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Courrier de la République

5 mai mars 2007

[ 31 : du 02 avril 2007]  
Des rumeurs à la réalité : Denis Nayone a enfin son parti

Ce qui convient d’appeler « Affaire Nayone » serait entrain de connaître un dénouement ? On peut tout de même dire oui car ce qui fut des supputations vient de se matérialiser avec la création d’un parti politique dénommé l’Union Populaire pour la République (UPR) par le double démissionnaire.

Qui est Denis Nayone ?

            L’enfant chéri de Tandjouaré a fait parler de lui dans les années 1990 quand il était encore étudiant. Sa soif de la justice  l’a poussé à engager un bras de fer aux issues incertaines avec le pouvoir d’alors. Soutenu par la quasi-totalité des étudiants et de certaines personnes qui sont aujourd’hui responsables de parti, Nayone n’a pas fléchi, il est allé jusqu’au bout de sa logique. Même au moment où l’incertitude sur le bien fondé de son combat le gagnait, Nayone n’a pas baissé les mains, il est allé tête baissée même au péril de sa vie. On peut dire sans se tromper qu’il est l’un de ceux-là qui ont posé les prémices de l’Etat de droit dans notre pays. C’était à l’époque où ceux qui prétendent être aujourd’hui des « roitelets » mouillaient dans leurs pantalons à chaque saute d’humeur de feu président Eyadema.

            Parti en exil, Nayone a continué la bataille, c’est ainsi qu’il a eu à animer la vie de son ancien parti le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) en Europe.

Nayone après l’APG

            Après plus d’une dizaine d’années passées en Allemagne, Nayone sur demande de son mentor Me Yawovi Agboyibo a regagné le bercail. Ce retour fut ponctué d’un point de presse donné au siège du CAR à l’intention des journalistes.

            Aux côtés du président du CAR, Nayone a trouvé à faire. Il fut nommé Chargé de mission à la primature. Tout allait pour le mieux du monde quand patatras ! Tout se gâta à la grande surprise des uns et des autres. Il s’est alors engagé une guéguerre entre Nayone et son ancienne formation politique. Quand le démissionnaire justifiait son acte (sa double démission) à travers des raisons idéologiques, l’autre bord allait de son chemin dans le dénigrement.

            Décidément, c’était un combat de qui pouvait déséquilibrer au mieux l’autre avec tous les coups possibles.

            C’est dans cette ambiance chargée d’étincelles qu’on a appris la mise sur orbite de la propre formation de Nayone.

Nayone, président de parti

            C’est officiel, l’Union Populaire pour la République (UPR) vient s’ajouter à la trop longue liste des partis déjà légalisés sur notre rectangle de terre, le Togo. L’UPR a pour devise : Travail, Liberté, Dignité. Ce parti est symbolisé par un puissant taureau blanc dans un fond vert symbolisant la verdure.

            Le parti ainsi créé vient donc taire tous les procès d’intention contre Nayone. Tout se précise  et Nayone veut tenter sa chance dans la cour des grands.

Les défis

            Les défis sont nombreux pour cette jeune formation. L’UPR par rapport au contexte dans lequel il a été porté sur les fonts baptismaux est surveillé comme du lait sur le feu. Il aura à affronter tous ceux qui ont leurs regards braqués sur ses actions. Il appartiendra donc aux tout premiers responsables de cette jeune formation politique de savoir se frayer un passage pour éviter de se faire épingler et de donner matière à exploiter.

            Les intentions de M. Dénis Nayone ne sont plus à démontrer. Avec les législatives qui s’annoncent à grands pas, il ne fait plus l’ombre du moindre doute que l’UPR veut tenter sa chance.

            Le temps dont dispose l’UPR est relativement court ; ce qui veut dire que Nayone et les siens doivent dépenser en énergie que quiconque pour se faire connaître afin de mériter la confiance des populations de plus en plus exigeantes.

            On ne peut que souhaiter bon vent à ce parti et on attend de voir ce que Nayone peut avoir de neuf à proposer.

