chœur lors des meetings du
parti et des congrès est on le sait, contraire aux
agissements du parti. Pour s’assurer le contrôle
total de l’appareil financier de l’Etat, le parti de
Feu Général Eyadema a trahi sa plus grande promesse
électorale. D’ailleurs, en toute franchise cette
volonté affichée du RPT de composer avec tous les
autres partis sans exception en cas de majorité en
sa faveur n’était qu’une diversion empreinte de
sournoiserie une manœuvre de séduction dont le but
était de s’afficher dans le camp des vertueux. En
réalité, personne n’y croyait. Les déclarations du
RPT sur ce sujet n’avaient pas les accents de
vérité. Les sorties tonitruantes et parfois
incendiaires de Pascal Bodjona et surtout de Gilbert
Bawara qui fait montre depuis son entrée au
gouvernement d’un excès de zèle que personne dans
son camp ne songe à tempérer, n’avaient rien de
conciliant.
Pour perpétuer une pratique qui consiste
à puiser à volonté dans les caisses de l’Etat pour
financer le parti et enrichir ses principaux
dirigeants, on voyait mal le RPT s’embarrasser de
témoins gênants qui viendraient profiter de la manne
tout en les espionnant.
Par des subtilités dont il a le secret
et qui consistent à retourner les déclarations de
ses adversaires contre eux et à les prendre au mot,
le parti de Faure s’est adjugé tous les postes du
bureau de l’Assemblée nationale en rappelant à l’UFC
qui réclamait « de droit » le poste de 1er Vice-président
qu’elle n’avait pas fait mystère de sa volonté de
gouverner sans partage en cas de victoire. Au
lendemain de la publication des résultats, le RPT
justifiait sa victoire surtout par le fait que le
peuple avait adhéré à sa politique d’ouverture en
sanctionnant ceux qui par leur intransigeance
voulaient perpétuer la haine et la division. Même le
Président Faure avait remercié le peuple pour cette
confiance en une politique dont il s’attribue
volontiers le mérite. Alors qui le RPT trahit-il en
s’écartant de cette ligne de conduite sous prétexte
que les autres n’avaient pas fait la même promesse ?
Le peuple bien sûr, c’est à lui et non aux autres
partis politiques que le RPT avait fait la promesse.
Encore une fois et comme toujours, les discours
tranchent avec les actes comme au bon vieux temps,
une époque que naïvement, certains croyaient
révolue. Après la gloutonnerie de l’hémicycle, on ne
faisait guère d’illusion sur la couleur du
gouvernement, et le RPT qui ignore la pudeur a pris
ce qu’il a tant promis aux autres. La nomination
d’un pur produit du RPT à la primature assure ce
parti le contrôle absolu des postes-clés du cabinet
avec comme nous l’avons dit l’assurance du contrôle
de l’appareil financier de l’Etat, seule véritable
convoitise de ce parti et de tous les cupides qui le
composent. Au total, à quoi auront servi les
législatives d’octobre 2007 ? A régler une crise
longue de 17 ans et qui a fait du Togo un Etat
moribond ? Non ! Au contraire, nous voilà repartis
dans la situation d’avant l’APG, mais avec cette
fois un handicap de taille rendant improbable un
quelconque fléchissement de la part du RPT. En
effet, si le RPT a négocié à Ouaga dans la triste
obligation de faire des concessions en vue de la
reprise de l’aide internationale, il jouit
maintenant des pleins pouvoirs et de la
reconnaissance internationale avec désormais la
certitude de crouler sous les milliards de l’UE, de
la Banque Mondiale, du FMI et des autres grands
bailleurs de fonds. Cela c’est grâce au nouveau
statut de démocratie que les objecteurs de
consciences de la communauté internationale, lassés
par le cas du Togo se sont pressés d’octroyer à
l’équipe de Faure Gnassingbé pour pouvoir enfin
penser à autre chose qu’à ce petit pays avec de
grands problèmes. Voilà donc le RPT plus puissant
que pendant les années les plus noires de la
dictature militaire, avec en sus le statut
prestigieux d’Etat fréquentable. Bravo, ce parti
vient de réussir un énième coup de poker
machiavélique, peut-être le plus beau de tous, en
abusant de tout le monde : le peuple, les alliés
politiques de circonstance, la communauté
internationale et le plus grand adversaire, l’UFC.
