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Courrier de la République

1er Nov 2006

[ 009 : du 30 Oct 2006]  
Au cœur du pouvoir togolais : Comment Faure gère son pouvoir

Quoiqu’on dise, le jeune président est entrain d’imprimer ses marques au pays.  Faure est nettement différent de son feu père. Il gouverne autrement même si nous reconnaissons volontiers qu’il subsiste encore des habitudes qui ont la tête dure. Tout ce que nous disons ici n’est que de la réalité. Contrairement à l’ancien président, Faure ne passe pas ses journées à n’accorder que des audiences qui ne rapportent pas grand-chose au pays. Cette époque est révolue. Ceux qu’on appelle « bitosards » ne peuvent plus aller se bousculer aux portillons du palais présidentiel avec des projets bidons en mains. Avec Faure, il faut désormais du concret. Ceci ne voudra en aucun cas dire que le jeune président ne reçoit pas. Certes, il le fait mais pour les besoins de la cause. Et s’il vous arrive d’être reçu par lui, il ne vous accorde que le temps nécessaire prévu. Un autre cas très intéressant est relatif à la gestion des finances du Togo. Cette distribution d’argent que faisait feu Gnassingbé père n’est plus prisée par Faure. Eh bien, tout ceci est terminé. L’argent cadeau n’existe plus sauf pour des projets crédibles et rentables au pays. Coup de chapeau donc au nouveau président !

            Doucement, les Togolais se familiarisent à ce qu’on peut appeler « la méthode Faure ». Celle-ci est essentiellement caractérisée par une gestion rationnelle du temps, des finances et des ressources humaines.

            Ses proches vont jusqu’à parler d’un style américain lorsqu’ils évoquent ses méthodes de travail. A ce propos, nous apportons une confirmation. Il n’y a plus de longs discours présidentiels ni de palabres.

Juste ce qui est important d’être dit. Le président Faure semble pressé et c’est de bonne guerre si on se réfère aux nombreux défis qui sont sur sa table. Il doit présenter d’ici 2010, fin de son mandat, un bilan. Aussi, devrait-il solliciter un second mandat après 2010. Tout ceci ne peut lui permettre de perdre du temps dans des futilités.

En moins de deux ans seulement, Faure a abattu un travail considérable qui mérite des encouragements.

N’importe qui viendrait au pouvoir dans ce contexte togolais qu’il ne ferait pas aussi mieux.

Avec ce lourd passif derrière lui, le président a du mettre du tact pour parvenir aux résultats actuels. Rien n’était évident pour lui.

Un grand penseur déclarait : « Vous pouvez ne pas aimer l’antilope, mais reconnaître que celle-ci court plus vite que vous ». Quand quelqu’un est sur une bonne voie, il est de notre devoir de le reconnaître et de l’encourager à continuer.

Mais ceci ne nous empêche en rien d’attirer aussi son attention quand il se met sur une pente glissante. Tout cela pour le bien de la société que nous voulons tous meilleure. Le président commence par apprendre aux Togolais une nouvelle vie faite de travail bien accompli et d’espoirs.

En réussissant à faire entrer dans un même gouvernement tous ses adversaires à l’exception de l’UFC qui boude toujours en brandissant des exigences, Faure a fait pousser un grand ouf de soulagement à tout le peuple togolais. Grâce à ses efforts personnels, à ceux de ses collaborateurs et aux efforts de toute la classe politique, le pays va renouer bientôt avec la communauté internationale. Ce n’est pas négligeable quand on sait que le Togo attend aussi beaucoup de ses partenaires pour redonner du souffle à son économie mise à mal par des années d’embargo. Loin de nous toute idée partisane, nous disons au président qu’il est sur la bonne voie. Mais au même moment nous lui disons d’éviter aussi des erreurs fatales. Comme celles qui consistent à nommer à certains postes des gens dont la compétence reste à prouver. Sur ce dernier plan, le président agace des Togolais qui pensent qu’il gagnerait à éviter le copinage. Il est à présent le chef de tous les Togolais et à ce titre, il doit écouter les sirènes de toute part même celles qui viennent de l’UFC. C’est aussi ça un véritable chef d’Etat !

Son entourage est composé aussi bien de vieux loups de la politique togolaise que de jeunes ayant la tête sur leurs épaules.

La Rédaction

 

Après l’embellie politique : Une seconde mi-temps difficile pour Faure
L’atmosphère politique au Togo est entrain de se dégager des gros nuages noirs qui assombrissaient tout. La volonté politique des acteurs de tous les bords a rendu possible cette nouvelle donne. Même si l’UFC, clame haut et fort qu’un complot est ourdi contre elle pour l’écarter de la gestion des affaires du pays, la dynamique de l’apaisement prévaut quand même.

            En dix-huit mois, ce qui s’était avéré impossible est en passe de devenir une réalité. Les législatives qu’on dit se dérouler le 24 juin prochain, bien gérées, viendront couronner la courageuse marche des Togolais qui ont opté de faire du chemin ensemble quelle que soit leur différence.

            Ils sont nombreux à avoir joué un rôle de premier plan dans cette espérance qui est née et la palme d’or peut revenir au Chef de l’Etat qui a cru qu’on peut réserver un bien meilleur sort au Togo.