Ben TCHAK

 
Paysage politique togolais : Les jeunes partis donnent de la sueur froide aux vieux   
Sommes-nous en train d’assister au déclin des partis dits traditionnels ? Tout porte à croire que la messe sera dite pour certains d’entre eux au lendemain de la date du 24 juin prochain. Pendant plus de quinze ans, les partis qui ont été au devant des luttes n’ont pas comblé les attentes des populations. Quand leurs leaders s’en sortaient avec la manière, le peuple lui végétait dans la souffrance. Découragés par  cette attitude, certains militants ont déchanté et ont douté de l’aventure dans laquelle on les a plongés. Le bilan de toutes ces années de lutte se résumant à pas grand-chose.

C’est ce constat d’échec qui va amener voire pousser des esprits à se lancer dans une autre dynamique qui est celle de la création de leur propre formation politique.

            Après le MODENA de l’ancien ministre Agbobli Atsutsè et l’UPR de Dénis Nayone, on doit avoir franchi la barre des quatre vingt (80) partis politiques sur notre territoire. Trop, oui c’est un tout petit peu trop mais cette situation est advenue en réaction aux attentes déçues par les vieux partis. Tout le temps, ce sont les mêmes que les populations voient avec les mêmes intentions sans qu’il n’ y ait des débuts d’amélioration de leurs situations. Ces partis sont devenus mêmes des sortes de sectes avec des échelons inaccessibles aux militants à la tête desquels se trouve un puissant gourou qui reste  l’inamovible président du parti. Le RPT était le tout premier à avoir goutté au mécontentement de certains militants avec au finish la création de l’Alliance. Au PDR, Me Tchassona a claqué la porte pour créer le MCD. Dénis Nayone a quitté le CAR de l’actuel premier Ministre pour porter sur les fonts baptismaux l’UPR. Cet état de chose est caractéristique du réel malaise qui existe au sein des anciens partis dits traditionnels.

            Sur 5 millions d’âmes avec 80 partis politiques chaque formation pourra tirer son compte mais il se fait que si ces vieux ne font pas attention, ils se verront administrer des corrections au cours des législatives à venir.

            Tous n’auront pas les mêmes fortunes, certains sauront maintenir le cap, d’autres s’éteindront, c’est pareil pour les jeunes formations qui tenteront leurs premiers pas dans la cour des grands.

            Pour ces nouvelles formations, il y a une sérénité qui prévaut chez certaines. Au nombre de celles-ci, le PSR, le MCD, le PDP, et dans une moindre mesure l’Alliance par rapport aux divergences constatées en son sein ces derniers temps.

            L’enthousiasme avec lequel ces nouvelles formations sont accueillies dans des milieux jadis acquis d’office à tel ou tel autre parti traditionnel prouve à suffisance que celles-ci pourront faire des percées pour peu qu’elles respectent certains paramètres c’est-à-dire en tenant le langage de la vérité et en évitant surtout de se lancer dans des promesses démagogiques et dans l’arrogance parce que obsédées par la conquête du pouvoir. De toutes les façons, l’inquiétude se trouve à l’heure actuelle dans le camp des anciens et non des nouveaux. On attend de voir quel sera le nouveau visage politique du pays après le 24 juin.

Ben TCHAK

 
Quand un compatriote se trompe d’époque : Yamgnane et ses pétards mouillés
L’homme est le moins qu’on puisse dire dangereux. Piqué par on ne sait quel insecte, ce politicien amateur de coups fourrés multiplie des actions qui ne font pas du tout honneur à son âge et à son rang. M. Kofi Yamgnane, après avoir donné ce qu’il a de vivifiant à la patrie de son épouse voudrait au crépuscule de son existence jouer  au trouble fête dans son propre pays. Cet homme jadis soumis qui a à maintes reprises bénéficié des largesses de feu  président Eyadema, a changé par on ne sait quelle alchimie aux lendemains de la date du 05 février 2005.

Kofi Yamgnane ayant fait le forcing pour se voir mettre sur le siège de la présidence de la République sans succès, ne s’est pas laissé gagner par la lassitude. Au cours du dialogue inter togolais, M. Yamgnane qui a toujours pris ses chimères pour la réalité a lorgné du côté de la primature. Désillusionné là aussi, il aurait préféré se contenter d’un portefeuille ministériel, mais notre Franco-togolais a également mordu la poussière. C’est ce qui sans doute l’a rendu aigri pour l’amener à chercher de  se venger de ceux qui le prennent pour un indésirable. Pour se donner de la valeur, notre pathétique veut sortir un bouquin sur la famille Gnassingbé. Il ne restait que cela pour se donner de la valeur. Au fait, lui qui a passé le clair de son temps en Europe aura quoi de neuf à dire sur cette famille togolaise que nous ne savons pas déjà ?