Mais il n’y a aucune fierté à en tirer. Nul doute
que la postérité togolaise s’étonnera qu’une faction
politique se soit comportée aussi bassement et que
certains aient pris cela pour du génie. Il est assez
dommage que la communauté internationale se soit
empressée d’accorder son satisfecit sans avoir pris
la précaution d’exiger du RPT une obligation de
résultat, elle qui généralement ferme les yeux sur
les abus les plus grossiers de ceux qu’elle
considère comme des démocrates et pour qui tout
semble permis : le cas du Sénégal en est une
illustration. L‘argent de l’aide prendra donc la
destination qu’on connaît : des comptes numérotés
dans les paradis fiscaux. De toutes les façons, le
Togo demeure une exception politique qu déroute tous
les observateurs. Bien malin, celui qui peut dire
avec certitude de quoi demain sera fait dans ce
pays. Les directeurs de sociétés qui n’ont pas
démontré un zèle particulier à financer le parti
peuvent déjà faire leurs valises. Après
l’installation du cabinet, il faut s’attendre à une
distribution de récompenses à travers une vague de
nominations. Ceux qui ont ouvertement soutenu
quelqu’un d’autre que le RPT ou tiré la mauvaise
carte iront méditer leurs manques de perspicacité
dans les oubliettes d’un ministère où ils n’auront
pour tromper leur ennui que « Togo-Presse ».
Le temps des combinaisons et des alliances de
circonstance est fini et bien fini au RPT, il n’a
plus besoin de personne pour soigner son image.
Yasmine
Les réalités du terrain s’annoncent dures
Les premiers soucis du PM Mally
L’étonnement et l’euphorie doivent à présent faire
place aux dures réalités de l’exercice du pouvoir
chez le Premier ministre Mally. Dans un pays normal,
rien ne devrait causer des insomnies au PM. Mais le
Togo étant ce qu’il est, il faut avouer que la
planche sur laquelle est assis Mally est lisse et de
surcroît savonneuse. Il doit être très alerte pour
ne pas glisser tant les défis à relever sont
nombreux et de plusieurs ordres.
En
effet, il était dit que quels que soient les
résultats des dernières législatives, un
gouvernement d’union serait expérimenté comme ce fut
le cas suite à l’APG. De sources proches de
certaines voix autorisées, on nous avait fait croire
qu’on ne mettrait pas plus de quatre jours pour la
formation de l’équipe Mally. Une semaine après donc
sa nomination, rien ne semble se clarifier. Ce sont
plutôt des informations plus ou moins alarmistes qui
nous parviennent. Le Premier ministre, bien que ne
disposant pas d’une marge de liberté pour choisir
ses œufs et en faire son omelette, va plutôt faire
semblant de mener ses consultations en vue de la
formation de son équipe ou mieux l’équipe qu’on lui
proposera.
Les partis d’opposition dont la participation à
l’équipe gouvernementale de Mally donnera du poids
et renforcera le pouvoir de Faure sont bien
réticents. L’UFC de Gilchrist Olympio après les
fiascos de la présidence de l’Assemblée Nationale
est désormais bien méfiante de toute main tendue du
RPT. D’ailleurs sa logique de toujours ne lui permet
pas d’entrer dans un quelconque gouvernement. Hors
du gouvernement, cette formation pourra dénoncer et
préparer les présidentielles de 2010 qui sont si
proches de nous. Sa non participation au
gouvernement issu de l’APG a été payante d’où
l’obtention de 27 sièges. Pourquoi ne pas poursuivre
en visant 2010 ?