            On ne doit plus se frotter les mains de satisfaction à longueur de journée. La seconde mi-temps risque d’être très difficile à jouer au président Faure. Quel réel sens revêtirait l’embellie politique si on n’y associait pas l’embellie économique ?

            Le plus dur est à faire maintenant. Le chef de l’Etat Faure doit entreprendre le combat économique. A quoi serviraient les centaines de millions d’euros que l’Union Européenne déversera dans le pays si la corruption, la gabegie, le clientélisme et d’autres maux minent dangereusement notre économie ? Il y a certaines institutions prévues par notre loi fondamentale qui tardent à voir le jour. La cour des comptes, le conseil économique et social. Il faut également mettre sur pied une nouvelle commission nationale de lutte contre la corruption et le sabotage économique. Celle-ci sera composée d’individus de grande probité morale et qui ne s’illustrent pas de la triste des manières comme la défunte commission dirigée par Follivi Assigbon.

            Cette deuxième mi-temps sera très difficile à gérer par le Chef de l’Etat. Cependant il devra se faire violence et oser. Beaucoup seront égratignés mais c’est le prix à payer pour discipliner les fossoyeurs de notre économie et impulser la relance économique du pays.

            On ne préconise pas une seconde mi-temps de la chasse aux sorcières. Ils ont ponctionné à outrance le pays, qu’ils arrêtent. Ne pas mettre fin à la grave hémorragie et laisser faire serait franchement suicidaire pour le pays.

            En entreprenant cette deuxième mi-temps, la jeunesse togolaise qui est aux abois sera bien contente du travail de salubrité que les autorités entreprendront. Nous attendons de voir ce que demain sera.

 

Le coton togolais aiguise les appétits : Alerte OLAM International Limited sur le point d’avaler la SOTOCO

Le coton africain traverse des périodes d’incertitudes liées à certaines contingences internationales. Aucun pays n’est épargné et les paysans de même que les responsables qui opèrent dans cette filière attendent que les occidentaux reviennent à de meilleurs sentiments.

            Accepteront-ils un jour être sensibles aux cris de détresse des cotonculteurs africains en arrêtant leurs massives subventions à leurs paysans ?

That’s the question comme aiment le dire les sujets de sa gracieuse majesté.

            Cette incertitude fait naître un peu partout des soi-disant messies du coton africain.

            Au Togo, c’est la société OLAM international limited qui est aux trousses du coton. Dans un document intitulé : « Note d’intention », cette société internationale veut venir au chevet des cotonculteurs et de la SOTOCO.

Profil de la société OLAM international limited

Olam international Ltd est une filiale du Groupe Kewabiam Chanrai qui est créé depuis 1860. Le groupe est aujourd’hui présent dans 40 pays et emploie 12.000 personnes à travers le monde. Quant à Olam international Ltd, créé en 1989, c’est un grand fournisseur d’ingrédients alimentaires intégrés et de matières premières industrielles opérant neuf (09) produits dont le coton.

            Olam dans la filière coton joue un rôle qui consiste à gérer efficacement la totalité de la chaîne d’approvisionnement depuis l’exploitant jusqu’à la filature. Bref, c’est le profil de la société qui a cette prétention de refaire l’image de la SOTOCO et des producteurs.

· OLAM a-t-elle les moyens de son action ?

La vigilance doit être de mise dans ce clin d’œil de la société OLAM pour notre coton. On a même appris que certains décideurs pour leurs propres intérêts seraient en manœuvres pour faire passer cette société.

Au niveau de la rédaction de Courrier de la République, nous restons très méfiants. On ne saurait prendre pour seul prétexte le passage à vide que traverse la filière coton pour sauter sur toute note d’intention. A ce qu’on sache aujourd’hui, la SOTOCO, les cotonculteurs et les fournisseurs qui, malgré les moments d’incertitudes sont aux cotons des producteurs n’ont besoin que tout au plus de trente (30) milliards pour éponger toutes les dettes et relancer la production. Or OLAM se propose de mettre à la disposition de l’Etat togolais l’équivalent de 275 millions de dollars US, soit 160 milliards de nos francs au cours des quatre prochaines années.

-1ère année 40 millions de dollars

-2ème année 60 millions 

-3ème année 75 millions et 4ème année 100 millions de $.

C’est bien beau tout cela si et seulement OLAM le fait dans le seul souci de donner un coup de pouce à notre coton. OLAM n’était pas une société philanthropique et encore moins une société caritative. Elle aurait déjà fait dans les moindres détails le plan de ce qu’elle récupérera en injectant 160 milliards FCFA dans le coton togolais. Il faut qu’on refuse de prendre Olam international limited pour un « papa noël ». N’y a-t-il pas risque que cette société replonge les cotonculteurs dans d’autres incertitudes ?

            Dans sa note de bonnes intentions, Olam n’a pas tenu compte des cours du coton qui se déterminent au gré des puissances occidentales.

            Ceux qui voient déjà dans le ok qu’ils viendraient à donner au projet d’OLAM, des commissions à engloutir le font à leur risque et péril. Rien ne tient au chef de l’Etat et aux responsables de la SOTOCO que l’amélioration des conditions de vie et de travail des cotonculteurs.

            On préfère de loin, les projets d’accompagnement réalistes qui prennent en compte le paysan. A Olam international ltd, on dira tout simplement que la SOTOCO a besoin seulement d’au plus 30 milliards pour tout changer dans le bon sens.

Ben TCHAK

 
 

 

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