            Avec l’âge, on acquiert une certaine sagesse et de la respectabilité. Yamgnane tend à faire  exception à cette règle. Le Togo a beaucoup souffert de la division, des querelles de personnes souvent stériles pour que des individus viennent encore exacerber le mal quand on se décarcasse nuit et jour à réconcilier les Togolais entre eux et avec leur histoire.

            Il n’est pas trop tard pour que ce compatriote qui se délecte au froid là-bas s’assagisse et apporte sa contribution à l’édification d’une nation togolaise où il n’y aura pas de nord,  sud, de l’est et de l’ouest ; où on pensera seulement Togo.

            Kofi Yamgnane ne saurait jamais créer un événement. Son brûlot est comme un pétard mouillé.

            Les démentis des sieurs Boko et Agbéyomé de n’être pas de près ni de loin mêlés à la confection de son livre est un cinglant revers pour Yamgnane qui, pour donner un sens à son machin infeste avait voulu embarquer certaines personnes.

            La versatilité de Kofi Yamgnane envers la famille Gnassingbé lui confère un caractère d’un individu ayant perdu ses repères. On attend et les Togolais ne sauront être ces naïfs qui vont avaler sans discernement tout écrit.

TMH

 
Campagne agricole 2007 : Les paysans inquiets
L’agriculture est le moteur de tout développement. Quel ménage si puissant et si nanti soit-il n’a pas été secoué par la crise céréalière que le Togo a connue aux lendemains du décès du président Eyadema Un pays fier, c’est celui qui s’autosuffit sur le plan alimentaire. Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé est bien conscient du rôle de l’agriculture dans la vie d’une nation. C’est pour cette raison que dans ses intentions à travers « Mon engagement pour le Togo », il prenait  sur lui cette lourde responsabilité de donner une autre dimension à l’agriculture togolaise et partant d’honorer le paysan en revalorisant son travail. Dans « plus pour l’Agriculture » le Chef de l’Etat s’engageait en ces termes : « Je favoriserai l’essor de notre production agricole en soutenant les agriculteurs. J’aiderai l’élevage. J’assurerai la défense de nos productions nationales sur le plan international pour que les paysans reçoivent un juste prix. Je ferai payer à temps le prix du coton et des ristournes seront versées. Je mettrai le prix des engrais à la portée des agriculteurs ».

Sur ce dernier aspect relatif aux engrais, la saison agricole écoulée, les paysans ont acheté leurs engrais au double du prix des années passées. Non seulement ils l’ont acheté au double du prix mais l’engrais que ce soit le NPK ou l’urée était rare. Des volontés qui n’ont jamais fléchi à user de leur savoir-faire et de leurs relations ont sauvé la situation. Mais des individus souvent de hauts perchés se lancent dans la spéculation et annihilent toute embellie dans ce secteur.

            Cette année, tout semble prouver que les paysans vivront de réels cauchemars. Dans certaines localités on a déjà commencé les semis et par rapport à la surexploitation des terres, sans engrais, les efforts déployés par ces braves paysans ne seront pas couronnés de succès. Il faut absolument que des engrais soient disponibles dans les meilleurs délais pour que les paysans ne se sentent pas délaissés à leur sort.

            On n’improvise pas dans ce secteur. Des individus pour des raisons qui leur sont propres et qui ne connaissent même pas la composition chimique des engrais et encore moins les circuits de distribution veulent se lancer dans le jeu. C’est suicidaire pour l’agriculture. Vaut mieux miser sur un cheval qui a toujours fait ses preuves que sur un dont on ne maîtrise pas les réelles capacités.

            Les premiers responsables du pays, le département de l’agriculture et la direction qui se charge de ces précieuses denrées doivent tout mettre en œuvre pour combler les attentes des paysans dans le délai.

            Le temps presse et on ne saurait lésiner sur les moyens. Il parait judicieux d’avoir l’engrais cher que d’en manquer totalement. Ce n’est pas en juillet ou voire en harmattan que le stock dont on a besoin maintenant va arriver. Ce serait comme un médecin après la mort ou pire encore un manque d’égards  pour cette importante frange de la population que constitue le monde paysan.

Khaled

 

 

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