Le
CAR du bélier noir de Kouvé pour sa part est pris
dans deux feux nourris. D’un côté, il lui faut
briser tout ce qui a été dit sur lui au sujet de son
accointance avec le RPT. On a entendu de par
l’attitude de certains responsables de ce parti, des
gens clamer haut et fort que le CAR n’est qu’une
aile marchante du RPT, la conséquence a été tout ce
que l’on sait : 4 sièges seulement malgré la forte
mobilisation des ressources humaines et matérielles
au cours de la campagne.
De
l’autre, le CAR doit tenter le tout pour le tout
pour un rapprochement avec l’UFC. Les relations
UFC-CAR ne sont pas au beau fixe mais dans les
moments de grandes incertitudes, mieux vaut unir ses
forces pour faire face à l’adversaire commun qui est
aujourd’hui en train de prendre une réelle
ascendance sur tous.
Le
CAR sera au gouvernement à la seule condition que l’UFC
y soit et là par rapport aux exigences du parti de
Gilchrist, ce n’est pas évident que le RPT cède,
alors l’adieu au gouvernement sera une fois encore
au rendez-vous.
En
tout cas, le Premier ministre Mally est très mal
loti pour tenter quoique que ce soit. Il est arrivé
trouver une situation pas très enviable sur le plan
politique, il lui appartiendra de montrer à son
bienfaiteur ce qu’il sait faire. Des insomnies, il
doit en avoir parce qu’être Premier ministre, chargé
de coordonner toutes les actions gouvernementales
est différent de la gestion d’un simple cabinet
ministériel.
L’autre enjeu pas des moindres se trouvent être les
défis économiques à relever. Faure a l’impérieux
devoir de présenter un bilan économique en 2010. Il
faut abréger la trop longue souffrance des
populations. Il faut profiter des vannes d’euros de
l’UE qui vont s’ouvrir pour poser des actions
sociales qui justifieront le quinquennat de Faure.
Sinon à quoi servira cette belle offensive politique
si les retombées sociales ne suivent pas ? On attend
de voir, si le sieur Komlan Mally pourra réussir là
où on le donne d’avance perdant.
Ben TCHAK
Du pillage économique au port autonome de Lomé
Un réseau de détourneurs encaisse des centaines de
millions en moins d’un an
Les acteurs de cette mafia sont déjà connus
Comme c’est de nos habitudes dans ce rectangle de
pays, quand un directeur général arrive à la tête
d’une entité, celui-ci opère des changements en
nommant des directeurs de département qu’il juge
succulents, c’est-à-dire porteurs d’embonpoint
financier. Le contre-amiral Adégnon Fogan, le
chrétien n’a malheureusement pas fait exception à
cette règle. C’est justement à son arrivée au PAL
qu’on a assisté à la poussée de tout-puissants
directeurs pour la plupart des « mè dè frères ».
Ces directeurs de département à leur tour
positionnent leurs pions pour mieux se servir. A ces
heureux élus, on confie les tâches les plus
délicates. L’affaire sur le tapis actuellement et
qui défraie la chronique concerne la direction du
puissant Womégan. Avant l’arrivée de l’actuel
Directeur financier et comptable (DFC) et ce depuis
la création du Port autonome de Lomé,
l’établissement des chèques incombe à tous les
agents du « règlement des fournisseurs ».
Tout s’est toujours bien passé. A l’arrivée de M.
Womégan, cette lourde tâche fut confiée à un de ses
hommes de main du nom de MOKLI, un comptable. On ne
refuse pas qu’il recompose son staff mais quand
celui-ci s’adonne à certaines viles pratiques, il y
a péril.
Et
depuis que M. Mokli a reçu l’onction de son maître,
il s’est plus que passé des choses bizarres au port
de Lomé. En effet, le sieur Mokli de mèche avec un
ancien agent (retraité il y a deux ans) nommé
Fiassam, s’adonnent à cœur joie à l’émission de
chèques qu’ils encaissent après. Comment
opèrent-ils ? Le comptable Mokli signe à la place du
DG et du DFC pour faire toucher l’argent à des
fournisseurs bien fictifs. Et comment le duo
Moki-Fiassam et les « fournisseurs » se le
partagent après, on ne le sait ? Mais imaginez…
De
sources sûres et dignes de foi comme le diraient les
politiques, les gestionnaires des comptes bancaires
du port ont eu à attirer l’attention du directeur
Womégan de la non-conformité des signatures.
Celui-ci est resté froid sans une quelconque
initiative bref il a banalisé ce constat des
gestionnaires. Complicité ou indolence ? Nul ne
saurait le dire à la place de l’argentier du port.
Ces messieurs sont actuellement en garde à vue. Les
72 heures de délai ayant inspiré, le chargé du
dossier a voulu les déférer mais Womégan s’y est
opposé et a demandé de les maintenir sûrement pour
avoir le temps nécessaire de mener les tractations
qui conduiraient à la relaxation des détourneurs.
Cette affaire n’est pas l’unique du genre, il y a
six mois, un autre réseau qui impliquait certains
comptables du port avait été découvert et c’était
également des centaines de millions qui étaient en
jeu. Comme dans le présent cas, le réseau démantelé
se composait de « mia-novio » Ayi Tchipam et
de Dorsou Bocco.
Ceux-ci après avoir reconnu des faits, sont à ce
jour à leur place plus que jamais imperturbables.
Complicité ou indolence ? A vous de juger.
Une question peut être au bout des lèvres face à la
récurrence de ces actes de grande délinquance
économique. Complicité des hauts responsables ou non
maîtrise des tâches qui leur sont confiées ou
simplement laxisme coupable ?
A
suivre...
C.R
Délinquance urbaine
Atcha Titikpina et la Police nationale tournés en
dérision par la racaille
Lors de la présentation de l’opération
« Araignée » à la presse, le Ministre Atcha
Titikpina avait séduit son auditoire par la
cohérence et la pertinence de ses explications.
Cette armée que ses détracteurs qualifiaient de
tribale et d’archaïque démontrait aux yeux de nos
partenaires internationaux qu’elle était capable de
faire preuve de professionnalisme car elle comptait
en son sein des officiers formés dans les plus
prestigieuses académies militaires africaines et
occidentales. Sur le fond comme sur la forme, il n’y
avait rien à dire. Même les partis d’opposition, l’UFC
en tête, qui d’ordinaire témoignait d’une peur
viscérale allant parfois jusqu’au délire de
persécution et à la paranoïa vis-à-vis des forces de
sécurité, n’ont pas caché leur admiration.
L’augmentation des effectifs de la Police, la
dotation en moyens de communication, l’acquisition
de matériels roulants et la multiplication des
patrouilles mobiles devraient être inversement
proportionnels au nombre d’actes de banditisme. Il
ne restait plus qu’à passer à la phase
opérationnelle du dispositif de cette opération.
Quelques mois après la mise en œuvre de l’opération
araignée, le constat d’échec s’impose : non
seulement la délinquance n’a pas chuté comme on
l’avait espéré, mais on note une aggravation dans le
nombre ainsi que la gravité de ces actes
antisociaux. Parfois même l’audace des bandits et la
grossièreté avec laquelle ils agissent démontrent
clairement qu’ils cherchent à narguer les forces de
l’ordre en se jouant de leur soi-disant plan
« araignée ». Ainsi, pour l’instant, les sommes
faramineuses englouties dans cette opération n’ont
produit aucun résultat et le banditisme est en passe
de devenir un métier sans risque dans notre pays, de
quoi susciter des vocations. Dans un pays où ni
l’Etat, ni les sociétés privées n’offrent aucun
emploi, l’oisiveté de certains jeunes risque de les
pousser vers des comportements vicieux.
Pourtant, les patrouilles sont bien
présentes dans les rues mais il faut le préciser,
toujours les mêmes rues et presque exclusivement sur
les axes praticables et très peu sinon rarement sur
les ruelles des quartiers. C’est une habitude
connue des délinquants qui opèrent en dehors de ce
cadre. Même quand l’alerte est vite donnée comme
c’est souvent le cas grâce au téléphone portable, le
temps de réaction est particulièrement long. En
effet, bien que roulant dans des véhicules 4x4,
l’état des ruelles de nos quartiers retarde
considérablement leur déplacement. Ajoutez à cela
les effets pervers d’une mauvaise urbanisation qui
rend compliquée l’indication précise du lieu où
l’infraction a été commise et la difficulté pour les
patrouilles de le localiser et vous comprendrez que
même les bandits peuvent quitter le lieu de leur
forfaiture en sifflotant à pas de sénateur. Ils ont
toujours une longueur d’avance sur la police. Les
sapeurs pompiers connaissent souvent la même
mésaventure. Combien de fois sont-ils arrivés sur le
lieu d’un sinistre après que tout avait été réduit
en cendres parce qu’ils s’étaient trompés de
chemin ? Comme quoi, l’état de nos routes a de
graves répercussions sur la sécurité des biens et
des personnes. Mais, nos autorités n’en ont cure,
l’insécurité est une maladie de pauvre, les riches
ont les moyens de se faire protéger.
Le nombre quelque peu pléthorique des
agents ne constitue-t-il pas finalement un
handicap ? Les machines trop lourdes mettent du
temps à démarrer. Est-ce que ce nombre ne crée pas
un certain manque de coordination entre les
différentes structures et leurs démembrements ?
En tout état de cause, le duel entre les
délinquants et la police semble tourner à l’avantage
du méchant, une situation déplorable pour la
population. Si rien n’est fait, le secteur
économique va durement en pâtir.
L’insécurité n’attire pas les
investisseurs, or dans une économie moribonde comme
la nôtre, nous ne devrons notre salut qu’à l’arrivée
massive d’investisseurs. Nos amis policiers
s’ennuient à mourir à force de se balader pendant
des heures interminables à avaler beaucoup de
poussière sans attraper le moindre délinquant.
Le ministre doit se rendre à
l’évidence : son araignée n’attrape aucune mouche.
Elle est devenue une coquille vide. La population
attend de lui qu’il assure sa sécurité à travers un
plan efficace de lutte contre la délinquance. Aussi,
au lieu de se complaire dans une « araignée »
qui a fait la preuve de son inefficacité, il ferait
mieux de réfléchir rapidement à une solution de
remplacement avant que les bandits ne prennent le
contrôle de notre capitale comme c’est le cas dans
certains pays. Des centaines de millions ont été
décaissés pour équiper les forces de police et le
contribuable est en droit d’exiger de cette
institution une obligation de résultat. Il ne s’agit
pas pour la police de faire ce qu’elle peut, mais
d’éradiquer un fléau qui constitue l’une de ses
principales raisons d’être. On a toujours évoqué à
la police le manque d’effectifs et d’équipements
pour justifier la difficulté à combattre le
banditisme. Ce prétexte n’est plus valable depuis le
lancement du plan « araignée ». Comment
explique-t-on à la police que des bandits agissant
avec du matériel rudimentaire arrivent à leur tenir
tête ? L’honneur de cette institution est mis à rude
épreuve. La police se montre très efficace lorsqu’il
s’agit de réprimer violemment les manifestations de
paisibles citoyens qui revendiquent des droits
légitimes. Mais elle se retrouve totalement
impuissante devant des agissements sporadiques de
quelques hors-la loi. C’est un paradoxe saisissant,
à moins qu’en réalité, ce soit leur seule et
véritable raison d’être. Mais cela, qui oserait
l’avouer ?
Ben Tchak |